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La photo de la semaine (10-16 juin)

photo de la semaine thomas morganti numéro 6

J’ai toujours trouvé fascinant la propension à se noyer dans un abysse imaginaire quasi onirique lors du processus créatif. Cette pièce sombre où le temps se meut, où l’espace se tord laissant disparaître chaque objet, chaque personne jusqu’à ne laisser qu’un lieu rempli d’un vide profond et épais. Les mots s’y distordent, les couleurs s’y mêlent jusqu’à ne laisser qu’une bille d’expression. Un point dans l’univers qui n’existe que selon notre propre et unique existence, tout commence. D’un coup d’un seul, tout s’étend, se déchire et se multiplie jusqu’à combler la dernière parcelle d’un noir néant désormais empli de questions sans réponses et de courage sans espoirs. 

On est à ce moment-là submergé, inondé d’idées invraisemblables, frêles et vives, virevoltant ci et là de part en part d’un esprit malade et rongé d’une obstination incontrôlable. Les jours et les nuits se pressent en une seconde, une heure, une éternité jusqu’au moment où in fine, la mine gratte ses premières griffes grises sur une page encore vierge, nous y sommes. Il ne s’agit plus d’un concept abstrait mais d’un quelque chose. Et ce quelque chose après tout cela, n’est que les prémices d’une synthèse à jamais inachevée au regard du porte-plume. C’est un commencement qui fatalement, ne connaîtra jamais sa propre fin. C’est une œuvre qui en dépit de tout, ne restera jamais que le synopsis du rêve d’un artiste insatisfait.

Par Thomas Morganti