Skip to content

Kiosquier, un métier de proximité

kiosquier métier presse saint-raphaël

Aller acheter son journal dans un kiosque est une activité remontant à de nombreuses années. A l’heure du numérique où la consommation des médias change au fil des ans, focus sur un métier qui ne semble pourtant pas près de disparaître.

Ils font partie du paysage depuis des lustres. Ils ont même été au cœur d’âpres échanges au cours des derniers mois lorsqu’il a été question de changer leur apparence à Paris. Mais, s’ils ont fait le charme de la capitale depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, les kiosques à journaux sont aussi présents dans tout le pays. Y compris chez nous. 

L’un d’eux, à Saint-Raphaël, fait partie du paysage depuis de longues années. Certains l’ont même toujours connu. Promenade René Coty, à quelques pas de l’Excelsior, face à la mer, l’AS Presse, comme il se nomme, assure la vente de journaux et magazines au quotidien. Si le métier de kiosquier ne date pas d’hier, prenant le relais de la vente à la criée, il est aujourd’hui celui d’Anaïs Herviou. 

A 26 ans, la jeune femme a repris le flambeau de Monsieur Lucas, l’ancien propriétaire des lieux, en mai 2019. « J’avais fait trois étés comme saisonnière et j’ai décidé de devenir ma propre patronne« , confie-t-elle entre deux clients. « Mais tout a commencé par hasard. » 

Le commerce avant tout

Attirée par le commerce, la kiosquière n’a pas tardé à prendre ses marques et apprécier ce métier, finalement pas si différent d’un autre. « Je ne trouve pas une grande différence entre un vêtement ou un journal. C’est surtout qu’il y a plus de références« , explique Anaïs Herviou. Il suffit de jeter un œil à son kiosque pour mieux comprendre. Magazines, journaux, quotidiens, périodiques, il y en a pour tous les goûts et tous les âges. Une multitude de titres que la jeune femme ne choisit pas forcément. Car kiosquier est un métier à part, où tout est particulièrement réglementé. 

« L’assortiment que nous avons est imposé. À l’heure actuelle, que ce soit pour les références ou leur quantité, nous ne sommes pas décisionnaires. Je peux décider d’arrêter un magazine si je trouve que je ne le vends pas assez, mais la démarche est très longue. De même si je souhaite répondre à une demande sur un titre que je n’ai pas, c’est là aussi très long« , regrette la jeune femme. 

« Mais il est en projet qu’on puisse décider. Je suis actuellement en train de tester une application, développée par MLP (Messagerie Lyonnaise de Presse, distributeur), où il est possible de choisir seul ce que l’on souhaite ajouter ou enlever de leur catalogue, car actuellement, nous sommes dépendants du dépôt« , ajoute-t-elle. Une contrainte dans un métier où tout n’est pas simple. 

Plage horaire et proximité

Si le plus long reste l’attente du client, kiosquier fait partie de ces métiers où le réveil a tendance à sonner aux aurores. « On commence très tôt« , glisse, rieuse, Anaïs Herviou, présente dans son kiosque depuis 7h du matin. « Lorsqu’on fait la journée complète, le temps peut parfois être un peu long. Il y a des pics et des creux, mais on se fait au réveil matinal« . D’autant que le matin, le travail ne manque pas. Après le passage du livreur, qui dépose les marchandises du jour dans un sas, il faut alors récupérer les différents journaux et tout mettre en place avant l’arrivée des premiers clients. 

« Je réceptionne le tout, je comptabilise et je scanne tout ce qui a été déposé, comme les invendus qui doivent repartir et sont récupérés par le livreur lorsqu’il procède à la livraison, et on passe ensuite à la mise en place. » Magazines sur les murs amovibles, journaux sur les présentoirs, tout est installé selon le choix des kiosquiers. « C’était déjà plus ou moins comme cela lorsque j’ai repris l’affaire, j’ai simplement procédé à quelques ajustements« , glisse Anaïs Herviou, alors qu’elle vérifie les gains d’une carte à gratter. Car il est aussi possible pour les kiosquiers de diversifier leur activité. 

« On ne vit pas totalement de la presse, c’est aussi pour ça qu’on fait autre chose en parallèle. À l’année, j’ai la Française des Jeux et le PMU, et l’été je vends aussi des cartes postales et des articles de plage« , précise la kiosquière. Si l’été permet d’avoir un peu plus de vie autour de son affaire, la jeune femme s’épanouit dans son petit espace tout au long de l’année.  « J’adore le commerce et la relation avec les clients. Ici, c’est un peu comme chez le boucher ou le boulanger, il y a une réelle proximité, on connaît nos clients. »

Par Romain Chardan – Photo : Thomas Morganti

kiosquier métier presse saint-raphaël

Article paru dans le numéro 2 de L'Horizon

Vous souhaitez vous procurer ce numéro ? Contactez nous par mail : contact@lhorizon-hebdo.fr

Abonnez-vous !

Profitez de notre prix de lancement et recevez les dernières infos directement dans votre boîte aux lettres.

couverture l'horizon numéro 2