Skip to content

Frédéric Masquelier, « Nous nous dirigeons totalement vers une bureaucrature »

Auteur de son premier ouvrage, La dictature bureaucratique ou la «bureaucrature»*, l’édile raphaëlois analyse ici ce qu’il dénonce dans son livre : les excès bureaucratiques de la France. Interview.

 

/ Quel est aujourd’hui le pouvoir de la bureaucratie ?

Elle en a beaucoup, puisque la plupart des décisions prises, qu’elles le soient sur le plan économique, social ou environnemental par exemple, dépendent de régimes d’autorisations donnés par une administration. Dans une société composée de 68 millions d’individus, il est normal d’avoir une administration, des règles et la bureaucratie est là pour réguler, faire respecter les règles et réguler le budget de l’État, afin de sécuriser et protéger le citoyen. C’est son rôle normal. Mais là où cela devient problématique, et c’est le but de ce livre, c’est lorsque la bureaucratie édicte ses propres règles en fonction de ses propres impératifs et qu’elle tend à l’imposer à toute la société. Il y a aujourd’hui un générateur de règles purement bureaucratiques, qui cherchent la plupart du temps à protéger le système contre l’extérieur, ce qui pose un réel sujet de légitimité démocratique. Cela parce que l’on voit que le citoyen subit, mais ne décide plus de rien.

/ Quel est le pouvoir des élus face à cela ?

L’aspect historique de ce livre permet de le comprendre. Au milieu du XIXe siècle, la société se développe, l’industrie est présente et il faut fixer des règles. La démocratie représentative s’installe et le pouvoir est instable, qui était aussi corrompu à l’époque, et la réflexion est venue est d’un sociologue, Max Weber. Ce dernier a constaté que l’on ne pouvait laisser le pouvoir à des gens incapables de l’exercer. Il prend alors le modèle de l’armée prussienne et à l’époque, un fonctionnaire sur deux est militaire. Il est dit qu’il faut des gens qui obéissent, des gens compétents pris sur concours, et en contre-partie, on leur donne une carrière. Le système s’est aujourd’hui autonomisé du politique et le politique n’a plus de maîtrise sur le sujet, or, un État ne peut marcher que sur deux jambes. On a besoin d’un état de droit et le citoyen a besoin d’être représenté. C’est au citoyen et au politique de décider du cap et d’avoir des moyens de contrôler une administration qui ne doit pas rester en dehors de toute obligation de rendre compte.

 

LA SUITE DE L’INTERVIEW EST À DÉCOUVRIR DANS NOTRE ÉDITION EN KIOSQUES DEPUIS CE JEUDI 24 NOVEMBRE

 

Romain Chardan – Photo : Ville de Saint-Raphaël – Franck Bessière