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Quand Saint-Raphaël repense son commerce de proximité

La ville de saint-Raphaël a repensé sa façon de voir le commerce de proximité depuis près de trois ans. Avec un certain succès.

 

Depuis 2018 et le lancement d’une étude afin de dresser l’état des lieux du commerce de proximité dans le centre-ville, la municipalité raphaëloise a mis en place plusieurs actions pour revitaliser le cœur de ville et contrer un taux de vacance de locaux commerciaux alors au-delà des 10 %. Avec l’aide du cabinet AID, les élus de la cité de l’Archange ont pu définir des pistes prioritaires pour l’avenir du commerce de proximité. Un agent municipal a ainsi été missionné afin de gérer le problème de la vacance.

« Nous avons un listing et un inventaire de locaux commerciaux avec un plan et, à côté, des porteurs de projets nous faisant des demandes.  Nous sommes ainsi en mesure de leur proposer des choses sur des commerces que nous avons repérés« , explique Stéphane Iseppi, adjoint à l’économie à Saint-Raphaël. Un schéma permettant ainsi à la ville d’être en contacts directs avec les bailleurs pour échanger, au besoin, avec eux sur les éventuels problèmes de vacances commerciales.

Manager de centre-ville

Afin de compléter cette « offre », un manager de centre-ville a été recruté, en la personne de Yoann Cousin. « Sa mission est de développer tout ce qui va toucher aux animations liées au commerce. Pour cela, nous travaillons également avec la culture et le tourisme« , rappelle Stéphane Iseppi. Organiser et repenser les rues d’un point de vue commerces, c’est aussi l’une des attributions du manager de centre-ville, dont la patte est aujourd’hui largement visible dans le centre de Saint-Raphaël. De nouvelles enseignes ont d’ailleurs récemment vu le jour, à l’image d’un magasin dédié à la truffe (également présent à Fréjus), ainsi que l’enseigne La Cure Gourmande, boulevard Félix Martin. De quoi apporter, aussi, un coup de jeune à un quartier historique où le textile était auparavant prépondérant.

Chèques-cadeaux

Si la vacance commerciale a largement chuté, passant bien en deçà des 10 %, soit le « taux le plus bas de la Cavem, là où la moyenne est à 12 % dans le Var« , glisse Stéphane Iseppi, la ville a également organisé une opération ayant particulièrement marché au cours des derniers mois et destinée à son commerce de proximité.

 

« Nous avons mis cela en place au moment du 2e confinement et c’est entré en action dès le mois de novembre. Nous avons développé des chèques-cadeaux. Il y a eu un accompagnement de la ville sur ce dossier et cela a été un franc succès. Des entreprises ont joué le jeu, en les proposant à leurs employés. Nous avions un objectif autour des 150-160 000 euros, et début janvier, nous étions à 380 000 euros. Et tout cet argent a été dépensé dans les commerces de notre ville. Nous avons, pour ainsi dire, développé une monnaie raphaëloise« , ajoute l’élu.

Aides Covid

Face à la pandémie, la ville de Saint-Raphaël a également mis des choses en place, allant au-delà de ce qu’a pu faire l’État. Avec, notamment, un fonds de concours d’aides à ceux ne pouvant prétendre à celles du gouvernement. « Cela concernait ceux qui avaient une entreprise récente, et surtout des gens qu’on avait aidé à porter des projets. Un fonds de concours de 500 000 euros, qui n’a pas été utilisé en totalité, mais à hauteur de . Avec ma collègue du CCAS, c’est une aide sociale et économique à la fois, parce que ça pouvait être de l’accompagnement de loyers, des enfants à l’école et dans certains cas pour accompagner les gens avec des chèques pour acheter de l’alimentaire. Au plus fort, ça a concerné une cinquantaine de commerces. » Si les terrasses sont exonérées de charges avec la gratuité du domaine public depuis la fin du premier trimestre 2020 (soit 5 trimestres à la suite), d’autres actions sont encore dans les cartons en vue d’aider et développer le commerce de proximité. « Donner de la place aux piétons et à la mobilité douce par exemple, ce sont des choses qui aident au développement des commerces, mais aussi à faire venir des gens de l’extérieur« , conclut Stéphane Iseppi, lui aussi commerçant et donc bien au fait des problèmes rencontrés par ses confrères.

 

A retrouver dans notre nouveau numéro, en kiosque ce jeudi 27 mai, un dossier sur le commerce de proximité.

 

Par Romain Chardan – Photos : Thomas Morganti.