Débat législatives – 18 mai 2022 – Partie 6 : Sécurité et Justice

Le manque d’effectif et l’absence de réponse pénale sont parmi les éléments souvent mis en avant par les forces de l’ordre notamment sur notre territoire. Comment lutter contre cette absence de réponse pénale et ainsi notamment éviter une démotivation des forces de l’ordre ?

Baptiste Laroche : Alors quelques chiffres pour ce sujet important : 1800 agressions par jour et une augmentation depuis 2017 depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron de 31 %, une hausse de 31 % des agressions volontaires. 100 actes de violence quotidiens sur les personnes assermentées, donc les personnes dépositaires de l’autorité. Bref, j’ai l’impression que la sécurité est quand même un des grands échecs du quinquennat Macron. Il voulait construire 15 000 places de prison il en aura construit que 2000, c’est un recul de l’État tout simplement, c’est un recul de l’autorité de l’État. Vous parlez du pénal, des peines qui ne sont pas prononcées, qui sont prononcées, mais qui ne sont pas actées. Effectivement, c’est l’impuissance de l’État qu’il faut changer. L’État a un pouvoir d’autorité, cette violence légitime qu’il faut appliquer lorsqu’il est nécessaire. Il faut donc renforcer l’autorité de la police nationale et municipale. Je propose l’obligation de l’armement pour la police municipale, c’est quelque chose qui se fait de plus en plus, il y a quelques années c’était un sujet très crispant, ça l’est de moins en moins, mais je pense qu’il faut l’obliger parce que c’est de la légitimité que l’on apporte à la police. Deuxièmement, il faut augmenter le nombre de policiers nationaux ici à Fréjus, car on voit qu’il y a encore des quartiers sensibles et augmenter le nombre de policiers nationaux ici pourrait favoriser la tranquillité de nos communes. Il faut donc augmenter le nombre de la police nationale, armer la police municipale et enfin faire appliquer les peines. Il y a trop de peines qui sont prononcées et qui ne sont pas appliquées. D’abord, il faut mettre en place des peines planchers pour tous les délits et les crimes pour que, je crois qu’Emmanuel Macron disait il y a peu que toutes les peines de moins d’un mois ne peuvent pas être appliquées, en réalité c’est un vrai problème parce que c’est l’autorité de l’État qui recule. La justice sanctionne, mais n’applique pas, à quoi sert-il alors de sanctionner, il faut appliquer les peines planchers, les mettre en place et les appliquer. Deuxièmement, augmenter le nombre de magistrats pour que les délits et les crimes soient jugés plus rapidement. Aujourd’hui, ça prend énormément de temps de juger et donc ça laisse les victimes comme les agresseurs dans des situations délicates, il faut que le jugement soit prononcé rapidement. Enfin il faut déchoir de nationalité tous les binationaux criminels parce que ce n’est pas à la France de porter ces personnes, la responsabilité de ces personnes et donc il faut déchoir de nationalité de toutes ces personnes. Ça va libérer de la place dans nos prisons, parce que Macron n’en a pas construit donc il faut libérer de la place, pour ça il faut expulser tous les binationaux et les déchoir de la nationalité.

Jean-Marc Maurin : Tout à fait d’accord sur une grande partie de certains points, je le rappelle très rapidement. Donc on souhaite soutenir nos forces de l’ordre. Plus 21 % en trois ans. En parlant de violence policière, Emmanuel Macron a abandonné les forces de l’ordre, aucun délit sans peine applicable immédiatement, je passe, créer une réponse carcérale pour les mineurs délinquants. Pas de délinquances sans peine, c’est comme ça qu’on met les gens dans le droit chemin. La France pour mémoire et quelques chiffres sur la France c’est le deuxième pays européen pour le nombre d’agressions et seulement le 17e pour le nombre de places de prison.

Julie Lechanteux : Évidemment on l’a dit, il faut rétablir également les peines planchers qui ont été supprimées, c’est indispensable pour que tous les criminels et délinquants aient une sanction. Aujourd’hui on voit le laxisme judiciaire où on le voit, localement que ce soit la police municipale ou la police nationale ; elle arrête des délinquants après des agressions parfois très violentes et pour l’instant pas encore, mais au péril de leur vie, parce qu’ils ont des tirs de mortier à quelques mètres d’eux en plein visage et il n’y a aucune réponse pénale face à ça. Quelques heures après, ils sont relâchés et attaquent à nouveau les passants, mettent le feu dans les poubelles, détruisent les caméras de surveillance et j’en passe. Donc il faut rétablir les peines planchers. Il faut supprimer toutes les possibilités de réduction et d’aménagement des peines en particulier contre les violences envers les personnes, aussi chaque jour on met ça dans ce qu’on appelle les faits divers, mais c’est, selon moi, des faits marquants et on s’habitue à la violence, on s’habitue à avoir des actes horribles et violents dans nos rues et pourquoi on s’habitue ? Parce qu’en face il y a les arrestations, mais il n’y a pas de peine pénale donc évidemment il faut supprimer toutes les possibilités de réduction ou d’aménagement de ces peines. Il faut évidemment sujet important, instituer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ce à quoi Emmanuel Macron s’oppose totalement, on le voit bien et notamment avec un dossier il y a peu où une voiture à foncer sur des policiers et sont aujourd’hui traités comme des criminels, c’est inadmissible. Il faut accélérer les procédures judiciaires en engageant le doublement du nombre de magistrats, c’est indispensable. Il faut inscrire au fichier des délinquants sexuels les harceleurs de rue. Sur le quinquennat d’Emmanuel Macron, c’est plus 113 % d’agressions sexuelles ces 5 dernières années, donc il faut absolument une inscription au fichier des délinquants sexuels des harceleurs de rue. Il faut atteindre pour pouvoir faire tout ça 85 000 places de prison, on en est très loin on l’a dit. Il faut également établir une perpétuité réelle, aujourd’hui ça n’existe pas et les plus grands criminels font au maximum 30 ans, lorsqu’ils se sont fait enfermer à 20 ans vous voyez que ça leur laisse encore une grande partie de leur vie. Il faut donc augmenter le budget de la sécurité et de la justice pour créer les postes dont je parlais tout à l’heure dans la même proportion, augmenter le nombre de postes de greffiers et de personnes administratives et techniques pour recevoir toutes les personnes qui se retrouvent face à ces délinquants qui sont des victimes. Il faut punir efficacement et rapidement les délinquants et criminelles, revenir à de courtes peines d’emprisonnement, ça aussi ça a été supprimé, alors qu’une courte peine de prison pourrait en freiner plus d’un, aujourd’hui ce n’est pas le cas « oh j’ai fait ça » c’est écrit sur un simple papier et continu et retourne dans la rue et provoque la police et jamais rien n’est fait donc retour aux courtes peines. Mettre un terme à l’impunité des mineurs délinquants. Il faut le savoir, 75 % des mineurs aujourd’hui déférés devant la justice sont des étrangers également donc on a un vrai problème avec les mineurs non accompagnés dont deux hier on tabassé une jeune femme enceinte à Montpellier donc c’est à nos portes. On a vrai problème qui d’ailleurs mineurs ne sont souvent pas mineurs et sont souvent accompagnés d’ailleurs donc mettre un terme à l’impunité des mineurs délinquants, les mettre en placement sous des structures de rééducation, il faut que faire payer des amendes aux parents lorsqu’ils sont mineurs pour les responsabiliser et voir leur liberté limitée et enfin il faut coordonner l’action de l’État avec celle des maires qui connaissent leur territoire, leur habitant et surtout leur police municipale.

Joël Hervé : Pour rebondir tout de suite là-dessus, je pense qu’il serait souhaitable de fusionner les trois polices, les trois services d’ordre qu’il y a en France : municipale, nationale et la gendarmerie. On a des doublons et on a besoin de personnel donc la difficulté par rapport à ça c’est de faire en sorte qu’il y ait un seul corps qui soit géré effectivement directement par les services de l’état, ça nécessite pour les services d’ordre qui sont actuellement en place d’avoir une meilleure formation et d’avoir le soutien de sa population et de certains de ses élus qui passent assez facilement sur une critique de leur travail. Je rappelle que Sarkozy en 2007 avait réduit de 6000, de 148 000 à 142 000 les effectifs, on est actuellement avec le mandat de Macron à 154 000 forces de l’ordre en France qui correspond à quelque chose de probablement très satisfaisant si on compare à nos voisins, 4,5 forces de l’ordre en France pour 1000 habitants on est à 2,4 au Royaume-Uni et ça se passe très bien, on est à 3,8 en Allemagne et ça ne se passe pas si mal. Le problème des effectifs qui concerne essentiellement la justice a des difficultés par rapport à son fonctionnement tant du point de vue du matériel que du point de vue du personnel (les greffiers, les juges, etc.) Si on regarde les comparaisons, je vais très vite, 9 juges pour 100 000 en France, 24 juges pour 100 000 en Allemagne, l’écart est considérable, l’argent qui est mis dans cette affaire, 70 euros par habitant en France contre 151 en Allemagne. On en arrive à des situations où on supprime les plaidoiries, parce qu’on n’a pas le temps et les avocats se mettent d’accord entre eux et c’est terminé. Le procureur de Toulon, le nouveau qui vient d’arriver a dit on ne rend pas exactement la justice que l’on voudrait rendre, compte tenu des difficultés financières qui sont les nôtres, c’est assez incroyable. Donc la priorité actuellement est en direction de la justice, la police avec un réaménagement, de meilleures formations, et un regroupement des corps, on devrait pouvoir s’en sortir.

Philippe Michel-Kleisbauer : Donc je suis pour les peines planchers, je suis aussi pour la double peine et j’ai voté nous étions que 7 à avoir voté « l’impresquabilité » (?) des viols commis sur les mineurs, 7 nous étions à le voter cet amendement. Sur les autres questions et notamment les effectifs, je suis fière d’avoir obtenu 14 policiers sur le départ de la retraite sur le commissariat de Fréjus et j’ai essayé et j’essaye encore de répondre à une question récurrente des policiers vous l’avez dit madame Lechanteux, c’est que quand ils arrivent devant le tribunal à Draguignan, devant le parquet en présentant des délinquants qu’ils ont arrêtés et qui parfois et même trop souvent agressent des policiers se voient remis immédiatement en liberté faute de place dans les prisons. Il y avait un plan prison même si toutes les places n’ont pas été faites et nous y sommes inscrits maintenant. Il y a un problème aujourd’hui sur l’implantation de la prison que certains ne veulent pas finalement nulle part sur le territoire de l’Est Var et c’est bien dommage parce que cela figure à peu près dans tous les programmes politiques de ceux qui sont élus et qui veulent plus de places de prison et donc j’espère qu’on arrivera à trouver une solution pour que celle-ci puisse se faire de manière à ce que chaque fois qu’on a une nuit de violence comme vous disiez madame Lechanteux avec des tirs au mortier. Quand on prend quelqu’un qu’on puisse l’amener et qui puisse être placé en maison d’arrêt puisqu’il s’agit d’une maison d’arrêt immédiatement. Enfin et vous l’avez dit, la priorité et je l’ai dit tout à l’heure lorsque je vous parlais d’éducation, notre priorité c’est la justice avec l’hôpital et l’éducation. La justice à cheval sur les deux mandats, si nous pouvons poursuivre notre activité avec des états généraux qui ont été faits avec des pistes et des lignes qui ont été clairement identifiés par la magistrature elle-même et un budget de 30 milliards qui va nous permettre de recruter au moins 8000 magistrats supplémentaires, mais sachons le bien les magistrats c’est exactement comme les médecins, c’est-à-dire que pour former un magistrat il faut un cursus quasiment aussi long excepté les spécialisations dans la médecine. Mais pour faire l’École Nationale de la Magistrature et sortir des stages et avoir un magistrat en capacité, il va nous falloir 7 à 8 années pour y arriver. C’est un vrai problème.

Charles Malot : Oui du coup le constat a été fait par presque tout le monde, l’insécurité augmente sur notre territoire. À cela l’écologie au centre propose des solutions radicales pour soutenir nos forces de sécurité et de la justice avec un investissement massif notamment dans la sécurité pour permettre une protection accrue, accroître la présence policière et la vigilance dans nos rues, dans nos quartiers, mettre en place des brigades de vigilance avec des volontaires, des citoyens volontaires et formés. Une autre proposition qui rentre plutôt au niveau de la réponse pénale, il faut tendre vers l’effectivité, la fermeté, la rapidité de la réponse pénale. Tant qu’il y aura des affaires qui se cumulent, il faut accroître le nombre de magistrats et de greffiers dans nos tribunaux. Il faut également comme certains l’ont dit rétablir les peines planchers, établir un plan de suivi effectif des sortants de prison. Ensuite, je voudrais parler des territoires oubliés de la République, des zones de non-droit en France, il en existe où des personnes où il y a le commerce de la drogue qui est un fléau. Là encore ce sont des dizaines de milliers de personnes souvent défavorisées qui subissent les actes de quelques dizaines d’individus, de délinquants. Il faudrait créer une dizaine de brigades mobiles spécialisées dans lequel il serait composé de spécialistes de plusieurs domaines, des policiers, des gendarmes, des agents du fisc, des psychologues, des magistrats qui pourraient intervenir d’un seul coup soudainement et massivement dans ces zones, procéder à des arrestations, faire passer en comparution immédiate les personnes soupçonnées de façon à ce que les délinquants de ces quartiers difficiles aient toujours le sentiment que l’État peut reprendre sa place et qu’ils peuvent se retrouver en prison éloignée de leur zone de méfait. Pour finir, sur le terrorisme, les sortants de prison pour terrorisme doivent porter un bracelet électronique selon nous, aucune réduction de peine et leur entourage, il faut des peines dissuasives pour leur entourage qui sont au courant des projets terroristes pour qu’ils révèlent les actes. Voilà ce que j’avais à dire sur la sécurité.

Jean-Marc Maurin : Oui pour terminer, en référence à ce qu’a évoqué madame Lechanteux sur le policier qui a été appelé, je rappelle qu’une voiture c’est une arme par destination. Qu’il a été accusé d’homicide volontaire et qu’en moyenne ils ont ces policiers mis en cause 6 ans de procédures.

Débat législatives – 18 mai 2022 – Partie 4 : Environnement et Bureaucratie

Environnement et bureaucratie / 

Il existe plusieurs réglementations en faveur de la protection du littoral, pourtant celui-ci continue de se dégrader par le biais de constructions, d’aménagements, de la pollution, ou encore du recul du trait de côte. Quelles vraies mesures incitatives pour protéger notre littoral proposeriez-vous ?

 

Jean-Marc Maurin : Étant manager de santé, pendant cette crise covid nous avons fortement subi l’absence de suivi de l’administration, en tout cas, son manque de réactivité. Sur la partie du trait de côte et de la loi du littoral, on voit que c’est une loi-cadre prise dans les bureaux parisiens par des administratifs qui fait et rend équivalent le traitement des falaises de l’Atlantique et de notre littoral méditerranéen. Alors que ce sont deux choses différentes. Les falaises de l’atlantique sont faites de sable friable qui s’érode facilement et on ne peut pas traiter chez nous de la même manière un Estérel granitique qui n’est pas érodé par la mer. Après on peut ergoter sur les vagues de submersion, sur la montée des eaux… On n’y est pas encore. Mais sacrifier un littoral sur une loi-cadre ne me paraît pas admissible, il faut qu’on colle aux territoires là aussi et qu’on réponde aux nécessités de l’aménagement du territoire que mènent nos élus locaux au quotidien en connaissant leur territoire et c’est là le sens, c’est pour ça qu’il faut s’éloigner de cette bureaucratie verticale. Je ne ferai pas l’unanimité autour de cette table, je l’ai déjà remarqué, mais la loi SRU est un exemple de cette verticalité, d’une application étatique à une commune qui en subit les effets. Solidarité et Renouvellement Urbain. Cette loi a été pensée en 2020 pour améliorer le droit de l’urbanisme et du logement en face. Ainsi chaque ville est désormais obligée de compter au moins 20 % de logements sociaux dans le but de développer une plus grande solidarité. Les communes qui ne respectent pas cette règle, et les mots sont importants, seront pénalisées ou verront leurs droits être outrepassés par l’État. Ça veut dire qu’il n’y a pas de vision ou de capacité de décentralisation de la part de l’État. Et pourtant c’est ce qu’il faut faire, cette loi SRU doit s’adapter à la spécificité de chaque territoire, c’est ce qu’il faut réformer. Je suis totalement opposé à la loi SRU. Je suis opposé de principe à toute gouvernance verticale qui impose des choses à des élus locaux qui connaissent leur territoire. Je la dénommerai autrement cette loi, pour moi ce serait la Soumission et la Décontraction Urbaine. Ensuite, il y a des aménagements de faits et des choses prévus. Le conservatoire du littoral a déjà fait de nombreuse protections  d‘espaces boisés, en bordure de mer, il faut développer voire améliorer ces choses-là, mais il ne faut pas tout urbaniser, ça serait vraiment perdre le sens de notre si belle et magnifique région. Les espaces naturels sensibles, cela relève d’un cadre strict d’implantation, il n’est pas possible de s’implanter dans les espaces naturels sensibles. Sur Roquebrune, il y a des forêts, il y a des fermes aménagées, mais on doit garder ces espaces naturels sensibles parce qu’ils représentent notre région, ils en sont le faire-valoir, ils représentent leur beauté et celle-ci ne doit pas être dégradée par des lois-cadres, un étatisme qui ne respecte pas les locaux, les élus et leurs pouvoirs qui doivent être respectés au moins à égalité, voir supérieur à l’esprit étatique, c’est dans ce sens-là que je suis favorable à un système décentralisé. 

 

Charles Malot : Sur la loi littorale, mise en place le 3 janvier 1986, tous les partis traditionnels ont cherché à porter atteinte à cette loi, mais la pression populaire a fait qu’ils n’y sont pas arrivés. Grâce à elle, on a présenté en grande partie notre littoral varois, considéré comme l’un des plus beaux en France. Ensuite, les endroits où la puissance publique a réalisé des projets au niveau du littoral, on a constaté que ces réalisations sont de qualité et ne portent pas ou peu atteinte à l’environnement. Et c’est assez différent dans les endroits où on interdit tout. Dans ceux-là, on assiste à un phénomène appelé la cabanisation. Cette cabanisation se matérialise par l’installation de cabanes, de gens qui s’installent illégalement et les pouvoirs publics ne font rien, les gens s’installent de plus en plus et ça donne des endroits aménagés n’importe comment, avec des populations mises en danger, avec des zones inondables, et en cas de crue, ce sont les premiers à être emportés avec leurs cabanes. Protéger, c’est avant tout avoir des projets environnementaux, avoir des projets d’aménagement du territoire et ce n’est pas tout interdire. 

 

Joël Hervé : Les difficultés que l’on a par rapport à la loi littorale, c’est que la mer monte à cause du réchauffement climatique. Tout le monde sait pourquoi ça se réchauffe, l’Europe a pris des engagements à ce sujet, avec un objectif à -55 % d’émissions de gaz à effets de serre avant 2030. Si on ne fait pas ça, ça va continuer à monter. On va avoir des difficultés, on a déjà la mer à certains moments, lorsqu’elle est forte, qui balaye les quais de Fréjus et Saint-Raphaël. Il sera donc très difficile de respecter ces engagements. Il nous faut une fin d’artificialisation des sols, quasi immédiatement ou au plus tard en 2025. L’équipe Macron a fait du en même temps, comme toujours, pour l’artificialisation des sols. Si on prend l’exemple des centres commerciaux, ils ont dit qu’il n’y aurait plus de grands centres commerciaux. Très bien. Mais Macron pondère tout de suite en disant “sauf pour le e-commerce, où l’on pourra les garder”. C’est un problème, parce que ce sont des surfaces considérables. Et si les centres commerciaux font moins de 10 000 m2, il acceptera. Sauf que 10 000 m2, c’est 80 % de la demande, donc cette loi ne sert à rien, c’est de l’esbroufe. La loi littorale existe, elle date de 1986, mais il suffit d’appliquer la loi qui est très bien faite. Il faut cependant modifier une partie du texte, celle précisant qu’il faut laisser aux décideurs locaux la possibilité de l’adapter. Au nom de quoi laisserait-on les décideurs locaux susceptibles d’adapter une loi ? La loi, c’est la loi pour la France, si elle est mal conçue, on la révise, si elle à corriger, on la corrige, mais laisser aux décideurs locaux la possibilité d’adapter dans la loi, ça, c’est une erreur totale. Je suis d’ailleurs assez surpris de voir qu’à Saint-Raphaël, le maire LR, ou RN, enfin LR-RN, ils sont associés maintenant, fais une maison de la mer au ras du sol, sur une plage de Boulouris. À croire qu’il n’a pas encore compris, pourtant, comme il le dit, c’est un écologiste intelligent, à 50 cm près, il va avoir des difficultés très vite avec sa petite maison. C’est la même chose pour le trait de côte où il a dit, “ah, mais ce n’est pas à cause de Saint-Raphaël que la mer monte, donc je ne vois pas pourquoi c’est moi qui m’en occuperais”. C’est surprenant tout de même, il y a des décisions nationales qui sont à prendre et elles ne sont pas prises localement. Enfin sur la pollution, le coût de la pollution, à Fréjus, c’est un coût de 990 euros par an et par personne. C’est considérable. Même à Fréjus où apparemment il n’y a pas de pollution, elle ne se voit pas. La pollution des usines Capitou ne se voit pas. La pollution de fosses qui partent vers le Maghreb et reviennent avec les vents et qui nous inonde complètement ne se voit pas. Sauf que les enfants asthmatiques, les gens qui ont des difficultés, l’hôpital les récupèrent, c’est un vrai problème. On a un projet sur lequel on n’entend pas les politiciens en position de décision. On va créer une ligne nouvelle pour le TGV, qui va traverser la vallée de l’Argens, avec des piliers de 30 m de haut, qui va transpercer par un tunnel l’Estérel, en rejetant des déchets de matériaux considérables, passant par des endroits où il y avait des mines de fluor, dont on ne sait pas trop ce que ça va donner, et c’est un coût de 14,5 milliards d’euros ! Tout cela pour permettre de gagner 45 minutes ! Et SNCF réseau écrites très tranquillement dans son document, “nous ne sommes pas tout à fait dans la légalité, mais nous verrons comment nous pourrons nous accommoder ». C’est surprenant ! On a le problème de la gestion des déchets. On a installé un gigantesque tas d’ordures, en équilibre sur l’ancien, à la limite de Fréjus, à Bagnols-en-Forêt, 1.75 millions tonnes prévues, sur la surélévation, sur un deuxième trou qu’on prévoit et une usine inutile qu’on va construire, avec un budget considérable. On devait faire un tri à la source, ce qui aurait évité de dépenser tout cet argent. Des villes comme San Francisco, 5 millions d’habitants, Lorient, Nantes, sont capables de faire un tri à la source et de trier 60 % de leurs déchets, ce qui sera d’ailleurs une obligation légale fin 2023 en France pour tout le monde. On est loin d’être en situation de pouvoir faire ça ici. Donc on a décidé de mettre tout ça dans une usine qu’on construit dans l’Estérel en labourant 40 hectares de terrain, une usine qui est en fait une centrifugeuse sur laquelle on va humidifier la totalité des produits qui de la communauté d’agglo mal trié. 

 

Julie Lechanteux : Les collectivités locales et les élus locaux prennent en main la question de la submersion du littoral, notamment sur la circonscription, où nous avons 51 km de côtes. Je sais que beaucoup de projets ont été menés à bien, comme les digues dans anse se Saint-Aygulf, qui protègent cette anse, et évitent le désensablement. Mais très vite, ils se confrontent à la DTTM, qui ont des critères bien définis, très bureaucratiques et pas du tout en adéquation avec le terrain. Par exemple, l’embouchure de l’Argens a tendance à déborder et crée des inondations, cette embouchure est ensablée régulièrement, la ville de Fréjus doit donc souvent la désensabler. Ce sable pourrait servir à réensabler ce trait de côte et la DTTM refuse sous prétexte que les sédiments seraient différents. Autre exemple concret, cela fait des années qu’élus locaux et conseil départemental se battent pour reconstruire le pont de la Galiote, qui est un véritable danger. Ce pont, les études environnementales et de reconstruction sont faites, la première chose, c’est que dès que des administrations changent, il faut refaire des études (qui coûtent des milliers d’euros), qui prennent un temps infini et au final on nous empêche de reconstruire un pont au détriment de vies humaines au détriment de la protection de la canne de Pline ou de la couleuvre ou je ne sais quoi. Il faut protéger notre environnement et ses espèces, certes, mais pas au détriment de la vie humaine. Il faut réinstaurer un dialogue constructif entre les collectivités et les services de l’État, je m’appliquerai si je suis élue à appuyer le travail de ces collectivités locales. Autre sujet prégnant, les concessions de plage ne sont pas des cabanes, mais des constructions de plage qui demandent des millions d’investissements pour leurs propriétaires, et font aussi rayonner les villes pour les touristes et qui contribuent à l’économie locale. Les lois changent tous les six mois, leurs locaux doivent un coup faire telle distance en longueur, un coup en largeur, et cela au détriment de privés qui font rayonner les villes. Les décideurs locaux connaissent parfaitement leur territoire, ils ont à cœur de préserver leur territoire et il faut les aider. Ils ne sont pas soutenus et se retrouvent souvent avec des bâtons dans les roues. Si ce n’est pas le cas ici, les éoliennes off-shore, un grand projet de monsieur Macron, qui les a installées un peu partout, en plus de défigurer les paysages, ces éoliennes bouleversent les écosystèmes sous-marins. Il laisse faire, démultiplie, ça coûte des milliards aux Français et ça porte préjudice aux pêcheurs qui ne peuvent plus vivre de leur pêche. Il faudrait remettre un peu de logique dans les lois et avec l’État.

 

Baptiste Laroche : Je partage totalement ce qui vient d’être dit par madame Lechanteux, tout d’abord sur les liens entre les collectivités et l’État, raison pour laquelle nous proposons un grand ministère de l’agriculture, de la ruralité et du littoral, pour faciliter le dialogue entre les collectivités locales et l’État. Cela parce qu’aujourd’hui, on souffre d’un manque de dialogue qui crée des incompréhensions et des problèmes. Deuxièmement, les éoliennes sont un sujet important, parce que ça arrivera forcément chez nous, vu que les lobbies sur les éoliennes sont au gouvernement. On les voit d’abord dans le nord de la France, ça pousse partout en mer, ça détruit les sols, ce sont des kilos et des litres de béton dans les fonds marins. Il y a aussi les éoliennes sur terre. Je stopperai tout ça et je compenserai avec l’ouverture de nouvelles centrales nucléaires. Il faut développer et soutenir la marine nationale qui a besoin de renouveler son matériel pour défendre efficacement nos côtes et notre littoral.

 

Philippe Michel-Kleisbauer :  Pour répondre à ce que disait le docteur Maurin, la loi 3DS (différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification), promulguée le 21 février 2022, prévoit justement la différenciation territoriale, mais ça se fera toujours en concertation avec les administrations de l’état décriées ici, comme la DDTM, parce que si on laisse faire n’importe quoi, on aurait n’importe quoi qui pourrait se faire, on le voit sur la cabanisation dans la plaine de l’Argens, où l’on voit tout de même des choses apparaître là où elles ne devraient pas, donc l’État doit exercer son contrôle et son rôle. Là où Joël Hervé a notamment raison, c’est sur le réchauffement climatique. On peut envisager ce qu’on veut en matière de digue, si l’eau remonte, ça ne servira à rien. L’augmentation des phénomènes de crue avec des pluies de plus en plus violentes, comme nous l’avons vécu en 2010 de manière tragique, avec à l’issue une carte de la DDTM sur le lit majeur de l’Argens à Fréjus, qui est de 2 200 hectares. Toute la zone du Capoue, de Port-Fréjus, chemin des Batteries, tout ça est sous l’eau dans le cadre du lit majeur. Ça veut dire qu’il va falloir prendre ses responsabilités et affronter les décisions pas simples, mais on ne pourra pas faire n’importe quoi, pas continué à construire, et un jour, ces zones-là ne seront plus habitables. Sauf si nous arrivons à freiner, ralentir, inverser le réchauffement climatique. Nous avons doublé le ralentissement des émissions de gaz à effet de serre au cours de la période écoulée, et nous nous engageons à redoubler cet effort. Je rejoins ce que dit Baptiste Laroche, et je vais lui adresser les travaux que j’ai faits ces cinq dernières années sur le nucléaire, notamment sur les petites unités, les Small Modular Reactor, et le projet franco-français de Nucléaire Forward, de l’avenir, où nous sommes capables grâce à l’ingénierie militaire de faire des microcentrales qui sont d’une performance et d’une sécurité exceptionnelle puisqu’elles n’enrichissent qu’à 4 ou 5%, c’est-à-dire dans les normes de sécurité nucléaire mondiales. J’espère que nous en viendrons à ces solutions pour remplacer les 300 ou 400 mégawatts aux charbon et autres énergies fossiles. 

 

Joël Hervé : Pour revenir sur ce que disait Madame Lechanteux à propos de la DDTM et des critères administratifs de l’État. Heureusement qu’elle a agi pour les associations qui ont évité les boîtes de nuit, le bocal à poissons et l’hôtel 5 étoiles qu’elle (Julie Lechanteux, NDLR) voulait construire directement sur la plage de Fréjus avec sa municipalité. Enfin, sur les éoliennes, ça m’agace toujours un petit peu d’entendre des éléments de langage devenus des slogans qui se trouvent curieusement à l’extrême droite de la droite.

 

Baptiste Laroche : Sur les centrales nucléaires, j’ai visité Fessenheim avec monsieur Zemmour au début de la campagne, j’ai eu un sentiment de tristesse parce que c’est un gâchis énorme. Aujourd’hui, vous êtes député de la majorité, vous voulez vous représenter pour la majorité, Macron a mis en place la fermeture de centrales nucléaires, au début de son mandat il était contre les centrales, et à la fin il est devenu pour. Entre-temps, l’argent des Français est gâché parce qu’à la fin, c’est toujours l’argent des Français. 

 

Philippe Michel-Kleisbauer : J’étais pour au début de mon mandat et je le suis toujours à la fin. Et je suis content de voir que des gens me rejoignent, comme quoi, il ne faut pas désespérer, on peut réussir à influencer. Sur Fessenheim, je crois que les choses étaient enclenchées depuis bien plus longtemps et qu’elles étaient irréversibles. Mais nous nous retrouverons sur les SMR. C’est de l’investissement. Si nous maîtrisons notre énergie électrique et que nous la vendons, nous maîtriserons les coûts, la facturation et ainsi faire baisser la facture dans les foyers.

 

Baptiste Laroche : certes fermer Fessenheim c’était sous le gouvernement Hollande, et Macron était déjà dans ce gouvernement, mais ça coûte de l’argent et Fessenheim était très bien entretenue. 

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Madame NKM parlait déjà de cette fermeture, ça remonte à loin. Et ce sera le cas pour tous ceux qui seront majoritaires au soir du 19 juin, nous arrivons au bout d’un tas de dossiers qui sont restés en souffrance depuis trop longtemps.

 

Julie Lechanteux : Je voulais revenir sur la fermeture de Fessenheim, avec monsieur Macron c’est toujours du “en même temps”, au début du quinquennat on ferme toutes les centrales nucléaires sous les ordres des Allemands qui ont rouvert les usines à charbon et maintenant il faut en recréer, en ouvrir et ça a coûté des millions d’euros aux Français, voire des milliards. Concernant le projet de la Base nature, le projet était sur des espaces déjà construit et rendait une large partie de ces espaces au public. 

 

Jean-Marc Maurin : si on attend la diminution du réchauffement climatique, on n’est pas prêt de répondre à la problématique des agriculteurs de la vallée de l’Argens, pas plus qu’aux commerçants et industriels de la zone de la Palud. En 2010 j’étais à Roquebrune, j’étais bloqué pendant 4 jours, j’ai été aidé sur des zones dévastées, c’est un vrai sujet. Après, les SMR, je crois que vous l’avez défendu à l’AN monsieur le député comme une possibilité de diminution du pouvoir d’achat des Français, je n’ai pas trop bien compris, mais ce n’est pas dans l’immédiat, le problème des gouvernements et des lois, c’est la réactivité. Il y a des gens dans la Palud qui ne peuvent plus payer leurs assurances parce que ça fait quatre fois qu’ils sont inondés. Alors que la solution existe et qu’elle coûterait 13 millions, quand les inondations en coûtent 40 !

 

 

 

Débat élections législatives – 18 mai 2022 – Partie 1 : Éducation et jeunesse

Éducation/Jeunesse. Face à l’absence d’établissements d’enseignement supérieur, comment lutter contre la fuite de la jeunesse du territoire vers les grandes métropoles et ainsi garder nos jeunes ?

 

Charles Malot : Tout d’abord je suis très content d’être là avec vous et de commencer sur ce sujet important. Notre territoire n’a pas d’université propre, il dépend de l’université de Toulon et nombreux sont les étudiants à partir vers les universités de Nice, Aix-En-Provence, Marseille ou ailleurs pour faire leurs études. Nous avons un territoire pas assez grand pour avoir une université complète, mais les solutions sont multiples. Nous pouvons créer des antennes, comme c’est déjà le cas avec des formations qui peuvent évoluer selon les conjonctures économiques afin de donner des débouchés aux étudiants, car rien n’est pire qu’un étudiant qui se forme dans une discipline pour laquelle il ne trouve pas de débouchés. Aujourd’hui, je constate sur le département que nous faisons l’inverse : on concentre tout à Toulon, notamment l’IFPVPS et le projet Montety 2023. Il faut, en plus de ces antennes locales, développer les formations en ligne qui sont aujourd’hui en explosion. Ma suppléante est d’ailleurs en train de faire une formation en ligne, de chez elle, dans le domaine de la décoration d’intérieur. Concernant le sujet de l’éducation, je pense qu’il faut mettre un paquet sur l’orientation dès le lycée, car rien n’est pire qu’un étudiant qui se trompe d’orientation. Je peux en parler, car j’ai fait quatre années de médecine avant de me réorienter vers le droit et j’ai perdu à chaque fois un peu de temps et je ne souhaite cela à personne.

 

Jean-Marc Maurin : Ce sujet est majeur comme le dit monsieur Malot. Le fait de ne pas avoir de structure localement est très problématique, mais justement, je pense que la réponse est aussi dans la question posée. Il faut créer localement des formations post-bac. En gros, 30 % de nos enfants de notre secteur restent sur le sable, donc n’ont que des petits métiers de suppléances, des petits métiers comme les plages l’été, des métiers d’à propos ou d’intérimaires. Ce n’est pas une bonne chose, il faut s’inscrire dans une dynamique territoriale sur le terrain. Par exemple, il va y avoir l’école hôtelière de l’excellence sur Saint-Raphaël. Il faut derrière décliner par exemple, post-bac, des métiers du tourisme et des métiers de la restauration. Cela sera le pendant, et fidélisera des jeunes sur le territoire avec une formation supérieure et cela fera un vrai lien à double composant. Il faut aussi faire des formations supérieures pour intégrer des entreprises de renom comme Thalgo, Intexalu, etc. Mes deux filles sont parties ailleurs, très tôt, car il n’y avait rien sur place. C’est le lot de beaucoup de parents. Il faut garder nos enfants sur le secteur, du moins une partie sur ce qui est réalisable. Un post-bac ingénieur sur les énergies renouvelables me paraît une très bonne chose. Enfin, je proposerai une université de la Mer. Il y a deux formations post-bac très importantes : une sur la méditerranée ou il n’y a qu’un seul site à Sète, il y a les métiers de la mer, avec une vocation de pêcheurs. Il y a beaucoup plus à faire avec notre méditerranée qui est une mer fermée très polluée. Une benne de plastique est déversée chaque seconde dans la mer, il faut en prendre conscience. Cette université serait à visée de protection et de préservation de la méditerranée, avec recherche fondamentale et appliquée, et un objectif de dépollution. Ce n’est pas contradictoire, mais complémentaire. J’abhorre ce que vous dites sur le fait que nous sommes obligés de changer de faculté, et je regrette que vous ayez laissé tomber la médecine, car j’ai tout fait pour y aller dans mes jeunes années. Je pense qu’effectivement il faut des formations adaptées au territoire, mais aussi une intégration possible pour dynamiser le secteur.

 

Joël Hervé : en 2019, pour les municipales, notre projet consistait effectivement à ouvrir un campus sur l’agglomération. 115 000 habitants, pratiquement rien pour les étudiants dans le niveau du supérieur. Et puis ce qui a été dit, c’est-à-dire aller loin quand les enfants sont dans le premier cycle, c’est un petit peu compliqué. Alors je m’interroge sur ce qu’on fait nos élus depuis 2014, pourquoi ils n’ont rien fait, pourquoi ils n’ont rien demandé. Tout cela au sujet de l’université, mais il y a aussi l’enseignement supérieur plus pratique. Nous avons besoin d’IUT, de BTS en nombre plus important. Je pense que nous sommes déjà confrontés à une nouvelle industrie qui pourrait avoir sa place dans notre agglomération, c’est-à-dire le développement de l’intelligence artificielle, des 3D, des robots. Ce sont des industries qui sont absolument nécessaires et qui devront être couplées avec l’enseignement supérieur et ses formations professionnelles. Il est nécessaire également de mettre en place dans ce campus une programmation de reconversion pour les professionnels qui sont actuellement au chômage et qui n’ont pas de facilité pour retrouver du travail. Tout ce pack-là devrait impérativement être installé dans notre agglomération. J’avais évoqué la fusion des communes pour qu’une seule agglomération de 115 000 habitants puisse peser face à un ministère, car c’est un rapport de force entre l’éducation nationale et les élus locaux. Cela n’a pas été fait et c’est embêtant. C’est un peu comme si on voulait laisser un certain nombre de nos enfants sans véritable formation. Effectivement, c’est de l’ordre du tiers des adolescents qui sont dans cette situation, c’est embêtant. Je ne sais pas si nous pouvons en parler là, mais nous ne pouvons pas faire l’impasse sur le cadre général et national. Nous avons actuellement divisé par deux en quinze ans le nombre de conférenciers. C’est dramatique. Cela veut dire que la France ne se projette pas. On a supprimé 3000 postes du CNRS, c’est dramatique et si on regarde ce qu’il se passe dans les lycées, c’est-à-dire juste avant, nous avons un ministre qui a mis en place une réforme des lycées en faisant en sorte que 41 % de nos élèves de terminale n’aient aucun enseignement de mathématiques. C’est un scandale total. De quelle façon allons-nous pouvoir entrer en compétition avec les autres de l’UE et du monde entier ? Donc nous avons des lycées qui ne peuvent pas préparer correctement les élèves, et les enseignants en souffrent parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire ce qu’ils veulent faire, ils ont des salaires dérisoires, la société commence à dire que ça ne va pas très bien pour eux, mais finalement on assèche les moyens donnés à l’éducation nationale pour dire après que cela ne fonctionne pas bien et donc nous allons faire des universités libres, des écoles privées, etc. D’ailleurs c’est ce qu’il se passe : l’école hôtelière dont vous parlez est une école privée. Nous aurions tout à fait pu créer une structure publique avec un enseignement qui ne soit pas payant, car les charges étudiantes sont déjà importantes.

 

Julie Lechanteux : Bonjour à tous, merci au journal L’horizon Estérel Côte d’Azur d’avoir organisé ce débat. Les métropoles, on le sait, absorbent tous les budgets et les infrastructures. C’est un vrai problème et c’est pour cela que nous, au rassemblement national, nous luttons contre la métropolisation et que nous sommes pour un rééquilibrage des territoires, dans tous les domaines d’ailleurs. Tous ces choix sont évidemment politiques et il appartient à l’État et donc au gouvernement de pallier à ce désert de l’enseignement supérieur. Évidemment nos maires sur le territoire n’ont eu de cesse de se battre pour implanter des établissements d’enseignement supérieur. Il a été notamment proposé des emplacements comme la base nature, mais tout cela se fait avec l’État qui n’a absolument pas accompagné nos élus locaux dans ce domaine comme dans d’autres. Il manque une véritable volonté politique. Je viendrais donc, si j’étais élu, en appui au projet de ces établissements d’enseignement supérieur sur le territoire en concertation avec les maires. Un autre point essentiel : il manque des logements pour les étudiants. Trois étudiants sur quatre ont du mal à se loger. Il manque quasiment 250 000 logements étudiants en France. Cela serait un véritable projet — pour nous dans un territoire saisonnier où nous manquons de mains d’œuvre l’été — que nos étudiants qui ont du mal à se loger, à se nourrir, à vivre tout simplement puissent travailler l’été. On gagnerait en mains d’œuvre ce qu’il nous manque cruellement de nos jours. Ces logements étudiants occupés à l’année pourraient être mis à disposition de ces personnes pour travailler l’été.

 

Baptiste Laroche : La question de l’éducation et de la jeunesse est importante aujourd’hui. Les jeunes partent dans les grandes métropoles pour aller faire leurs études. Il y a la question du retour aussi, quand ils reviennent travailler ici. La question des petites et moyennes métropoles comme Fréjus a été la grande absente de la dernière présidentielle. Ces villes de 30 à 50 000 habitants qui sont le cœur battant de notre pays. Nous sommes d’accord qu’il faille implanter des universités, des BTS ou autres dans ce genre de territoire, il faut soutenir ces initiatives. Mais il y a un sujet important : une fois que ces jeunes ont terminé leurs études, ils doivent se loger et travailler. Ici le logement est très cher, il faut donc absolument développer les logements sociaux qui doivent être en priorité fournis pour les jeunes fonctionnaires et les jeunes qui travaillent sur ce territoire. Souvent les jeunes ont du mal à acheter et la question de l’achat pour les primo-accédants est le deuxième point que je souhaite aborder. Il faut que l’État soutienne les jeunes qui veulent acheter, car aujourd’hui c’est un acte courageux d’acheter, les banques et les acheteurs ont peur, le marché est tendu. Il faut soutenir les jeunes qui veulent acheter pour la première fois et surtout qui veulent revenir sur leur territoire. Après être parti pour des études à Lyon, Paris, Marseille ou Nice, il faut revenir sur son territoire et il faut pouvoir acheter. Pour cela nous proposons une déduction d’impôts sur le revenu pour tous les primo-accédants pour que leur achat ne soit pas étouffé par des impôts trop élevés.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Merci pour cette invitation et pour cette clarté des débats. Je voudrais tout d’abord repréciser que nous sommes sur un débat d’une élection législative et donc ce n’est peut être pas la peine de refaire le débat des municipales. Je ne suis pas dans la majorité municipale d’une ou l’autre des communes citées, mais ils ont été élus et je ne ferai pas de reproche sur ce qui ne dépend pas d’eux et cela a été dit au cours du débat. Sur ce qui est du ressort du parlementaire que chacun d’entre nous ici peut devenir, c’est de voter des lois, contrôler l’action du gouvernement, ou de forcer – comme disait madame Lechanteux – auprès de ceux qui revendiquent quelque chose. La première des choses concerne les moyens que nous aurions pour sédentariser la jeunesse ici sur un enseignement post-bac. On est d’accord avec le docteur Maurin, ce n’est pas seulement garder les jeunes, mais garder ceux qui veulent rester, car nous sommes aussi ouverts à ceux qui veulent faire des études loin, et j’avais proposé que l’on fasse des mécanismes de bourse, que nous ne faisons pas localement, pour aider ceux qui auraient l’occasion d’aller faire Harvard ou Cambridge de le faire. La première des choses est la formation professionnelle et vous l’avez dit. C’est très important, nous avons abondé énormément d’argent, je travaille beaucoup en lien avec la mission locale et Claude Fournet qui en est le président. Je regrette d’ailleurs que celle-ci se soit vu diminuer la subvention annuelle qu’elle reçoit de l’agglomération. Je comprends que l’agglomération veuille lui donner à peu près ce que les autres missions locales reçoivent, mais dans ces temps de tension que nous vivons, et vous l’avez dit madame Lechanteux, sur notre territoire, notamment à trouver des emplois qualifiés pour la saison, nous sommes là au début d’une saison avec des professionnels qui ont du mal, la formation professionnelle sur des métiers en tension chez nous et quelque chose de très important et le plan que nous avons décliné, nous allons le poursuivre. C’est la raison pour laquelle, j’ai saisi à la demande du président de la mission locale, le président du conseil régional et le président du conseil départemental, a abondé ce manque de ressources qu’ils ont. Le second point est qu’il existe des moyens d’enseignement soit par détachement d’antenne, soit par distance. Nous l’avons connu avant la crise covid avec les MOOC qui permettent de valider des unités d’enseignement universitaire de haute qualité et qui trouvent des débouchés, et grâce à cette période covid nous avons tous découvert la visioconférence et nous pouvions travailler à distance. Cela veut dire que ces antennes à distance dont vous parlez peuvent très bien se faire de la sorte. Et juste un petit chiffre — et cela est à la portée des parlementaires, de voter ou pas un plan numérique, que nous avions voté et que nos oppositions n’ont pas voté — le plan numérique a permis de raccorder à la fibre dans la circonscription plus de 73 000 locaux. C’est 29 700 locaux à Saint-Raphaël et 34 800 à Fréjus. L’arrivée de la fibre permet, au-delà des études, de sédentariser une jeunesse qui est demandeuse de cela. Reste aux élus locaux d’apporter une offre pour garder la jeunesse notamment en matière culturelle. Le pass culturel que nous avons fait et que nous allons reconduire et étendre est aussi un vecteur pour permettre à des jeunes de rester ici plutôt que d’aller dans d’autres villes comme vous le disiez. Sur les deux ou trois choses qui ont été dites par les autres candidats, le docteur Maurin — et je l’en remercie — parlait de la création d’une université de la mer. En 2014, lors des municipales cela était écrit noir sur blanc et bien repris par la presse et vos journalistes ici. J’avais proposé qu’on fasse une université de la mer Fernand Braudel et Jacques Cousteau : c’est-à-dire un côté ethnologique qui nous permettait de développer nos étudiants en archéologie, en histoire de la méditerranée et une université des sciences de la mer de Jacques Yves Cousteau. Et comme le disait Julie Lechanteux, je proposais à ce que la base nature puisse accueillir cela. Je m’en suis même ouvert avec le maire en lui disant qu’une fois élu, s’il voulait être dans ce programme j’étais fana et j’avais proposé le de vous aider à le développer. Malheureusement, cela ne dépend ni de la collectivité ni de l’État. Vous l’avez dit, vous n’avez pas eu de réponse favorable de l’État, mais depuis la loi de l’autonomie des universités que madame Pécresse avait faite lorsqu’elle était au gouvernement, il y a aussi les régions et cette affaire ne peut pas être la volonté de l’un ou de l’autre, mais la volonté aussi d’autres collectivités locales dont la région. Il faut savoir que cela représente un coût qui ne pourra peut-être pas être aligné avec toutes les autres augmentations de budget que nous réclamons par ailleurs sur l’éducation nationale, sur la justice, sur l’hôpital. Ce sont des vœux, qui à mon avis, aujourd’hui pour obtenir une université d’enseignement supérieur, vont être difficiles à réaliser et c’est pour cela qu’il vaut mieux se concentrer aujourd’hui et dans l’immédiat pour avoir des réponses rapides sur la formation et l’enseignement à distance.

 

Joël Hervé : Un petit peu à la marge, c’est bien de faire des études supérieures, mais pour en faire il y a avant les études secondaires et il faut qu’au niveau du primaire cela se passe dans de bonnes conditions. Je pense qu’on peut en dire quelques mots. Cela interpelle les gens qui sont déjà députés : on a en France les classes les plus chargées de l’Union européenne avec 25 à 30 élèves. Face à cela, les enseignants dont la formation professionnelle a été supprimée par Sarkozy en 2008, les plus récents en poste depuis une quinzaine d’années sont relativement démunis, c’est-à-dire qu’une fois qu’ils ont obtenu leurs masters 2 ils sont arrivés directement dans les classes et dans mon travail quotidien j’avais à participer à une sorte de formation continue pour les préparer au travail. Donc les enseignants ne sont pas responsables, ils ne sont pas coupables, mais ils subissent cela et en souffrent. Mais qu’a fait cette majorité pendant cinq ans pour remédier à ce problème ? À mon avis rien. La seule chose qu’on a faite c’est un écran de fumée en nous disant qu’il y aura des classes de 12 élèves dans les ZEP. Alors effectivement cela touche 4,9 % des élèves de France, mais que se passe-t-il pour les autres 95,1 % ? On ne le sait pas et les résultats sont corrélés très exactement à la suppression de la formation des enseignants. Sinon regarde les courbes elles se suivent. Alors maintenant on dit que nous avons des résultats catastrophiques. Alors effectivement, dans un CM1 en mathématiques aux épreuves TEAMS, on est 32e sur 33 avec seulement le Chili derrière nous. Dans le même temps, si on regarde les dépenses par élève, nous sommes très loin de tous les pays de l’OCDE. C’est la catastrophe. Or, comme le dit fortement notre député actuel, c’est le député qui vote les lois. Mais alors qu’avez-vous donc fait pour que cet enseignement fonctionne dans de meilleures conditions et se retrouve au moins au niveau de l’OCDE ou au moins dans la moyenne de l’UE ? Nous n’en sommes pas là. Alors nous proposons qu’il y ait un recrutement des enseignants qui soient au niveau de la licence et non pas en master 2 et qu’ils aient une formation professionnelle de trois ans dans des centres dédiés, soit un bac +6 qui correspond tout à fait à ce qui est nécessaire, de façon à ce que soit des professionnels qui prennent en charge les enfants. Parce qu’apprendre à lire à un enfant tout seul, presque tout le monde peut y arriver, à deux élèves aussi. À cinq ou six élèves, ça devient un peu plus compliqué. À 25, lorsqu’il y a des enfants qui ont des écarts de fonctionnement intellectuel différents, c’est très complexe. C’est un métier très complexe, et c’est un métier qui s’apprend. Or on ne l’apprend pratiquement plus. Imaginez que nous fassions pareil avec un chirurgien dentiste : qu’après l’obtention d’un master 2 en physique des matériaux, on peut pratiquer ! Le premier patient sortirait avec la bouche en sang et les lignes bougeront. Mais dans les écoles, à partir du moment où l’enseignant est sympa et que cela se passe bien avec les élèves, alors on ne dit rien. Du moment que les classes ne bougent pas, ça va. Mais quand on regarde les résultats et les difficultés d’enseignement, je me demande ce qu’ont fait ces députés de la majorité pour donner de l’argent à l’école. Avant-dernier au niveau des budgets et dernier au niveau de l’effectif par classe et dans le même temps des enseignants sous-payés. Ça, c’est en amont, mais cela fait partie des problèmes des campus.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : très brièvement en deux minutes comme nous devons le faire à l’Assemblée nationale. Tout d’abord, et je vous remercie de l’avoir dit, nous avons fait le dédoublement des classes élémentaires dans les zones d’éducation prioritaire et j’espère que vous poursuivrez cette politique si vous êtes élu, parce que le but était de commencer à l’échelle et de diviser par deux les classes dans tous les âges et ce programme est soumis au vote des députés. En revanche, en ce qui concerne les programmes, tout à l’heure c’était abordé dans les mathématiques, ou — et ce n’est pas abordé — la présence ou non dans les livres d’histoire du Général de Gaulle, ce sont des débats internes à l’éducation sur lesquels nous nous ne pouvons pas agir. Vous nous reprochez que le budget de l’éducation était le dernier. C’est vrai. Notre priorité a d’abord été la défense nationale et la sécurité. Ce sont les deux premiers budgets sur lesquelles nous avons abondé : la programmation militaire 2019-2025, rehaussement des effectifs de police où on est remonté à 12 000 qui avaient été supprimés nous les avons obtenus, et nous avons abondé sur le ministère de la Justice plus de 30 milliards avec des états généraux de la justice qui font qu’aujourd’hui ces états généraux vont aboutir sur un plan de recrutement de 8000 personnes dans la justice plutôt que dans l’enseignement de tous les degrés. Vous pouvez nous le reprocher, c’étaient des choix, nous les assumons et je les assume. L’éducation nationale arrive pendant ce mandat si nous avons le loisir d’être majoritaires avec d’abord l’hôpital, la justice puisque je viens de le dire on est en transition sur ces deux mandats, et l’éducation nationale. On peut nous reprocher de ne pas avoir assez fait, de ne pas avoir fait rapidement, mais j’assume mes choix, j’assume d’avoir voté et élaboré la loi de programmation militaire d’abord et la loi sur la sécurité intérieure ensuite.

 

Julie Lechanteux : Concernant le dédoublement de classe qui est effectivement utile et indispensable. Je le rappelle j’ai été adjointe à l’enfance et l’éducation et j’ai eu l’occasion de gérer ce genre de problématique, il faut se souvenir que le coût revient à la charge des communes qui ont toujours moins de dotation de l’État et qui vont encore baisser à la demande de Macron et c’était également la proposition du parti Reconquête. On demande toujours aux communes de faire toujours plus avec toujours moins. Pour revenir à l’éducation supérieure, c’est donc bien une question de volonté politique. Vous le disiez monsieur Michel-Kleisbauer, la région rentre dans la discussion, le conseil départemental également puisque je faisais parti de la commission enseignement supérieur, et un fait indéniable et incontournable que je disais dans mes propos tout à l’heure, les métropoles absorbent tous les budgets et les infrastructures. Donc il faut que la volonté politique change, s’adapte et rééquilibre tous les territoires. Il est indispensable d’avoir des établissements d’enseignement supérieur sur un territoire aussi grand.

 

Jean Marc Maurin : Je rappelle que le sens de la question était de lutter contre la fuite de la jeunesse. À mon sens, ce n’est pas la visioconférence qui va permettre de le faire, après je ne pense pas qu’un député influence une distribution de la fibre sur son secteur, c’est un programme national.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Non, cela est voté, ce n’est pas fait par les entreprises, mais cela a été voté. Vous avez signé une charte sur ne pas dire des choses qui sont fausses. C’est un plan, le plan numérique a été voté en début du mandat, et l’arrivée de la fibre ne vient que par ce plan.

 

Jean Marc Maurin : alors c’est très bien. Le fond du débat c’est garder notre jeunesse et je pense que pour la garder il faut sur place des formations de troisième cycle. Tout le monde est capable par visio de se former, mais où est le concret, où sont les emplois, où sont les débouchés ? Il faut les garder sur le secteur et sur le territoire. L’université de la mer si tous les élus sont en mesure de le faire, il est difficile de faire des choses certes, mais il faut savoir se battre pour les faire parce qu’il faut prendre connaissance des remontées de terrain et il faut aller dans le sens de la population et dans le sens de la conservation de nos jeunes sur le territoire. C’est le fondement de mon raisonnement.

 

Joël Hervé : Pour rebondir sur ce qu’a dit madame Lechanteux, cette diminution des élèves chez les CP et CE1 est très bonne chose. Ce sont des classes de 13 ou 14 élèves. Ensuite l’évaluation je l’ai cherché. Je connais bien la maison, il m’a fallu 1 h 30 pour trouver les résultats de l’évaluation de cette expérimentation cachée au fond d’un site du ministère. Je l’ai trouvé, le résultat ce n’est pratiquement pas de progrès, même une légère baisse en français ou en mathématiques. Donc on s’interroge. Cela a coûté une somme conséquente. Le seul intérêt que j’y vois c’est que cela a allégé un peu la journée des enseignants qui étaient moins fatigués en fin de journée, mais ce n’est quand même pas ça l’objectif. Pourquoi avoir fait cela spécifiquement sur les ZEP. Il faut les aider, mais des QI de génie il y en a dans les ZEP, dans les campagnes, dans les villes ordinaires et dans les métropoles. Des élèves en difficulté il y en a aussi dans les ZEP, les campagnes, etc. Donc c’est bien une adaptation de l’enseignement à travers une formation professionnelle des enseignants qui doit être mise en place au niveau national de façon à traiter la totalité des enfants.

 

Baptiste Laroche : Je rebondis rapidement sur la question du primaire. Vous parlez beaucoup d’argent, mais c’est aussi une question de recentrer l’enseignement sur les savoirs fondamentaux. Aujourd’hui il y a beaucoup de dispersion dans les écoles, mais si on recentre l’enseignement sur les savoirs fondamentaux on peut vraiment et sérieusement former une génération.

 

Jean Marc Maurin : Je rebondis sur les propos de monsieur Hervé, nos classements au niveau de l’éducation sont catastrophiques, 23e sur 79 dans le classement pisa, le programme international du suivi des acquis. Nous sommes très mauvais, en premier on retrouve des pays d’Asie et d’Europe de l’Ouest. Nous avons régressé, 40 % de nos enfants n’ont pas la pleine possession des capacités de lecture à la sortie du CM2. On a perdu le sens, en trente ans vouloir aller sur le tout mathématique a été une contre performance. Il y a de moins en moins de candidats qui arrivent dans les écoles d’ingénieur, c’est un échec à ce niveau-là. Notre système d’éducation est un échec tel qu’il est pensé, conçu et appliqué. Nous devons absolument le réformer et le transformer pour apporter le meilleur pour nos enfants.

 

Joël Hervé : monsieur Maurin, cette difficulté a maintenir les niveaux par rapport à nos voisins européens a démarré en 2008 ou 2009. Je vous assure, regardez bien pisa : diminution des budgets, arrêt de la formation des enseignants, résultat des élèves. C’est bien Sarkozy qui a mis cela en place, vos amis.

 

Jean Marc Maurin : il est donc temps de changer avec nos nouveaux amis.

 

Ciné débat au Vox

Vendredi 19 novembre 2021 à 20 heures au cinéma le Vox à Fréjus, aura lieu un ciné débat autour du “pouvoir de la presse”. Animée par Catherine Aubry, ancienne journaliste de Var Matin, la soirée s’articulera autour d’un film documentaire nommé deux fois aux oscars : “L’affaire collective”. 

Le film 

Après un tragique incendie au Colectiv Club, discothèque de Bucarest, le 30 octobre 2015, de nombreuses victimes meurent dans les hôpitaux des suites de blessures qui n’auraient pas dû mettre leur vie en danger. Suite au témoignage d’un médecin, une équipe de journalistes d’investigation de la Gazette des Sports passe à l’action afin de dénoncer la corruption massive du système de santé publique.

Tarif : 7€ et 6€ pour les adhérents Var Estérel cinéma et Artem 83