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Déserts médicaux : le territoire sur la mauvaise pente

Les déserts médicaux sont de plus en plus nombreux en France. Si la Région Sud n’est pas la plus mal dotée, le Var et l’Est-Var connaissent cependant de nombreuses tensions au niveau médical. Notre territoire n’est pas un désert médical, mais plusieurs zones pourraient le devenir au cours des prochaines années.

 

«Le prochain rendez-vous est dans trois semaines». «Désolé, le médecin ne prend plus de nouveaux patients». Des phrases que l’on entend trop souvent depuis de nombreuses semaines. Trouver un médecin aujourd’hui, ou un simple rendez-vous, peut parfois paraître plus complexe que de réaliser les douze travaux d’Hercule. Mais là, pas d’immortalité en jeu, simplement le besoin de se faire soigner. Qu’il s’agisse d’un généraliste ou d’un spécialiste (cela peut même être pire de ce côté-là), mieux vaut s’armer de patience et avoir un certain sens de la recherche sur Doctolib pour trouver un rendez-vous rapidement. De quoi se demander si notre territoire peut être considéré comme un désert médical. Car l’offre en la matière semble fondre comme neige au soleil à mesure que les médecins partent en retraite sans voir de remplaçants reprendre leur flambeau. Alors, désert médical ou pas ? Il suffit de jeter un œil à la définition pour avoir un début de réponse. «Un désert médical désigne une zone géographique dans laquelle il est très difficile, voire impossible, de se faire soigner par un professionnel de santé en raison de l’absence de médecins à proximité. Cette situation traduit une inégalité territoriale dans l’accès aux soins et peut s’avérer dangereuse pour la santé des populations locales», souligne l’État sur le site vie-publique.fr. Et d’après le docteur Gras, président de la CPTS Var Estérel Méditerranée (voir encadré), «non, on ne peut pas parler de désert médical, mais on va vers des difficultés très importantes à l’échelon 2025».

INDICATEURS INQUIÉTANTS

Il faut dire que les voyants sont loin d’être au vert. Malgré une densité de médecins généralistes importante au niveau de la Région, le Var et plus spécifiquement l’Est-Var se situent sous la moyenne nationale. Alors qu’elle est de 148,5 médecins pour 100 000 habitants, la moyenne est de 100,9 pour l’agglomération (Fréjus, Saint-Raphaël, Puget-sur-Argens, Roquebrune-sur-Argens et Les Adrets de l’Estérel). Surtout, entre 9 et 10% de la population du bassin fréjusien n’a pas de médecin traitant (12% pour le Var). «Nous sommes à 114 médecins généralistes sur l’agglomération, près de 50% ont plus de 60 ans et près de 20% ont plus de 65 ans. L’état des lieux est là. Il y a 113 000 habitants, ça fait un médecin pour mille habitants, ça paraît bien, mais il y a beaucoup de personnes vivant ici en résidence secondaire qui ne sont pas comptabilisées dans ces 113 000 habitants, donc l’incidence augmente», détaille le docteur Gras. Si le constat est alarmant sur le territoire, d’autant plus avec la perspective de retraites futures, notamment du côté de Puget-sur-Argens, c’est tout le Var qui est concerné, et surtout les communes reculées, plus rurales. «Tout le Var est concerné, parce qu’il y a des zones où ce sont des déserts médicaux, mais aussi des zones désertées par les services publics, notamment dans des endroits un peu reculés du centre Var et de l’arrière-pays. L’autre constat, c’est que la moitié des médecins ont plus de 60 ans et la moitié de ceux-là plus de 65», ajoute le docteur Le Gall, président du conseil de l’ordre des médecins du Var.

SATURATION DES CABINETS E T CHANGEMENT DE MENTALITÉ

Ce constat montre que la population des médecins tarde à se renouveler. Et ce manque de renouvellement trouve diverses explications. Outre la mise en place du numerus clausus il y a plusieurs années (il a été révoqué l’an dernier), l’évolution des mentalités joue aussi contre la médecine de ville…

 

LA SUITE DE L’ARTICLE À RETROUVER DANS NOTRE ÉDITION 76 EN KIOSQUE CE VENDREDI 21 OCTOBRE

 

Par Romain Chardan – Photo : Pexels – Karolina Grabowska.