Débat législatives – 18 mai 2022 – Partie 5 : Environnement et Agriculture

Inondation, gel, incendie, sécheresse, notre territoire est sujet à toutes les calamités écologiques. Comment défendre nos agriculteurs et nos terres à l’Assemblée nationale ?

 

Julie Lechanteux : “Beaucoup de choses à dire au sujet de l’agriculture et surtout pour nos agriculteurs. C’est triste et on ne le dit pas assez, c’est 400 à 500 agriculteurs qui se suicident chaque année faisant donc la catégorie professionnelle la plus touchée par le suicide. La balance commerciale et agricole de la France est déficitaire de plus de 4 milliards d’euros, or vin et spiritueux, qui sont englobés dans les chiffres, et donc on ne parle pas de ce déficit de 4 milliards d’euros. Il y a des pays qui eux subventionnent leurs agriculteurs, on peut prendre l’exemple de la Suisse qui donne un montant annuel de 805 euros par an par habitant aux agriculteurs. Nous avons derrière, le Japon, les États-Unis, la Norvège et ensuite bien derrière nous avons les pays de l’Union européenne qui allouent seulement 220 euros par an par habitant aux agriculteurs. Donc il y a là un gros gros effort concernant nos agriculteurs, il faut évidemment lutter contre la stratégie néfaste du Green Deal, le pacte vert imposé par l’Union européenne qui a gravement  menacé la souveraineté alimentaire de pays de l’Union européenne, sujet prégnant en ce moment avec la guerre aux portes de l’UE et particulièrement en France. Ces règles imposées par le Green Deal, soi-disant environnementales, qui imposaient par exemple des terres en jachère ont encore contribué à diminuer notre production française et provoque jusqu’à 20% d’augmentation des importations issues des pays non membres, hors de l’Union européenne. Ils nous mettent donc dans une situation de crise alimentaire et de risque de pénurie, d’autant plus importante aujourd’hui. Il faut évidemment exclure l’agriculture des traités de libre-échange, là encore ,traités de libre-échange imposés par l’UE qui permettent d’importer des produits qui ne sont pas aux normes françaises. On pense à la viande qui vient de l’autre bout de la planète, en Amérique latine, en plus traitée aux OGM, etc., avec le transport des animaux vivants dans des conditions ignobles et là aussi on parle d’écologie, etc., qui arrive avec des cargos super-polluants, c’est tout ce qu’il ne faut pas. Et là, on a le groupe de la majorité du gouvernement actuel qui vote tous ces traités de libre-échange au sein de l’UE. Il faut interdire les importations de produits agricoles qui ne respectent pas les normes de production française. Nous avons la chance d’avoir des normes françaises hautes. Je dis que c’est une chance parce que c’est préserver directement la santé des êtres humains. Quand on mange des produits de qualité alors notre santé est préservée. Parce que même à l’intérieur de l’UE les normes ne sont pas les mêmes alors nous avons des citrons qui viennent d’Espagne qui plein de pesticides et qui sont vendus bien moins chers que les citrons français. Donc vous voyez qu’il y a beaucoup à faire dans ce domaine. Concernant les aléas climatiques, il y a un problème également d’assurance. Les assurances se sont révélées très insuffisantes, inertes voire inactives, pour couvrir efficacement les différentes pertes et restent très très très coûteuses pour les agriculteurs, ces assurances qui ne remboursent rien aux regards des seuils de déclenchement en plus des indemnisations. Il faut réorganiser le système d’assurance, ce système d’assurance. Il faut le réorganiser totalement. Il faut obliger les assurances à assurer les agriculteurs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Ils ne trouvent plus d’assurance. Afin de les rendre réellement accessibles à nos agriculteurs et afin de l’adapter aux spécificités des différentes productions et des aléas climatiques. Il faut également arriver à faciliter le stockage de l’eau avec la création de réserve d’eau, ce qui n’est pas permis aujourd’hui, la loi ne le permet pas et la mise en place d’irrigation adaptée aux enjeux environnementaux. On est directement touchés ici pour assurer l’avenir des productions agricoles.

Baptiste Laroche : La question de l’agriculture c’est le cœur de notre pays parce que pendant des siècles les agriculteurs ont transformé notre territoire, en Bourgogne, enfin les agriculteurs ont transformé notre territoire pour nourrir les Français. Aujourd’hui avec l’Europe, avec la mondialisation, les agriculteurs sont complètement étouffés par cette concurrence déloyale. Il y a d’abord la concurrence déloyale des pays étrangers et il y a aussi les normes européennes qui viennent complètement étouffer les agriculteurs, ça leur coûte énormément d’argent de transformer leurs laboratoires, de les mettre aux normes tous les ans, tous les deux ans, ça coûte énormément d’argent. Madame Lechanteux, vous parlez de subventions, moi je préférerais que les agriculteurs puissent vivre de leur travail et pour ça il faut contraindre les supermarchés à mettre le prix en fonction de l’agriculteur. C’est-à-dire qu’il faut vraiment que l’État soit un intermédiaire pour le prix de vente et que ce ne soit pas le supermarché qui décide du prix parce que sinon l’agriculteur, et c’est le cas aujourd’hui, est complètement soumis à ce marché. Alors c’est pour ça, une subvention c’est bien dans un premier temps, mais ce n’est pas suffisant, il faut vraiment que l’agriculteur puisse vivre de son travail. Deuxièmement, la concurrence déloyale, je le disais, il faut mettre en place une taxe carbone à nos frontières pour que des fraises qui viennent de l’étranger aient le même prix que des fraises qui viennent de chez nous. Comment voulez-vous qu’un agriculteur français puisse rivaliser avec un agriculteur espagnol où la main d’œuvre, ou le prix du travail est moins cher ? C’est impossible. Pour cela, il faut favoriser l’alimentation et les circuits courts. Il faut que l’administration donne l’exemple avec toutes les restaurations collectives, les cantines dans les écoles c’est déjà le cas principalement, mais il faut que l’administration, elle se fournisse de manière locale, pour soutenir les agriculteurs. On n’a pas besoin de pêcher un poisson en Méditerranée, de le congeler en Chine, de le cuire en Norvège pour le vendre à Paris ou quelque part. On a ce savoir-faire sauf qu’on est en train de le perdre parce que la concurrence déloyale a étouffé nos agriculteurs. Donc il faut relancer les écoles de formation, la boucherie par exemple qui est un vrai savoir-faire français pour que le savoir-faire reste dans notre pays, pour que l’alimentation reste dans notre pays. C’était l’objet de mon dernier point, les calamités écologiques, Madame Lechanteux vous proposez des assurances c’est très intéressant. Alors effectivement, les assurances ont des problèmes parce qu’elles ont du mal à venir en aide aux agriculteurs, elles refusent c’est une question politique. Nous, nous proposons la création de fonds de soutien pour le gel ou venir aider les agriculteurs, par exemple en Bourgogne, le gel a détruit énormément de cultures et ça met à mal tout un secteur d’économie donc pour soutenir ces agriculteurs nous proposons la mise en place d’un fonds de soutien et de financement.”

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Sur les agriculteurs et notamment dans notre Plaine de l’Argens, au-delà d’avoir été là présent avec eux lorsque par exemple il y a eu le gel en avril 2021, nous avons fait des aides de secours immédiat, et l’été qui a suivi nous avons pour tous ceux en France qui avaient été victimes de ce gel une enveloppe de 600 millions d’euros. Nous avons surtout pendant l’année 2021 obtenu et négocié une politique agricole commune qui est la plus puissante que les agriculteurs français n’aient jamais eue. Il suffit d’aller les voir pour leur demander. Et en ce qui  concerne les traités de libre-échange que vous disiez Madame Lechanteux, sachant que nous n’avons pas ratifié et nous ne le ferons pas sur le MERCOSUR. Le libre-échange, comme son nom l’indique, c’est le libre-échange. C’est que ça permet aussi à des agriculteurs français d’exporter et si nous sommes numéro un mondiaux dans des tas domaines c’est parce qu’aussi nous avons ces contrats de libre-échange. Alors, qu’il faille se prémunir de certains types de produits, je suis d’accord, mais arrêter le libre-échange, moi je suis un libéral je suis pour ce libre-échange. Pour ce qui concerne les catastrophes, les calamités, et là, je vais vous donner un exemple typique de ce qu’un parlementaire, un député peut faire pour son territoire. En septembre 2018, le sous-préfet d’arrondissement m’a saisi, et son appel a été doublé du président de la communauté d’agglomération de l’époque, en disant “Bon voilà, on va être obligé d’annuler le budget de l’agglomération parce qu’il prévoit des recettes sur une taxe qui ne peut être prélevée de part la loi qu’à partir du 1er janvier 2020, c’était les lois sur les PAPI, avec mon groupe parlementaire nous avons profité d’une IG parlementaire avec Marc Fesneau qui était président du groupe, pour que le mois d’après, au mois de novembre nous votons par la loi une anticipation de cette possibilité des collectivités de percevoir la taxe GEMAPI et c’est entrée en application au 1er janvier 2019, ce qui fait que depuis 2019, Docteur Morin, les collectivités peuvent prélever des taxes et ont beaucoup d’argent pour lutter contre les inondations. La question de La Palud, dont vous parliez, je la connais bien parce que la dernière inondation que j’ai gérée quand j’étais au cabinet du maire de Fréjus, c’était en 2006 pour moi, et on était déjà sur des planifications de travaux qui aujourd’hui 14-16 ans après ne sont toujours pas faits. J’entends que certains dossiers sont bloqués parce que la DTTM trouve des obstacles et même certains qui me surprennent aussi, mais il y a aussi beaucoup d’autres dossiers, d’autres travaux au programme du SMA qui pourraient être réalisés et aujourd’hui l’argent est là. Donc tout n’est pas bloqué, j’entends que l’administration peut à un moment donné avoir raison ou pas de bloquer les dossiers, mais qu’on pourrait avancer sur ce qui est aujourd’hui achevé en termes d’étude et finançable parce que l’argent est là.

 

Jean-Marc Maurin : je serai bref en fonction du temps. Ma formation médicale est assez pragmatique. Il y a un diagnostic, on fait l’état des lieux, il y a une conduite à tenir, on fait un traitement. C’est vrai et vous l’avez revendiqué, vous êtes, et ce sans attaque personnelle, au cœur de l’Assemblée nationale pour faire les lois. C’est vrai que l’Assemblée nationale c’est important, mais c’est important pour moi aussi qui candidate. Sur le terrain j’y étais, car je suis quelqu’un de terrain. En 2010, je suis resté bloqué 4 jours sur le rocher de Roquebrune. Mes filles ont failli mourir avec la vague à Saint-Aygulf. Une fois que je suis sorti, j’ai soutenu les agriculteurs dont les terrains avaient été balayés par l’Argens. Ce sont des choses concrètes, il faut aider les gens et stopper ça. Il y a une double activité, car les agriculteurs je les ai rencontrés comme j’ai rencontré les industriels de La palud et voilà ce qu’il en ressort : il y a un double traitement. L’Argens doit être libéré de son cours, Madame Lechanteux le disait, de manière régulière. Certains agriculteurs ont déjà fait énormément de travaux pour baisser le cours de l’Argens donc ça permet de diminuer les variations brutales, mais il y a d’autres problèmes au niveau de la plaine de l’Argens qui est d’une autre manière. Une montée progressive qui pourrait être anticipée à partir de Draguignan et qui laisse aux agriculteurs une heure de temps de réponse pour mettre en sécurité leurs biens et les personnes. Leur interdire de construire et aménager sur les terres les plus fertiles d’Europe c’est quand même une aberration législative. On le voit bien le long du Reyran, il y a des habitations sur pilotis, des zones de sécurité des matériaux agricoles, les choses sont possibles, mais il faut sortir de ça et répondre sur le terrain. Un dernier mot : La palud c’est 240 entreprises, 1800 emplois directs. Mettre en danger et leur empêcher de payer leur assurance parce qu’il y a des inondations permanentes, il faut résoudre ce problème. Vous avez dit 2006, on est en 2022, donc 16 ans que cela ne bouge pas. Moi à l’Assemblée, j’essayerais de faire bouger les choses. 

 

Joël Hervé: Le professionnel de la politique (PMK) vient tout simplement de nous dire que ça fait 16 ans et que pratiquement rien n’a été fait. J’ai vu dans le journal qu’on avait creusé un petit peu, 2m50, dans le lit de l’Argens pour gagner un petit peu, c’est très bien, mais ce n’est quand même pas grand-chose. Il ne faut pas qu’on oublie qu’en un demi-siècle, la population a doublé et sa consommation a été multipliée par six, c’est ça aussi le problème. Cela touche les agriculteurs, mais ça touche chacun d’entre nous et la totalité de la population terrestre. Puisqu’en 2035, on aura une hausse de la température et de l’eau et face à cela, il faut que l’on bouge beaucoup plus rapidement. Ce n’est pas pour rien si l’État français a été condamné deux fois  par tribunal administratif pour insuffisance de prise en charge des risques climatiques et par le Conseil constitutionnel. Si on veut protéger la vie, il faut forcément faire un diagnostic précis : quantifier, mesurer, regarder ce dont les Français auraient besoin en 2050 et comment vont-ils vivre en 2050 et à partir de là, on remonte la chaîne et on décide. L’État et les administrations ont fait le boulot, elles ont demandé à ce que notre communauté d’agglomération fasse un plan climat air énergie territoriale en 2014. il a été rendu en retard quelques années plus tard avec comme appréciation du ministère : non-quantifié, non-désiré, traité trop légèrement. Madame Lechanteux vous avez voté ça en 2014, vous étiez à la CAVEM ? Donc il y a des gens qui sont au pouvoir, qui décident localement et nationalement et qui ne les ont pas prises. Et ce retard nous le traînons tout le temps. Actuellement, nous sommes à environ un degré de l’augmentation de la température par rapport à XXXX industrielle (2h22). On sent déjà qu’il fait un peu chaud. Ça veut dire qu’on a déjà -20% de production de blé en France avec 1,2 degré. On sait qu’on va à 2 degrés en 2035, c’est incontournable, et ce chiffre c’est déjà la catastrophe. Cela veut dire que les vieux cassent leur pipe beaucoup plus tôt, que les gens qui sont malades vont avoir des soucis de santé importants, on va tous être impactés. Si c’est 3 degrés, le permafrost des gels dans le sud de chez Poutine, le méthane et les virus vont sortir et on ne sait pas du tout ce qu’il y a là-dedans, car ce sont des virus quand on voit ce qu’il s’est passé pour la covid, c’est la catastrophe. D’une certaine façon, la covid actuelle c’est triste à dire, mais cela nous prépare à ce qu’il va arriver si l’on ne fait rien. Donc, en ce qui concerne l’agriculture et les territoires, c’est en fait pollueur/payeur. Quand on achète une bouteille de vin à 10 euros, on ne paye pas le vrai prix, car c’est aussi la destruction biologique des sols, le dépeuplement rural, car les populations se vident. Il faut retourner à un vrai prix à la production et cela ne peut pas se faire sans prendre en compte un accompagnement des agriculteurs, car comme je le disais tout à l’heure, on doit pouvoir prendre 5% de fiscalité européenne en plus pour pouvoir aider tous ces gens-là.

 

Jean-Marc Maurin : je reste centré sur le territoire , il ne faut pas oublier les feux de forêt qui sont un cataclysme sur notre région, on voit la sécheresse comme le disait Joël Hervé, il y a une montée en température parfois reproduite à n’importe quel moment de l’année. On a vécu des feux terribles cet été encore de gonfaron jusqu’à Saint-Tropez, c’est dramatique. Il faut renforcer les moyens. Hier ou il y a deux jours, près du Colombier et du Montourey, les deux campings, 5 véhicules du SDIS, plus d’un hectare brûlé légèrement excentré du centre-ville, mais quand même ce sont des menaces. Il faut renforcer les équipements, le SDIS, les soutenir et faire des plans de prévention des incendies.

 

Charles Malot : Pour revenir à la question de la défense des agriculteurs et de nos terres, il faut préserver les terres. Il faut geler l’urbanisation des sols, c’est-à-dire que les terres agricoles restent agricoles avec un non-déclassement de ces terrains. En deuxième lieu, il faut aussi développer les alternatives à la fertilisation de synthèse comme les cultures de légumineuses, les légumes secs, après il faut changer l’agriculture en poursuivant sur le développement de l’agriculture biologique: c’est un mode de production ayant recours à des pratiques culturales et d’élevages soucieuses du respect de l’équilibre naturel ce qui exclut les OGM et les produits chimiques de synthèse et il faut aussi diminuer le poids des intrants?. Par conséquent soutenir les installations et transmissions en bio.  Par rapport aux FEADER, il faut supprimer les fonds au niveau des élevages industriels et les réorienter vers les aides aux légumineuses légumes fruits et élevages durables. Il faut multiplier les fermes pédagogiques pour les enfants et qu’ils comprennent que leur avenir c’est l’agriculture bio et se fixer un objectif ambitieux en matière d’agroforesterie: cela désigne les pratiques nouvelles et anciennes associant arbre, culture et animaux sur une même parcelle, comme l’agrosylviculture ou les systèmes sylvopastoraux et autrement je veux parler d’un sujet qui me touche particulièrement : la lutte contre les dépôts sauvages. Ici dans le Var, cette problématique a entraîné la mort d’un maire en 2019 et il est difficile de lutter contre cela, mais il faut trouver des solutions innovantes, changer la loi, je pense, faire de la surveillance par drone ou mettre ne place plus de caméra sur les routes pour prendre le poids des véhicules sur les routes pour voir s’ils déchargent le poids de leur chargement au cours du trajet. Néanmoins, si je ne veux pas accabler les artisans, il y a aussi le fait qu’ils ne peuvent pas forcément aller dans les déchetteries où ils le souhaitent quand ils font un chantier loin de leur entreprise, alors il faut leur permettre d’accéder à toutes les déchetteries pour simplifier leur situation. 

 

Julie Lechanteux : Monsieur Philippe Michel, vous vantiez tout à l’heure les mérites de la PAC de l’UE, il faut quand même insister sur le fait que le crédit de la PAC destinée aux agriculteurs, ont été réduits de moitié ces dernières années alors que la contribution de la France à l’UE est d’environ 26 milliards, on en récupère que 12. Il y a donc une perte de 14 milliards, imaginons avec cette perte ce qu’on pourrait faire pour soutenir nos agriculteurs pour qu’ils puissent s’armer contre les aléas climatiques : par exemple les systèmes d’irrigation dont je parlais tout à l’heure et bien d’autres choses. L’État doit évidemment renforcer l’aide aux installations des jeunes agriculteurs, pour cela il faut réserver les terres agricoles en priorité aux agriculteurs et mettre fin à l’utilisation des terres agricoles pour des projets d’urbanisation où j’ai un exemple typique local. L’implantation au Muy de la future prison sur des terres agricoles cultivées réquisitionnées pour l’installation de cette prison. Là aussi pour la protection de nos agriculteurs, on a beaucoup de choses à faire. 

 

Joël Hervé : Il faut entretenir les forêts qui sont des puits de carbone. Actuellement on avait 16 000 fonctionnaires de l’ONF pour s’occuper des forêts, ils sont maintenant 9000, on privatise le service public et on force les personnes de l’ONF à faire des coupes commerciales qui abîment nos forêts. Sur les zones humides, il est indispensable de savoir que c’est 27% de notre biodiversité, quand on voit ce qu’on a construit sur la palud, même si c’est une erreur passée, forcément quand on construit autant d’entreprises sur un territoire marécageux, il faut s’attendre à ce qu’il y ait des inondations. En ce qui concerne les agriculteurs, n’oublions pas quand même ce qui est fait en France, 55% des aides aux agriculteurs dans le cadre de la PAC ne touchent que 20% des agriculteurs . Donc ce n’est pas anormal que les petits agriculteurs qui pourraient faire de l’agroécologie sur leur territoire avec une agriculture de proximité et de qualité soient desservis et cela évoque les difficultés qu’ils ont et les suicides dont parlait Madame Lechanteux tout à l’heure.

Opération nettoyage à Saint-Aygulf

Hier matin, de 7h30 à 12h30,  une opération nettoyage s’est effectuée au port de Saint-Aygulf. 1 tonne et 800 kg de déchets ont été récoltés.

Une opération de déchets sauvages et aquatiques s’est déroulée au port de Saint-Aygulf hier matin, organisée par Estérel Blue Water et Mes Rivages Propres. Une cinquantaine de participants ont répondu présents. Parmi eux, l’antenne Var-Est de la fondation Surfrider et sa responsable Isabella Adamkiewicz ou encore “une petite équipe de jeunes avec leurs éducateurs” confie Adidi Arnould, directrice du service éducatif territorial de milieu ouvert de Draguignan pour la PJJ du Var. Le port et la plage de Saint-Aygulf, les enrochements et le parcours des étangs de Villepey ont été ratissés. 1 tonne et 800 kg de déchets ont été récupérés sous l’eau et sur les plages, avec une quantité importante de mégots de cigarettes (équivalent à 5 bouteilles d’eau de 1L). Une benne était présente sur le port, mise à disposition par le groupe Pizzorno.

Par Thomas Lajous – Photo : Isabella Adamkiewicz

Débat législatives – 18 mai 2022 – Partie 3 : Pouvoir d’achat et logement

Le prix du logement augmente au détriment des varois et au profit des résidences secondaires et au héliotropisme des retraités. Face à ce constat et à l’heure où le pouvoir d’achat est la première préoccupation des Français, le coût de l’énergie augmente. Comment interviendrez-vous à l’Assemblée nationale ?

 

Philippe Michel-Kleisbauer : « La première chose qu’il me fait plaisir de rappeler, c’est que nous avons voté quelque chose qui est dans notre programme : la suppression de la taxe d’habitation. Sur Fréjus, c’est 16 300 foyers pour une moyenne de 730 euros par an qui ne payent plus la taxe d’habitation. Pour Saint-Raphaël, c’est 10 700 ou 10 800. Sur l’ensemble de la circonscription, c’est 37 000 foyers qui ne payent plus la taxe d’habitation pour un montant qui s’échelonne entre 600 euros et 800 euros un peu plus de 800 euros pour ceux qui payaient le plus. Et nous allons évidemment continuer ce plan si nous sommes majoritaires, et donc élus, pour faire en sorte que la taxe d’habitation soit complètement supprimée, ce qui est une question non négligeable en termes de pouvoir d’achat. Deuxièmement, sur le pouvoir d’achat, et qui concerne aussi la question du logement, nous avons la question de la lutte contre le chômage qui a été notre priorité au début du mandat. Entre le quatrième trimestre 2017 et le quatrième trimestre 2021, nous avons eu un recul du chômage qui est passé de 9,4 % à 7,5 %, soit 1 million d’emplois créés, et y compris les emplois créés sur notre circonscription. L’obtention d’un emploi avec un CDI, c’est la porte ouverte dans les agences pour louer ou dans les agences bancaires pour emprunter. Et tout à l’heure, le sujet est venu et je reviendrai volontiers dessus sur les primo-accédants, parce que nous avions à l’époque à la ville de Fréjus, avec Elie Brun, lancé le tout premier les constructions avec des appartements pour les primo-accédant à Caïs, à Port-Fréjus. Sur le pouvoir d’achat, autre mesure que nous avons votée et qui va entrer en application le 1er juillet 2022, c’est l’indexation des pensions de retraites sur l’inflation. On ne l’a pas voté comme nous l’avons proposé, les oppositions ne nous ont pas suivi, et pourtant à partir du 1er juillet, les retraités vont voir leur pension fortement augmenter parce qu’elles vont être corrélées à l’inflation. C’est un énorme progrès que nous avons fait. Ensuite, dans ce qui va venir devant nous sur la question du logement et votre question sur les jeunes varois, et j’en suis, nous en sommes tous, qui ne peuvent pas se loger ici ou pas accéder au primo-accédant comme vous le proposez, et j’ai trouvé votre proposition très intéressante. Nous allons nous attaquer aux droits de succession pour ceux qui sont les moins favorisés, et de manière à ce qu’ils puissent rester chez eux, rester ici sur leur terre. Et enfin dernière question et elle concerne aussi l’Éducation nationale et les autres branches de la fonction publique c’est la revalorisation du point d’indice nous allons y venir tout de suite ce sera le débat de cet été et que la revalorisation sera au moins entre 3 et 4%. Ce qui va représenter entre 6 et 8 milliards, mais je pense que nous arriverons à le faire. »

 

Baptiste Laroche : « La question du pouvoir d’achat, c’est la question de la dignité du travail, parce que le pouvoir d’achat est ce qu’il nous reste après avoir travaillé et après que l’État se soit servi. C’est donc en réalité tellement essentiel et c’est pour cela que c’est la priorité des Français. La dignité du travail, c’est comment est ce que l’on travaille ? Souvent, les gens ont un petit pouvoir d’achat et ce sont ceux qui travaillent énormément, et c’est ça la plus grande injustice. Donc le travail doit payer. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Alors, on a des propositions comme celle de Marine Le Pen qui propose la baisse de la TVA sur les produits énergétiques. C’est quand même une mesure socialiste, ou la retraite à 60 ans qui est une mesure partagée par Jean-Luc Mélenchon. En réalité, il faut comprendre le mécanisme, la baisse de la TVA, tout le monde la subit. Moi, j’ai reçu ma facture de gaz, il n’y a pas longtemps, elle a explosé. L’essence, tout le monde subit cette hausse de l’essence à cause de la guerre, peut être. Mais en tout cas, sur les produits énergétiques, il faut comprendre où se situe vraiment le problème. D’abord, il faut une souveraineté énergétique. On aura peut être l’occasion d’en parler, nous nous proposons la mise en place de 14 nouveaux réacteurs nucléaires parce que c’est la condition de notre souveraineté. Après, nous pouvons développer une certaine énergie renouvelable, mais c’est le sujet. Il faut aussi une souveraineté alimentaire. Avec la guerre en Ukraine encore une fois, explosion du prix du blé. Cela a forcément des impacts sur les produits comme les pâtes, ce genre de chose. Alors que Marine Le Pen par exemple propose de bloquer les prix de la TVA par exemple sur ce genre de produits, désolé, c’est un réflexe socialiste parce que ce n’est que déplacer la dette en fait. Parce que le problème n’est pas résolu. Nous proposons de soutenir les ménages les plus fragilisés par cette crise, en baissant la CSG de ses ménages et aussi une baisse de la CSG pour les retraites les plus basses, les retraites de 1 300 euros par mois. En baissant la CSG, on finance d’une autre manière sur laquelle je pourrai revenir si vous le voulez. Mais en baissant cette CSG, nous libérons réellement le pouvoir d’achat des Français, et surtout des Français qui ont le plus de mal. Une souveraineté énergétique, une souveraineté alimentaire, j’ai parlé tout à l’heure des logements avec les logements sociaux priorisés pour les jeunes mais aussi les fonctionnaires, la police, les professeurs qui ont beaucoup de mal à se loger, surtout dans des régions aussi chères comme ici. Et enfin, nous proposons une exonération des droits de succession parce que c’est la fierté de toute une vie de travail qui va pouvoir être transmise facilement a ses enfants/petit enfants. Et il n’est pas normal que l’État se serve généreusement sur ces droits de succession. Je reviens juste sur les automobilistes, parce que nous proposons vraiment des mesures ciblées, donc les ménages les plus faibles avec la CSG, et enfin nous avons proposé que les entreprises participent aux frais d’essence des employés. Dans les grandes villes, les entreprises payent les pass Navigo, ce genre de choses. Il est important je pense, surtout au vu du prix actuel de l’essence, que les entreprises participent à cet effort et qu’elles payent une partie de l’essence de l’employé qui travaille chez lui. »

 

Charles Malot : « Les logements pour les actifs dans notre région, c’est une priorité à traiter. Aujourd’hui, il y a deux problématiques : le nombre de résidences secondaires dans notre département et l’augmentation des prix des loyers, des logements et bientôt des taux de crédit avec la situation actuelle. D’abord, il faut acter deux choses, il faut maintenir la loi SRU telle qu’elle est. Tout le monde, au sein des politiques en place au cours des 20 dernières années, a voulu remettre en cause ce choix là. Mais heureusement qu’elle est là parce que sinon il n’y aurait pas du tout de logement social ou beaucoup moins. Il faut décréter que 70 % de la population du Var est éligible au logement social. La majorité des varois a ou aura un logement social et il est nécessaire de bien accompagner les communes qui doivent créer du logement social, car cela crée de la mixité sociale. Ce n’est pas le logement social des quartiers insalubres, ce sont des logements pour tous. Il y a ensuite la partie location et notamment l’accession à la propriété. On peut faire des opérations d’accession à la propriété maîtrisée. On regarde les revenus pour accéder à un logement, et donc c’est inférieur au prix du loyer, mais il y a le problème de la spéculation quand même. Parce que ces logements en accessibilité maîtriser, il y a des clauses anti-spéculation mais qu’on peut détourner au bout d’un certains nombres d’années. Et l’acheteur ne fait pas de bénéfice en revendant au bout d’un certain nombre d’années. Aujourd’hui, malgré tout, il faut le dire, c’est nouveau en fait, il y a des organismes remarquables comme l’organisme du foncier solidaire et le BRS, le bail réel solidaire. Qu’est-ce que c’est ? Le bail réel solidaire, c’est l’actif qui achète un logement. Il achète un logement mais le bail, lui, reste à l’OFS (Organisme Foncier Solidaire). Il y a donc une maîtrise de la puissance publique au niveau du terrain et le logement, lui, peut être vendu au bout d’un certain nombre d’années mais sans spéculation puisque c’est l’OFS qui maîtrise le terrain. Du coup, cela a un double intérêt : déjà ça coûte moins cher de faire un BRS en achat et cela permet aussi aux communes d’activer la loi 55 de la SRU et du coup de faire un logement social avec le BRS et l’OFS. Il y a un OFS qui existe dans notre région qui s’appelle l’OFS Méditerranée. »

 

Julie Lechanteux : « Concernant le logement, il faut se battre très clairement pour le retour des logements jeunes actifs et pour l’accès des primo-accédants qui ont été supprimés par l’État. C’est bien dommage, parce qu’effectivement, pour les jeunes qui n’ont pas toujours les moyens, même les moins jeunes, mais déjà les jeunes, si on pouvait les aider sur le territoire, on en parlait tout à l’heure, ce serait la première chose à faire de remettre ces logements pour les jeunes actifs. Il faut souligner également que la législation en vigueur est totalement injuste et pénalise les plus pauvres. Je justifie cela avec la loi finance de 2016 qui a mis en place une dégressivité des allocations en fonction du montant des loyers. On sait qu’ici, avec la pression foncière, les logements sont très chers, c’est donc injuste puisque, en fonction de l’importance du loyer, cela peut entraîner la suppression totale des allocations. Donc c’est totalement injuste. Autre sujet, la réforme d’APL qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2021. Je vous laisse deviner qui l’a mise en place et fait économiser à l’État, encore une fois, de l’argent sur la population la plus précaire. La loi finances 2018, 2018 c’est bien le gouvernement Macron, entraîne une économie supportée par les bailleurs sociaux qui eux sont chargés de loger la population la plus pauvre, et donc ces bailleurs sociaux sont forcés de faire des économies en retour. Évidemment, c’est au détriment de la production de ses logements sociaux. Il y a donc un réel combat à mener pour loger tous les habitants du territoire. Des solutions, évidemment, il faut réformer en partie la loi SRU 2000 qui prend en compte les différences et les disparités des territoires, c’est important là encore, en fonction du territoire les prix ne sont pas les mêmes, il faut donc revoir cela. Il faut revaloriser les aides pour permettre aux plus démunis de survivre les difficultés à venir. Là aussi les APL, 5 euros en moins pour les étudiants, c’est inadmissible, quand on voit qu’ils ne savent pas et ne peuvent pas se loger, ne peuvent pas se nourrir, 5 euros ce n’est pas rien pour un étudiant. Il faut revoir également les aides à la rénovation. On sait que les logements sont dans des états précaires et l’Union Européenne demande de plus en plus de normes pour mettre aux normes écologiques. Alors c’est bien, mais on n’a pas tous les moyens de rénover nos habitations. Il faut mettre en place des solutions rapides comme par exemple des habitations containers au profit des étudiants par exemple. En ce qui concerne monsieur Laroche, vous me dites que c’est socialiste, alors si socialiste, c’est l’idée de défendre les Français plus faibles alors merci pour le compliment. Supprimer la taxe sur les 100 produits de première nécessité comme les pâtes, le riz vous l’avez dit tout à l’heure, mais aussi pour les protection féminine c’est indispensable. Là encore les étudiantes n’ont pas les moyens de s’acheter des protections féminines. On est pas dans un pays en voie de développement normalement donc ça devrait être une logique indiscutable. La baisse de TVA de 20% à 5,5 est valable pour tous les Français sur cette baisse sur l’énergie elle est valable dans ces cas là, pour tous les Français c’est 20 euros en moyenne d’économie sur un plein. 20 euros quand on sait que chaque Français est à un euro près. Sur les marchés, où j’y suis régulièrement en ce moment, et qui comptent les quelques centimes qu’ils restent dans le porte monnaie pour acheter la laitue ou autre, et bien c’est vraiment des budgets et des mesures importantes à défendre pour que les Français arrivent à se nourrir dignement, ensuite à se loger quand c’est possible et à se chauffer l’hiver. »

Joël Hervé : « Je reviens sur le propos. À propos des rénovations des bâtiments, effectivement, on pourrait tout à fait trouver. Les gens n’arrivent pas à rénover leurs bâtiments parce que ça coûte trop cher. La rénovation d’un logement coûte en moyenne 18 000 euros. Mais imaginons qu’on fasse un prélèvement 5% sur la fiscalité des entreprises qui objectivement avaient une fiscalité de 45% en 1985 et qui est de 23% maintenant, prélever 5%, cela permettrait d’aider considérablement la rénovation de ces bâtiments. Le vrai grand problème de tout ça, c’est qu’on a pas suffisamment d’argent pour acheter ou louer son logement. Pourquoi on n’a pas suffisamment d’argent ? On n’a pas suffisamment d’argent parce qu’il y a un rééquilibrage à faire entre le capital et le travail. Si on regarde ce qui se passe depuis 1980, 3% tous les 10 ans de perte pour les salariés. 25 millions de salariés qui ont perdu 3% tous les 10 ans. En 40 ans, on aurait 19%. Imaginez qu’on puisse donner 19% du jour au lendemain à ces salariés, la situation serait plus favorable. Cette difficulté que l’on a, cela nécessite à l’intérieur même des entreprises, au-delà de ce rééquilibrage 70% (il y a 40 ans) – 58% (aujourd’hui), c’est considérable. Ce rééquilibrage est à faire par la fiscalité, par des décisions législatives. À l’intérieur des entreprises une répartition des salaires est à modifier. Si on regarde le PDG qui gagne 300 et les smicards qui gagnent un. Il y a des écarts manifestement de salaire dans les entreprises qui sont considérables. Il y a un PDG, Emmanuel Faber, PDG de Danone qui a prononcé une petite phrase qui ne lui a pas porté chance, il a dit : “Si je diminue le salaire de 1% des 30% les mieux payés de mon entreprise, je peux doubler les salaires des 20% les moins bien payés”, 15 jours après son conseil d’administration l’avait dégagé (sic), mais fondamentalement c’était vrai. Il y a une rémunération des cadres qui sont aussi à problèmes, des cadres sur-qualifiés qui sont annexés aux actionnaires et des stocks options de façon à ce qu’il y est une forme de solidarité entre eux. Et en bout de chaîne, les salariés ont des salaires qui sont inférieurs, le travail n’est pas suffisamment payé, alors que l’argent existe. Voila un petit peu ce que je voulais dire. Juste une remarque, pour monsieur Philippe Michel-Kleisbauer, qui estimait qu’il avait fait beaucoup de choses. Si on regarde de quelle façon vous avez supprimé l’ISF en début de mandature, c’est environ 4,5 milliards. 4,5 milliards, c’est ce qu’il faut pour créer 100 000 postes à l’hôpital, à l’école et dans les Ehpad. Donc le président des ultra-riches, sur ce coup là, n’a pas réussi son affaire. »

Jean-Marc Maurin : « Je suis favorable à la suppression de la TVA sur les carburants aussi. Il y a eu une augmentation de 4 milliards sur le quinquennat de cette taxe, immédiatement la TVA supprimée c’est 30% en moins. Je pense à l’infirmière qui fait 140 km par jour sur son salaire et qui dépense, de ce fait, 500 euros. Ça ampute fortement les fins de mois. Stop de là CSG sur les retraites, deux tiers de nos retraités ont été appauvris pendant ce quinquennat. Je souhaiterais que ce soit aligné sur l’inflation, donc une indexation sur le niveau d’inflation. La CSG a globalement augmenté de 25%. Il faut rémunérer les RTT. Il faut diminuer les taxes sur les salaires. Quand on voit les commerçants qui emploient, les taxes de salaire sont trop importantes, c’est parfois quasiment équivalent au salaire qui est donné à celui qui travaille. On diminue ces taxes sur salaire, les gens peuvent consommer, ils ont plus d’argent. C’est une relance vertueuse de l’économie. Il faut défiscaliser les heures supplémentaires, c’est important. En gros, revaloriser et surtout, mais avant tout, valoriser la valeur travail. Le gel du point d’indice, je suis désolé, c’est bien beau, mais ça fait cinq ans que le point d’indice est bloqué pour les fonctionnaires, donc c’est bien de se réveiller à la fin d’un quinquennat mais il n’y a aucune avancée sur ce thème pendant tout le quinquennat. En plus, votre sujet parlait de l’héliotropisme. L’héliotropisme est un indicateur en fait de territoire, ça veut dire que les gens qui viennent profiter du soleil ce sont des gens fortunés de fait, donc ce qui explique la montée des prix sur une région et la montée du prix au mètre carré. On n’y est peut être pas encore ici chez nous, mais il faut être vigilant. L’exemple type c’est la Ciotat. À La Ciotat, il y a une désindustrialisation majeure, les chantiers de la Ciotat ont fermé, cela a donc une diminué la classe ouvrière, ce qui a profité finalement à un essor des agences immobilières haut de gamme qui attirent et font des offres de service de haut de gamme, notamment des espèces de penthouse. C’est au dépend des classes habitantes, des locaux, donc ce sont souvent des touristes ou des vacanciers. Ils ont une saisonnalité, donc on perd le cœur d’une ville, le cœur d’une région. Attention à ces choses-là, ce sont des signes d’alerte. L’héliotropisme, c’est finalement la déconstruction d’un territoire. C’est comme les Carrefours, les outlets et les villages de marque qui sont centrés autour de réseaux routiers. La France est en train de se transformer en HUB autoroutiers. C’est sa seule reconnaissance. Nous avons un beau réseau autoroutiers qui sert à Amazon, on traverse l’Europe, l’Italie, l’Espagne, le versant nord est aussi bien desservi. La France est une plateforme de livraison. On n’a plus de structures, il faut réindustrialiser, il faut repartir, il faut relocaliser des industries. Pendant la crise sanitaire, on a manqué de tout. Il y avait des médicaments qui étaient écrits en mandarin pour endormir les gens. C’était au “pifomètre”. On ne peut plus se le permettre, une usine en Chine ferme, avec les sous-traitance de nos laboratoires nous n’avons plus de paracétamol chez nous, des produits évidents. Il faut réindustrialiser, réanimer nos coeurs de ville, nos territoires. C’est majeur. L’héliotropisme c’est une bonne chose quand on est là dans une région merveilleuse mais c’est un peu un signe de déclin. Et on doit éviter le déclin de la France. »

Philippe Michel-Kleisbauer : « Deux choses par rapport à ce que disait Joël Hervé sur l’ISF et il a raison. J’assume ce que nous avons fait pour l’ISF, parce que c’est ce qui nous a permis d’avoir une croissance et de donner aux entreprises la possibilité de créer ce million d’emplois. Et nous devons aller plus loin. Donc vous nous accusez d’être les élus des riches, moi j’assume ce que l’on a fait sur l’ISF et je vais même prendre mes responsabilités, dans le débat qui nous oppose, ou qui nous anime plutôt, sur le pouvoir d’achat. Une des questions dans les semaines qui viennent va être celle de l’inflation ou de la croissance. Parce que sur les leviers de l’économie, ça va être l’un ou l’autre. J’estime que l’on doit avoir un petit peu d’inflation pour ne pas casser la croissance. J’assume ce que je dis, vous aurez le temps de revenir dessus, notez le bien. En réalité, on a devant nous des paris, il vaut mieux trouver des biais pour permettre de compenser les pertes sur les factures énergétiques, par des chèques comme nous le faisons, mais ne surtout pas toucher à la croissance. Mais probablement que vous serez dans une optique différente par rapport à ces questions de croissance. Sur l’industrialisation et la réindustrialisation du pays, je suis complètement d’accord. Je me suis battu pendant tout le mandat, et j’espère que l’on en parlera tout à l’heure sur le nucléaire, sur un secteur qui est le plus Français des secteurs industriels qui est celui de la défense. C’est un secteur où chaque fois que l’on investit un centime, c’est sur le territoire national qu’il est réinvesti. Dans le département du Var, c’est 31 mille emplois directs, et je ne parle pas de tous les emplois indirects. Je suis d’accord avec vous sur l’industrialisation. Je l’ai portée, parce que je fais ce qu’on appelle du soutien aux exportations d’armements, certains pourront me le reprocher. Et je suis d’accord avec  vous, entièrement d’accord, sur le fait que nous devons réindustrialiser et redonner de l’emploi. Et après on travaillera sur des biais pour pouvoir compenser les hausses qui existent. Vous parliez de socialisme tout à l’heure, redonnons à César ce qui est à César, sur les logements et les loyers à Fréjus, nous avons un plafonnement des loyers que l’on doit aux socialistes et c’est Elsa Di Méo qui s’est beaucoup battue pour obtenir ça, et tant mieux, parce qu’il y a un moment donné, comme vous le dites, des choix locaux. Je les ai vécus quand j’étais en mairie de Fréjus, qui font que l’on a privilégié d’autres personnes, des gens qui viennent, une spéculation immobilière dont aujourd’hui on fait les frais, mais après tout, est-ce qu’on peut empêcher d’autres personnes de vouloir s’installer chez nous. Est-ce qu’on doit arriver à un tropisme où il ne doit y avoir que des gens du coin, dans un coin. Je ne sais pas, mais ça, c’est un vrai débat que nous pouvons avoir, c’est un débat de société. » 

 

Charles Malot : « Je voulais revenir sur la question, notamment du prix du logement, pouvoir d’achat, coût de l’énergie. Nos solutions à l’Écologie au centre portent sur la réduction de la consommation d’énergie et notamment sur la rénovation énergétique pour les personnes en situation de précarité. Ce qu’on appelle la précarité énergétique. Il faudrait, par exemple, comme solution, lier les subventions accordées aux bailleur à la rénovation énergétique performante des logements sociaux et privés. Et d’une seconde manière, il faudrait aussi informer mieux les gens sur les aides dont ils peuvent bénéficier pour rénover leurs logements. Il faudrait déployer sur tout le territoire, le service public de la performance énergétique de l’habitat (SPPEH). Parce que les ménages, de quoi ont-ils besoin? Ils ont besoin d’une information claire sur les aides disponibles et d’un accompagnement humain, de qualité tout au long du parcours de rénovation. Mais là ces des aides justement, du coup ils ont besoin d’être informés sur les aides qui existent. Ce service de proximité doit donc bénéficier à tous, notamment au plus précaire, proposer une information personnalisée et indépendante et couvrir tout le territoire et accessible à tous, au niveau rural ou urbain.« 

 

Julie Lechanteux : « Je voulais revenir sur la taxe d’habitation supprimée. Ce serait une bonne mesure si toutefois le gouvernement ne faisait pas semblant de rendre de l’argent d’un côté pour le reprendre de l’autre. Je m’explique. En France, le taux d’imposition est quand même à 46,5% du PIB. Nous sommes le pays où on taxe le plus au monde, donc la taxe d’habitation est un semblant de cadeau, quand on sait aussi que ça touche directement les communes qui ont donc un manque à gagner au niveau des budgets pour ensuite refaire les routes, reconstruire des écoles ou bien d’autres choses. Sur les chèques énergiesje trouve là aussi que le gouvernement est hypocrite. Il casse la jambe des Français d’un côté avec des taxes de 20% sur l’énergie pour leur donner une béquille de l’autre avec un chèque énergie unique de 60€ qui n’est même pas ciblé. Lorsque l’on sait que des détenus en prison ont reçu ce chèque énergie. On sait qu’en prison on a besoin de se véhiculer et de se déplacer. C’est incongru.« 

 

Jean-Marc Maurin : « Actuellement, il y a une croissance inférieure à zéro en France. Et il y a une inflation de l’ordre de 4,8 et 7,4 pour l’Europe. Nous sommes donc un pays qui n’est ni en croissance et qui est en inflation. On appelle ça la stagflation, soit la contraction de stagnation et inflation. C’est un empêcheur économique majeur. C’est-à-dire qu’en fait on est actuellement dans un immobilisme. Et la période risque d’être très tendue. Je reviens sur le pouvoir d’achat. Vous savez maintenant que les marchés sont mondialisés, même sur les denrées alimentaires, sur le blé ces choses là. C’est le MATIF qui gère ça. Là en quelques semaines, le cours du blé est passé de 200 et quelques à plus de 400 euros. Il faudrait pouvoir se dégager de ces marchés mondiaux en période de crise. Parce qu’on est producteur de blé, on est autonome normalement en France, on n’est pas dépendant des importations. Il faudrait pouvoir réguler à l’échelon local. Je rappelle aussi que dans tout ce qui est rénovation dans le bâtiment, les matériaux deviennent de plus en plus cher, ça handicap les entreprises, ça handicap aussi ceux qui vont les réaliser et ça risque d’entraîner une grande crise de logement, surtout si c’est une loi qui nous impose ces travaux. Il y en a qui risque de perdre leur habitat à cause de ça.« 

 

Baptiste Laroche : « Je rebondis juste sur deux choses. D’abord, ce qu’a dit madame Lechanteux, je suis absolument d’accord, nous sommes le pays le plus taxé où rien ne fonctionne correctement. On a parlé de l’hôpital, de l’éducation c’est une catastrophe, les services publics, c’est une catastrophe, donc il y a vraiment à se poser la question : mais où part l’argent en réalité ? Où va cet argent ? La dette a explosé pendant le gouvernement Macron, alors il y a bien sûr les cabinets Mckinsey. Alors, il y a bien sûr la crise du Covid mais il n’y a pas que ça. Le grand tort de ce gouvernement c’est la distribution des chèques, l’argent magique. Mais cet argent, c’est toujours l’argent des Français. Et le pouvoir d’achat en réalité, c’est ce qu’il reste aux Français après que l’État s’est largement gavé. Gavé pour faire des services publics qui ne fonctionnent plus et on distribue des chèques effectivement, mais c’est toujours l’argent des Français. Donc deux politiques différentes, est-ce qu’on préfère distribuer l’argent des Français ou vraiment leur laisser. » 

 

Joël Hervé : « Ça m’agace toujours un petit peu quand on dit que l’on est le pays qui taxe le plus. En fait, dans ces taxes, il y a la partie qui sert à la gestion du pays, c’est-à-dire la partie réservée à l’administration, qui est en France de 18 %. 18 %, ce n’est pas énorme, c’est 20 et quelques pourcents au Danemark et c’est un petit peu plus en Allemagne. En fait, notre administration, la gestion des codes, de l’hôpital, on est à peu près dans les normes. Par contre, il y a énormément d’argent qui est donné pour aider les populations qui ont des difficultés importantes. Pourquoi ? Parce que le travail ne paye pas suffisamment. C’est ce que je disais tout à l’heure, c’est-à-dire qu’on doit faire en sorte que le travail soit rémunéré correctement. Et donc si le travail est rémunéré correctement, effectivement c’est de l’argent en moins dans la poche de ceux qui distribuent le travail. Cet équilibre là est à refaire totalement. C’est le rééquilibrage capital travail, dont je parlais tout à l’heure. Les partis qui laissent d’une certaine façon le grand capital, la partie gérer la mondialisation quelque part devraient réfléchir un petit peu plus à ce qu’il pourrait se passer. Voilà juste ce que je voulais dire, parce que ce ne sont pas les services publics qui prennent l’argent, ils n’en ont pas assez, c’est le global. Alors j’aimerais bien que vous fassiez la différence entre les deux, parce que c’est un petit peu facile. » 

 

Débat élections législatives – 18 mai 2022 – Partie 2 – Santé et hôpital

Afin d’avoir une réponse optimale en matière de soins, que proposeriez-vous pour augmenter les ressources d’un CHI ou d’un groupement hospitalier, comme c’est le cas sur notre territoire ?

Joël Hervé :  “Surtout pas la charité. Si on regarde ce qui s’est passé très récemment, j’ai vu que l’hôpital Bonnet cherchait à trouver du mécénat pour pouvoir s’acheter des appareils qui sont certainement indispensables pour l’hôpital, mais là où la charité s’installe, on peut dire que la justice sociale recule. Ce n’est donc certainement pas le don qui sera la solution. Je rappelle que si on fait un don de 10 000 euros, il y a 6 000 euros qui sont en déduction fiscale, en plus de 25 % en contreparties, il ne reste donc que 1 500 euros. C’est intéressant pour une personne ou une entreprise de faire don, c’est de la défiscalisation. Il donne apparemment 10 000, mais en réalité, il ne donne que 1 500.  Il faut évidemment arrêter les fermetures d’établissements publics qui sont liés à la santé, et il y en a eu 126 en cinq ans. C’est énorme, et en même temps le privé lucratif est passé de 13 à 17%, peut être que cela plaît à monsieur Michel-Kleisbauer. On a en ce moment un groupe privé australien, Ramsay, qui est en train de racheter la Croix Rouge française. Je ne sais pas si vous imaginez, la Croix Rouge française, du privé non lucratif, donc le service public. Macron nous a fait le 100% santé, alors tout le monde est content, ça part d’une bonne idée mais c’est du ‘en même temps’ c’est-à-dire le 100 % santé et aussitôt après on a 7 à 10 % d’augmentation des mutuelles. Donc, il donne, mais chacun va payer d’avantage. Ce qu’il manque, et monsieur Maurin en parlera mieux que moi, c’est redonner du pouvoir aux médecins. Cela me paraît essentiel par rapport à cette gigantesque pieuvre installée par monsieur Sarkozy avec le fonctionnement des ARS descendant. Et puis il faut de l’argent. L’argent se retrouve dans le mille-feuille. Si on regarde le conseil départemental qui gère les EHPAD, c’est une structure qui ne sert quasiment à rien. Le conseil départemental est typiquement une structure qui devrait être remplacée par une administration. Elle nous prélève environ 16 % d’impôts, les 84 % restants c’est de l’argent descendant qui vient de l’État qui le lui donne pour qu’elle le gère. Le mille-feuille devrait disparaître. On a les mutuelles qui fonctionnent et qui ponctionnent 40 % de leurs revenus pour la publicité, pour essayer de trouver des clients. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la cour des comptes. En priorité pour l’avenir et pour l’hôpital, il faut bien sûr un budget de formation, supprimer le numerus clausus tant qu’il n’y a pas assez de médecins pour le pays. Ce n’est pas directement lié au fonctionnement du CHI, mais c’est indirectement le rôle du député. Macron a fait semblant, il a aménagé le numerus clausus pour montrer un semblant de disparition mais en fait il existe toujours. Il faudrait répartir dans de meilleures conditions les médecins de ville et l’hôpital. Il faut donner des bourses aux étudiants en faisant en sorte qu’ils puissent s’engager pendant dix ans sur des déserts médicaux. Vous n’avez pas les moyens de faire des études en médecine, c’est difficile comme étude, c’est long, on va vous donner une bourse pendant un certain temps pour exercer dans un désert médical. Et ne pas conventionner là où il y a trop de médecins pour conventionner dans les déserts médicaux. »

Baptiste Laroche : « Il est évident de dire que la Covid a montré une grande fragilité de l’hôpital mais la crise n’a pas inventé cette fragilité. Elle existe depuis des années et les gouvernements successifs n’ont fait qu’accentuer cette crise mais c’est juste qu’avec la Covid, les journalistes ont montré cela. Ce n’est pas qu’un problème de salaire des médecins et des infirmiers même si c’est un vrai sujet. C’est surtout un problème d’administration. Il y a beaucoup trop d’administration dans les hôpitaux. Il faut, je pense, supprimer les ARS car aujourd’hui, cela contraint les médecins et les infirmiers qui passent leur temps à faire de l’administration. En supprimant les ARS et dans les hôpitaux cette masse administrative, on va gagner de l’argent. Supprimons aussi cette mentalité de la rentabilité dans les hôpitaux. L’hôpital est un service public, c’est-à-dire qu’il a simplement pour but de soigner et de s’occuper des patients. Cela n’a pas pour but d’être rentable. À partir du moment où on met de la rentabilité dans le service public, on soigne mal les gens. Il suffit de parler avec un médecin dans l’hôpital, ils ont très peu de temps pour rencontrer un patient et donc forcément on peut passer à côté d’un problème. En bref, le patient n’est pas pris en charge pleinement dans sa dignité. Les propositions que nous faisons pour lutter contre les déserts médicaux, c’est que l’État embauche 1 000 médecins qui seront envoyés sur ces secteurs. Pour les jeunes médecins, peut-être la possibilité de les envoyer deux ou trois ans dans ces déserts médicaux. Vous parlez d’une bourse, mais nous pouvons aussi mettre en place un système qui les oblige à partir dans les CHI par exemple, car les jeunes médecins préfèrent les CHU au CHI. Deuxièmement, en tant que député, je ferai une loi pour réintégrer tous les soignants qui ont été écartés car ils n’étaient pas vaccinés. Aujourd’hui, l’hôpital souffre de ce manque de professionnels et alors qu’il y a ce manque, le gouvernement Macron a écarté ces soignants. C’est tout simplement scandaleux. De plus, le gouvernement Macron a supprimé des lits alors que nous étions en crise. La crise de la Covid était une crise virale mais c’était surtout une crise de l’hôpital, parce que nous avons confiné des populations par peur de faire exploser les établissements. Mais les hôpitaux allaient exploser parce qu’il ne sont plus gérés correctement depuis des années. »

Julie Lechanteux : « Je pense qu’il est important, en parlant de santé et d’hôpital, de remettre au centre du débat l’être humain : ce sont des personnes qui sont en difficulté, qui souffrent et ont besoin d’être soignées. La dégradation de l’hôpital vient pour une large part des réformes depuis 20 ans. Effectivement, ce n’est pas la crise de la Covid qui a envenimé les choses mais cela a simplement permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les hôpitaux. La seule boussole qui a régi les politiques depuis des années est celle de la réalisation d’économies au détriment de la qualité des soins donnée à ces patients. Les hôpitaux sont contraints de fixer leur budget en fonction des prévisions budgétaires et non plus en fonction de la réalité et des besoins des patients. L’organisation actuelle des hôpitaux est forcément déconnectée des besoins des malades et des enjeux de santé publique. On l’a vu, on l’a subi et je ne le souhaite pas, on peut le rencontrer nous-mêmes en ayant des problèmes de santé. Il faut évidemment supprimer les complexités bureaucratiques imposées par l’ARS qui demande aux soignants de passer plus de temps dans un bureau à remplir du papier qu’à soigner les patients. Concernant l’organisation, il faut réorganiser et trouver une complémentarité entre les médecins de ville et les hôpitaux publics et privés. Il faut une meilleure coopération entre eux mais aussi desserrer l’étau bureaucratique et multiplier les maisons de santé pour lutter contre la désertification médicale. On peut souligner qu’il y a treize départements où nous avons une absence totale de gynécologues. Enfin, ce sont 40% des étudiants en médecine qui présentent des symptômes de dépression en raison de l’épuisement professionnel. C’est un sujet important dont personne ne parle et cela décourage les jeunes à s’engager en médecine. J’espère que ce n’était pas votre cas monsieur Malot (il avait déclaré lors du précédent thème avoir débuté des études de médecine avant de se réorienter, ndlr), mais c’est un sujet très peu abordé. Pour ces étudiants, il faut ouvrir un nombre important de places dans les facultés de médecine et les centres de formations des infirmiers et les aides soignants. Il faut intégrer urgemment les 15 000 soignants suspendus injustement. C’est honteux que nous ne soyons pas encore revenu là-dessus ni sur les salaires qui leur manquent en les laissant à la rue comme ça alors qu’ils étaient envoyés au front sans masque, sans protection, sans rien. »

Charles Malot : « La question porte sur l’augmentation des ressources d’un groupe hospitalier. Il y a les ressources, certes, mais il y a aussi les dépenses dans le milieu hospitalier. En un an, on a l’équivalent de la population d’une grande ville qui va dans un CHU. On peut dire que les centres hospitaliers sont encombrés. Au niveau de la médecine privé, cela ne suit pas toujours, lorsqu’on appelle la nuit ils ne viennent pas forcément. Même SOS médecin. Je pense que la solution serait de créer des centres de bobologie, ouverts 24h/24, pour intervenir plus rapidement et pour moins cher sur les petits bobos et cela désengorgera les hôpitaux, tout en améliorant l’ambiance de l’hôpital qui aujourd’hui a besoin de la présence de gardes pour assurer la sécurité des patients et des médecins. Il faut revoir le coût de rémunération de l’acte avec des lettres clés qui entraînent un effet pervers avec l’augmentation des actes qui va de pair avec une diminution de leurs qualités. Il faut enfin revoir la formation des médecins et l’enrichir particulièrement en matière de nutrition et de psychologie. Je voulais aussi évoquer qu’il ne faut pas tout miser sur le médicament et reconnaître les médecines non-conventionnelles avec charte et éléments diplômants. Structurer, professionnaliser les approches non conventionnelles qui peuvent être alternatives ou complémentaires. La dernière proposition de mon mouvement, écologie au centre, est au niveau de la prévention : privilégier l’enseignement de la nutrition et de la santé au sein des écoles, des universités et des entreprises afin que les gens vivent en meilleure santé dans la vie de tous les jours.« 

Jean-Marc Maurin : « Bien évidemment la santé, l’hôpital et le CHI sont des sujets qui me touchent. C’est vrai que cette crise Covid a mis en exergue toutes les difficultés et les fragilités des établissements, quels qu’ils soient. 100 000 lits ont disparu en 10 ans, c’est énorme. La problématique est une difficulté financière. On dirait que les ARS sont dépendantes de Bercy et ce n’est pas admissible dans le soin. Comme le disait madame Lechanteux, on doit répondre au besoin d’une population. On a failli disparaître car nous étions la seule ligne de front pendant la crise Covid. Tous les patients venaient chez nous. On a tenu, sans masque, sans visière, sans casaque. J’appelais Castorama pour des blouses de peintres au début. Au début, d’ailleurs, on ne savait pas si on allait mourir ou pas mais on y était. On était l’hôpital public, on a tenu le choc. Je rejoins plusieurs propos tenus par tous. Les ARS, il faut les supprimer. Je prône pour une agence territoriale de santé centrée sur le département avec des budgets autonomes. Il faut une dotation populationnelle financière par département et également l’équipement de matériel lourd. Vous le savez, il y a un grand débat sur l’absence de TEPscan qui permet de suivre des patients cancéreux sur notre bassin. Nous avons un bassin de 400 000 habitants, il y a trois TEPscan sur 600 000 sur le Var Ouest et zéro chez nous. Des patients affaiblis sont déplacés plusieurs fois pour cet examen dans différents centres. C’est inhumain, ce n’est pas de la bonne gestion, car nous ne répondons pas à la demande. Je rejoins également les difficultés sur le personnel. Nous travaillons avec une dotation bloquée qu’on appelle Ondam : plus on produit, moins on gagne. C’est le hamster qui tourne dans sa roue et il faut en sortir. Je reviens également sur la forte proportion d’administratif. Il en faut, les médecins ont une équivalence de pouvoir mais il faut moins d’administration pour récupérer du budget et avoir plus de soignants. Le besoin en soignants dans les hôpitaux est d’environ 30 000 personnes. J’ai été le premier à vacciner dans le Var car il fallait diminuer la charge de patients Covid en réanimation car on a, non seulement pas assez de lits en général, mais aussi en réanimation dans le Var. Je rejoins madame Lechanteux mais d’autres l’ont dit, il faut réintégrer notre personnel soignant, on a besoin de 25 000 personnes. 5 000 ont été sortis du système de soin et ce n’est pas normal. J’ai dit dans la presse que j’étais contre la vaccination obligatoire des soignants parce qu’elle ne me paraissait pas justifiée, les gestes barrières étant suffisants. Il faut les réintégrer et leur redonner le salaire perdu sinon c’est subir une crise et ne pas reconnaître leur engagement, tout en paupérisant le système de soin. Après, j’ai entendu parler de la relation public privé. Cela a été effectif pendant la crise, nous avons travaillé avec la clinique les Lauriers. Nous avions transféré la totalité de notre service d’oncologie (patients, informatique, gestion dans les lits de la clinique). Cela nous permettait de ne pas voir des patients affaiblis susceptibles d’attraper la Covid. Nous les avons mis sous un couvercle protecteur puisque c’est nous qui avions tous les Covid. Concernant la problématique du numerus clausus, il faut aller beaucoup plus vite. Il faut des médecins bien formés et rapidement. Il faut doubler en l’espace de trois ans. En 1969, nous étions 17  000, aujourd’hui nous sommes à peine remonté à 7 000. Et il faut toutefois que les capacités d’accueil soient adaptées dans les CHU au niveau des services. Il faut que les CHI soient aussi des centres formateurs pour les internes. Dans mon service en ophtalmologie, j’ai la chance de former des internes qui continueront au CHU pour faire le clinical. Nous avons une maison médicale au sein de l’établissement pour répondre à la bobologie dont parle monsieur Malot. Les urgences sont noyées. Il y a quatre ans déjà, j’avais proposé une fusion des établissements avec Draguignan pour une direction commune. Actuellement, 47 000 passages par an sur Fréjus et sur 37 000 Draguignan. Draguignan avait prévu de fermer pendant un mois leurs urgences, cela fait aujourd’hui huit mois. Nos urgentistes sont à bout, ils prennent toute la charge. Gassin est menacé et on a pu le rattraper par des aménagements “de fortune”, mais efficaces. Il y a un projet de restructuration des urgences, il faut le surdimensionner. La difficulté est que les médecins ne s’agrègent pas sur des équipes de faible population médicale. Il faut faire des choses solides pour pouvoir récupérer l’ensemble des médecins et répondre à la demande. Un point important : en France, on est dans le soin et la réponse dans l’urgence. Nous avons une population qui est en bonne santé à 68 ans. Dans certains pays nordiques, on est à 78 ans. Je déborde un peu mais si on met les retraites à 65 ans, cela fait que la moitié des gens ont finalement trois ans de retraite en bonne santé. La prévention aux usagers est un élément majeur pour le futur de la médecine en France. Il faut faire de la prévention importante pour augmenter nos espérances de vie, diminuer la charge en soin.« 

Philippe Michel-Kleisbauer : « Vous le savez, cette question de l’hôpital et de la santé a toujours été une revendication prioritaire chez moi. Vous vous en souvenez car c’est dans vos colonnes qu’en automne 2019 vous m’aviez interrogé sur la construction d’un stade intercommunal à Fréjus. Madame Lechanteux a dit, à juste titre, que l’État demande toujours plus aux collectivités en donnant moins de moyens, mais les collectivités doivent aussi choisir leurs priorités. Quand j’avais dit que je préférais aider l’hôpital plutôt qu’un stade ou de payer des joueurs de football deux fois le salaire d’un médecin débutant à l’hôpital, on m’était tombé à bras raccourcis de tous les côtés. C’était en automne 2019, c’est-à-dire quelques mois avant la crise Covid. En juillet 2020, nous avons voté un Ségur de la santé qui est un plan de 20 % de formation complémentaire, le passage des aides soignants en catégories B soit 80 € de plus. Pour les urgences, c’est un plan de près de 16 millions d’euros et 3 millions de la région. Il y a 6 millions pour le médico-social et une soixantaine de lits à l’EHPAD de Lachenaud. Pour bien conduire et pour savoir où il faudra appuyer, et vous avez raison de le dire madame Lechanteux, il y a un moment où on peut avoir de l’influence, je l’ai fait lorsque j’étais directeur de cabinet pour les équipements de coronarographie et d’oncologie, j’étais allé voir Michel Gaudin au ministère de la santé pour avoir ces équipements, le ministre était le professeur Mattei, que je connaissais bien. La réalité est que pour pouvoir conduire et savoir où on sera le plus efficace, c’est la raison pour laquelle je travaille depuis longtemps avec Chantal Borne (ancienne directrice du CHI Bonnet, ndlr), qui est aujourd’hui ma suppléante, pour qu’elle m’aide sur le mieux être de notre hôpital et cette fameuse relation entre les personnels administratifs et médicaux. Je pense d’ailleurs qu’il faut arrêter de les dresser les uns contre les autres. D’abord, quand il a fallu prendre la décision, c’était à la demande de personnels médicaux qui ne voulaient plus, au niveau national bien-sûr, travailler avec du personnel non vacciné près d’eux. J’ai pris cette décision et je l’assume. J’avais déposé un amendement qui n’a eu que 50 signatures pour faire en sorte que les députés, sénateurs et membres du conseil économique, social et environnemental s’imposent la vaccination obligatoire avant de demander à qui que ce soit. Si demain il doit y avoir des poursuites judiciaires, je les assumerai. Si le corps médical veut que l’on réintègre ces personnes avec versement de leurs salaires, je serai pour, parce que je suis pour un apaisement de la population, pour une réconciliation. On a passé une période difficile.« 

Joël Hervé : « En amont de tout ça, il est important qu’un élu, député, soit écologiste plutôt que quelqu’un qui n’en soit pas vraiment un. On a à traiter de l’air, de l’eau, du sol et de l’alimentation. Sur une étude réalisée dernièrement, Fréjus était la 10e ville la plus polluée sur les 270 villes européennes de cette étude. Environ 97 000 personnes meurent en France des conséquences de la pollution. Au niveau du sol, il faut arrêter très vite les pesticides. Au plus tard en 2030. Pour l’alimentation, 17 % des adultes sont obèses, et ce n’est pas sans conséquences sur la vie de l’hôpital. Il y a 4 fois plus d’enfants obèses chez les enfants d’ouvriers que chez les cadres supérieurs, c’est une chose qui doit interpeller. Enfin, je crois qu’il serait important et utile de créer une carte vitale d’alimentation dédiée à une alimentation saine, de caractère bio et de proximité pour les familles les plus démunies, ce qui concerne environ 6 millions de personnes en France.« 

Jean-Marc Maurin : « En réponse, je dirais que les personnels soignants, il les faut maintenant et tout de suite avec une rémunération qui soit à la hauteur des risques qu’ils ont pris et qu’ils prennent tous les jours. Parce que les crises reviendront, ce sera peut-être à cause des antibiotiques qu’on rejette dans la nature… Mais je tenais aussi à revenir sur votre suppléante (en s’adressant à Philippe Michel-Kleisbauer à propos de Chantal Borne), j’ai été élu président des médecins à l’unanimité lorsque votre suppléante était en direction, pour la seule raison que mes collègues m’ont dit que j’étais le seul à pouvoir travailler avec elle. Elle a fait partir 20 praticiens hospitaliers de notre établissement, ça a été une véritable hémorragie cataclysmique, dont mon futur chef de service, la fermeture de la coro, plus de service de pédiatrie, une gestion pseudo-affective de l’ensemble des personnels, tout cela il a fallu le redresser. Je pense que la vision actuelle de ceux en direction de notre établissement est meilleure, que ce soit celle de mon directeur, qui me fait confiance dans la partie médicale puisque suite au Ségur, on a la double fonctionnalité, directeur médical, mais c’est mieux de dire président des médecins. Il a fallu reconstruire notre établissement et ça n’a pas été une mince affaire. Et on l’a fait juste avant de prendre cette fameuse crise Covid. Fort heureusement, on a été en capacité de la soutenir, sinon il n’y aurait plus d’hôpital sur le secteur. « 

Julie Lechanteux : « Je voulais revenir sur les propos de monsieur Philippe Michel-Kleisbauer sur les choix politiques et budgets de l’agglomération. Je ne vois pas vraiment le rapport puisqu’un budget important est alloué au CHI de la part de l’agglomération et que les investissements locaux indispensables de nos villes pour le territoire ne doivent pas en pâtir. C’est bien d’assumer, mais vous allez loin dans vos propos, la vaccination n’empêche pas la transmission, il n’y avait donc aucune obligation des les obliger à se vacciner. Il fallait bien évidemment promouvoir cette vaccination, inviter les français à se vacciner, mais il ne fallait pas les obliger. La vaccination n’empêchant pas la transmission, je ne vois pas pourquoi ces 15 000 soignants ont été suspendus, il faut donc absolument les réintégrer. On en a besoin, et je trouve ça hypocrite de la part du gouvernement qui les a suspendus alors qu’il les avait envoyés sans protection, sans masque, sans rien, alors qu’on ne savait pas ce que c’était ni s’ils allaient mourir, et du jour au lendemain, on les suspend parce qu’ils ne sont pas vaccinés. Je trouve ça honteux, les soignants sont très occupés, ils n’ont pas le temps de se faire entendre, mais ils pourraient sans aucun problème.« 

Philippe Michel-Kleisbauer : « Il n’y a pas que l’hôpital, et n’en déplaise à Monsieur Hervé, je suis très ouvert à la médecine privée et à SOS Médecins, qui pendant cette période rend des services énormes, et je suis fier d’avoir épaulé l’équipe qui a repris l’antenne sur Fréjus / Saint-Raphaël et d’essayer de leur obtenir des unités supplémentaires. Et pour répondre au docteur Maurin sur l’attaque concernant ma suppléante, j’assume ces critiques, puisque je l’ai connue à cette époque-là lorsque j’étais chef de cabinet de la ville de Fréjus, elle travaillait aussi sous la direction d’un directeur départemental de la santé et de l’hospitalisation, Monsieur Castex, dans le département du Var, et elle avait réorganisé le pôle de santé Fréjus/Gassin avec lui, et les critiques que vous faisiez  les uns et les autres, assez justement sur l’ARS, ont été oubliées au moment où vous avez émis une critique ad hominem sur cette personne qui appliquait un plan qui lui était demandé par une hiérarchie. »  

“Vous êtes les porte-parole des enfants des Adrets-de-l’Estérel”

Voilà une semaine que le conseil municipal des jeunes aux Adrets-de-l’Estérel a pris ses fonctions. 

 

12 écharpes tricolores, un drapeau français, une Marianne et un silence religieux, la cérémonie d’installation du premier conseil municipal des jeunes des Adrets peut démarrer. Jean-Pierre Klinholff, maire de la commune ouvre le bal avec un discours solennel adressé à ses nouveaux conseillers : “Le CMJ répond à la volonté de l’équipe municipale de mettre en place en espace de parole, de réflexion et d’action, dans lequel vous, les jeunes adréchois, pourront être associés à la vie locale. En vous donnant, le goût de l’engagement, vous pourrez en effet, dans la mesure des moyens pouvant être alloués, réaliser des projets qui vous tiennent à cœur, soumettre des idées et être les interlocuteurs privilégiés de tous vos camarades, mais aussi bien sûr, de l’ensemble de la population.” Les douze élus sont appelés chacun leur tour afin de récupérer leurs écharpes et prendre place, pour la première fois, autour de la table qui les réunira à chaque conseil. “Être élu à un conseil, c’est apprendre à servir son village. Vous allez penser et imaginer des projets pour améliorer la vie des jeunes. Mais c’est aussi une vraie responsabilité, il faut du temps, de la patience et de la réflexion. Du temps, pour être présent en commission thématique et au conseil durant votre mandat, qui va durer deux ans. De la patience, les réunions doivent se passer dans les respect de chacun, chaque conseiller devra écouter l’autre, respecter sa parole, encourager ceux qui n’oseront pas s’exprimer. De la réflexion, en imaginant des projets avec des solutions pensées pour les réaliser et conserver l’esprit d’équipe”, complète le maire. Les jeunes élus en herbe ont voté leur première résolution, celle du règlement intérieur. Ils ont aussi lu, signé et adopté à l’unanimité la charte du conseil municipal des jeunes. 

 

Par Léna Peguet – Photo : L.P




Une invitation à fêter la nature

L’événement annuel organisé sur le territoire par Estérel Côte d’Azur Agglomération revient pour une nouvelle édition le samedi 21 mai. Le programme propose de nombreuses balades guidées et des ateliers gratuits à la découverte des sites naturels proches de chez vous, de leurs trésors et de leurs problématiques.

La fête de la nature est l’occasion de plonger l’espace d’une journée au cœur de quatre sites Natura 2000 pour les découvrir ou les redécouvrir, accompagnés de professionnels et d’autres curieux ou passionnés. L’association des « Amis de Villepey » propose des animations autour des Étangs de Villepey à Saint-Aygulf, au cœur du site Natura 2000 Embouchure de l’Argens. Sur le même site, la rivière de l’Argens est à parcourir à partir de la base nautique du lac Perrin. Les animateurs Natura 2000 et les responsables de la Base du Rocher donnent rendez-vous à 14h pour une balade en canoë de 6km aller-retour.


L’Estérel et ses roches rouges emblématiques sont eux aussi en fête. Des activités entre terre et mer sont proposées autour du Cap Dramont. Emprunter le sentier du littoral pour une balade guidée à la rencontre de pêcheurs à 9h30 et l’arpenter à 14h pour une initiation à la photographie, vous avez le choix. A quelques kilomètres, cette fois-ci en quittant le bleu méditerranéen pour le vert du massif de l’Estérel, le site du Bombardier est mis à l’honneur avec une balade sensorielle encadrée par Natura 2000 et les bénévoles de Motiv’Biodiv, départ à 10h et 14h.


Informations pratiques :


Les balades sont accessibles gratuitement uniquement par réservation par mail à : natura@esterelcotedazuragglo.fr ou par téléphone au 04.94.19.68.51 


Pour plus de détails sur les activités et les équipements à adopter cliquez ici.

Retrouvez notre article détaillé dans le numéro 56 de L’Horizon, prochainement dans vos kiosques.

Par Eloïse Esmingeaud – Photo : Eloïse Esmingeaud

Les artisans s’invitent à la ferme d’Idefix

La ferme d’Idefix de Bagnols-en-Forêt a organisé “La ferme d’Idefix en folie” ce dimanche 15 mai. Une journée de festivités à l’occasion des quatre ans de la structure et de l’inauguration du parc de jeux. Artisans et producteurs locaux ont été invités.

 

La ferme pédagogique aux 200 animaux a reçu un public de 350 personnes durant cette journée. “Nous avions des places limitées pour ne pas qu’il y ait trop de passage, ce qui aurait perturbé les animaux”, précise Anaïs Lourme. La particularité de cette ferme, c’est qu’il est possible d’entrer dans les enclos et de caresser les animaux. “Mais notre priorité sera toujours ces derniers”, reprend-elle.

 

Six stands et le foodtruck Sunny day burgers avaient élu domicile près du tout nouveau parc de jeu à l’occasion de cet événement. Entre glace artisanale et vente de fruits et légumes, Benjamin Noppe faisait découvrir ses bières artisanales “La Base”, qu’il produit depuis un an. “C’est vraiment le genre de circuit court que je veux favoriser, pour rencontrer les locaux et leur présenter le concept”, explique-t-il.

 

Plus loin au milieu de l’herbe, Julien Duclos, apiculteur depuis 10 ans, vendait son miel et sensibilisait les plus jeunes à l’importance des abeilles dans notre environnement. “Les enfants ont été très intéressés. J’ai amené une ruche pour pouvoir leur montrer à quoi cela ressemblait à l’intérieur”, s’amuse-t-il. Pour Anaïs Lourme, l’essentiel de cette journée a été de rester “dans un contexte pédagogique et ludique. Nous avons eu de bons retours de notre clientèle et des intervenants extérieurs. Cela nous encourage davantage à faire des journées à thèmes”, conclut-elle.

 

Axel Vaquero – Photo : A.V





Bien vieillir chez soi

La ville de Saint-Raphaël a organisé, ce vendredi 13 mai, un forum de l’habitat destiné aux séniors des communes. L’occasion de découvrir les différentes possibilités pour rester chez soi. 

“Ce qu’on propose aujourd’hui, c’est le bien vieillir chez soi. C’est anticiper la perte d’autonomie pour cela, il y a des partenaires qui vont dispenser soit des conférences, soit des ateliers pour prévenir cette perte d’autonomie”, annonce Patricia Hauteur, adjointe déléguée à la politique sociale à Saint-Raphaël. Le programme est donc celui-là : donner l’opportunité aux séniors de rester le plus longtemps possible chez eux, mais aussi pour l’ensemble de la population de prévoir son vieillissement et d’appréhender les problématiques futures. De la gym à domicile, à la téléassistance, de nombreuses organisations sont au rendez-vous. Par exemple, “la téléassistance répond à l’origine à un besoin de sécurisation des personnes seules. Cela a été déployé dans un premier temps pour les personnes âgées, qui se retrouvaient en complet isolement avec un risque d’accident à domicile”, présente Chouki Lekhiar, responsable opérationnel chez Présence Vert Provence Azur.   

Par Léna Peguet – Photo : L.P

Foire aux jouets à Puget-sur-Argens

Le village des talents créatifs et le musée Collection Bien jouet organisent samedi 21 mai une bourse aux jouets au village des talents créatifs de Puget-sur-Argens. Exposants et visiteurs seront présents de 10h à 16h.

 

Nous avons tous des cartons de jouets de notre enfance rangés au fond du garage dont on n’arrive pas à se séparer. Le 21 mai est l’occasion de dépoussiérer ses anciens jeux de société, figurines, poupées ou de venir agrandir sa collection. Vendeurs, collectionneurs et amateurs sont invités. Il y en aura pour toutes les époques et tous les genres. Le musée du jouet ancien est de la partie. Des présentations de Meccano ainsi que des ateliers pour les enfants sont organisés.

 

Les inscriptions sont ouvertes pour ceux qui souhaitent vendre. Le tarif est de 10 euros le mètre carré. Vous pouvez réserver votre stand sur ce lien. Un stand de restauration sera sur place pour l’occasion.

 

Axel Vaquero – Photo : Thomas Morganti 

Des activités au profit de la Ligue contre le cancer

Les deux prochaines animations de la Ligue contre le cancer auront lieu les 4 et 9 juin. Une soirée cabaret et des sorties en mer sont au programme.


Au programme du 4 juin : des balades en mer à bord de pointus. Pour huit euros, vous pourrez embarquer sur les barques méditerranéennes de tradition.


Les amateurs de cabaret seront servis le 9 juin. Une soirée Magic cabaret show est organisée à Félix Martin à partir de 20h30. L’entrée est au prix de 10 euros et la billetterie ouvre au centre culturel de Saint-Raphaël les 2 et 8 juin de 10h à 12h et de 15h à 18h. Le spectacle sera assuré par une troupe d’illusionnistes de Boulouris.


Tous les bénéfices seront bien sûr reversés à l’association de la Ligue contre le cancer.


Axel Vaquero – Photo : Thomas Lajous