Inondations : Estérel Côte d’Azur Agglomération remet en cause le SMA

Ce matin, un bureau exceptionnel s’est formé à Estérel Côte d’Azur Agglomération pour discuter d’un sujet épineux : la lutte contre les inondations et le Syndicat Mixte de l’Argens.

Après quelques heures de réunion, le président de la communauté d’agglomération Frédéric Masquelier a tenu une conférence de presse rendant compte du travail effectué plus tôt ce matin avec les membres du bureau exceptionnel. À l’heure actuelle, sur notre territoire, 20 000 personnes sont concernées par les inondations, dont 2 500 sur les côtes, 1 250 sur la basse plaine de l’Argens, sans compter les nombreuses entreprises et le monde agricole touchés régulièrement par cet aléa climatique. ECAA abonde le SMA de six millions d’euros, via la taxe GEMAPI. “On constate sur notre territoire qu’il n’y a aucune réalisation concrète. On brasse beaucoup d’air, avec des choix politiciens et non hydrauliques. Le SMA ne doit pas être un tremplin pour politicien”, lance en introduction le président de la communauté d’agglomération.

À la suite de cette réunion donc, cinq points clés ont été notifiés par les maires des communes de l’agglomération. Ces derniers souhaitent :

  • Une révision totale de la gouvernance du SMA
  • Dire à l’État de maintenir ses engagements notamment en termes d’indemnisation et des dotations du fonds Barnier.
  • Moins de procédures administratives
  • Une aide renforcée, du point de vue technique et par une convention, du département.
  • S’il y avait une fatalité sur des zones à risques, que les dispositifs d’aide soient abondés par l’État dont c’est la responsabilité.

Ces cinq points seront envoyés au Préfet et au président du SMA : “Notre position n’a rien de politique, on constate et on pose la question. Nos concitoyens nous ont donné des responsabilités, nous avons un devoir de résultat”, ajoute Frédéric Masquelier.

 

Ibrahim Berbar – Photo : I.B.

Masquelier, Rachline et Lemaître répondent à Jousse

Lors de notre entretien téléphonique avec Luc Jousse (article à retrouver dans l’édition du jeudi 8 septembre 2022), l’ancien édile de la ville du Rocher nous a confié de nombreuses informations et surtout les raisons qui le poussent à revenir dans la sphère politique du territoire. Au cours de notre conversation et à plusieurs reprises, l’ancien maire de Roquebrune sur Argens a annoncé la couleur : “mon objectif auprès de David Rachline et Frédéric Masquelier est que ce soit Didier Lemaître qui représente les intérêts de Roquebrune et qu’il récupère toutes ses fameuses compétences. Cela se sait que nous sommes amis avec David et Frédéric, nous nous connaissons depuis bien longtemps et je suis un des fondateurs de l’agglomération avec Ginesta et Brun à l’époque. Je dois les rencontrer lors de ma venue sur le territoire”. Info ou intox ? La rédaction a contacté les maires de Fréjus et Saint-Raphaël. Côté Fréjus, David Rachline annonce : “Luc Jousse et moi sommes effectivement amis. Nous nous croisons quand l’occasion se présente et nous nous rencontrerons probablement en toute amitié”. A contrario, le président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération et maire de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier infirme les propos de Luc Jousse : “Je n’ai pas vu et je n’ai aucun contact avec Luc Jousse depuis six ans. Je n’ai pas prévu de le rencontrer. Je ferai des propositions pour remplacer ou non les deux vice-présidents dont les délégations ont été retirées”.

Quid de Didier Lemaître ? Au téléphone, l’opposant roquebrunois répond : “comme je l’ai déclaré récemment, j’ai souhaité entrer en contact avec les anciens maires de Roquebrune. En ce qui concerne Jean Paul Ollivier c’est déjà fait. Je souhaiterai rencontrer monsieur Serra si il est d’accord. Quant à monsieur Jousse que je n’ai jamais encore rencontré ni même vu, je l’ai contacté à la suite de sa deuxième publication où il parle de son retour en politique. Nous avons échangé longuement sur ses intentions. Je lui ai exposé ma position, mon objectif pour l’agglomération et c’est tout. Une possible rencontre est toujours d’actualité comme pour les autres anciens maires mais celle-ci n’est pas à l’ordre du jour”.

 

Par : Ibrahim Berbar – Photos : DR

Jean Cayron, « Sa politique est de me faire virer de la mairie de Roquebrune avant la fin du mandat »

Jean Cayron, le maire de Roquebrune-sur-Argens, a publié un édito au vitriol dans le numéro de septembre du magazine municipal Roq’Info. Pour L’horizon, il revient sur son choix, assumé, et ne mâche pas ses mots à propos de Frédéric Masquelier, président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération. Entretien sans filtre.

 

Pourquoi cet édito assez musclé, autant sur votre opposition que l’agglomération ?

C’est pour informer la population de notre positionnement sur l’agglomération, c’est tout. Ce n’était pas une attaque, les administrés roquebrunois sont censés savoir ce qu’on fait à l’agglomération et ça n’empêche pas les projets. Je suis contre le PLUI, depuis le début, c’est pour ça que ça n’a pas été pris en compte alors qu’au départ ça devait l’être, même si après ça a été voté contre à l’unanimité. Le projet de rapprochement avec Cannes est un projet qui ne m’intéressait pas, on était aussi parti sur un autre dossier, à savoir le nom Estérel Côte d’Azur, qui ne me plaisait pas du tout. Et quand on dit qu’on a un pacte de gouvernance et qu’on va gérer à 5, prendre des décisions unilatérales… On nous dit qu’on travaille sur un nouveau nom, j’avais fait des propositions, que j’avais envoyées, il m’avait dit qu’on verrait, qu’il le prendrait en compte, mais rien n’a été pris en compte, ils ont décidé eux-mêmes, donc voilà. J’ai dit dès le départ, au début de mon mandat, que Roquebrune ne serait pas la variable d’ajustement comme elle l’avait été lors des années précédentes. Je ne me laisse pas marcher sur les pieds, même s’ils ont la majorité entre Fréjus et Saint-Raphaël, il n’est pas question qu’on se laisse piétiner. Et quand j’entends madame Aurore Laroche qui fait de la pub à tout va dans le secteur et qui est l’exact inverse de ce qu’on prône dans Grand Site de France… Quand je parle de tourisme de masse, on l’a de fait, mais ce que je veux, c’est que les gens viennent entre les vacances de Pâques et celles de la Toussaint, pour faire vivre les commerçants, parce qu’on ne peut pas faire vivre que les campings. Et c’était pour rappeler, un peu aussi pour rebondir sur ce que disait monsieur Didier Lemaitre, sur les réseaux sociaux. C’est mon droit de réponse et en l’occurrence, je n’irais pas titiller quel que maire que ce soit sur un édito, qu’il soit un peu piquant ou autre. de quoi je me mêle, qu’il s’occupe de son édito à lui, de sa majorité, et qu’il vienne pas m’enquiquiner sur Roquebrune, ça le regarde pas. S’il se prend pour le roi Baudouin, c’est son problème.

Là vous parlez de Frédéric Masquelier ?

Oui. Par rapport à ce que j’ai écrit dans l’édito sur l’agglomération, il part du principe que je devrais me taire, mais je ne me tais pas. Ça ne remet pas en question les projets avec l’agglomération, qu’il ne m’emmerde pas sur mon édito, il n’est pas maire de Roquebrune que je sache.

Vous avez eu des retour sur votre édito émanant de lui ?

Bien-sûr puisqu’il a retiré les délégations à Mme Bouvard et Mr Besserer, donc au bout d’un moment ça va (Frédéric Masquelier nous a également confirmé qu’il avait retiré leurs délégations aux deux élus roquebrunois jusque-là vice-présidents d’Estérel Côte d’Azur Agglomération, ndlr).

Il y a eu les communiqués, une première version puis une deuxième reprise par les services de la ville (il coupe)

Lesquels ? En fait, Madame Bouvard en a écrit un premier et qui a été rejeté par l’agglomération, par M. Masquelier et M Chieze, et ils ont refait un communiqué eux. Un communiqué où il est écrit qu’on désavoue M. Cayron, ce qui est inacceptable. Dans quel pays un président d’agglomération ou quoi que ce soit réécrit, prend la plume de gens qui ont écrit pour remanier à sa sauce, je rêve, je n’en peux plus de ce type-là.

Donc le communiqué envoyé en premier, aurait été écrit non pas par Mme Bouvard et Mr Besserer mais par le président de l’agglo ?

Ah ben c’est clair oui, il a été tripatouillé, peut-être pas par le président de l’agglo, mais par M. Chieze, et ils ont demandé à M. Besserer de vous l’envoyer, et lui avait la frousse de perdre sa délégation, donc pour moi, ça s’appelle des menaces ça. 

Sur le fait de signer l’édito en attaquant ou en piquant l’agglomération, est-ce que ça ne risquait pas de mettre en porte-à-faux vos élus au sein de l’agglomération avec des délégations ?

Quand on est normalement constitué, alors en France, on ne peut plus rien dire ? On est attaqué tous les jours, on nous envoie des courriers tous les jours pour nous dire “la déchetterie du col du Bougnon n’aura plus lieu”, “la Rosalie on sait pas si ça…”, non mais il faut arrêter. On a des projets avec l’agglomération, on a un pacte de gouvernance où on a mis le front de mer et la maison des terroirs, ça ne bougera pas, mais il faut qu’on arrête de nous emmerder et de nous dire ce qu’on doit faire.

Aviez-vous prévenu vos élus de cet édito qui, du fait de leur position à l’agglomération, pouvait les mettre en porte-à-faux ?

M. Masquelier l’a pris pour lui, mais ce n’est pas pour lui. Il le prend pour lui, c’est son problème. Ça dépend aussi du personnage qui est en face.

Dans l’édito, lorsque vous évoquez « celui dont on ne doit pas prononcer le nom » 

(Direct) Il s’agit de monsieur Jousse (ancien maire de Roquebrune-sur-Argens, ndlr).

Parce que certains pensaient justement que vous parliez du président Masquelier ?

Absolument pas, j’aurais mis Masquelier, ne vous inquiétez pas. Après, chacun fait sa politique, je ne regarde pas ce qu’il fait avec M. Rachline. Ils ont décidé d’avoir une politique commune sur Fréjus-Saint-Raphaël, pour que ce soit un modèle de collectivité on va dire, donc on ne peut pas me reprocher d’être ami avec des élus de la région alors qu’il est, entre guillemets, ami avec M. Rachline. On va arrêter, au bout d’un moment, moi je ne suis pas un vilain petit canard. J’essaie de récupérer de l’argent pour ma commune, mais je ne traite  pas les élus de la région de vieux crocodiles dans un marigot. D’accord ? Donc quand il dit ça, il se fait taper dessus et il ne faut pas qu’il s’étonne. Quand Muselier lui répond, il est cinglant. Moi j’aurais pas le droit d’écrire ? Faut pas rigoler.

Si les deux élus de votre majorité perdent leurs délégations, quelles conséquences pour la commune au niveau de l’agglomération ?

A part un crime de lèse-majesté, blesser monsieur Masquelier, est-ce que vous pensez que les projets d’une commune de 15 000 habitants ne vont pas être pris en compte ? Pas une minute. Quand il traite M. Muselier, M. Falco ou M. De Canson, de vieux crocodiles, est-ce qu’il s’est rappelé avant de dire ça que ce sont eux qui financent les projets de l’agglomération ? Est-ce qu’il en a tenu compte ? Parce qu’il sait très bien qu’ils ont le sens de l’intérêt général.

Donc vous misez sur son sens de l’intérêt général ?

J’espère qu’il sera intelligent pour comprendre ça, sinon moi je lui rappellerai. 

Suite à ces deux versions de communiqué envoyées, est-ce que ça peut avoir un impact en interne au sein de votre conseil municipal  pour vos élus ?

Je ne maîtrise pas tous mes élus, je ne suis pas un tortionnaire comme certains de mes voisins, mais en tout cas, j’ai discuté avec Martine Bouvard encore ce matin, tout se passe très bien, et si vous voulez tout savoir, et je vois demain (samedi) M. Besserer parce qu’il travaille aujourd’hui (vendredi). Donc pour l’instant, il n’y a pas d’incidence. Simplement, s’il leur retire leurs délégations, comme c’est apparemment le cas, on redistribuera nos délégations entre nous à la mairie de Roquebrune. On est suffisamment intelligent pour faire ça.

Doivent-elles automatiquement aller à des élus roquebrunois ?

Il pourrait très bien ne pas nommer de vice-présidents. Vous êtes vice-président parce que vous avez des délégations. Donc dans un premier temps, il va leur retirer, il leur a retiré par arrêté, et au prochain conseil communautaire, il demandera le vote de retrait de leurs vice-présidences. Mais ce serait l’idéal pour moi qu’il nomme M. Tissier vice-président, ça montrerait quelle politique fait M. Masquelier. Parce que sa politique est de me faire virer de la mairie de Roquebrune avant la fin du mandat. Ça, c’est sa vraie politique. Parce qu’on est des électrons libres, il l’a dit à plusieurs reprises, il a horreur de ça, il veut des gens sous sa coupe, et moi je ne serai pas sous sa coupe. Je ne ferai pas allégeance à ce genre de type ou à qui que ce soit, ce n’est pas dans ma nature. Et je n’oublierai pas que ces gens là ne voulaient pas que je sois élu, à part Liliane Boyer, et les maires du pays de Fayence, mais eux ne voulaient pas. Au bout d’un moment, il faut dire les choses, et quand on commence à vouloir mettre la zizanie dans mon conseil municipal, je montre les dents. Et il n’a peut-être pas fini de les sentir. Et qu’on sache bien une chose, je ne suis pas esseulé, je compte de nombreux soutiens. 

 

Propos recueillis par Romain Chardan – Photo : Archive T.L.

 

À retrouver dans notre prochaine édition, le point complet et les réactions des différents acteurs de ce dossier. En kiosque le jeudi 8 septembre. 

La future Promenade des bains en partie dévoilée

Le projet de refonte du bord de mer et de Promenade des bains s’est un peu plus dévoilé la semaine dernière au moment de voter une délibération concernant une concertation publique à ce propos. À l’issue du conseil communautaire, Frédéric Masquelier, président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération (ECAA) et David Rachline, premier vice-président, ont détaillé ce qui attend les habitants de l’agglo et ont présenté “le projet majeur” de leur mandat. 

 

Nous voulions vous présenter le projet majeur de notre mandat, fixé dans le cadre du pacte de gouvernance, avec 5 communes qui travaillent ensemble malgré des différences. Rien ne préfigurait que des villes mitoyennes, mais avec des histoires différentes, et que deux hommes, aussi avec leurs différences, décident de mettre ensemble des moyens importants pour refaire totalement la promenade de bord de mer pour en faire un endroit unique sur la  Côte d’Azur.” Frédéric Masquelier a soigneusement choisi ses mots en amont de la présentation de ce projet pharaonique qui s’annonce pour le territoire. Un projet dont on entend parler depuis deux ans, figurant en tête de gondole du pacte de gouvernance. Adoptée à la quasi-unanimité lors du conseil communautaire du 24 juin, la délibération n°5 portait sur une concertation publique relative à la Promenade des bains. Elle a été suivie, après le conseil, d’une conférence de presse de présentation du projet. Frederic Masquelier et David Rachline y ont conjointement pris la parole pour détailler le panorama du futur bord de mer et expliquer en quoi il sera un “lieu unique”, comme l’ont martelé les édiles fréjusien et raphaëlois.

Projection du Boulevard Félix Martin
Projection du boulevard de la Libération à Fréjus

Un projet d’ampleur

Que sera la Promenade des bains ? À quoi ressemblera-t-elle ? Combien cela va-t-il coûter et quand le projet sera-t-il livré dans son intégralité ? Autant de questions que l’on se pose depuis près de deux ans et dont les réponses ont commencé à arriver à l’issue du dernier conseil d’agglo. “C’est un projet sur 4 km qui concerne les deux villes (Fréjus et Saint-Raphaël), très intégré. Nous n’avons pas d’autoroute urbaine qui traverse nos villes, ça s’est beaucoup minéralisé ces 50 dernières années, c’est la raison pour laquelle on a souhaité mettre en avant une vision écologique avec de la mobilité douce, mille arbres qui seront plantés, pour en faire un lieu agréable, qui ne sera pas que pour les touristes mais avant tout pour ceux qui y vivent toute l’année. C’est un projet qui préfigure d’autres projets communs pour les villes de l’agglomération. Et ça préfigure aussi une nouvelle ère pour notre agglomération« , a ainsi expliqué Frédéric Masquelier en ouverture de son propos. “La promenade mettra en valeur la plage, avec de larges bandes piétonnes, un mode de déplacement propre, l’essentiel des places de parkings en surface supprimées, d’où un parking souterrain porté par l’EPL de Fréjus (exploitation des parcs de stationnement, ndlr), qui sera construit sous la place de la République. Le mot d’ordre est la concertation et je me réjouis de la force que nous donnons à ce projet, du destin commun qui unit nos deux villes, et leurs habitants, la force aussi de pouvoir travailler ensemble malgré nos différences et qui permettent aujourd’hui de mettre au centre de notre démarche l’intérêt communautaire, l’intérêt des habitants, c’est cela qui nous habite aujourd’hui”, a enchaîné David Rachline.

Projection de la place du Souvenir à Beaurivage
Projection du vieux-port de Saint-Raphaël face au casino Barrière

Dans le détail, cela donne une bande de 4 km partant de Santa Lucia et s’arrêtant, pour le moment, à l’entrée de Port-Fréjus, au bout du boulevard d’Alger. Plusieurs espaces sont prévus tout au long de ce projet, ainsi que des zones dévolues aux piétons, une double bande de circulation pour la mobilité douce (vélos, trottinettes, navette électrique de 15 à 20 places). Une voie à double sens restera praticable pour les véhicules traditionnels. Si le projet global doit être livré à l’horizon 2025 et la fin du mandat politique, il se découpera en deux opus (le premier concerne le vieux-port de Saint-Raphaël, le Veillat et l’Epi Diana, l’opus 2 portant à la fois sur Fréjus-Plage et la zone Beaurivage – Santa Lucia), chaque opus ayant un calendrier de travaux propre…

 

 

 

 

La suite de l’article est à découvrir dans notre édition en kiosque depuis ce jeudi 30 juin.

 

Par Romain Chardan – Visuels : Agence Guillermin

Julie Lechanteux en tête dans la 5e circonscription du Var – Les résultats complets

À l’issue du premier tour des élections législatives 2022, Julie Lechanteux (Rassemblement National) devance Philippe Michel-Kleisbauer (Modem – Ensemble) avec 36,10 % des voix contre 27,28 %. L’intégralité des résultats du premier tour sont à retrouver ci-après, ainsi que dans le détail ville par ville.

Résultats sur la 5e circonscription / 

Julie Lechanteux : 36,10 %
Philippe Michel-Kleisbauer : 27,28 %
Robert Caraguel : 12,09 %
Baptiste Laroche : 10,75 %
Jean-Marc Maurin : 6,39 %
Charles Malot : 3 %
Brigitte Auloy : 1,81 %
Joël Hervé : 1,28 %
Rémi Kranzer : 0,68 %
Nathalie Hollender : 0,63 %
Anne Des Accords : 0 %
Fréjus /
Julie Lechanteux (Rassemblement National) : 41,06 %
Philippe Michel-Kleisbauer (Modem – Ensemble) : 24,68 %
Robert Caraguel (Nupes – LFI) : 12,45 %
Baptiste Laroche (Reconquête) : 9,37 %
Jean-Marc Maurin (Les Républicains) : 4,62 %
Charles Malot (L’Écologie au centre) : 3,01 %
Brigitte Auloy (Débout la France) : 2,10 %
Joël Hervé (Indépendant – Groupe écologiste et social) : 1,42 %
Rémi Kranzer (Lutte Ouvrière) : 0,77 %
Nathalie Hollender (Le peuple de France) : 0,53 %
Nathalie Des Accords (DVC) : 0 %
Saint-Raphaël /
Philippe Michel-Kleisbauer (Modem – Ensemble) : 30,97 %
Julie Lechanteux (Rassemblement National) : 29,11 %
Baptiste Laroche (Reconquête) : 12,98 %
Robert Caraguel (Nupes – LFI) : 10,18 %
Jean-Marc Maurin (Les Républicains) : 10,16 %
Charles Malot (L’Écologie au centre) : 2,84 %
Brigitte Auloy (Débout la France) : 1,52 %
Joël Hervé (Indépendant – Groupe écologiste et social) : 1,13 %
Nathalie Hollender (Le peuple de France) : 0,59 %
Rémi Kranzer (Lutte Ouvrière) : 0,52 %
Nathalie Des Accords (DVC) : 0 %
Roquebrune-sur-Argens /
Julie Lechanteux (Rassemblement National) : 34,26 %
Philippe Michel-Kleisbauer (Modem – Ensemble) : 29,98 %
Robert Caraguel (Nupes – LFI) : 12,46 %
Baptiste Laroche (Reconquête) : 11,44 %
Jean-Marc Maurin (Les Républicains) : 4,15 %
Charles Malot (L’Écologie au centre) : 3,42 %
Brigitte Auloy (Débout la de France) : 1,79 %
Joël Hervé (Indépendant – Groupe écologiste et social) : 1,12 %
Nathalie Hollender (Le peuple Français) : 0,74 %
Rémi Kranzer (Lutte Ouvrière) : 0,64 %
Nathalie Des Accords (DVC) : 0 %
Puget-sur-Argens /
Julie Lechanteux (Rassemblement National) : 44,56 %
Philippe Michel-Kleisbauer (Modem – Ensemble) : 21,96 %
Robert Caraguel (Nupes – LFI) : 12,75 %
Baptiste Laroche (Reconquête) : 8,71 %
Jean-Marc Maurin (Les Républicains) : 4,03 %
Charles Malot (L’Écologie au centre) : 2,85 %
Brigitte Auloy (Débout la France) : 1,71 %
Joël Hervé (Indépendant – Groupe écologiste et social) : 1,64 %
Rémi Kranzer (Lutte Ouvrière) : 0,99 %
Nathalie Hollender (Le peuple de France) : 0,80 %
Nathalie Des Accords (DVC) : 0 %
Les Adrets-de-l’Estérel /
Philippe Michel-Kleisbauer (Modem – Ensemble) : 31,54 %
Julie Lechanteux (Rassemblement National) : 30,71 %
Robert Caraguel (Nupes – LFI) : 14,21 %
Baptiste Laroche (Reconquête) : 10,58 %
Jean-Marc Maurin (Les Républicains) : 3,73 %
Charles Malot (L’Écologie au centre) : 3,63 %
Brigitte Auloy (Débout la France) : 2,80 %
Joël Hervé (Indépendant – Groupe écologiste et social) : 1,14 %
Nathalie Hollender (Le peuple de France) : 0,93 %
Rémi Kranzer (Lutte Ouvrière) : 0,73 %
Nathalie Des Accords (DVC) : 0 %
Bagnols-en-Forêt /
Julie Lechanteux (Rassemblement National) : 36,17 %
Philippe Michel-Kleisbauer (Modem – Ensemble) : 24,59 %
Robert Caraguel (Nupes – LFI) : 17,11 %
Baptiste Laroche (Reconquête) : 7,99 %
Jean-Marc Maurin (Les Républicains) : 6,05 %
Charles Malot (L’Écologie au centre) : 2,56 %
Joël Hervé (Indépendant – Groupe écologiste et social) : 2,15 %
Brigitte Auloy (Débout la France) : 1,74 %
Nathalie Hollender (Le peuple de France) : 1,13 %
Rémi Kranzer (Lutte Ouvrière) : 0,51 %
Nathalie Des Accords (DVC) : 0 %
Le Muy /
Julie Lechanteux (Rassemblement National) : 41,52 %
Philippe Michel-Kleisbauer (Modem – Ensemble) : 21,98 %
Robert Caraguel (Nupes – LFI) : 16,53 %
Baptiste Laroche (Reconquête) : 8,54 %
Jean-Marc Maurin (Les Républicains) : 4,40 %
Charles Malot (L’Écologie au centre) : 3,05 %
Brigitte Auloy (Débout la France) : 1,42 %
Joël Hervé (Indépendant – Groupe écologiste et social) : 1,02 %
Rémi Kranzer (Lutte Ouvrière) : 0,80 %
Nathalie Hollender (Le peuple de France) : 0,76 %
Nathalie Des Accords (DVC) : 0 %
Romain Chardan – Photo : Léna Peguet.

Les élections législatives : tout ce qu’il faut savoir

Les dimanches 12 et 19 juin se déroulent les élections législatives. Pour rappel, elles ont lieu tous les 5 ans après l’élection présidentielle pour choisir les 577 députés qui vont représenter la population à l’Assemblée Nationale.

Pour vous, L’horizon explique les informations essentielles pour participer au scrutin. 

 

Le vote se fait en plusieurs étapes :

  1. Je donne ma carte d’identité (obligatoire) et ma carte électorale (recommandée) et je récupère une enveloppe.

  2. Je prends au minimum deux bulletins afin que mon vote reste confidentiel.

  3. Je me dirige vers l’isoloir et fais mon choix en mettant le bulletin du candidat souhaité dans l’enveloppe. 

  4. J’insère l’enveloppe dans l’urne.

  5. Je signe sur la liste d’émargement et je récupère ma carte d’identité et ma carte électorale.

 

Pour connaître toutes les intentions et les programmes des candidats vous pouvez retrouver leurs professions de foi sur internet avec ce lien : https://programme-candidats.interieur.gouv.fr/, ou très prochainement dans vos boîtes aux lettres.

 

Pour trouver l’adresse de votre bureau de vote, il vous suffit de regarder sur votre carte électorale ou bien sur internet dans la rubrique « Interroger sa situation électorale » sur https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/services-en-ligne-et-formulaires/ISE

 

Si il vous est impossible de vous déplacer pour voter vous pouvez faire une procuration via le lien : https://www.maprocuration.gouv.fr/. Elle peut se faire jusqu’à la veille de l’élection, mais, compte tenu des délais d’acheminement de l’information vers les bureaux de poste, il est possible que le mandataire ne soit pas en capacité de voter.

 

Concernant les résultats, ils seront disponibles sur le site du ministère de l’intérieur, ainsi que sur celui de la préfecture du Var.

 

Retrouvez notre article détaillé dans le numéro 59 de L’Horizon, prochainement dans vos kiosques.

Par Marine DEBIAZI

Débat législatives – 18 mai 2022 – Partie 6 : Sécurité et Justice

Le manque d’effectif et l’absence de réponse pénale sont parmi les éléments souvent mis en avant par les forces de l’ordre notamment sur notre territoire. Comment lutter contre cette absence de réponse pénale et ainsi notamment éviter une démotivation des forces de l’ordre ?

Baptiste Laroche : Alors quelques chiffres pour ce sujet important : 1800 agressions par jour et une augmentation depuis 2017 depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron de 31 %, une hausse de 31 % des agressions volontaires. 100 actes de violence quotidiens sur les personnes assermentées, donc les personnes dépositaires de l’autorité. Bref, j’ai l’impression que la sécurité est quand même un des grands échecs du quinquennat Macron. Il voulait construire 15 000 places de prison il en aura construit que 2000, c’est un recul de l’État tout simplement, c’est un recul de l’autorité de l’État. Vous parlez du pénal, des peines qui ne sont pas prononcées, qui sont prononcées, mais qui ne sont pas actées. Effectivement, c’est l’impuissance de l’État qu’il faut changer. L’État a un pouvoir d’autorité, cette violence légitime qu’il faut appliquer lorsqu’il est nécessaire. Il faut donc renforcer l’autorité de la police nationale et municipale. Je propose l’obligation de l’armement pour la police municipale, c’est quelque chose qui se fait de plus en plus, il y a quelques années c’était un sujet très crispant, ça l’est de moins en moins, mais je pense qu’il faut l’obliger parce que c’est de la légitimité que l’on apporte à la police. Deuxièmement, il faut augmenter le nombre de policiers nationaux ici à Fréjus, car on voit qu’il y a encore des quartiers sensibles et augmenter le nombre de policiers nationaux ici pourrait favoriser la tranquillité de nos communes. Il faut donc augmenter le nombre de la police nationale, armer la police municipale et enfin faire appliquer les peines. Il y a trop de peines qui sont prononcées et qui ne sont pas appliquées. D’abord, il faut mettre en place des peines planchers pour tous les délits et les crimes pour que, je crois qu’Emmanuel Macron disait il y a peu que toutes les peines de moins d’un mois ne peuvent pas être appliquées, en réalité c’est un vrai problème parce que c’est l’autorité de l’État qui recule. La justice sanctionne, mais n’applique pas, à quoi sert-il alors de sanctionner, il faut appliquer les peines planchers, les mettre en place et les appliquer. Deuxièmement, augmenter le nombre de magistrats pour que les délits et les crimes soient jugés plus rapidement. Aujourd’hui, ça prend énormément de temps de juger et donc ça laisse les victimes comme les agresseurs dans des situations délicates, il faut que le jugement soit prononcé rapidement. Enfin il faut déchoir de nationalité tous les binationaux criminels parce que ce n’est pas à la France de porter ces personnes, la responsabilité de ces personnes et donc il faut déchoir de nationalité de toutes ces personnes. Ça va libérer de la place dans nos prisons, parce que Macron n’en a pas construit donc il faut libérer de la place, pour ça il faut expulser tous les binationaux et les déchoir de la nationalité.

Jean-Marc Maurin : Tout à fait d’accord sur une grande partie de certains points, je le rappelle très rapidement. Donc on souhaite soutenir nos forces de l’ordre. Plus 21 % en trois ans. En parlant de violence policière, Emmanuel Macron a abandonné les forces de l’ordre, aucun délit sans peine applicable immédiatement, je passe, créer une réponse carcérale pour les mineurs délinquants. Pas de délinquances sans peine, c’est comme ça qu’on met les gens dans le droit chemin. La France pour mémoire et quelques chiffres sur la France c’est le deuxième pays européen pour le nombre d’agressions et seulement le 17e pour le nombre de places de prison.

Julie Lechanteux : Évidemment on l’a dit, il faut rétablir également les peines planchers qui ont été supprimées, c’est indispensable pour que tous les criminels et délinquants aient une sanction. Aujourd’hui on voit le laxisme judiciaire où on le voit, localement que ce soit la police municipale ou la police nationale ; elle arrête des délinquants après des agressions parfois très violentes et pour l’instant pas encore, mais au péril de leur vie, parce qu’ils ont des tirs de mortier à quelques mètres d’eux en plein visage et il n’y a aucune réponse pénale face à ça. Quelques heures après, ils sont relâchés et attaquent à nouveau les passants, mettent le feu dans les poubelles, détruisent les caméras de surveillance et j’en passe. Donc il faut rétablir les peines planchers. Il faut supprimer toutes les possibilités de réduction et d’aménagement des peines en particulier contre les violences envers les personnes, aussi chaque jour on met ça dans ce qu’on appelle les faits divers, mais c’est, selon moi, des faits marquants et on s’habitue à la violence, on s’habitue à avoir des actes horribles et violents dans nos rues et pourquoi on s’habitue ? Parce qu’en face il y a les arrestations, mais il n’y a pas de peine pénale donc évidemment il faut supprimer toutes les possibilités de réduction ou d’aménagement de ces peines. Il faut évidemment sujet important, instituer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ce à quoi Emmanuel Macron s’oppose totalement, on le voit bien et notamment avec un dossier il y a peu où une voiture à foncer sur des policiers et sont aujourd’hui traités comme des criminels, c’est inadmissible. Il faut accélérer les procédures judiciaires en engageant le doublement du nombre de magistrats, c’est indispensable. Il faut inscrire au fichier des délinquants sexuels les harceleurs de rue. Sur le quinquennat d’Emmanuel Macron, c’est plus 113 % d’agressions sexuelles ces 5 dernières années, donc il faut absolument une inscription au fichier des délinquants sexuels des harceleurs de rue. Il faut atteindre pour pouvoir faire tout ça 85 000 places de prison, on en est très loin on l’a dit. Il faut également établir une perpétuité réelle, aujourd’hui ça n’existe pas et les plus grands criminels font au maximum 30 ans, lorsqu’ils se sont fait enfermer à 20 ans vous voyez que ça leur laisse encore une grande partie de leur vie. Il faut donc augmenter le budget de la sécurité et de la justice pour créer les postes dont je parlais tout à l’heure dans la même proportion, augmenter le nombre de postes de greffiers et de personnes administratives et techniques pour recevoir toutes les personnes qui se retrouvent face à ces délinquants qui sont des victimes. Il faut punir efficacement et rapidement les délinquants et criminelles, revenir à de courtes peines d’emprisonnement, ça aussi ça a été supprimé, alors qu’une courte peine de prison pourrait en freiner plus d’un, aujourd’hui ce n’est pas le cas « oh j’ai fait ça » c’est écrit sur un simple papier et continu et retourne dans la rue et provoque la police et jamais rien n’est fait donc retour aux courtes peines. Mettre un terme à l’impunité des mineurs délinquants. Il faut le savoir, 75 % des mineurs aujourd’hui déférés devant la justice sont des étrangers également donc on a un vrai problème avec les mineurs non accompagnés dont deux hier on tabassé une jeune femme enceinte à Montpellier donc c’est à nos portes. On a vrai problème qui d’ailleurs mineurs ne sont souvent pas mineurs et sont souvent accompagnés d’ailleurs donc mettre un terme à l’impunité des mineurs délinquants, les mettre en placement sous des structures de rééducation, il faut que faire payer des amendes aux parents lorsqu’ils sont mineurs pour les responsabiliser et voir leur liberté limitée et enfin il faut coordonner l’action de l’État avec celle des maires qui connaissent leur territoire, leur habitant et surtout leur police municipale.

Joël Hervé : Pour rebondir tout de suite là-dessus, je pense qu’il serait souhaitable de fusionner les trois polices, les trois services d’ordre qu’il y a en France : municipale, nationale et la gendarmerie. On a des doublons et on a besoin de personnel donc la difficulté par rapport à ça c’est de faire en sorte qu’il y ait un seul corps qui soit géré effectivement directement par les services de l’état, ça nécessite pour les services d’ordre qui sont actuellement en place d’avoir une meilleure formation et d’avoir le soutien de sa population et de certains de ses élus qui passent assez facilement sur une critique de leur travail. Je rappelle que Sarkozy en 2007 avait réduit de 6000, de 148 000 à 142 000 les effectifs, on est actuellement avec le mandat de Macron à 154 000 forces de l’ordre en France qui correspond à quelque chose de probablement très satisfaisant si on compare à nos voisins, 4,5 forces de l’ordre en France pour 1000 habitants on est à 2,4 au Royaume-Uni et ça se passe très bien, on est à 3,8 en Allemagne et ça ne se passe pas si mal. Le problème des effectifs qui concerne essentiellement la justice a des difficultés par rapport à son fonctionnement tant du point de vue du matériel que du point de vue du personnel (les greffiers, les juges, etc.) Si on regarde les comparaisons, je vais très vite, 9 juges pour 100 000 en France, 24 juges pour 100 000 en Allemagne, l’écart est considérable, l’argent qui est mis dans cette affaire, 70 euros par habitant en France contre 151 en Allemagne. On en arrive à des situations où on supprime les plaidoiries, parce qu’on n’a pas le temps et les avocats se mettent d’accord entre eux et c’est terminé. Le procureur de Toulon, le nouveau qui vient d’arriver a dit on ne rend pas exactement la justice que l’on voudrait rendre, compte tenu des difficultés financières qui sont les nôtres, c’est assez incroyable. Donc la priorité actuellement est en direction de la justice, la police avec un réaménagement, de meilleures formations, et un regroupement des corps, on devrait pouvoir s’en sortir.

Philippe Michel-Kleisbauer : Donc je suis pour les peines planchers, je suis aussi pour la double peine et j’ai voté nous étions que 7 à avoir voté « l’impresquabilité » (?) des viols commis sur les mineurs, 7 nous étions à le voter cet amendement. Sur les autres questions et notamment les effectifs, je suis fière d’avoir obtenu 14 policiers sur le départ de la retraite sur le commissariat de Fréjus et j’ai essayé et j’essaye encore de répondre à une question récurrente des policiers vous l’avez dit madame Lechanteux, c’est que quand ils arrivent devant le tribunal à Draguignan, devant le parquet en présentant des délinquants qu’ils ont arrêtés et qui parfois et même trop souvent agressent des policiers se voient remis immédiatement en liberté faute de place dans les prisons. Il y avait un plan prison même si toutes les places n’ont pas été faites et nous y sommes inscrits maintenant. Il y a un problème aujourd’hui sur l’implantation de la prison que certains ne veulent pas finalement nulle part sur le territoire de l’Est Var et c’est bien dommage parce que cela figure à peu près dans tous les programmes politiques de ceux qui sont élus et qui veulent plus de places de prison et donc j’espère qu’on arrivera à trouver une solution pour que celle-ci puisse se faire de manière à ce que chaque fois qu’on a une nuit de violence comme vous disiez madame Lechanteux avec des tirs au mortier. Quand on prend quelqu’un qu’on puisse l’amener et qui puisse être placé en maison d’arrêt puisqu’il s’agit d’une maison d’arrêt immédiatement. Enfin et vous l’avez dit, la priorité et je l’ai dit tout à l’heure lorsque je vous parlais d’éducation, notre priorité c’est la justice avec l’hôpital et l’éducation. La justice à cheval sur les deux mandats, si nous pouvons poursuivre notre activité avec des états généraux qui ont été faits avec des pistes et des lignes qui ont été clairement identifiés par la magistrature elle-même et un budget de 30 milliards qui va nous permettre de recruter au moins 8000 magistrats supplémentaires, mais sachons le bien les magistrats c’est exactement comme les médecins, c’est-à-dire que pour former un magistrat il faut un cursus quasiment aussi long excepté les spécialisations dans la médecine. Mais pour faire l’École Nationale de la Magistrature et sortir des stages et avoir un magistrat en capacité, il va nous falloir 7 à 8 années pour y arriver. C’est un vrai problème.

Charles Malot : Oui du coup le constat a été fait par presque tout le monde, l’insécurité augmente sur notre territoire. À cela l’écologie au centre propose des solutions radicales pour soutenir nos forces de sécurité et de la justice avec un investissement massif notamment dans la sécurité pour permettre une protection accrue, accroître la présence policière et la vigilance dans nos rues, dans nos quartiers, mettre en place des brigades de vigilance avec des volontaires, des citoyens volontaires et formés. Une autre proposition qui rentre plutôt au niveau de la réponse pénale, il faut tendre vers l’effectivité, la fermeté, la rapidité de la réponse pénale. Tant qu’il y aura des affaires qui se cumulent, il faut accroître le nombre de magistrats et de greffiers dans nos tribunaux. Il faut également comme certains l’ont dit rétablir les peines planchers, établir un plan de suivi effectif des sortants de prison. Ensuite, je voudrais parler des territoires oubliés de la République, des zones de non-droit en France, il en existe où des personnes où il y a le commerce de la drogue qui est un fléau. Là encore ce sont des dizaines de milliers de personnes souvent défavorisées qui subissent les actes de quelques dizaines d’individus, de délinquants. Il faudrait créer une dizaine de brigades mobiles spécialisées dans lequel il serait composé de spécialistes de plusieurs domaines, des policiers, des gendarmes, des agents du fisc, des psychologues, des magistrats qui pourraient intervenir d’un seul coup soudainement et massivement dans ces zones, procéder à des arrestations, faire passer en comparution immédiate les personnes soupçonnées de façon à ce que les délinquants de ces quartiers difficiles aient toujours le sentiment que l’État peut reprendre sa place et qu’ils peuvent se retrouver en prison éloignée de leur zone de méfait. Pour finir, sur le terrorisme, les sortants de prison pour terrorisme doivent porter un bracelet électronique selon nous, aucune réduction de peine et leur entourage, il faut des peines dissuasives pour leur entourage qui sont au courant des projets terroristes pour qu’ils révèlent les actes. Voilà ce que j’avais à dire sur la sécurité.

Jean-Marc Maurin : Oui pour terminer, en référence à ce qu’a évoqué madame Lechanteux sur le policier qui a été appelé, je rappelle qu’une voiture c’est une arme par destination. Qu’il a été accusé d’homicide volontaire et qu’en moyenne ils ont ces policiers mis en cause 6 ans de procédures.

Débat législatives – 18 mai 2022 – Partie 4 : Environnement et Bureaucratie

Environnement et bureaucratie / 

Il existe plusieurs réglementations en faveur de la protection du littoral, pourtant celui-ci continue de se dégrader par le biais de constructions, d’aménagements, de la pollution, ou encore du recul du trait de côte. Quelles vraies mesures incitatives pour protéger notre littoral proposeriez-vous ?

 

Jean-Marc Maurin : Étant manager de santé, pendant cette crise covid nous avons fortement subi l’absence de suivi de l’administration, en tout cas, son manque de réactivité. Sur la partie du trait de côte et de la loi du littoral, on voit que c’est une loi-cadre prise dans les bureaux parisiens par des administratifs qui fait et rend équivalent le traitement des falaises de l’Atlantique et de notre littoral méditerranéen. Alors que ce sont deux choses différentes. Les falaises de l’atlantique sont faites de sable friable qui s’érode facilement et on ne peut pas traiter chez nous de la même manière un Estérel granitique qui n’est pas érodé par la mer. Après on peut ergoter sur les vagues de submersion, sur la montée des eaux… On n’y est pas encore. Mais sacrifier un littoral sur une loi-cadre ne me paraît pas admissible, il faut qu’on colle aux territoires là aussi et qu’on réponde aux nécessités de l’aménagement du territoire que mènent nos élus locaux au quotidien en connaissant leur territoire et c’est là le sens, c’est pour ça qu’il faut s’éloigner de cette bureaucratie verticale. Je ne ferai pas l’unanimité autour de cette table, je l’ai déjà remarqué, mais la loi SRU est un exemple de cette verticalité, d’une application étatique à une commune qui en subit les effets. Solidarité et Renouvellement Urbain. Cette loi a été pensée en 2020 pour améliorer le droit de l’urbanisme et du logement en face. Ainsi chaque ville est désormais obligée de compter au moins 20 % de logements sociaux dans le but de développer une plus grande solidarité. Les communes qui ne respectent pas cette règle, et les mots sont importants, seront pénalisées ou verront leurs droits être outrepassés par l’État. Ça veut dire qu’il n’y a pas de vision ou de capacité de décentralisation de la part de l’État. Et pourtant c’est ce qu’il faut faire, cette loi SRU doit s’adapter à la spécificité de chaque territoire, c’est ce qu’il faut réformer. Je suis totalement opposé à la loi SRU. Je suis opposé de principe à toute gouvernance verticale qui impose des choses à des élus locaux qui connaissent leur territoire. Je la dénommerai autrement cette loi, pour moi ce serait la Soumission et la Décontraction Urbaine. Ensuite, il y a des aménagements de faits et des choses prévus. Le conservatoire du littoral a déjà fait de nombreuse protections  d‘espaces boisés, en bordure de mer, il faut développer voire améliorer ces choses-là, mais il ne faut pas tout urbaniser, ça serait vraiment perdre le sens de notre si belle et magnifique région. Les espaces naturels sensibles, cela relève d’un cadre strict d’implantation, il n’est pas possible de s’implanter dans les espaces naturels sensibles. Sur Roquebrune, il y a des forêts, il y a des fermes aménagées, mais on doit garder ces espaces naturels sensibles parce qu’ils représentent notre région, ils en sont le faire-valoir, ils représentent leur beauté et celle-ci ne doit pas être dégradée par des lois-cadres, un étatisme qui ne respecte pas les locaux, les élus et leurs pouvoirs qui doivent être respectés au moins à égalité, voir supérieur à l’esprit étatique, c’est dans ce sens-là que je suis favorable à un système décentralisé. 

 

Charles Malot : Sur la loi littorale, mise en place le 3 janvier 1986, tous les partis traditionnels ont cherché à porter atteinte à cette loi, mais la pression populaire a fait qu’ils n’y sont pas arrivés. Grâce à elle, on a présenté en grande partie notre littoral varois, considéré comme l’un des plus beaux en France. Ensuite, les endroits où la puissance publique a réalisé des projets au niveau du littoral, on a constaté que ces réalisations sont de qualité et ne portent pas ou peu atteinte à l’environnement. Et c’est assez différent dans les endroits où on interdit tout. Dans ceux-là, on assiste à un phénomène appelé la cabanisation. Cette cabanisation se matérialise par l’installation de cabanes, de gens qui s’installent illégalement et les pouvoirs publics ne font rien, les gens s’installent de plus en plus et ça donne des endroits aménagés n’importe comment, avec des populations mises en danger, avec des zones inondables, et en cas de crue, ce sont les premiers à être emportés avec leurs cabanes. Protéger, c’est avant tout avoir des projets environnementaux, avoir des projets d’aménagement du territoire et ce n’est pas tout interdire. 

 

Joël Hervé : Les difficultés que l’on a par rapport à la loi littorale, c’est que la mer monte à cause du réchauffement climatique. Tout le monde sait pourquoi ça se réchauffe, l’Europe a pris des engagements à ce sujet, avec un objectif à -55 % d’émissions de gaz à effets de serre avant 2030. Si on ne fait pas ça, ça va continuer à monter. On va avoir des difficultés, on a déjà la mer à certains moments, lorsqu’elle est forte, qui balaye les quais de Fréjus et Saint-Raphaël. Il sera donc très difficile de respecter ces engagements. Il nous faut une fin d’artificialisation des sols, quasi immédiatement ou au plus tard en 2025. L’équipe Macron a fait du en même temps, comme toujours, pour l’artificialisation des sols. Si on prend l’exemple des centres commerciaux, ils ont dit qu’il n’y aurait plus de grands centres commerciaux. Très bien. Mais Macron pondère tout de suite en disant “sauf pour le e-commerce, où l’on pourra les garder”. C’est un problème, parce que ce sont des surfaces considérables. Et si les centres commerciaux font moins de 10 000 m2, il acceptera. Sauf que 10 000 m2, c’est 80 % de la demande, donc cette loi ne sert à rien, c’est de l’esbroufe. La loi littorale existe, elle date de 1986, mais il suffit d’appliquer la loi qui est très bien faite. Il faut cependant modifier une partie du texte, celle précisant qu’il faut laisser aux décideurs locaux la possibilité de l’adapter. Au nom de quoi laisserait-on les décideurs locaux susceptibles d’adapter une loi ? La loi, c’est la loi pour la France, si elle est mal conçue, on la révise, si elle à corriger, on la corrige, mais laisser aux décideurs locaux la possibilité d’adapter dans la loi, ça, c’est une erreur totale. Je suis d’ailleurs assez surpris de voir qu’à Saint-Raphaël, le maire LR, ou RN, enfin LR-RN, ils sont associés maintenant, fais une maison de la mer au ras du sol, sur une plage de Boulouris. À croire qu’il n’a pas encore compris, pourtant, comme il le dit, c’est un écologiste intelligent, à 50 cm près, il va avoir des difficultés très vite avec sa petite maison. C’est la même chose pour le trait de côte où il a dit, “ah, mais ce n’est pas à cause de Saint-Raphaël que la mer monte, donc je ne vois pas pourquoi c’est moi qui m’en occuperais”. C’est surprenant tout de même, il y a des décisions nationales qui sont à prendre et elles ne sont pas prises localement. Enfin sur la pollution, le coût de la pollution, à Fréjus, c’est un coût de 990 euros par an et par personne. C’est considérable. Même à Fréjus où apparemment il n’y a pas de pollution, elle ne se voit pas. La pollution des usines Capitou ne se voit pas. La pollution de fosses qui partent vers le Maghreb et reviennent avec les vents et qui nous inonde complètement ne se voit pas. Sauf que les enfants asthmatiques, les gens qui ont des difficultés, l’hôpital les récupèrent, c’est un vrai problème. On a un projet sur lequel on n’entend pas les politiciens en position de décision. On va créer une ligne nouvelle pour le TGV, qui va traverser la vallée de l’Argens, avec des piliers de 30 m de haut, qui va transpercer par un tunnel l’Estérel, en rejetant des déchets de matériaux considérables, passant par des endroits où il y avait des mines de fluor, dont on ne sait pas trop ce que ça va donner, et c’est un coût de 14,5 milliards d’euros ! Tout cela pour permettre de gagner 45 minutes ! Et SNCF réseau écrites très tranquillement dans son document, “nous ne sommes pas tout à fait dans la légalité, mais nous verrons comment nous pourrons nous accommoder ». C’est surprenant ! On a le problème de la gestion des déchets. On a installé un gigantesque tas d’ordures, en équilibre sur l’ancien, à la limite de Fréjus, à Bagnols-en-Forêt, 1.75 millions tonnes prévues, sur la surélévation, sur un deuxième trou qu’on prévoit et une usine inutile qu’on va construire, avec un budget considérable. On devait faire un tri à la source, ce qui aurait évité de dépenser tout cet argent. Des villes comme San Francisco, 5 millions d’habitants, Lorient, Nantes, sont capables de faire un tri à la source et de trier 60 % de leurs déchets, ce qui sera d’ailleurs une obligation légale fin 2023 en France pour tout le monde. On est loin d’être en situation de pouvoir faire ça ici. Donc on a décidé de mettre tout ça dans une usine qu’on construit dans l’Estérel en labourant 40 hectares de terrain, une usine qui est en fait une centrifugeuse sur laquelle on va humidifier la totalité des produits qui de la communauté d’agglo mal trié. 

 

Julie Lechanteux : Les collectivités locales et les élus locaux prennent en main la question de la submersion du littoral, notamment sur la circonscription, où nous avons 51 km de côtes. Je sais que beaucoup de projets ont été menés à bien, comme les digues dans anse se Saint-Aygulf, qui protègent cette anse, et évitent le désensablement. Mais très vite, ils se confrontent à la DTTM, qui ont des critères bien définis, très bureaucratiques et pas du tout en adéquation avec le terrain. Par exemple, l’embouchure de l’Argens a tendance à déborder et crée des inondations, cette embouchure est ensablée régulièrement, la ville de Fréjus doit donc souvent la désensabler. Ce sable pourrait servir à réensabler ce trait de côte et la DTTM refuse sous prétexte que les sédiments seraient différents. Autre exemple concret, cela fait des années qu’élus locaux et conseil départemental se battent pour reconstruire le pont de la Galiote, qui est un véritable danger. Ce pont, les études environnementales et de reconstruction sont faites, la première chose, c’est que dès que des administrations changent, il faut refaire des études (qui coûtent des milliers d’euros), qui prennent un temps infini et au final on nous empêche de reconstruire un pont au détriment de vies humaines au détriment de la protection de la canne de Pline ou de la couleuvre ou je ne sais quoi. Il faut protéger notre environnement et ses espèces, certes, mais pas au détriment de la vie humaine. Il faut réinstaurer un dialogue constructif entre les collectivités et les services de l’État, je m’appliquerai si je suis élue à appuyer le travail de ces collectivités locales. Autre sujet prégnant, les concessions de plage ne sont pas des cabanes, mais des constructions de plage qui demandent des millions d’investissements pour leurs propriétaires, et font aussi rayonner les villes pour les touristes et qui contribuent à l’économie locale. Les lois changent tous les six mois, leurs locaux doivent un coup faire telle distance en longueur, un coup en largeur, et cela au détriment de privés qui font rayonner les villes. Les décideurs locaux connaissent parfaitement leur territoire, ils ont à cœur de préserver leur territoire et il faut les aider. Ils ne sont pas soutenus et se retrouvent souvent avec des bâtons dans les roues. Si ce n’est pas le cas ici, les éoliennes off-shore, un grand projet de monsieur Macron, qui les a installées un peu partout, en plus de défigurer les paysages, ces éoliennes bouleversent les écosystèmes sous-marins. Il laisse faire, démultiplie, ça coûte des milliards aux Français et ça porte préjudice aux pêcheurs qui ne peuvent plus vivre de leur pêche. Il faudrait remettre un peu de logique dans les lois et avec l’État.

 

Baptiste Laroche : Je partage totalement ce qui vient d’être dit par madame Lechanteux, tout d’abord sur les liens entre les collectivités et l’État, raison pour laquelle nous proposons un grand ministère de l’agriculture, de la ruralité et du littoral, pour faciliter le dialogue entre les collectivités locales et l’État. Cela parce qu’aujourd’hui, on souffre d’un manque de dialogue qui crée des incompréhensions et des problèmes. Deuxièmement, les éoliennes sont un sujet important, parce que ça arrivera forcément chez nous, vu que les lobbies sur les éoliennes sont au gouvernement. On les voit d’abord dans le nord de la France, ça pousse partout en mer, ça détruit les sols, ce sont des kilos et des litres de béton dans les fonds marins. Il y a aussi les éoliennes sur terre. Je stopperai tout ça et je compenserai avec l’ouverture de nouvelles centrales nucléaires. Il faut développer et soutenir la marine nationale qui a besoin de renouveler son matériel pour défendre efficacement nos côtes et notre littoral.

 

Philippe Michel-Kleisbauer :  Pour répondre à ce que disait le docteur Maurin, la loi 3DS (différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification), promulguée le 21 février 2022, prévoit justement la différenciation territoriale, mais ça se fera toujours en concertation avec les administrations de l’état décriées ici, comme la DDTM, parce que si on laisse faire n’importe quoi, on aurait n’importe quoi qui pourrait se faire, on le voit sur la cabanisation dans la plaine de l’Argens, où l’on voit tout de même des choses apparaître là où elles ne devraient pas, donc l’État doit exercer son contrôle et son rôle. Là où Joël Hervé a notamment raison, c’est sur le réchauffement climatique. On peut envisager ce qu’on veut en matière de digue, si l’eau remonte, ça ne servira à rien. L’augmentation des phénomènes de crue avec des pluies de plus en plus violentes, comme nous l’avons vécu en 2010 de manière tragique, avec à l’issue une carte de la DDTM sur le lit majeur de l’Argens à Fréjus, qui est de 2 200 hectares. Toute la zone du Capoue, de Port-Fréjus, chemin des Batteries, tout ça est sous l’eau dans le cadre du lit majeur. Ça veut dire qu’il va falloir prendre ses responsabilités et affronter les décisions pas simples, mais on ne pourra pas faire n’importe quoi, pas continué à construire, et un jour, ces zones-là ne seront plus habitables. Sauf si nous arrivons à freiner, ralentir, inverser le réchauffement climatique. Nous avons doublé le ralentissement des émissions de gaz à effet de serre au cours de la période écoulée, et nous nous engageons à redoubler cet effort. Je rejoins ce que dit Baptiste Laroche, et je vais lui adresser les travaux que j’ai faits ces cinq dernières années sur le nucléaire, notamment sur les petites unités, les Small Modular Reactor, et le projet franco-français de Nucléaire Forward, de l’avenir, où nous sommes capables grâce à l’ingénierie militaire de faire des microcentrales qui sont d’une performance et d’une sécurité exceptionnelle puisqu’elles n’enrichissent qu’à 4 ou 5%, c’est-à-dire dans les normes de sécurité nucléaire mondiales. J’espère que nous en viendrons à ces solutions pour remplacer les 300 ou 400 mégawatts aux charbon et autres énergies fossiles. 

 

Joël Hervé : Pour revenir sur ce que disait Madame Lechanteux à propos de la DDTM et des critères administratifs de l’État. Heureusement qu’elle a agi pour les associations qui ont évité les boîtes de nuit, le bocal à poissons et l’hôtel 5 étoiles qu’elle (Julie Lechanteux, NDLR) voulait construire directement sur la plage de Fréjus avec sa municipalité. Enfin, sur les éoliennes, ça m’agace toujours un petit peu d’entendre des éléments de langage devenus des slogans qui se trouvent curieusement à l’extrême droite de la droite.

 

Baptiste Laroche : Sur les centrales nucléaires, j’ai visité Fessenheim avec monsieur Zemmour au début de la campagne, j’ai eu un sentiment de tristesse parce que c’est un gâchis énorme. Aujourd’hui, vous êtes député de la majorité, vous voulez vous représenter pour la majorité, Macron a mis en place la fermeture de centrales nucléaires, au début de son mandat il était contre les centrales, et à la fin il est devenu pour. Entre-temps, l’argent des Français est gâché parce qu’à la fin, c’est toujours l’argent des Français. 

 

Philippe Michel-Kleisbauer : J’étais pour au début de mon mandat et je le suis toujours à la fin. Et je suis content de voir que des gens me rejoignent, comme quoi, il ne faut pas désespérer, on peut réussir à influencer. Sur Fessenheim, je crois que les choses étaient enclenchées depuis bien plus longtemps et qu’elles étaient irréversibles. Mais nous nous retrouverons sur les SMR. C’est de l’investissement. Si nous maîtrisons notre énergie électrique et que nous la vendons, nous maîtriserons les coûts, la facturation et ainsi faire baisser la facture dans les foyers.

 

Baptiste Laroche : certes fermer Fessenheim c’était sous le gouvernement Hollande, et Macron était déjà dans ce gouvernement, mais ça coûte de l’argent et Fessenheim était très bien entretenue. 

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Madame NKM parlait déjà de cette fermeture, ça remonte à loin. Et ce sera le cas pour tous ceux qui seront majoritaires au soir du 19 juin, nous arrivons au bout d’un tas de dossiers qui sont restés en souffrance depuis trop longtemps.

 

Julie Lechanteux : Je voulais revenir sur la fermeture de Fessenheim, avec monsieur Macron c’est toujours du “en même temps”, au début du quinquennat on ferme toutes les centrales nucléaires sous les ordres des Allemands qui ont rouvert les usines à charbon et maintenant il faut en recréer, en ouvrir et ça a coûté des millions d’euros aux Français, voire des milliards. Concernant le projet de la Base nature, le projet était sur des espaces déjà construit et rendait une large partie de ces espaces au public. 

 

Jean-Marc Maurin : si on attend la diminution du réchauffement climatique, on n’est pas prêt de répondre à la problématique des agriculteurs de la vallée de l’Argens, pas plus qu’aux commerçants et industriels de la zone de la Palud. En 2010 j’étais à Roquebrune, j’étais bloqué pendant 4 jours, j’ai été aidé sur des zones dévastées, c’est un vrai sujet. Après, les SMR, je crois que vous l’avez défendu à l’AN monsieur le député comme une possibilité de diminution du pouvoir d’achat des Français, je n’ai pas trop bien compris, mais ce n’est pas dans l’immédiat, le problème des gouvernements et des lois, c’est la réactivité. Il y a des gens dans la Palud qui ne peuvent plus payer leurs assurances parce que ça fait quatre fois qu’ils sont inondés. Alors que la solution existe et qu’elle coûterait 13 millions, quand les inondations en coûtent 40 !

 

 

 

Débat législatives – 18 mai 2022 – Partie 3 : Pouvoir d’achat et logement

Le prix du logement augmente au détriment des varois et au profit des résidences secondaires et au héliotropisme des retraités. Face à ce constat et à l’heure où le pouvoir d’achat est la première préoccupation des Français, le coût de l’énergie augmente. Comment interviendrez-vous à l’Assemblée nationale ?

 

Philippe Michel-Kleisbauer : « La première chose qu’il me fait plaisir de rappeler, c’est que nous avons voté quelque chose qui est dans notre programme : la suppression de la taxe d’habitation. Sur Fréjus, c’est 16 300 foyers pour une moyenne de 730 euros par an qui ne payent plus la taxe d’habitation. Pour Saint-Raphaël, c’est 10 700 ou 10 800. Sur l’ensemble de la circonscription, c’est 37 000 foyers qui ne payent plus la taxe d’habitation pour un montant qui s’échelonne entre 600 euros et 800 euros un peu plus de 800 euros pour ceux qui payaient le plus. Et nous allons évidemment continuer ce plan si nous sommes majoritaires, et donc élus, pour faire en sorte que la taxe d’habitation soit complètement supprimée, ce qui est une question non négligeable en termes de pouvoir d’achat. Deuxièmement, sur le pouvoir d’achat, et qui concerne aussi la question du logement, nous avons la question de la lutte contre le chômage qui a été notre priorité au début du mandat. Entre le quatrième trimestre 2017 et le quatrième trimestre 2021, nous avons eu un recul du chômage qui est passé de 9,4 % à 7,5 %, soit 1 million d’emplois créés, et y compris les emplois créés sur notre circonscription. L’obtention d’un emploi avec un CDI, c’est la porte ouverte dans les agences pour louer ou dans les agences bancaires pour emprunter. Et tout à l’heure, le sujet est venu et je reviendrai volontiers dessus sur les primo-accédants, parce que nous avions à l’époque à la ville de Fréjus, avec Elie Brun, lancé le tout premier les constructions avec des appartements pour les primo-accédant à Caïs, à Port-Fréjus. Sur le pouvoir d’achat, autre mesure que nous avons votée et qui va entrer en application le 1er juillet 2022, c’est l’indexation des pensions de retraites sur l’inflation. On ne l’a pas voté comme nous l’avons proposé, les oppositions ne nous ont pas suivi, et pourtant à partir du 1er juillet, les retraités vont voir leur pension fortement augmenter parce qu’elles vont être corrélées à l’inflation. C’est un énorme progrès que nous avons fait. Ensuite, dans ce qui va venir devant nous sur la question du logement et votre question sur les jeunes varois, et j’en suis, nous en sommes tous, qui ne peuvent pas se loger ici ou pas accéder au primo-accédant comme vous le proposez, et j’ai trouvé votre proposition très intéressante. Nous allons nous attaquer aux droits de succession pour ceux qui sont les moins favorisés, et de manière à ce qu’ils puissent rester chez eux, rester ici sur leur terre. Et enfin dernière question et elle concerne aussi l’Éducation nationale et les autres branches de la fonction publique c’est la revalorisation du point d’indice nous allons y venir tout de suite ce sera le débat de cet été et que la revalorisation sera au moins entre 3 et 4%. Ce qui va représenter entre 6 et 8 milliards, mais je pense que nous arriverons à le faire. »

 

Baptiste Laroche : « La question du pouvoir d’achat, c’est la question de la dignité du travail, parce que le pouvoir d’achat est ce qu’il nous reste après avoir travaillé et après que l’État se soit servi. C’est donc en réalité tellement essentiel et c’est pour cela que c’est la priorité des Français. La dignité du travail, c’est comment est ce que l’on travaille ? Souvent, les gens ont un petit pouvoir d’achat et ce sont ceux qui travaillent énormément, et c’est ça la plus grande injustice. Donc le travail doit payer. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Alors, on a des propositions comme celle de Marine Le Pen qui propose la baisse de la TVA sur les produits énergétiques. C’est quand même une mesure socialiste, ou la retraite à 60 ans qui est une mesure partagée par Jean-Luc Mélenchon. En réalité, il faut comprendre le mécanisme, la baisse de la TVA, tout le monde la subit. Moi, j’ai reçu ma facture de gaz, il n’y a pas longtemps, elle a explosé. L’essence, tout le monde subit cette hausse de l’essence à cause de la guerre, peut être. Mais en tout cas, sur les produits énergétiques, il faut comprendre où se situe vraiment le problème. D’abord, il faut une souveraineté énergétique. On aura peut être l’occasion d’en parler, nous nous proposons la mise en place de 14 nouveaux réacteurs nucléaires parce que c’est la condition de notre souveraineté. Après, nous pouvons développer une certaine énergie renouvelable, mais c’est le sujet. Il faut aussi une souveraineté alimentaire. Avec la guerre en Ukraine encore une fois, explosion du prix du blé. Cela a forcément des impacts sur les produits comme les pâtes, ce genre de chose. Alors que Marine Le Pen par exemple propose de bloquer les prix de la TVA par exemple sur ce genre de produits, désolé, c’est un réflexe socialiste parce que ce n’est que déplacer la dette en fait. Parce que le problème n’est pas résolu. Nous proposons de soutenir les ménages les plus fragilisés par cette crise, en baissant la CSG de ses ménages et aussi une baisse de la CSG pour les retraites les plus basses, les retraites de 1 300 euros par mois. En baissant la CSG, on finance d’une autre manière sur laquelle je pourrai revenir si vous le voulez. Mais en baissant cette CSG, nous libérons réellement le pouvoir d’achat des Français, et surtout des Français qui ont le plus de mal. Une souveraineté énergétique, une souveraineté alimentaire, j’ai parlé tout à l’heure des logements avec les logements sociaux priorisés pour les jeunes mais aussi les fonctionnaires, la police, les professeurs qui ont beaucoup de mal à se loger, surtout dans des régions aussi chères comme ici. Et enfin, nous proposons une exonération des droits de succession parce que c’est la fierté de toute une vie de travail qui va pouvoir être transmise facilement a ses enfants/petit enfants. Et il n’est pas normal que l’État se serve généreusement sur ces droits de succession. Je reviens juste sur les automobilistes, parce que nous proposons vraiment des mesures ciblées, donc les ménages les plus faibles avec la CSG, et enfin nous avons proposé que les entreprises participent aux frais d’essence des employés. Dans les grandes villes, les entreprises payent les pass Navigo, ce genre de choses. Il est important je pense, surtout au vu du prix actuel de l’essence, que les entreprises participent à cet effort et qu’elles payent une partie de l’essence de l’employé qui travaille chez lui. »

 

Charles Malot : « Les logements pour les actifs dans notre région, c’est une priorité à traiter. Aujourd’hui, il y a deux problématiques : le nombre de résidences secondaires dans notre département et l’augmentation des prix des loyers, des logements et bientôt des taux de crédit avec la situation actuelle. D’abord, il faut acter deux choses, il faut maintenir la loi SRU telle qu’elle est. Tout le monde, au sein des politiques en place au cours des 20 dernières années, a voulu remettre en cause ce choix là. Mais heureusement qu’elle est là parce que sinon il n’y aurait pas du tout de logement social ou beaucoup moins. Il faut décréter que 70 % de la population du Var est éligible au logement social. La majorité des varois a ou aura un logement social et il est nécessaire de bien accompagner les communes qui doivent créer du logement social, car cela crée de la mixité sociale. Ce n’est pas le logement social des quartiers insalubres, ce sont des logements pour tous. Il y a ensuite la partie location et notamment l’accession à la propriété. On peut faire des opérations d’accession à la propriété maîtrisée. On regarde les revenus pour accéder à un logement, et donc c’est inférieur au prix du loyer, mais il y a le problème de la spéculation quand même. Parce que ces logements en accessibilité maîtriser, il y a des clauses anti-spéculation mais qu’on peut détourner au bout d’un certains nombres d’années. Et l’acheteur ne fait pas de bénéfice en revendant au bout d’un certain nombre d’années. Aujourd’hui, malgré tout, il faut le dire, c’est nouveau en fait, il y a des organismes remarquables comme l’organisme du foncier solidaire et le BRS, le bail réel solidaire. Qu’est-ce que c’est ? Le bail réel solidaire, c’est l’actif qui achète un logement. Il achète un logement mais le bail, lui, reste à l’OFS (Organisme Foncier Solidaire). Il y a donc une maîtrise de la puissance publique au niveau du terrain et le logement, lui, peut être vendu au bout d’un certain nombre d’années mais sans spéculation puisque c’est l’OFS qui maîtrise le terrain. Du coup, cela a un double intérêt : déjà ça coûte moins cher de faire un BRS en achat et cela permet aussi aux communes d’activer la loi 55 de la SRU et du coup de faire un logement social avec le BRS et l’OFS. Il y a un OFS qui existe dans notre région qui s’appelle l’OFS Méditerranée. »

 

Julie Lechanteux : « Concernant le logement, il faut se battre très clairement pour le retour des logements jeunes actifs et pour l’accès des primo-accédants qui ont été supprimés par l’État. C’est bien dommage, parce qu’effectivement, pour les jeunes qui n’ont pas toujours les moyens, même les moins jeunes, mais déjà les jeunes, si on pouvait les aider sur le territoire, on en parlait tout à l’heure, ce serait la première chose à faire de remettre ces logements pour les jeunes actifs. Il faut souligner également que la législation en vigueur est totalement injuste et pénalise les plus pauvres. Je justifie cela avec la loi finance de 2016 qui a mis en place une dégressivité des allocations en fonction du montant des loyers. On sait qu’ici, avec la pression foncière, les logements sont très chers, c’est donc injuste puisque, en fonction de l’importance du loyer, cela peut entraîner la suppression totale des allocations. Donc c’est totalement injuste. Autre sujet, la réforme d’APL qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2021. Je vous laisse deviner qui l’a mise en place et fait économiser à l’État, encore une fois, de l’argent sur la population la plus précaire. La loi finances 2018, 2018 c’est bien le gouvernement Macron, entraîne une économie supportée par les bailleurs sociaux qui eux sont chargés de loger la population la plus pauvre, et donc ces bailleurs sociaux sont forcés de faire des économies en retour. Évidemment, c’est au détriment de la production de ses logements sociaux. Il y a donc un réel combat à mener pour loger tous les habitants du territoire. Des solutions, évidemment, il faut réformer en partie la loi SRU 2000 qui prend en compte les différences et les disparités des territoires, c’est important là encore, en fonction du territoire les prix ne sont pas les mêmes, il faut donc revoir cela. Il faut revaloriser les aides pour permettre aux plus démunis de survivre les difficultés à venir. Là aussi les APL, 5 euros en moins pour les étudiants, c’est inadmissible, quand on voit qu’ils ne savent pas et ne peuvent pas se loger, ne peuvent pas se nourrir, 5 euros ce n’est pas rien pour un étudiant. Il faut revoir également les aides à la rénovation. On sait que les logements sont dans des états précaires et l’Union Européenne demande de plus en plus de normes pour mettre aux normes écologiques. Alors c’est bien, mais on n’a pas tous les moyens de rénover nos habitations. Il faut mettre en place des solutions rapides comme par exemple des habitations containers au profit des étudiants par exemple. En ce qui concerne monsieur Laroche, vous me dites que c’est socialiste, alors si socialiste, c’est l’idée de défendre les Français plus faibles alors merci pour le compliment. Supprimer la taxe sur les 100 produits de première nécessité comme les pâtes, le riz vous l’avez dit tout à l’heure, mais aussi pour les protection féminine c’est indispensable. Là encore les étudiantes n’ont pas les moyens de s’acheter des protections féminines. On est pas dans un pays en voie de développement normalement donc ça devrait être une logique indiscutable. La baisse de TVA de 20% à 5,5 est valable pour tous les Français sur cette baisse sur l’énergie elle est valable dans ces cas là, pour tous les Français c’est 20 euros en moyenne d’économie sur un plein. 20 euros quand on sait que chaque Français est à un euro près. Sur les marchés, où j’y suis régulièrement en ce moment, et qui comptent les quelques centimes qu’ils restent dans le porte monnaie pour acheter la laitue ou autre, et bien c’est vraiment des budgets et des mesures importantes à défendre pour que les Français arrivent à se nourrir dignement, ensuite à se loger quand c’est possible et à se chauffer l’hiver. »

Joël Hervé : « Je reviens sur le propos. À propos des rénovations des bâtiments, effectivement, on pourrait tout à fait trouver. Les gens n’arrivent pas à rénover leurs bâtiments parce que ça coûte trop cher. La rénovation d’un logement coûte en moyenne 18 000 euros. Mais imaginons qu’on fasse un prélèvement 5% sur la fiscalité des entreprises qui objectivement avaient une fiscalité de 45% en 1985 et qui est de 23% maintenant, prélever 5%, cela permettrait d’aider considérablement la rénovation de ces bâtiments. Le vrai grand problème de tout ça, c’est qu’on a pas suffisamment d’argent pour acheter ou louer son logement. Pourquoi on n’a pas suffisamment d’argent ? On n’a pas suffisamment d’argent parce qu’il y a un rééquilibrage à faire entre le capital et le travail. Si on regarde ce qui se passe depuis 1980, 3% tous les 10 ans de perte pour les salariés. 25 millions de salariés qui ont perdu 3% tous les 10 ans. En 40 ans, on aurait 19%. Imaginez qu’on puisse donner 19% du jour au lendemain à ces salariés, la situation serait plus favorable. Cette difficulté que l’on a, cela nécessite à l’intérieur même des entreprises, au-delà de ce rééquilibrage 70% (il y a 40 ans) – 58% (aujourd’hui), c’est considérable. Ce rééquilibrage est à faire par la fiscalité, par des décisions législatives. À l’intérieur des entreprises une répartition des salaires est à modifier. Si on regarde le PDG qui gagne 300 et les smicards qui gagnent un. Il y a des écarts manifestement de salaire dans les entreprises qui sont considérables. Il y a un PDG, Emmanuel Faber, PDG de Danone qui a prononcé une petite phrase qui ne lui a pas porté chance, il a dit : “Si je diminue le salaire de 1% des 30% les mieux payés de mon entreprise, je peux doubler les salaires des 20% les moins bien payés”, 15 jours après son conseil d’administration l’avait dégagé (sic), mais fondamentalement c’était vrai. Il y a une rémunération des cadres qui sont aussi à problèmes, des cadres sur-qualifiés qui sont annexés aux actionnaires et des stocks options de façon à ce qu’il y est une forme de solidarité entre eux. Et en bout de chaîne, les salariés ont des salaires qui sont inférieurs, le travail n’est pas suffisamment payé, alors que l’argent existe. Voila un petit peu ce que je voulais dire. Juste une remarque, pour monsieur Philippe Michel-Kleisbauer, qui estimait qu’il avait fait beaucoup de choses. Si on regarde de quelle façon vous avez supprimé l’ISF en début de mandature, c’est environ 4,5 milliards. 4,5 milliards, c’est ce qu’il faut pour créer 100 000 postes à l’hôpital, à l’école et dans les Ehpad. Donc le président des ultra-riches, sur ce coup là, n’a pas réussi son affaire. »

Jean-Marc Maurin : « Je suis favorable à la suppression de la TVA sur les carburants aussi. Il y a eu une augmentation de 4 milliards sur le quinquennat de cette taxe, immédiatement la TVA supprimée c’est 30% en moins. Je pense à l’infirmière qui fait 140 km par jour sur son salaire et qui dépense, de ce fait, 500 euros. Ça ampute fortement les fins de mois. Stop de là CSG sur les retraites, deux tiers de nos retraités ont été appauvris pendant ce quinquennat. Je souhaiterais que ce soit aligné sur l’inflation, donc une indexation sur le niveau d’inflation. La CSG a globalement augmenté de 25%. Il faut rémunérer les RTT. Il faut diminuer les taxes sur les salaires. Quand on voit les commerçants qui emploient, les taxes de salaire sont trop importantes, c’est parfois quasiment équivalent au salaire qui est donné à celui qui travaille. On diminue ces taxes sur salaire, les gens peuvent consommer, ils ont plus d’argent. C’est une relance vertueuse de l’économie. Il faut défiscaliser les heures supplémentaires, c’est important. En gros, revaloriser et surtout, mais avant tout, valoriser la valeur travail. Le gel du point d’indice, je suis désolé, c’est bien beau, mais ça fait cinq ans que le point d’indice est bloqué pour les fonctionnaires, donc c’est bien de se réveiller à la fin d’un quinquennat mais il n’y a aucune avancée sur ce thème pendant tout le quinquennat. En plus, votre sujet parlait de l’héliotropisme. L’héliotropisme est un indicateur en fait de territoire, ça veut dire que les gens qui viennent profiter du soleil ce sont des gens fortunés de fait, donc ce qui explique la montée des prix sur une région et la montée du prix au mètre carré. On n’y est peut être pas encore ici chez nous, mais il faut être vigilant. L’exemple type c’est la Ciotat. À La Ciotat, il y a une désindustrialisation majeure, les chantiers de la Ciotat ont fermé, cela a donc une diminué la classe ouvrière, ce qui a profité finalement à un essor des agences immobilières haut de gamme qui attirent et font des offres de service de haut de gamme, notamment des espèces de penthouse. C’est au dépend des classes habitantes, des locaux, donc ce sont souvent des touristes ou des vacanciers. Ils ont une saisonnalité, donc on perd le cœur d’une ville, le cœur d’une région. Attention à ces choses-là, ce sont des signes d’alerte. L’héliotropisme, c’est finalement la déconstruction d’un territoire. C’est comme les Carrefours, les outlets et les villages de marque qui sont centrés autour de réseaux routiers. La France est en train de se transformer en HUB autoroutiers. C’est sa seule reconnaissance. Nous avons un beau réseau autoroutiers qui sert à Amazon, on traverse l’Europe, l’Italie, l’Espagne, le versant nord est aussi bien desservi. La France est une plateforme de livraison. On n’a plus de structures, il faut réindustrialiser, il faut repartir, il faut relocaliser des industries. Pendant la crise sanitaire, on a manqué de tout. Il y avait des médicaments qui étaient écrits en mandarin pour endormir les gens. C’était au “pifomètre”. On ne peut plus se le permettre, une usine en Chine ferme, avec les sous-traitance de nos laboratoires nous n’avons plus de paracétamol chez nous, des produits évidents. Il faut réindustrialiser, réanimer nos coeurs de ville, nos territoires. C’est majeur. L’héliotropisme c’est une bonne chose quand on est là dans une région merveilleuse mais c’est un peu un signe de déclin. Et on doit éviter le déclin de la France. »

Philippe Michel-Kleisbauer : « Deux choses par rapport à ce que disait Joël Hervé sur l’ISF et il a raison. J’assume ce que nous avons fait pour l’ISF, parce que c’est ce qui nous a permis d’avoir une croissance et de donner aux entreprises la possibilité de créer ce million d’emplois. Et nous devons aller plus loin. Donc vous nous accusez d’être les élus des riches, moi j’assume ce que l’on a fait sur l’ISF et je vais même prendre mes responsabilités, dans le débat qui nous oppose, ou qui nous anime plutôt, sur le pouvoir d’achat. Une des questions dans les semaines qui viennent va être celle de l’inflation ou de la croissance. Parce que sur les leviers de l’économie, ça va être l’un ou l’autre. J’estime que l’on doit avoir un petit peu d’inflation pour ne pas casser la croissance. J’assume ce que je dis, vous aurez le temps de revenir dessus, notez le bien. En réalité, on a devant nous des paris, il vaut mieux trouver des biais pour permettre de compenser les pertes sur les factures énergétiques, par des chèques comme nous le faisons, mais ne surtout pas toucher à la croissance. Mais probablement que vous serez dans une optique différente par rapport à ces questions de croissance. Sur l’industrialisation et la réindustrialisation du pays, je suis complètement d’accord. Je me suis battu pendant tout le mandat, et j’espère que l’on en parlera tout à l’heure sur le nucléaire, sur un secteur qui est le plus Français des secteurs industriels qui est celui de la défense. C’est un secteur où chaque fois que l’on investit un centime, c’est sur le territoire national qu’il est réinvesti. Dans le département du Var, c’est 31 mille emplois directs, et je ne parle pas de tous les emplois indirects. Je suis d’accord avec vous sur l’industrialisation. Je l’ai portée, parce que je fais ce qu’on appelle du soutien aux exportations d’armements, certains pourront me le reprocher. Et je suis d’accord avec  vous, entièrement d’accord, sur le fait que nous devons réindustrialiser et redonner de l’emploi. Et après on travaillera sur des biais pour pouvoir compenser les hausses qui existent. Vous parliez de socialisme tout à l’heure, redonnons à César ce qui est à César, sur les logements et les loyers à Fréjus, nous avons un plafonnement des loyers que l’on doit aux socialistes et c’est Elsa Di Méo qui s’est beaucoup battue pour obtenir ça, et tant mieux, parce qu’il y a un moment donné, comme vous le dites, des choix locaux. Je les ai vécus quand j’étais en mairie de Fréjus, qui font que l’on a privilégié d’autres personnes, des gens qui viennent, une spéculation immobilière dont aujourd’hui on fait les frais, mais après tout, est-ce qu’on peut empêcher d’autres personnes de vouloir s’installer chez nous. Est-ce qu’on doit arriver à un tropisme où il ne doit y avoir que des gens du coin, dans un coin. Je ne sais pas, mais ça, c’est un vrai débat que nous pouvons avoir, c’est un débat de société. » 

 

Charles Malot : « Je voulais revenir sur la question, notamment du prix du logement, pouvoir d’achat, coût de l’énergie. Nos solutions à l’Écologie au centre portent sur la réduction de la consommation d’énergie et notamment sur la rénovation énergétique pour les personnes en situation de précarité. Ce qu’on appelle la précarité énergétique. Il faudrait, par exemple, comme solution, lier les subventions accordées aux bailleur à la rénovation énergétique performante des logements sociaux et privés. Et d’une seconde manière, il faudrait aussi informer mieux les gens sur les aides dont ils peuvent bénéficier pour rénover leurs logements. Il faudrait déployer sur tout le territoire, le service public de la performance énergétique de l’habitat (SPPEH). Parce que les ménages, de quoi ont-ils besoin? Ils ont besoin d’une information claire sur les aides disponibles et d’un accompagnement humain, de qualité tout au long du parcours de rénovation. Mais là ces des aides justement, du coup ils ont besoin d’être informés sur les aides qui existent. Ce service de proximité doit donc bénéficier à tous, notamment au plus précaire, proposer une information personnalisée et indépendante et couvrir tout le territoire et accessible à tous, au niveau rural ou urbain.« 

 

Julie Lechanteux : « Je voulais revenir sur la taxe d’habitation supprimée. Ce serait une bonne mesure si toutefois le gouvernement ne faisait pas semblant de rendre de l’argent d’un côté pour le reprendre de l’autre. Je m’explique. En France, le taux d’imposition est quand même à 46,5% du PIB. Nous sommes le pays où on taxe le plus au monde, donc la taxe d’habitation est un semblant de cadeau, quand on sait aussi que ça touche directement les communes qui ont donc un manque à gagner au niveau des budgets pour ensuite refaire les routes, reconstruire des écoles ou bien d’autres choses. Sur les chèques énergiesje trouve là aussi que le gouvernement est hypocrite. Il casse la jambe des Français d’un côté avec des taxes de 20% sur l’énergie pour leur donner une béquille de l’autre avec un chèque énergie unique de 60€ qui n’est même pas ciblé. Lorsque l’on sait que des détenus en prison ont reçu ce chèque énergie. On sait qu’en prison on a besoin de se véhiculer et de se déplacer. C’est incongru.« 

 

Jean-Marc Maurin : « Actuellement, il y a une croissance inférieure à zéro en France. Et il y a une inflation de l’ordre de 4,8 et 7,4 pour l’Europe. Nous sommes donc un pays qui n’est ni en croissance et qui est en inflation. On appelle ça la stagflation, soit la contraction de stagnation et inflation. C’est un empêcheur économique majeur. C’est-à-dire qu’en fait on est actuellement dans un immobilisme. Et la période risque d’être très tendue. Je reviens sur le pouvoir d’achat. Vous savez maintenant que les marchés sont mondialisés, même sur les denrées alimentaires, sur le blé ces choses là. C’est le MATIF qui gère ça. Là en quelques semaines, le cours du blé est passé de 200 et quelques à plus de 400 euros. Il faudrait pouvoir se dégager de ces marchés mondiaux en période de crise. Parce qu’on est producteur de blé, on est autonome normalement en France, on n’est pas dépendant des importations. Il faudrait pouvoir réguler à l’échelon local. Je rappelle aussi que dans tout ce qui est rénovation dans le bâtiment, les matériaux deviennent de plus en plus cher, ça handicap les entreprises, ça handicap aussi ceux qui vont les réaliser et ça risque d’entraîner une grande crise de logement, surtout si c’est une loi qui nous impose ces travaux. Il y en a qui risque de perdre leur habitat à cause de ça.« 

 

Baptiste Laroche : « Je rebondis juste sur deux choses. D’abord, ce qu’a dit madame Lechanteux, je suis absolument d’accord, nous sommes le pays le plus taxé où rien ne fonctionne correctement. On a parlé de l’hôpital, de l’éducation c’est une catastrophe, les services publics, c’est une catastrophe, donc il y a vraiment à se poser la question : mais où part l’argent en réalité ? Où va cet argent ? La dette a explosé pendant le gouvernement Macron, alors il y a bien sûr les cabinets Mckinsey. Alors, il y a bien sûr la crise du Covid mais il n’y a pas que ça. Le grand tort de ce gouvernement c’est la distribution des chèques, l’argent magique. Mais cet argent, c’est toujours l’argent des Français. Et le pouvoir d’achat en réalité, c’est ce qu’il reste aux Français après que l’État s’est largement gavé. Gavé pour faire des services publics qui ne fonctionnent plus et on distribue des chèques effectivement, mais c’est toujours l’argent des Français. Donc deux politiques différentes, est-ce qu’on préfère distribuer l’argent des Français ou vraiment leur laisser. » 

 

Joël Hervé : « Ça m’agace toujours un petit peu quand on dit que l’on est le pays qui taxe le plus. En fait, dans ces taxes, il y a la partie qui sert à la gestion du pays, c’est-à-dire la partie réservée à l’administration, qui est en France de 18 %. 18 %, ce n’est pas énorme, c’est 20 et quelques pourcents au Danemark et c’est un petit peu plus en Allemagne. En fait, notre administration, la gestion des codes, de l’hôpital, on est à peu près dans les normes. Par contre, il y a énormément d’argent qui est donné pour aider les populations qui ont des difficultés importantes. Pourquoi ? Parce que le travail ne paye pas suffisamment. C’est ce que je disais tout à l’heure, c’est-à-dire qu’on doit faire en sorte que le travail soit rémunéré correctement. Et donc si le travail est rémunéré correctement, effectivement c’est de l’argent en moins dans la poche de ceux qui distribuent le travail. Cet équilibre là est à refaire totalement. C’est le rééquilibrage capital travail, dont je parlais tout à l’heure. Les partis qui laissent d’une certaine façon le grand capital, la partie gérer la mondialisation quelque part devraient réfléchir un petit peu plus à ce qu’il pourrait se passer. Voilà juste ce que je voulais dire, parce que ce ne sont pas les services publics qui prennent l’argent, ils n’en ont pas assez, c’est le global. Alors j’aimerais bien que vous fassiez la différence entre les deux, parce que c’est un petit peu facile. » 

 

Débat élections législatives – 18 mai 2022 – Partie 2 – Santé et hôpital

Afin d’avoir une réponse optimale en matière de soins, que proposeriez-vous pour augmenter les ressources d’un CHI ou d’un groupement hospitalier, comme c’est le cas sur notre territoire ?

Joël Hervé :  “Surtout pas la charité. Si on regarde ce qui s’est passé très récemment, j’ai vu que l’hôpital Bonnet cherchait à trouver du mécénat pour pouvoir s’acheter des appareils qui sont certainement indispensables pour l’hôpital, mais là où la charité s’installe, on peut dire que la justice sociale recule. Ce n’est donc certainement pas le don qui sera la solution. Je rappelle que si on fait un don de 10 000 euros, il y a 6 000 euros qui sont en déduction fiscale, en plus de 25 % en contreparties, il ne reste donc que 1 500 euros. C’est intéressant pour une personne ou une entreprise de faire don, c’est de la défiscalisation. Il donne apparemment 10 000, mais en réalité, il ne donne que 1 500.  Il faut évidemment arrêter les fermetures d’établissements publics qui sont liés à la santé, et il y en a eu 126 en cinq ans. C’est énorme, et en même temps le privé lucratif est passé de 13 à 17%, peut être que cela plaît à monsieur Michel-Kleisbauer. On a en ce moment un groupe privé australien, Ramsay, qui est en train de racheter la Croix Rouge française. Je ne sais pas si vous imaginez, la Croix Rouge française, du privé non lucratif, donc le service public. Macron nous a fait le 100% santé, alors tout le monde est content, ça part d’une bonne idée mais c’est du ‘en même temps’ c’est-à-dire le 100 % santé et aussitôt après on a 7 à 10 % d’augmentation des mutuelles. Donc, il donne, mais chacun va payer d’avantage. Ce qu’il manque, et monsieur Maurin en parlera mieux que moi, c’est redonner du pouvoir aux médecins. Cela me paraît essentiel par rapport à cette gigantesque pieuvre installée par monsieur Sarkozy avec le fonctionnement des ARS descendant. Et puis il faut de l’argent. L’argent se retrouve dans le mille-feuille. Si on regarde le conseil départemental qui gère les EHPAD, c’est une structure qui ne sert quasiment à rien. Le conseil départemental est typiquement une structure qui devrait être remplacée par une administration. Elle nous prélève environ 16 % d’impôts, les 84 % restants c’est de l’argent descendant qui vient de l’État qui le lui donne pour qu’elle le gère. Le mille-feuille devrait disparaître. On a les mutuelles qui fonctionnent et qui ponctionnent 40 % de leurs revenus pour la publicité, pour essayer de trouver des clients. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la cour des comptes. En priorité pour l’avenir et pour l’hôpital, il faut bien sûr un budget de formation, supprimer le numerus clausus tant qu’il n’y a pas assez de médecins pour le pays. Ce n’est pas directement lié au fonctionnement du CHI, mais c’est indirectement le rôle du député. Macron a fait semblant, il a aménagé le numerus clausus pour montrer un semblant de disparition mais en fait il existe toujours. Il faudrait répartir dans de meilleures conditions les médecins de ville et l’hôpital. Il faut donner des bourses aux étudiants en faisant en sorte qu’ils puissent s’engager pendant dix ans sur des déserts médicaux. Vous n’avez pas les moyens de faire des études en médecine, c’est difficile comme étude, c’est long, on va vous donner une bourse pendant un certain temps pour exercer dans un désert médical. Et ne pas conventionner là où il y a trop de médecins pour conventionner dans les déserts médicaux. »

Baptiste Laroche : « Il est évident de dire que la Covid a montré une grande fragilité de l’hôpital mais la crise n’a pas inventé cette fragilité. Elle existe depuis des années et les gouvernements successifs n’ont fait qu’accentuer cette crise mais c’est juste qu’avec la Covid, les journalistes ont montré cela. Ce n’est pas qu’un problème de salaire des médecins et des infirmiers même si c’est un vrai sujet. C’est surtout un problème d’administration. Il y a beaucoup trop d’administration dans les hôpitaux. Il faut, je pense, supprimer les ARS car aujourd’hui, cela contraint les médecins et les infirmiers qui passent leur temps à faire de l’administration. En supprimant les ARS et dans les hôpitaux cette masse administrative, on va gagner de l’argent. Supprimons aussi cette mentalité de la rentabilité dans les hôpitaux. L’hôpital est un service public, c’est-à-dire qu’il a simplement pour but de soigner et de s’occuper des patients. Cela n’a pas pour but d’être rentable. À partir du moment où on met de la rentabilité dans le service public, on soigne mal les gens. Il suffit de parler avec un médecin dans l’hôpital, ils ont très peu de temps pour rencontrer un patient et donc forcément on peut passer à côté d’un problème. En bref, le patient n’est pas pris en charge pleinement dans sa dignité. Les propositions que nous faisons pour lutter contre les déserts médicaux, c’est que l’État embauche 1 000 médecins qui seront envoyés sur ces secteurs. Pour les jeunes médecins, peut-être la possibilité de les envoyer deux ou trois ans dans ces déserts médicaux. Vous parlez d’une bourse, mais nous pouvons aussi mettre en place un système qui les oblige à partir dans les CHI par exemple, car les jeunes médecins préfèrent les CHU au CHI. Deuxièmement, en tant que député, je ferai une loi pour réintégrer tous les soignants qui ont été écartés car ils n’étaient pas vaccinés. Aujourd’hui, l’hôpital souffre de ce manque de professionnels et alors qu’il y a ce manque, le gouvernement Macron a écarté ces soignants. C’est tout simplement scandaleux. De plus, le gouvernement Macron a supprimé des lits alors que nous étions en crise. La crise de la Covid était une crise virale mais c’était surtout une crise de l’hôpital, parce que nous avons confiné des populations par peur de faire exploser les établissements. Mais les hôpitaux allaient exploser parce qu’il ne sont plus gérés correctement depuis des années. »

Julie Lechanteux : « Je pense qu’il est important, en parlant de santé et d’hôpital, de remettre au centre du débat l’être humain : ce sont des personnes qui sont en difficulté, qui souffrent et ont besoin d’être soignées. La dégradation de l’hôpital vient pour une large part des réformes depuis 20 ans. Effectivement, ce n’est pas la crise de la Covid qui a envenimé les choses mais cela a simplement permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les hôpitaux. La seule boussole qui a régi les politiques depuis des années est celle de la réalisation d’économies au détriment de la qualité des soins donnée à ces patients. Les hôpitaux sont contraints de fixer leur budget en fonction des prévisions budgétaires et non plus en fonction de la réalité et des besoins des patients. L’organisation actuelle des hôpitaux est forcément déconnectée des besoins des malades et des enjeux de santé publique. On l’a vu, on l’a subi et je ne le souhaite pas, on peut le rencontrer nous-mêmes en ayant des problèmes de santé. Il faut évidemment supprimer les complexités bureaucratiques imposées par l’ARS qui demande aux soignants de passer plus de temps dans un bureau à remplir du papier qu’à soigner les patients. Concernant l’organisation, il faut réorganiser et trouver une complémentarité entre les médecins de ville et les hôpitaux publics et privés. Il faut une meilleure coopération entre eux mais aussi desserrer l’étau bureaucratique et multiplier les maisons de santé pour lutter contre la désertification médicale. On peut souligner qu’il y a treize départements où nous avons une absence totale de gynécologues. Enfin, ce sont 40% des étudiants en médecine qui présentent des symptômes de dépression en raison de l’épuisement professionnel. C’est un sujet important dont personne ne parle et cela décourage les jeunes à s’engager en médecine. J’espère que ce n’était pas votre cas monsieur Malot (il avait déclaré lors du précédent thème avoir débuté des études de médecine avant de se réorienter, ndlr), mais c’est un sujet très peu abordé. Pour ces étudiants, il faut ouvrir un nombre important de places dans les facultés de médecine et les centres de formations des infirmiers et les aides soignants. Il faut intégrer urgemment les 15 000 soignants suspendus injustement. C’est honteux que nous ne soyons pas encore revenu là-dessus ni sur les salaires qui leur manquent en les laissant à la rue comme ça alors qu’ils étaient envoyés au front sans masque, sans protection, sans rien. »

Charles Malot : « La question porte sur l’augmentation des ressources d’un groupe hospitalier. Il y a les ressources, certes, mais il y a aussi les dépenses dans le milieu hospitalier. En un an, on a l’équivalent de la population d’une grande ville qui va dans un CHU. On peut dire que les centres hospitaliers sont encombrés. Au niveau de la médecine privé, cela ne suit pas toujours, lorsqu’on appelle la nuit ils ne viennent pas forcément. Même SOS médecin. Je pense que la solution serait de créer des centres de bobologie, ouverts 24h/24, pour intervenir plus rapidement et pour moins cher sur les petits bobos et cela désengorgera les hôpitaux, tout en améliorant l’ambiance de l’hôpital qui aujourd’hui a besoin de la présence de gardes pour assurer la sécurité des patients et des médecins. Il faut revoir le coût de rémunération de l’acte avec des lettres clés qui entraînent un effet pervers avec l’augmentation des actes qui va de pair avec une diminution de leurs qualités. Il faut enfin revoir la formation des médecins et l’enrichir particulièrement en matière de nutrition et de psychologie. Je voulais aussi évoquer qu’il ne faut pas tout miser sur le médicament et reconnaître les médecines non-conventionnelles avec charte et éléments diplômants. Structurer, professionnaliser les approches non conventionnelles qui peuvent être alternatives ou complémentaires. La dernière proposition de mon mouvement, écologie au centre, est au niveau de la prévention : privilégier l’enseignement de la nutrition et de la santé au sein des écoles, des universités et des entreprises afin que les gens vivent en meilleure santé dans la vie de tous les jours.« 

Jean-Marc Maurin : « Bien évidemment la santé, l’hôpital et le CHI sont des sujets qui me touchent. C’est vrai que cette crise Covid a mis en exergue toutes les difficultés et les fragilités des établissements, quels qu’ils soient. 100 000 lits ont disparu en 10 ans, c’est énorme. La problématique est une difficulté financière. On dirait que les ARS sont dépendantes de Bercy et ce n’est pas admissible dans le soin. Comme le disait madame Lechanteux, on doit répondre au besoin d’une population. On a failli disparaître car nous étions la seule ligne de front pendant la crise Covid. Tous les patients venaient chez nous. On a tenu, sans masque, sans visière, sans casaque. J’appelais Castorama pour des blouses de peintres au début. Au début, d’ailleurs, on ne savait pas si on allait mourir ou pas mais on y était. On était l’hôpital public, on a tenu le choc. Je rejoins plusieurs propos tenus par tous. Les ARS, il faut les supprimer. Je prône pour une agence territoriale de santé centrée sur le département avec des budgets autonomes. Il faut une dotation populationnelle financière par département et également l’équipement de matériel lourd. Vous le savez, il y a un grand débat sur l’absence de TEPscan qui permet de suivre des patients cancéreux sur notre bassin. Nous avons un bassin de 400 000 habitants, il y a trois TEPscan sur 600 000 sur le Var Ouest et zéro chez nous. Des patients affaiblis sont déplacés plusieurs fois pour cet examen dans différents centres. C’est inhumain, ce n’est pas de la bonne gestion, car nous ne répondons pas à la demande. Je rejoins également les difficultés sur le personnel. Nous travaillons avec une dotation bloquée qu’on appelle Ondam : plus on produit, moins on gagne. C’est le hamster qui tourne dans sa roue et il faut en sortir. Je reviens également sur la forte proportion d’administratif. Il en faut, les médecins ont une équivalence de pouvoir mais il faut moins d’administration pour récupérer du budget et avoir plus de soignants. Le besoin en soignants dans les hôpitaux est d’environ 30 000 personnes. J’ai été le premier à vacciner dans le Var car il fallait diminuer la charge de patients Covid en réanimation car on a, non seulement pas assez de lits en général, mais aussi en réanimation dans le Var. Je rejoins madame Lechanteux mais d’autres l’ont dit, il faut réintégrer notre personnel soignant, on a besoin de 25 000 personnes. 5 000 ont été sortis du système de soin et ce n’est pas normal. J’ai dit dans la presse que j’étais contre la vaccination obligatoire des soignants parce qu’elle ne me paraissait pas justifiée, les gestes barrières étant suffisants. Il faut les réintégrer et leur redonner le salaire perdu sinon c’est subir une crise et ne pas reconnaître leur engagement, tout en paupérisant le système de soin. Après, j’ai entendu parler de la relation public privé. Cela a été effectif pendant la crise, nous avons travaillé avec la clinique les Lauriers. Nous avions transféré la totalité de notre service d’oncologie (patients, informatique, gestion dans les lits de la clinique). Cela nous permettait de ne pas voir des patients affaiblis susceptibles d’attraper la Covid. Nous les avons mis sous un couvercle protecteur puisque c’est nous qui avions tous les Covid. Concernant la problématique du numerus clausus, il faut aller beaucoup plus vite. Il faut des médecins bien formés et rapidement. Il faut doubler en l’espace de trois ans. En 1969, nous étions 17  000, aujourd’hui nous sommes à peine remonté à 7 000. Et il faut toutefois que les capacités d’accueil soient adaptées dans les CHU au niveau des services. Il faut que les CHI soient aussi des centres formateurs pour les internes. Dans mon service en ophtalmologie, j’ai la chance de former des internes qui continueront au CHU pour faire le clinical. Nous avons une maison médicale au sein de l’établissement pour répondre à la bobologie dont parle monsieur Malot. Les urgences sont noyées. Il y a quatre ans déjà, j’avais proposé une fusion des établissements avec Draguignan pour une direction commune. Actuellement, 47 000 passages par an sur Fréjus et sur 37 000 Draguignan. Draguignan avait prévu de fermer pendant un mois leurs urgences, cela fait aujourd’hui huit mois. Nos urgentistes sont à bout, ils prennent toute la charge. Gassin est menacé et on a pu le rattraper par des aménagements “de fortune”, mais efficaces. Il y a un projet de restructuration des urgences, il faut le surdimensionner. La difficulté est que les médecins ne s’agrègent pas sur des équipes de faible population médicale. Il faut faire des choses solides pour pouvoir récupérer l’ensemble des médecins et répondre à la demande. Un point important : en France, on est dans le soin et la réponse dans l’urgence. Nous avons une population qui est en bonne santé à 68 ans. Dans certains pays nordiques, on est à 78 ans. Je déborde un peu mais si on met les retraites à 65 ans, cela fait que la moitié des gens ont finalement trois ans de retraite en bonne santé. La prévention aux usagers est un élément majeur pour le futur de la médecine en France. Il faut faire de la prévention importante pour augmenter nos espérances de vie, diminuer la charge en soin.« 

Philippe Michel-Kleisbauer : « Vous le savez, cette question de l’hôpital et de la santé a toujours été une revendication prioritaire chez moi. Vous vous en souvenez car c’est dans vos colonnes qu’en automne 2019 vous m’aviez interrogé sur la construction d’un stade intercommunal à Fréjus. Madame Lechanteux a dit, à juste titre, que l’État demande toujours plus aux collectivités en donnant moins de moyens, mais les collectivités doivent aussi choisir leurs priorités. Quand j’avais dit que je préférais aider l’hôpital plutôt qu’un stade ou de payer des joueurs de football deux fois le salaire d’un médecin débutant à l’hôpital, on m’était tombé à bras raccourcis de tous les côtés. C’était en automne 2019, c’est-à-dire quelques mois avant la crise Covid. En juillet 2020, nous avons voté un Ségur de la santé qui est un plan de 20 % de formation complémentaire, le passage des aides soignants en catégories B soit 80 € de plus. Pour les urgences, c’est un plan de près de 16 millions d’euros et 3 millions de la région. Il y a 6 millions pour le médico-social et une soixantaine de lits à l’EHPAD de Lachenaud. Pour bien conduire et pour savoir où il faudra appuyer, et vous avez raison de le dire madame Lechanteux, il y a un moment où on peut avoir de l’influence, je l’ai fait lorsque j’étais directeur de cabinet pour les équipements de coronarographie et d’oncologie, j’étais allé voir Michel Gaudin au ministère de la santé pour avoir ces équipements, le ministre était le professeur Mattei, que je connaissais bien. La réalité est que pour pouvoir conduire et savoir où on sera le plus efficace, c’est la raison pour laquelle je travaille depuis longtemps avec Chantal Borne (ancienne directrice du CHI Bonnet, ndlr), qui est aujourd’hui ma suppléante, pour qu’elle m’aide sur le mieux être de notre hôpital et cette fameuse relation entre les personnels administratifs et médicaux. Je pense d’ailleurs qu’il faut arrêter de les dresser les uns contre les autres. D’abord, quand il a fallu prendre la décision, c’était à la demande de personnels médicaux qui ne voulaient plus, au niveau national bien-sûr, travailler avec du personnel non vacciné près d’eux. J’ai pris cette décision et je l’assume. J’avais déposé un amendement qui n’a eu que 50 signatures pour faire en sorte que les députés, sénateurs et membres du conseil économique, social et environnemental s’imposent la vaccination obligatoire avant de demander à qui que ce soit. Si demain il doit y avoir des poursuites judiciaires, je les assumerai. Si le corps médical veut que l’on réintègre ces personnes avec versement de leurs salaires, je serai pour, parce que je suis pour un apaisement de la population, pour une réconciliation. On a passé une période difficile.« 

Joël Hervé : « En amont de tout ça, il est important qu’un élu, député, soit écologiste plutôt que quelqu’un qui n’en soit pas vraiment un. On a à traiter de l’air, de l’eau, du sol et de l’alimentation. Sur une étude réalisée dernièrement, Fréjus était la 10e ville la plus polluée sur les 270 villes européennes de cette étude. Environ 97 000 personnes meurent en France des conséquences de la pollution. Au niveau du sol, il faut arrêter très vite les pesticides. Au plus tard en 2030. Pour l’alimentation, 17 % des adultes sont obèses, et ce n’est pas sans conséquences sur la vie de l’hôpital. Il y a 4 fois plus d’enfants obèses chez les enfants d’ouvriers que chez les cadres supérieurs, c’est une chose qui doit interpeller. Enfin, je crois qu’il serait important et utile de créer une carte vitale d’alimentation dédiée à une alimentation saine, de caractère bio et de proximité pour les familles les plus démunies, ce qui concerne environ 6 millions de personnes en France.« 

Jean-Marc Maurin : « En réponse, je dirais que les personnels soignants, il les faut maintenant et tout de suite avec une rémunération qui soit à la hauteur des risques qu’ils ont pris et qu’ils prennent tous les jours. Parce que les crises reviendront, ce sera peut-être à cause des antibiotiques qu’on rejette dans la nature… Mais je tenais aussi à revenir sur votre suppléante (en s’adressant à Philippe Michel-Kleisbauer à propos de Chantal Borne), j’ai été élu président des médecins à l’unanimité lorsque votre suppléante était en direction, pour la seule raison que mes collègues m’ont dit que j’étais le seul à pouvoir travailler avec elle. Elle a fait partir 20 praticiens hospitaliers de notre établissement, ça a été une véritable hémorragie cataclysmique, dont mon futur chef de service, la fermeture de la coro, plus de service de pédiatrie, une gestion pseudo-affective de l’ensemble des personnels, tout cela il a fallu le redresser. Je pense que la vision actuelle de ceux en direction de notre établissement est meilleure, que ce soit celle de mon directeur, qui me fait confiance dans la partie médicale puisque suite au Ségur, on a la double fonctionnalité, directeur médical, mais c’est mieux de dire président des médecins. Il a fallu reconstruire notre établissement et ça n’a pas été une mince affaire. Et on l’a fait juste avant de prendre cette fameuse crise Covid. Fort heureusement, on a été en capacité de la soutenir, sinon il n’y aurait plus d’hôpital sur le secteur. « 

Julie Lechanteux : « Je voulais revenir sur les propos de monsieur Philippe Michel-Kleisbauer sur les choix politiques et budgets de l’agglomération. Je ne vois pas vraiment le rapport puisqu’un budget important est alloué au CHI de la part de l’agglomération et que les investissements locaux indispensables de nos villes pour le territoire ne doivent pas en pâtir. C’est bien d’assumer, mais vous allez loin dans vos propos, la vaccination n’empêche pas la transmission, il n’y avait donc aucune obligation des les obliger à se vacciner. Il fallait bien évidemment promouvoir cette vaccination, inviter les français à se vacciner, mais il ne fallait pas les obliger. La vaccination n’empêchant pas la transmission, je ne vois pas pourquoi ces 15 000 soignants ont été suspendus, il faut donc absolument les réintégrer. On en a besoin, et je trouve ça hypocrite de la part du gouvernement qui les a suspendus alors qu’il les avait envoyés sans protection, sans masque, sans rien, alors qu’on ne savait pas ce que c’était ni s’ils allaient mourir, et du jour au lendemain, on les suspend parce qu’ils ne sont pas vaccinés. Je trouve ça honteux, les soignants sont très occupés, ils n’ont pas le temps de se faire entendre, mais ils pourraient sans aucun problème.« 

Philippe Michel-Kleisbauer : « Il n’y a pas que l’hôpital, et n’en déplaise à Monsieur Hervé, je suis très ouvert à la médecine privée et à SOS Médecins, qui pendant cette période rend des services énormes, et je suis fier d’avoir épaulé l’équipe qui a repris l’antenne sur Fréjus / Saint-Raphaël et d’essayer de leur obtenir des unités supplémentaires. Et pour répondre au docteur Maurin sur l’attaque concernant ma suppléante, j’assume ces critiques, puisque je l’ai connue à cette époque-là lorsque j’étais chef de cabinet de la ville de Fréjus, elle travaillait aussi sous la direction d’un directeur départemental de la santé et de l’hospitalisation, Monsieur Castex, dans le département du Var, et elle avait réorganisé le pôle de santé Fréjus/Gassin avec lui, et les critiques que vous faisiez  les uns et les autres, assez justement sur l’ARS, ont été oubliées au moment où vous avez émis une critique ad hominem sur cette personne qui appliquait un plan qui lui était demandé par une hiérarchie. »