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Urgences : au coeur du « cafoutch »

La nuit, les urgences du CHI Bonnet ne désemplissent pas. Et la fermeture de celles de Draguignan n’aide pas les équipes du docteur Jammes à avoir des services plus tranquilles. Plongée au cœur des urgences de nuit.

Il n’est pas encore 22 heures lorsque nous arrivons aux urgences ce jeudi soir-là. À l’entrée, un agent de sécurité prend l’air en échangeant avec un membre du personnel de soins. À côté d’eux, deux ambulances et des pompiers qui font descendre les patients ramenés à l’hôpital pour les faire enregistrer. Une voix nous interpelle. « Salut L’horizon. On part en intervention, si vous voulez nous suivre, c’est maintenant », nous lance Jessica Delages, médecin urgentiste de permanence pour le SAMU. Nous voilà donc embarqués avec elle et son équipe, composée de Davina, infirmière, et Rachid, le pilote, qui est également aide-soignant. L’une des nouveautés, puisque désormais, chaque conducteur doit aussi avoir la qualification d’aide-soignant (une volonté du chef de service). Direction Fayence pour un homme de 45 ans se plaignant de douleurs thoraciques. Un périple dans une contrée lointaine, mais pas si lointaine, où le GPS est mis à rude épreuve, de même que les talents de Rachid pour trouver l’entrée de la maison, au milieu d’arbres et de haies. Une fois sur place, après examen, l’homme est envoyé sur l’hôpital de Grasse. 

Accueil et dispatch

De retour aux urgences, nous suivons le docteur Delages jusqu’au « PC Médical ». C’est la salle principale où se trouvent médecins et infirmiers, interdite aux patients. Plusieurs ordinateurs y sont installés, ainsi que des bacs à dossiers. Trois colonnes apparaissent : A, B et C. À proximité, un tableau avec différentes colonnes et les noms des médecins, infirmiers, aide-soignants, brancardiers etc, de garde ce soir-là. Une équipe est attribuée à chaque lettre qui équivaut à un secteur précis. Les patients qui arrivent, y sont placés par l’infirmier d’accueil dont le rôle est de « trier » les urgences. « C’est lui qui voit les patients en premier et il répartit ensuite les dossiers dans les différents secteurs selon un niveau de gravité allant de 1 à 5 », note le docteur Delages. L’Infirmier Organisateur d’Accueil (IOA), comme il est appelé, tient donc un poste prépondérant dans l’organisation des urgences. « C’est exactement un infirmier de tri. C’est une échelle d’ailleurs qui est codifiée, réglementée au niveau national, qui est enseignée à ces infirmiers qui ont donc des critères très objectifs et imparables de sélection de gravité des patients. Il y a pleins de paramètres. Sur la nuit, il est seul à faire ça, il a un rôle essentiel parce que de son tri, va découler tout le flux derrière dans la zone de soins. C’est lui qui priorise. Son regard doit être pertinent et expérimenté. Et c’est un facteur vraiment essentiel d’un service comme le nôtre », explique Cristina Egea, médecin de garde aux urgences. Et ce soir-là, l’IOA en poste a eu du boulot, avec près d’une quarantaine de passages dans la nuit. Pas le temps de chômer donc.

Retrouvez notre article détaillé dans le numéro 68 de L’Horizon, actuellement dans vos kiosques.

Par Romain Chardan & Lucie Guerra – Photo : L.G