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Commerce de proximité à Fréjus : évolution en cours

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Si le commerce de proximité est au cœur des préoccupations depuis quelques mois, notamment par rapport à la crise covid et aux nombreuses fermetures des petites boutiques considérées comme non-essentielles, les cœurs de ville opèrent une forme de mutation. A Fréjus, le centre historique n’échappe pas à la règle, même s’il reste à faire.

 

« Nous avons retrouvé tous nos commerçants et nous sommes heureux de rouvrir avec eux et que tout redémarre. Il y a près de 800 commerces de proximité et nous allons les accompagner dans cette période de déconfinement. » L’air enjoué dans la voix, Christelle Plantavin, adjointe au commerce à la ville de Fréjus, semble respirer de nouveau après des mois compliqués où les commerces ont vécu, largement, rideau baissé.

 

Et pour les accompagner, la ville a mis en place différents schémas. « Il y a eu une interface numérique, avec e-mailing, sms groupés, veille règlementaire covid. Nous avons ainsi envoyé près de 20 000 mails et sms dans lesquels nous faisions une veille de l’actualité covid pour ce qui touchait au commerce. 35 commerçants ont pu bénéficier du fonds « Covid Résistance » de la région Sud, abondé par la ville, pour un montant total de 281 000 euros.

Nous avons également mis en place une brigade sanitaire dédiée à la sensibilisation des commerces sur l’importance des gestes barrière. Il y a également une cellule d’appui aux entreprises, toujours active, où nous nous engageons à répondre sous 48 heures lorsque l’on nous contacte et l’idée est d’orienter les personnes vers les structures compétentes », continue l’élue.

     

 

Orientation numérique toujours, la ville a également procédé à la mise en place d’une plateforme internet, comptant actuellement 250 inscrits. « Notre site, « acheter local », est en plein avancement et nous nous en servons comme plateforme d’animation. » Une offre numérique allant de pair avec la mise en avant régulière d’acteurs économiques locaux au travers des canaux de communication de la ville. Suffisant pour lutter contre la vacance commerciale ?

« Nous avons mis en place une bourse aux locaux vacants. Aujourd’hui nous avons environ 70 locaux vides sur 350 cellules commerciales. Certaines sont des successions par exemple, donc nous n’arriverons pas à en traiter la moitié. Nous allons ainsi agir sur l’autre moitié, notamment ceux occupant une place stratégique, en y installant des vitrauphanies. Cela va être opéré rapidement sur les rues Jean Jaurès et Général De Gaulle. »

 

Piétonnisation et manque de passage

 

La rue Général De Gaulle a d’ailleurs été piétonnisée il y a quelques mois. Si certains ont crié au loup dès le départ, il semblerait aujourd’hui que la fréquentation amène plus de fréquentation aux commerçants installés sur cette artère. Même si tous ne sont pas logés à la même enseigne, selon qu’ils soient en haut ou en bas de la rue.

« Comme dans toutes les villes opérant cela, la piétonnisation amène plus de monde. Commercialement, c’est plus intéressant et toutes les études démontrent qu’un piéton consomme plus et va voir les autres boutiques alors qu’une voiture ne fait que passer. Nous étions avant dans la rue Jean Jaurès, et depuis que nous sommes sur De Gaulle, nous avons triplé notre chiffre d’affaires. Au départ nous étions un peu plus pas, mais nous avons remonté nos deux boutiques car nous nous sommes apfréjus commerce proximité centre-villeerçus qu’une fois au Crédit Lyonnais, les gens n’allaient pas plus loin« , analyse Jean-Paul Bento-Duarte, du magasin Victorine et  August.

 

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Un constat partagé par Maeva Courtens, qui, avec son associé, a racheté il y a trois ans le fonds de commerce de la maison Bonnet Fleurs, enseigne historique du cœur de ville fréjusien. « Nous avons bien débuté la première année. Ensuite, les travaux de la rue nous ont fait perdre sur notre chiffre d’affaires, puis le covid est arrivé. Les jours de marché, nous avons un peu plus de monde, mais sinon c’est plutôt calme, surtout en hiver. »

Et face à ces difficultés, la commerçante ne s’est pas sentie particulièrement soutenue. « Il y a eu des aides mises en place, notamment sur certains loyers, mais nous n’y avons pas eu droit parce qu’on faisait trop de chiffre. Il y a aussi l’exonération sur les terrasses, mais je pense qu’il aurait été bien, par exemple, que l’on ait la gratuité des parkings pendant le confinement, ce qu’on n’a pas eu« , regrette la jeune femme qui a dû, avec son associé, opérer des travaux pour réduire l’espace de la boutique et en louer une partie afin de réduire les coûts.

Animer le quartier

Pour relancer une activité parfois en berne, rien de mieux que de l’animation. Si la rue Général De Gaulle a vu, notamment, un nouveau bar à vin s’y installer, de quoi attirer un peu plus de monde, d’autres rues ont également vu leurs offres se diversifier, comme Jean Jaurès, où « un vendeur de CBD, une pizzéria et un point phone ont notamment ouvert« , glisse Christelle Plantavin, alors que se profile à l’horizon la mise en place d’une brocante régulière en cœur de ville.

« La première aura lieu le 17 juin, avec une quinzaine de brocanteurs professionnels. Nous avons prévu de réaliser cela deux fois par mois en saison, et une fois par mois hors saison. » Un premier pas vers le retour à l’événementiel, même si les sceptiques restent alerte.

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A retrouver dans notre numéro 4 en kiosques ce jeudi, un dossier complet sur le commerce local.

 

Par Romain Chardan – Photos : Thomas Morganti et R.C.