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Le Cavo, dernière discothèque de la Cavem, risque de ne pas rouvrir cet été

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Malgré l’autorisation officielle du gouvernement pour la réouverture des clubs et discothèques à partir de ce vendredi, le patron du Cavo, Alain Bernard, a finalement décidé de ne pas rouvrir pour l’instant. Une décision qui pourrait s’étendre à toute la période estivale, et qui témoigne de tous les dommages subis par le secteur ces dernières années.

 « Dans ces conditions-là, je ne rouvrirai pas. Même pas en rêve ! » Le constat est dur, et sans appel. Il est signé Alain Bernard, patron du Cavo, seule discothèque survivante de la Cavem, aux Issambres. Pourtant, ce vendredi, les clubs et discothèques sont enfin officiellement autorisés à rouvrir leurs portes dans le cadre de la quatrième phase du déconfinement, après seize mois de fermeture forcée due à la crise sanitaire. Les derniers d’une longue liste, mais au prix de règles strictes. Entre autres, le port du masque recommandé sur la piste de danse, une jauge de 75% maximum en intérieur, et surtout l’obligation de présenter un pass sanitaire à l’entrée.

C’est cette dernière mesure qui fait toute la différence, selon Alain Bernard. Et pas en bien. « Je ne suis ni médecin ni gendarme pour interdire aux gens de venir ou les obliger à se vacciner. C’est beaucoup trop facile ; d’un côté, ça danse de partout dans les bars et nous pour rouvrir on doit contrôler tout le monde et respecter toutes les règles. C’est ça le problème, ce devrait être pareil pour tout le monde ! » 

En effet, ce sera bien aux clubs et boîtes de nuit de veiller à ce que leurs clients aient été vaccinés à deux reprises avant de fouler la piste. Sans quoi ils pourraient s’exposer à de lourdes sanctions, comme l’a fait comprendre le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal lors d’un point presse mercredi.

Pessimiste pour l’avenir

Mais plus que les difficultés actuelles en pleine période de pandémie, Alain Bernard voit « la fin » d’une époque pour les discothèques. « Il faut être honnête, les discothèques ne marchaient déjà plus très bien, même avant la crise. Il y a quelques années, autour de Fréjus et Saint-Raphaël, il existait une dizaine de boîtes de nuit. Maintenant, je suis le seul », déplore-t-il, découragé. « Et je ne vois pas pourquoi les gens viendraient chez nous maintenant, alors qu’ils peuvent faire la même chose ailleurs, et sans aucun test. »

Las, le patron du Cavo pourrait même décider de n’accueillir aucun client au sein de son établissement de tout l’été. Mais devrait néanmoins se rabattre sur ses « pool-parties », pas soumises aux mêmes règles puisque situées en extérieur. Insuffisant toutefois pour espérer envisager l’avenir avec optimisme. « J’ai 45 ans dans le métier, donc je sais ce que c’est que d’en parler. Et là ça me fend le cœur de le dire, mais je sais que c’est fini. Le monde de la nuit est mort. »

Par Nathan Blouin – Photo : Thomas Morganti