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Débat législatives – 18 mai 2022 – Partie 3 : Pouvoir d’achat et logement

Le prix du logement augmente au détriment des varois et au profit des résidences secondaires et au héliotropisme des retraités. Face à ce constat et à l’heure où le pouvoir d’achat est la première préoccupation des Français, le coût de l’énergie augmente. Comment interviendrez-vous à l’Assemblée nationale ?

 

Philippe Michel-Kleisbauer : « La première chose qu’il me fait plaisir de rappeler, c’est que nous avons voté quelque chose qui est dans notre programme : la suppression de la taxe d’habitation. Sur Fréjus, c’est 16 300 foyers pour une moyenne de 730 euros par an qui ne payent plus la taxe d’habitation. Pour Saint-Raphaël, c’est 10 700 ou 10 800. Sur l’ensemble de la circonscription, c’est 37 000 foyers qui ne payent plus la taxe d’habitation pour un montant qui s’échelonne entre 600 euros et 800 euros un peu plus de 800 euros pour ceux qui payaient le plus. Et nous allons évidemment continuer ce plan si nous sommes majoritaires, et donc élus, pour faire en sorte que la taxe d’habitation soit complètement supprimée, ce qui est une question non négligeable en termes de pouvoir d’achat. Deuxièmement, sur le pouvoir d’achat, et qui concerne aussi la question du logement, nous avons la question de la lutte contre le chômage qui a été notre priorité au début du mandat. Entre le quatrième trimestre 2017 et le quatrième trimestre 2021, nous avons eu un recul du chômage qui est passé de 9,4 % à 7,5 %, soit 1 million d’emplois créés, et y compris les emplois créés sur notre circonscription. L’obtention d’un emploi avec un CDI, c’est la porte ouverte dans les agences pour louer ou dans les agences bancaires pour emprunter. Et tout à l’heure, le sujet est venu et je reviendrai volontiers dessus sur les primo-accédants, parce que nous avions à l’époque à la ville de Fréjus, avec Elie Brun, lancé le tout premier les constructions avec des appartements pour les primo-accédant à Caïs, à Port-Fréjus. Sur le pouvoir d’achat, autre mesure que nous avons votée et qui va entrer en application le 1er juillet 2022, c’est l’indexation des pensions de retraites sur l’inflation. On ne l’a pas voté comme nous l’avons proposé, les oppositions ne nous ont pas suivi, et pourtant à partir du 1er juillet, les retraités vont voir leur pension fortement augmenter parce qu’elles vont être corrélées à l’inflation. C’est un énorme progrès que nous avons fait. Ensuite, dans ce qui va venir devant nous sur la question du logement et votre question sur les jeunes varois, et j’en suis, nous en sommes tous, qui ne peuvent pas se loger ici ou pas accéder au primo-accédant comme vous le proposez, et j’ai trouvé votre proposition très intéressante. Nous allons nous attaquer aux droits de succession pour ceux qui sont les moins favorisés, et de manière à ce qu’ils puissent rester chez eux, rester ici sur leur terre. Et enfin dernière question et elle concerne aussi l’Éducation nationale et les autres branches de la fonction publique c’est la revalorisation du point d’indice nous allons y venir tout de suite ce sera le débat de cet été et que la revalorisation sera au moins entre 3 et 4%. Ce qui va représenter entre 6 et 8 milliards, mais je pense que nous arriverons à le faire. »

 

Baptiste Laroche : « La question du pouvoir d’achat, c’est la question de la dignité du travail, parce que le pouvoir d’achat est ce qu’il nous reste après avoir travaillé et après que l’État se soit servi. C’est donc en réalité tellement essentiel et c’est pour cela que c’est la priorité des Français. La dignité du travail, c’est comment est ce que l’on travaille ? Souvent, les gens ont un petit pouvoir d’achat et ce sont ceux qui travaillent énormément, et c’est ça la plus grande injustice. Donc le travail doit payer. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Alors, on a des propositions comme celle de Marine Le Pen qui propose la baisse de la TVA sur les produits énergétiques. C’est quand même une mesure socialiste, ou la retraite à 60 ans qui est une mesure partagée par Jean-Luc Mélenchon. En réalité, il faut comprendre le mécanisme, la baisse de la TVA, tout le monde la subit. Moi, j’ai reçu ma facture de gaz, il n’y a pas longtemps, elle a explosé. L’essence, tout le monde subit cette hausse de l’essence à cause de la guerre, peut être. Mais en tout cas, sur les produits énergétiques, il faut comprendre où se situe vraiment le problème. D’abord, il faut une souveraineté énergétique. On aura peut être l’occasion d’en parler, nous nous proposons la mise en place de 14 nouveaux réacteurs nucléaires parce que c’est la condition de notre souveraineté. Après, nous pouvons développer une certaine énergie renouvelable, mais c’est le sujet. Il faut aussi une souveraineté alimentaire. Avec la guerre en Ukraine encore une fois, explosion du prix du blé. Cela a forcément des impacts sur les produits comme les pâtes, ce genre de chose. Alors que Marine Le Pen par exemple propose de bloquer les prix de la TVA par exemple sur ce genre de produits, désolé, c’est un réflexe socialiste parce que ce n’est que déplacer la dette en fait. Parce que le problème n’est pas résolu. Nous proposons de soutenir les ménages les plus fragilisés par cette crise, en baissant la CSG de ses ménages et aussi une baisse de la CSG pour les retraites les plus basses, les retraites de 1 300 euros par mois. En baissant la CSG, on finance d’une autre manière sur laquelle je pourrai revenir si vous le voulez. Mais en baissant cette CSG, nous libérons réellement le pouvoir d’achat des Français, et surtout des Français qui ont le plus de mal. Une souveraineté énergétique, une souveraineté alimentaire, j’ai parlé tout à l’heure des logements avec les logements sociaux priorisés pour les jeunes mais aussi les fonctionnaires, la police, les professeurs qui ont beaucoup de mal à se loger, surtout dans des régions aussi chères comme ici. Et enfin, nous proposons une exonération des droits de succession parce que c’est la fierté de toute une vie de travail qui va pouvoir être transmise facilement a ses enfants/petit enfants. Et il n’est pas normal que l’État se serve généreusement sur ces droits de succession. Je reviens juste sur les automobilistes, parce que nous proposons vraiment des mesures ciblées, donc les ménages les plus faibles avec la CSG, et enfin nous avons proposé que les entreprises participent aux frais d’essence des employés. Dans les grandes villes, les entreprises payent les pass Navigo, ce genre de choses. Il est important je pense, surtout au vu du prix actuel de l’essence, que les entreprises participent à cet effort et qu’elles payent une partie de l’essence de l’employé qui travaille chez lui. »

 

Charles Malot : « Les logements pour les actifs dans notre région, c’est une priorité à traiter. Aujourd’hui, il y a deux problématiques : le nombre de résidences secondaires dans notre département et l’augmentation des prix des loyers, des logements et bientôt des taux de crédit avec la situation actuelle. D’abord, il faut acter deux choses, il faut maintenir la loi SRU telle qu’elle est. Tout le monde, au sein des politiques en place au cours des 20 dernières années, a voulu remettre en cause ce choix là. Mais heureusement qu’elle est là parce que sinon il n’y aurait pas du tout de logement social ou beaucoup moins. Il faut décréter que 70 % de la population du Var est éligible au logement social. La majorité des varois a ou aura un logement social et il est nécessaire de bien accompagner les communes qui doivent créer du logement social, car cela crée de la mixité sociale. Ce n’est pas le logement social des quartiers insalubres, ce sont des logements pour tous. Il y a ensuite la partie location et notamment l’accession à la propriété. On peut faire des opérations d’accession à la propriété maîtrisée. On regarde les revenus pour accéder à un logement, et donc c’est inférieur au prix du loyer, mais il y a le problème de la spéculation quand même. Parce que ces logements en accessibilité maîtriser, il y a des clauses anti-spéculation mais qu’on peut détourner au bout d’un certains nombres d’années. Et l’acheteur ne fait pas de bénéfice en revendant au bout d’un certain nombre d’années. Aujourd’hui, malgré tout, il faut le dire, c’est nouveau en fait, il y a des organismes remarquables comme l’organisme du foncier solidaire et le BRS, le bail réel solidaire. Qu’est-ce que c’est ? Le bail réel solidaire, c’est l’actif qui achète un logement. Il achète un logement mais le bail, lui, reste à l’OFS (Organisme Foncier Solidaire). Il y a donc une maîtrise de la puissance publique au niveau du terrain et le logement, lui, peut être vendu au bout d’un certain nombre d’années mais sans spéculation puisque c’est l’OFS qui maîtrise le terrain. Du coup, cela a un double intérêt : déjà ça coûte moins cher de faire un BRS en achat et cela permet aussi aux communes d’activer la loi 55 de la SRU et du coup de faire un logement social avec le BRS et l’OFS. Il y a un OFS qui existe dans notre région qui s’appelle l’OFS Méditerranée. »

 

Julie Lechanteux : « Concernant le logement, il faut se battre très clairement pour le retour des logements jeunes actifs et pour l’accès des primo-accédants qui ont été supprimés par l’État. C’est bien dommage, parce qu’effectivement, pour les jeunes qui n’ont pas toujours les moyens, même les moins jeunes, mais déjà les jeunes, si on pouvait les aider sur le territoire, on en parlait tout à l’heure, ce serait la première chose à faire de remettre ces logements pour les jeunes actifs. Il faut souligner également que la législation en vigueur est totalement injuste et pénalise les plus pauvres. Je justifie cela avec la loi finance de 2016 qui a mis en place une dégressivité des allocations en fonction du montant des loyers. On sait qu’ici, avec la pression foncière, les logements sont très chers, c’est donc injuste puisque, en fonction de l’importance du loyer, cela peut entraîner la suppression totale des allocations. Donc c’est totalement injuste. Autre sujet, la réforme d’APL qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2021. Je vous laisse deviner qui l’a mise en place et fait économiser à l’État, encore une fois, de l’argent sur la population la plus précaire. La loi finances 2018, 2018 c’est bien le gouvernement Macron, entraîne une économie supportée par les bailleurs sociaux qui eux sont chargés de loger la population la plus pauvre, et donc ces bailleurs sociaux sont forcés de faire des économies en retour. Évidemment, c’est au détriment de la production de ses logements sociaux. Il y a donc un réel combat à mener pour loger tous les habitants du territoire. Des solutions, évidemment, il faut réformer en partie la loi SRU 2000 qui prend en compte les différences et les disparités des territoires, c’est important là encore, en fonction du territoire les prix ne sont pas les mêmes, il faut donc revoir cela. Il faut revaloriser les aides pour permettre aux plus démunis de survivre les difficultés à venir. Là aussi les APL, 5 euros en moins pour les étudiants, c’est inadmissible, quand on voit qu’ils ne savent pas et ne peuvent pas se loger, ne peuvent pas se nourrir, 5 euros ce n’est pas rien pour un étudiant. Il faut revoir également les aides à la rénovation. On sait que les logements sont dans des états précaires et l’Union Européenne demande de plus en plus de normes pour mettre aux normes écologiques. Alors c’est bien, mais on n’a pas tous les moyens de rénover nos habitations. Il faut mettre en place des solutions rapides comme par exemple des habitations containers au profit des étudiants par exemple. En ce qui concerne monsieur Laroche, vous me dites que c’est socialiste, alors si socialiste, c’est l’idée de défendre les Français plus faibles alors merci pour le compliment. Supprimer la taxe sur les 100 produits de première nécessité comme les pâtes, le riz vous l’avez dit tout à l’heure, mais aussi pour les protection féminine c’est indispensable. Là encore les étudiantes n’ont pas les moyens de s’acheter des protections féminines. On est pas dans un pays en voie de développement normalement donc ça devrait être une logique indiscutable. La baisse de TVA de 20% à 5,5 est valable pour tous les Français sur cette baisse sur l’énergie elle est valable dans ces cas là, pour tous les Français c’est 20 euros en moyenne d’économie sur un plein. 20 euros quand on sait que chaque Français est à un euro près. Sur les marchés, où j’y suis régulièrement en ce moment, et qui comptent les quelques centimes qu’ils restent dans le porte monnaie pour acheter la laitue ou autre, et bien c’est vraiment des budgets et des mesures importantes à défendre pour que les Français arrivent à se nourrir dignement, ensuite à se loger quand c’est possible et à se chauffer l’hiver. »

Joël Hervé : « Je reviens sur le propos. À propos des rénovations des bâtiments, effectivement, on pourrait tout à fait trouver. Les gens n’arrivent pas à rénover leurs bâtiments parce que ça coûte trop cher. La rénovation d’un logement coûte en moyenne 18 000 euros. Mais imaginons qu’on fasse un prélèvement 5% sur la fiscalité des entreprises qui objectivement avaient une fiscalité de 45% en 1985 et qui est de 23% maintenant, prélever 5%, cela permettrait d’aider considérablement la rénovation de ces bâtiments. Le vrai grand problème de tout ça, c’est qu’on a pas suffisamment d’argent pour acheter ou louer son logement. Pourquoi on n’a pas suffisamment d’argent ? On n’a pas suffisamment d’argent parce qu’il y a un rééquilibrage à faire entre le capital et le travail. Si on regarde ce qui se passe depuis 1980, 3% tous les 10 ans de perte pour les salariés. 25 millions de salariés qui ont perdu 3% tous les 10 ans. En 40 ans, on aurait 19%. Imaginez qu’on puisse donner 19% du jour au lendemain à ces salariés, la situation serait plus favorable. Cette difficulté que l’on a, cela nécessite à l’intérieur même des entreprises, au-delà de ce rééquilibrage 70% (il y a 40 ans) – 58% (aujourd’hui), c’est considérable. Ce rééquilibrage est à faire par la fiscalité, par des décisions législatives. À l’intérieur des entreprises une répartition des salaires est à modifier. Si on regarde le PDG qui gagne 300 et les smicards qui gagnent un. Il y a des écarts manifestement de salaire dans les entreprises qui sont considérables. Il y a un PDG, Emmanuel Faber, PDG de Danone qui a prononcé une petite phrase qui ne lui a pas porté chance, il a dit : “Si je diminue le salaire de 1% des 30% les mieux payés de mon entreprise, je peux doubler les salaires des 20% les moins bien payés”, 15 jours après son conseil d’administration l’avait dégagé (sic), mais fondamentalement c’était vrai. Il y a une rémunération des cadres qui sont aussi à problèmes, des cadres sur-qualifiés qui sont annexés aux actionnaires et des stocks options de façon à ce qu’il y est une forme de solidarité entre eux. Et en bout de chaîne, les salariés ont des salaires qui sont inférieurs, le travail n’est pas suffisamment payé, alors que l’argent existe. Voila un petit peu ce que je voulais dire. Juste une remarque, pour monsieur Philippe Michel-Kleisbauer, qui estimait qu’il avait fait beaucoup de choses. Si on regarde de quelle façon vous avez supprimé l’ISF en début de mandature, c’est environ 4,5 milliards. 4,5 milliards, c’est ce qu’il faut pour créer 100 000 postes à l’hôpital, à l’école et dans les Ehpad. Donc le président des ultra-riches, sur ce coup là, n’a pas réussi son affaire. »

Jean-Marc Maurin : « Je suis favorable à la suppression de la TVA sur les carburants aussi. Il y a eu une augmentation de 4 milliards sur le quinquennat de cette taxe, immédiatement la TVA supprimée c’est 30% en moins. Je pense à l’infirmière qui fait 140 km par jour sur son salaire et qui dépense, de ce fait, 500 euros. Ça ampute fortement les fins de mois. Stop de là CSG sur les retraites, deux tiers de nos retraités ont été appauvris pendant ce quinquennat. Je souhaiterais que ce soit aligné sur l’inflation, donc une indexation sur le niveau d’inflation. La CSG a globalement augmenté de 25%. Il faut rémunérer les RTT. Il faut diminuer les taxes sur les salaires. Quand on voit les commerçants qui emploient, les taxes de salaire sont trop importantes, c’est parfois quasiment équivalent au salaire qui est donné à celui qui travaille. On diminue ces taxes sur salaire, les gens peuvent consommer, ils ont plus d’argent. C’est une relance vertueuse de l’économie. Il faut défiscaliser les heures supplémentaires, c’est important. En gros, revaloriser et surtout, mais avant tout, valoriser la valeur travail. Le gel du point d’indice, je suis désolé, c’est bien beau, mais ça fait cinq ans que le point d’indice est bloqué pour les fonctionnaires, donc c’est bien de se réveiller à la fin d’un quinquennat mais il n’y a aucune avancée sur ce thème pendant tout le quinquennat. En plus, votre sujet parlait de l’héliotropisme. L’héliotropisme est un indicateur en fait de territoire, ça veut dire que les gens qui viennent profiter du soleil ce sont des gens fortunés de fait, donc ce qui explique la montée des prix sur une région et la montée du prix au mètre carré. On n’y est peut être pas encore ici chez nous, mais il faut être vigilant. L’exemple type c’est la Ciotat. À La Ciotat, il y a une désindustrialisation majeure, les chantiers de la Ciotat ont fermé, cela a donc une diminué la classe ouvrière, ce qui a profité finalement à un essor des agences immobilières haut de gamme qui attirent et font des offres de service de haut de gamme, notamment des espèces de penthouse. C’est au dépend des classes habitantes, des locaux, donc ce sont souvent des touristes ou des vacanciers. Ils ont une saisonnalité, donc on perd le cœur d’une ville, le cœur d’une région. Attention à ces choses-là, ce sont des signes d’alerte. L’héliotropisme, c’est finalement la déconstruction d’un territoire. C’est comme les Carrefours, les outlets et les villages de marque qui sont centrés autour de réseaux routiers. La France est en train de se transformer en HUB autoroutiers. C’est sa seule reconnaissance. Nous avons un beau réseau autoroutiers qui sert à Amazon, on traverse l’Europe, l’Italie, l’Espagne, le versant nord est aussi bien desservi. La France est une plateforme de livraison. On n’a plus de structures, il faut réindustrialiser, il faut repartir, il faut relocaliser des industries. Pendant la crise sanitaire, on a manqué de tout. Il y avait des médicaments qui étaient écrits en mandarin pour endormir les gens. C’était au “pifomètre”. On ne peut plus se le permettre, une usine en Chine ferme, avec les sous-traitance de nos laboratoires nous n’avons plus de paracétamol chez nous, des produits évidents. Il faut réindustrialiser, réanimer nos coeurs de ville, nos territoires. C’est majeur. L’héliotropisme c’est une bonne chose quand on est là dans une région merveilleuse mais c’est un peu un signe de déclin. Et on doit éviter le déclin de la France. »

Philippe Michel-Kleisbauer : « Deux choses par rapport à ce que disait Joël Hervé sur l’ISF et il a raison. J’assume ce que nous avons fait pour l’ISF, parce que c’est ce qui nous a permis d’avoir une croissance et de donner aux entreprises la possibilité de créer ce million d’emplois. Et nous devons aller plus loin. Donc vous nous accusez d’être les élus des riches, moi j’assume ce que l’on a fait sur l’ISF et je vais même prendre mes responsabilités, dans le débat qui nous oppose, ou qui nous anime plutôt, sur le pouvoir d’achat. Une des questions dans les semaines qui viennent va être celle de l’inflation ou de la croissance. Parce que sur les leviers de l’économie, ça va être l’un ou l’autre. J’estime que l’on doit avoir un petit peu d’inflation pour ne pas casser la croissance. J’assume ce que je dis, vous aurez le temps de revenir dessus, notez le bien. En réalité, on a devant nous des paris, il vaut mieux trouver des biais pour permettre de compenser les pertes sur les factures énergétiques, par des chèques comme nous le faisons, mais ne surtout pas toucher à la croissance. Mais probablement que vous serez dans une optique différente par rapport à ces questions de croissance. Sur l’industrialisation et la réindustrialisation du pays, je suis complètement d’accord. Je me suis battu pendant tout le mandat, et j’espère que l’on en parlera tout à l’heure sur le nucléaire, sur un secteur qui est le plus Français des secteurs industriels qui est celui de la défense. C’est un secteur où chaque fois que l’on investit un centime, c’est sur le territoire national qu’il est réinvesti. Dans le département du Var, c’est 31 mille emplois directs, et je ne parle pas de tous les emplois indirects. Je suis d’accord avec vous sur l’industrialisation. Je l’ai portée, parce que je fais ce qu’on appelle du soutien aux exportations d’armements, certains pourront me le reprocher. Et je suis d’accord avec  vous, entièrement d’accord, sur le fait que nous devons réindustrialiser et redonner de l’emploi. Et après on travaillera sur des biais pour pouvoir compenser les hausses qui existent. Vous parliez de socialisme tout à l’heure, redonnons à César ce qui est à César, sur les logements et les loyers à Fréjus, nous avons un plafonnement des loyers que l’on doit aux socialistes et c’est Elsa Di Méo qui s’est beaucoup battue pour obtenir ça, et tant mieux, parce qu’il y a un moment donné, comme vous le dites, des choix locaux. Je les ai vécus quand j’étais en mairie de Fréjus, qui font que l’on a privilégié d’autres personnes, des gens qui viennent, une spéculation immobilière dont aujourd’hui on fait les frais, mais après tout, est-ce qu’on peut empêcher d’autres personnes de vouloir s’installer chez nous. Est-ce qu’on doit arriver à un tropisme où il ne doit y avoir que des gens du coin, dans un coin. Je ne sais pas, mais ça, c’est un vrai débat que nous pouvons avoir, c’est un débat de société. » 

 

Charles Malot : « Je voulais revenir sur la question, notamment du prix du logement, pouvoir d’achat, coût de l’énergie. Nos solutions à l’Écologie au centre portent sur la réduction de la consommation d’énergie et notamment sur la rénovation énergétique pour les personnes en situation de précarité. Ce qu’on appelle la précarité énergétique. Il faudrait, par exemple, comme solution, lier les subventions accordées aux bailleur à la rénovation énergétique performante des logements sociaux et privés. Et d’une seconde manière, il faudrait aussi informer mieux les gens sur les aides dont ils peuvent bénéficier pour rénover leurs logements. Il faudrait déployer sur tout le territoire, le service public de la performance énergétique de l’habitat (SPPEH). Parce que les ménages, de quoi ont-ils besoin? Ils ont besoin d’une information claire sur les aides disponibles et d’un accompagnement humain, de qualité tout au long du parcours de rénovation. Mais là ces des aides justement, du coup ils ont besoin d’être informés sur les aides qui existent. Ce service de proximité doit donc bénéficier à tous, notamment au plus précaire, proposer une information personnalisée et indépendante et couvrir tout le territoire et accessible à tous, au niveau rural ou urbain.« 

 

Julie Lechanteux : « Je voulais revenir sur la taxe d’habitation supprimée. Ce serait une bonne mesure si toutefois le gouvernement ne faisait pas semblant de rendre de l’argent d’un côté pour le reprendre de l’autre. Je m’explique. En France, le taux d’imposition est quand même à 46,5% du PIB. Nous sommes le pays où on taxe le plus au monde, donc la taxe d’habitation est un semblant de cadeau, quand on sait aussi que ça touche directement les communes qui ont donc un manque à gagner au niveau des budgets pour ensuite refaire les routes, reconstruire des écoles ou bien d’autres choses. Sur les chèques énergiesje trouve là aussi que le gouvernement est hypocrite. Il casse la jambe des Français d’un côté avec des taxes de 20% sur l’énergie pour leur donner une béquille de l’autre avec un chèque énergie unique de 60€ qui n’est même pas ciblé. Lorsque l’on sait que des détenus en prison ont reçu ce chèque énergie. On sait qu’en prison on a besoin de se véhiculer et de se déplacer. C’est incongru.« 

 

Jean-Marc Maurin : « Actuellement, il y a une croissance inférieure à zéro en France. Et il y a une inflation de l’ordre de 4,8 et 7,4 pour l’Europe. Nous sommes donc un pays qui n’est ni en croissance et qui est en inflation. On appelle ça la stagflation, soit la contraction de stagnation et inflation. C’est un empêcheur économique majeur. C’est-à-dire qu’en fait on est actuellement dans un immobilisme. Et la période risque d’être très tendue. Je reviens sur le pouvoir d’achat. Vous savez maintenant que les marchés sont mondialisés, même sur les denrées alimentaires, sur le blé ces choses là. C’est le MATIF qui gère ça. Là en quelques semaines, le cours du blé est passé de 200 et quelques à plus de 400 euros. Il faudrait pouvoir se dégager de ces marchés mondiaux en période de crise. Parce qu’on est producteur de blé, on est autonome normalement en France, on n’est pas dépendant des importations. Il faudrait pouvoir réguler à l’échelon local. Je rappelle aussi que dans tout ce qui est rénovation dans le bâtiment, les matériaux deviennent de plus en plus cher, ça handicap les entreprises, ça handicap aussi ceux qui vont les réaliser et ça risque d’entraîner une grande crise de logement, surtout si c’est une loi qui nous impose ces travaux. Il y en a qui risque de perdre leur habitat à cause de ça.« 

 

Baptiste Laroche : « Je rebondis juste sur deux choses. D’abord, ce qu’a dit madame Lechanteux, je suis absolument d’accord, nous sommes le pays le plus taxé où rien ne fonctionne correctement. On a parlé de l’hôpital, de l’éducation c’est une catastrophe, les services publics, c’est une catastrophe, donc il y a vraiment à se poser la question : mais où part l’argent en réalité ? Où va cet argent ? La dette a explosé pendant le gouvernement Macron, alors il y a bien sûr les cabinets Mckinsey. Alors, il y a bien sûr la crise du Covid mais il n’y a pas que ça. Le grand tort de ce gouvernement c’est la distribution des chèques, l’argent magique. Mais cet argent, c’est toujours l’argent des Français. Et le pouvoir d’achat en réalité, c’est ce qu’il reste aux Français après que l’État s’est largement gavé. Gavé pour faire des services publics qui ne fonctionnent plus et on distribue des chèques effectivement, mais c’est toujours l’argent des Français. Donc deux politiques différentes, est-ce qu’on préfère distribuer l’argent des Français ou vraiment leur laisser. » 

 

Joël Hervé : « Ça m’agace toujours un petit peu quand on dit que l’on est le pays qui taxe le plus. En fait, dans ces taxes, il y a la partie qui sert à la gestion du pays, c’est-à-dire la partie réservée à l’administration, qui est en France de 18 %. 18 %, ce n’est pas énorme, c’est 20 et quelques pourcents au Danemark et c’est un petit peu plus en Allemagne. En fait, notre administration, la gestion des codes, de l’hôpital, on est à peu près dans les normes. Par contre, il y a énormément d’argent qui est donné pour aider les populations qui ont des difficultés importantes. Pourquoi ? Parce que le travail ne paye pas suffisamment. C’est ce que je disais tout à l’heure, c’est-à-dire qu’on doit faire en sorte que le travail soit rémunéré correctement. Et donc si le travail est rémunéré correctement, effectivement c’est de l’argent en moins dans la poche de ceux qui distribuent le travail. Cet équilibre là est à refaire totalement. C’est le rééquilibrage capital travail, dont je parlais tout à l’heure. Les partis qui laissent d’une certaine façon le grand capital, la partie gérer la mondialisation quelque part devraient réfléchir un petit peu plus à ce qu’il pourrait se passer. Voilà juste ce que je voulais dire, parce que ce ne sont pas les services publics qui prennent l’argent, ils n’en ont pas assez, c’est le global. Alors j’aimerais bien que vous fassiez la différence entre les deux, parce que c’est un petit peu facile. »