Skip to content

Françoise Dumont : « La gestion au plus près du terrain est la bonne »

vaccination cavem Françoise Dumont sénateur var

Françoise Dumont, sénateur du Var, s’est rendue au centre de vaccination intercommunal afin de se rendre compte par elle-même de son fonctionnement et des problématiques auxquelles sont confrontés les soignants.

 

Pourquoi venir aujourd’hui au centre de vaccination intercommunal ?
Je suis une parlementaire, mais aussi une élue de terrain et je ne peux concevoir mon mandat, alimenter mes réflexions et être utile à mon territoire qu’en le nourrissant avec des expériences de terrain. Mais aussi grâce au retour de gens qui travaillent et vivent les événements sur le terrain. La vaccination étant une problématique majeure aujourd’hui, je suis venue rencontrer les personnes, les médecins qui mettent en œuvre la vaccination, écouter leurs besoins, leurs doléances, leurs satisfactions aussi, parce qu’il y en a, afin d’intervenir utilement pour eux auprès du gouvernement et du sénat.

Qu’avez-vous retiré de cette visite ?
Une très belle solidarité entre les exécutifs locaux. Les maires de la Cavem et leurs équipes municipales ont travaillé dans la plus étroite collaboration, mais ça, je n’en doutais pas. Les administratifs mais aussi le corps médical et l’ensemble de la communauté médicale du territoire a travaillé en bonne intelligence, que ce soit le secteur public ou le privé, les infirmières ou les médecins. Nous retenons véritablement une grande solidarité et une entraide mutuelle pour mener à bien cette mission de protection et de vaccination de nos populations.

J’en retiens aussi qu’ils ont une souffrance, parce qu’ils s’aperçoivent qu’il n’y a pas assez de doses, qu’il en faut plus, mais on note aussi que lorsqu’il y en aura plus, ce qu’on appelle de nos vœux, ce que je souhaite et qui va, je pense arriver, il va y avoir un problème de personnel pour vacciner.

Ce manque de personnel est-il l’un des principaux points soulevés ?
Tout à fait. Nous étions en train d’imaginer quels types de personnels, de populations pourraient venir pour aider. Les préparateurs en pharmacie, les sapeurs pompiers, puisque selon un décret signé par le président la semaine dernière, les sapeurs pompiers peuvent participer aux opérations de vaccination moyennant une formation ad hoc, les élèves infirmières, pourquoi pas aussi les étudiants en médecine.

Ce sont des dossiers sur lesquels il faut aujourd’hui poser des questions parce que l’été va arriver, on va continuer à vacciner cet été, et il y aura des congés à cette période. Les infirmières qui participent aujourd’hui vont avoir beaucoup de travail, peut-être moins de temps à consacrer à la vaccination, donc tout ceci s’anticipe, il faut prévoir les vacances, la période estivale, les doses plus importantes et donc les effectifs plus importants pour pouvoir vacciner.

Quels ont été les autres problèmes soulevés aujourd’hui ?
L’urgence, parce qu’on a regardé les chiffres et les taux d’incidence sur la Cavem qui sont extrêmement haut. Il y a une véritable urgence à vacciner maintenant. Ce sont principalement les problèmes que nous avons soulevés : les doses, les vaccins, et à moyen terme, les personnels pour augmenter la cadence de vaccination.

Vous avez souligné en janvier dernier lors d’une question au gouvernement l’importance de s’appuyer sur les forces locales, notamment les maires. Avez-vous le sentiment que cette question trouve son illustration dans ce qui est réalisé ici ?
Parfaitement. Je n’ai pas l’outrecuidance de dire que ma question a débloqué les choses, mais nous avons été plusieurs élus à porter cette voix-là, et je dois dire que le premier ministre, qui est un ancien maire, élu local, met en pratique ceci. La gestion aujourd’hui, au plus près du terrain, et les décisions qui sont prises territorialement sont les bonnes. Il faut pouvoir s’appuyer sur les forces locales, travailler en bonne intelligence dans la couture fine et dans la plus grande réactivité.

D’ailleurs, le fait que les sapeurs pompiers, qui sont des gens maîtrisant parfaitement la gestion de crise, soient désormais autorisés à participer à la gestion de la vaccination est une excellente chose. Ils savent gérer une crise, connaissent le terrain, savent gérer la sensibilité des populations, ils connaissent l’humain, il était utile de les faire entrer dans ce schéma-là. Mais la gestion au plus près du terrain est la bonne gestion et l’intelligence territoriale trouve là toute son illustration.

 

Propos recueillis par Romain Chardan – Photo : Cavem – Christine Delville.