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Frédéric Masquelier : « C’est la dénomination de l’avenir »

Frédéric Masquelier, le président de la Cavem, désormais dénommée Estérel Côte d’Azur Agglomération, est revenu, après le conseil communautaire, sur l’adoption du pacte de gouvernance et le nouveau nom de l’agglomération.

Pourquoi avoir souhaité changer le nom de la communauté d’agglomération ?

Le terme Cavem était un acronyme et je crois que personne ne s’y reconnaissait. Il n’y avait qu’un pourcentage extrêmement réduit de la population qui connaissait le nom et savait tout simplement ce que faisait la Cavem. Lors d’un récent sondage, le taux de popularité du président de la Cavem était de 7% et plus de la moitié des gens ne savaient pas à quoi servait la Cavem. Il y a un déficit de communication manifeste, les gens ne ressentent aucun sentiment d’appartenance dans une structure qu’ils voient comme administrative, alors que c’est plus que ça. C’est une structure porteuse de projets, de missions. Il était nécessaire de lui donner une véritable identité. On a deux noms connus en France et en Europe, Estérel et Côte d’Azur, il fallait donc en profiter. Je pense que cela va favoriser l’attractivité du territoire. Ce nom est une première étape. C’est la dénomination de l’avenir.

Quelle est la genèse de ce nom ?

L’association de promotion touristique du territoire, qui s’appelle Estérel Côte d’Azur, bénéficiait de ce nom avec une très forte notoriété, et je crois qu’il est important que les gens soient fiers de leur territoire. Pour cela, il faut déjà avoir un nom dans lequel ils peuvent se reconnaître. Ces deux dénominations sont porteuses de sens et de valeurs. 

Pourquoi ce nom n’a-il pas été choisi dès le départ ?

Il y a une évolution des choses, et cette évolution est administrative et structurelle. Au départ, la communauté d’agglomération est une mise en commun de moyens. Chaque commune prenait ce dont elle avait besoin et chaque maire décidait ce qu’il souhaitait sur le territoire de sa commune. Il n’y avait pas vraiment de projet commun, de projet de territoire. Aujourd’hui, à travers le pacte de gouvernance, les maires ont décidé de travailler ensemble, en mettant de côté les différences historiques, politiques, pour voir ce qui est bon pour l’ensemble du territoire. C’est la raison pour laquelle on porte des projets ambitieux et choisir Estérel Côte d’Azur, c’est aussi donner une âme qui n’existait pas.

Frédéric Masquelier président Cavem pacte de gouvernance

Qu’est-ce que cela va changer ?

Sur la dimension touristique, les personnes à l’autre bout de la France pourront se dire qu’ils vont sur le territoire Estérel Côte d’Azur. C’était déjà présent dans le cadre de la promotion du territoire. Et pour les habitants, il est important d’être fier du lieu où on vit, des institutions chargées de sa gouvernance. Au-delà des mots et de pouvoir porter des projets communs, il faut qu’il puisse y avoir une reconnaissance, une fierté. Pour le personnel qui travaille à la communauté d’agglomération, ça a un sens aussi.

On va ainsi avoir un nouveau siège, alors qu’aujourd’hui les agents étaient disséminés sur plusieurs sites, il n’y avait pas vraiment de travail en commun. Il y avait aussi des élus qui tiraient chacun de leur côté, pour leur ville, pour de plus ou moins bonnes raisons, avec des dissensions pour différents motifs, et se dire « on se met d’accord sur un même nom, sur un siège, sur 100 millions d’euros d’investissement », je peux vous dire que ce n’est pas partout que ça se passe de cette manière-là. Là, sur les cinq années à venir, on a un projet qui est dynamique. C’est une façon moderne et importante de faire de la politique. 

Quelles sont les grandes lignes de ce projet sur 5 ans ?

Le pacte de gouvernance, ce sont des travaux d’aménagement, c’est la raison pour laquelle on a apporté des modifications statutaires, des transferts de compétences afin que l’agglomération puisse se substituer aux communes. Je pense notamment aux réaménagements du bord de mer, au doublement de la RDN7, mais aussi au siège de la Cavem, à un futur office intercommunal de tourisme, où on se met ensemble pour une promotion commune de notre territoire, ainsi qu’à la formation supérieure.

Aujourd’hui, on ne peut plus envisager ce sujet où chacune des communes porterait le projet de manière isolée. Je pense à la future école hôtelière, qui est un projet intercommunal, et à la nécessité d’agir dans le domaine de la protection contre les inondations. Là aussi, c’est en commun qu’on peut avoir des résultats et c’est la raison pour laquelle j’ai souhaité qu’on puisse en avoir les moyens financiers. On a porté la taxe Gemapi qui nous permet d’avoir les moyens financiers pour protéger nos habitants des inondations.

Propos recueillis par Romain Chardan – Photos : Cavem – Christine Delvalle.