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L’art de vivre chez les jeunes

L’art est aujourd’hui omniprésent. Il a su se développer, jusqu’à faire partie de l’éducation des plus petits. S’il se décline sous plusieurs formes, on lui attribue de nombreux bienfaits. Alors, quelle est la place de l’art chez les jeunes ?

Selon certains spécialistes, la naissance de l’art correspondrait à l’arrivée des premiers hommes modernes, il y a 35 à 40 000 ans, laissant la trace de leur passage dans les grottes. Mais peut-on vraiment dater l’apparition de l’art, alors qu’il se trouve partout et nous accompagne sans même que l’on ne le remarque. Tous les Hommes évoluent avec, là où certains y sont plus sensibles que d’autres. Il jouit d’une telle importance qu’il joue un rôle majeur dans le développement d’un enfant. Là où l’art évolue avec son temps, il est également appréhendé de plus en plus tôt. Gravures, tableaux, graffitis, il se retrouve aujourd’hui sur les réseaux sociaux et TikTok, où les jeunes se doivent de faire preuve de créativité, usant de plusieurs types d’art, cela pour obtenir la reconnaissance d’autrui. «On ne peut plus se limiter simplement à l’apprentissage de la musique. Aujourd’hui, les jeunes sont créatifs et créateurs bien avant nous, ils sont très inspirés par la vie culturelle qui nous entoure, que ce soit pour la création de vidéos ou de sons… On ne peut plus imaginer une école de musique qui n’intègre pas les croisements que sont la danse, le théâtre ou le cirque», explique Geneviève Gaussen, nouvelle directrice du conservatoire de Saint-Raphaël et arrivée en poste en septembre dernier. L’établissement artistique souhaite capter les jeunes en menant une nouvelle politique, tout en profitant d’une commune «portant la culture, ayant une programmation riche», et en travaillant notamment avec les acteurs locaux. «Il faut aussi sortir du conservatoire, donner des concerts au musée archéologique, aller au Forum, pour que les élèves deviennent acteurs de la musique et de la culture de leur territoire. Nous souhaitons renverser l’offre et la demande», ajoute-t-elle.

La stratégie du conservatoire

Et pour que l’enfant devienne un véritable acteur de ce monde-là, toute une politique est menée, avec en point d’orgue, la pratique collective au centre du projet de formation. À leur entrée au conservatoire, les jolies petites têtes blondes sont immédiatement mises en situation de pratique, et ce, en groupe. «Un débutant va entrer au conservatoire dans un système qui s’appelle le parcours de découverte instrumentale. Je souhaite qu’il découvre un instrument par la pratique et de façon collective. Même s’il n’a aucune expérience. Il pourra en essayer plusieurs, jusqu’à en choisir un en conscience, où des jeux d’improvisation les feront jouer avec les autres, jusqu’à ce qu’ils se produisent ensemble. Ils vont vivre la musique avant même d’avoir appris un instrument», précise la directrice. Deux parcours différents sont proposés par la structure. «Cela va générer de la création musicale, il y aura de l’énergie, de la vie. L’important est que cela soit souple, mais en même temps très cadré, car il ne peut pas y avoir de la souplesse sans cadre». Cette vie musicale en groupe va développer chez tous les enfants le plaisir de jouer d’un instrument. L’exigence n’en est que bénéfique, selon Geneviève Gaussen :«L’exigence créée de l’émotion, elle sublime l’art. Elle est reliée à ce plaisir et à la reconnaissance d’avoir bien travaillé. Ces émotions sont omniprésentes et très importantes dans la pratique artistique. C’est souvent le premier lieu où on obéit à un chef. On doit aussi respecter l’autre. On ne peut pas tous jouer ensemble. On apprend à obéir à une consigne et on ne joue pas tout le temps ou trop fort. On gère les silences. Parfois, on doit attendre une demi-page avant de jouer sa note. Au-delà de l’émotion qui est vraiment motrice chez nous, on apprend les mécanismes en société». Si l’art permet de aussi de se libérer, intégrer un club, une école de musique, de théâtre ou de danse peut aussi aider au développement des jeunes…

 

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Thomas Lajous – Photo : Pexels – Vanessa Loring