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Nouveaux heurts cette nuit à Fréjus et Saint-Raphaël

La nuit de samedi 8 à dimanche 9 mai a été marquée par de nouveaux heurts entre délinquants et forces de l’ordre aux abords du quartier de La Gabelle. Bilan : des vitrines brisées et endommagées, des véhicules incendiés, un magasin de motos particulièrement touché et des blessés légers dans les rangs des forces de l’ordre.

 

Cela commence à devenir une mauvaise habitude. Et plus le temps avance, plus la violence grimpe, comme le souligne ce commerçant du Boulevard Général Leclerc, à Saint-Raphaël. « On a le sentiment que ça monte de plus en plus, c’est de plus en plus fréquent, de plus en plus violent. C’est très grave ce qu’il se passe« , insiste ainsi Sylvio Caloc, dont la devanture porte les stigmates d’une nuit agitée. Il faut dire qu’au-delà du pont du Pédégal, nombreuses sont les traces de la nuit qui vient de s’écouler.

Les brûlures au sol sont nombreuses. Des cadavres de voitures calcinées, de part et d’autre de la rue, témoignent de la violence des affrontements. Sans parler des devantures de magasins, dont les vitrines tiennent encore malgré les impacts de pierres ou autres objets lancés au cours des échauffourées. « Cela fait 10 ans que je suis ici, je n’avais jamais eu de souci. Ils ne sont pas rentrés, par miracle, mais on va enlever tout ce que l’on peut pour éviter qu’on vienne nous voler si ça repart ce soir« , confie la gérante du salon Elégance coiffure, partagée entre dégoût et colère.

 

Un appel pour tapage nocturne

 

Ce spectacle de désolation est parti d’un appel pour tapage nocturne. Aux alentours de 23 h 30, la police intervient pour que le calme revienne alors que certains riverains se plaignent du bruit. L’intervention des forces de l’ordre lance alors le début des hostilités. Si les différents témoignages parlent d’assaillants dont le nombre va de 50 à 100, tous sont en revanche sortis d’un coup à l’arrivée de la police, qui a rapidement essuyé différents jets de projectiles.

 

Des projectiles bientôt suivis par des cocktails molotov et autres engins incendiaires. Le bruit des affrontements a rapidement réveillé le quartier. A l’image de cette dame voulant enlever son véhicule, garé avenue du Général Leclerc. « Les policiers étaient devant le portail de notre résidence et ne m’ont pas laissé passer. Il était environ 2h30 du matin, ça tirait de partout et les policiers m’ont dit de rester en arrière« , confie cette dame, dont la voiture a brûlé presque sous ses yeux. « Une voiture de police était garée derrière la mienne et ils ont jeté un cocktail dessus pour la faire brûler. La mienne a pris feu ensuite », ajoute-t-elle, au bord des larmes.

Il faut dire, aussi, que les policiers n’étaient pas assez nombreux, comme le souligne David Rachline, joint en fin de matinée par téléphone. « Ce sont des phénomènes aujourd’hui récurrents, et pour une raison simple. Il y avait 100 personnes hier pour s’en prendre aux policiers nationaux qui renforts compris (il insiste), étaient 15. Je n’ai pas besoin d’expliquer qu’il est difficile de tenir une centaine de personnes avec 15 policiers nationaux. » Un manque de moyens humains fustigé par l’édile fréjusien, dont les appels et lettres au gouvernement n’ont pas manqué ces derniers mois pour demander des renforts. Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a d’ailleurs annoncé l’arrivée de 70 CRS dans la journée afin d’appuyer l’action de leurs collègues sur place.

Après cette nouvelle nuit d’affrontements, ce sont près de 20 boutiques qui ont été touchées, dont le magasin Patrick Motos, particulièrement endommagé et dont certains scooters et motos ont brûlé à l’intérieur de la boutique, le feu faisant fondre un store de l’appartement situé au premier étage au-dessus de l’enseigne. Plusieurs véhicules ont brûlé, dont un de la police municipale, des feux nécessitant l’intervention des pompiers, présents sur place de 1h à 5h du matin. Si, heureusement, il n’y a pas eu de blessé grave, trois policiers (dont un de la police municipale de Saint-Raphaël), ont été légèrement touchés.

 

Par Romain Chardan – Photos : Kevin Duval.