Débat élections législatives – 18 mai 2022 – Partie 1 : Éducation et jeunesse

Éducation/Jeunesse. Face à l’absence d’établissements d’enseignement supérieur, comment lutter contre la fuite de la jeunesse du territoire vers les grandes métropoles et ainsi garder nos jeunes ?

 

Charles Malot : Tout d’abord je suis très content d’être là avec vous et de commencer sur ce sujet important. Notre territoire n’a pas d’université propre, il dépend de l’université de Toulon et nombreux sont les étudiants à partir vers les universités de Nice, Aix-En-Provence, Marseille ou ailleurs pour faire leurs études. Nous avons un territoire pas assez grand pour avoir une université complète, mais les solutions sont multiples. Nous pouvons créer des antennes, comme c’est déjà le cas avec des formations qui peuvent évoluer selon les conjonctures économiques afin de donner des débouchés aux étudiants, car rien n’est pire qu’un étudiant qui se forme dans une discipline pour laquelle il ne trouve pas de débouchés. Aujourd’hui, je constate sur le département que nous faisons l’inverse : on concentre tout à Toulon, notamment l’IFPVPS et le projet Montety 2023. Il faut, en plus de ces antennes locales, développer les formations en ligne qui sont aujourd’hui en explosion. Ma suppléante est d’ailleurs en train de faire une formation en ligne, de chez elle, dans le domaine de la décoration d’intérieur. Concernant le sujet de l’éducation, je pense qu’il faut mettre un paquet sur l’orientation dès le lycée, car rien n’est pire qu’un étudiant qui se trompe d’orientation. Je peux en parler, car j’ai fait quatre années de médecine avant de me réorienter vers le droit et j’ai perdu à chaque fois un peu de temps et je ne souhaite cela à personne.

 

Jean-Marc Maurin : Ce sujet est majeur comme le dit monsieur Malot. Le fait de ne pas avoir de structure localement est très problématique, mais justement, je pense que la réponse est aussi dans la question posée. Il faut créer localement des formations post-bac. En gros, 30 % de nos enfants de notre secteur restent sur le sable, donc n’ont que des petits métiers de suppléances, des petits métiers comme les plages l’été, des métiers d’à propos ou d’intérimaires. Ce n’est pas une bonne chose, il faut s’inscrire dans une dynamique territoriale sur le terrain. Par exemple, il va y avoir l’école hôtelière de l’excellence sur Saint-Raphaël. Il faut derrière décliner par exemple, post-bac, des métiers du tourisme et des métiers de la restauration. Cela sera le pendant, et fidélisera des jeunes sur le territoire avec une formation supérieure et cela fera un vrai lien à double composant. Il faut aussi faire des formations supérieures pour intégrer des entreprises de renom comme Thalgo, Intexalu, etc. Mes deux filles sont parties ailleurs, très tôt, car il n’y avait rien sur place. C’est le lot de beaucoup de parents. Il faut garder nos enfants sur le secteur, du moins une partie sur ce qui est réalisable. Un post-bac ingénieur sur les énergies renouvelables me paraît une très bonne chose. Enfin, je proposerai une université de la Mer. Il y a deux formations post-bac très importantes : une sur la méditerranée ou il n’y a qu’un seul site à Sète, il y a les métiers de la mer, avec une vocation de pêcheurs. Il y a beaucoup plus à faire avec notre méditerranée qui est une mer fermée très polluée. Une benne de plastique est déversée chaque seconde dans la mer, il faut en prendre conscience. Cette université serait à visée de protection et de préservation de la méditerranée, avec recherche fondamentale et appliquée, et un objectif de dépollution. Ce n’est pas contradictoire, mais complémentaire. J’abhorre ce que vous dites sur le fait que nous sommes obligés de changer de faculté, et je regrette que vous ayez laissé tomber la médecine, car j’ai tout fait pour y aller dans mes jeunes années. Je pense qu’effectivement il faut des formations adaptées au territoire, mais aussi une intégration possible pour dynamiser le secteur.

 

Joël Hervé : en 2019, pour les municipales, notre projet consistait effectivement à ouvrir un campus sur l’agglomération. 115 000 habitants, pratiquement rien pour les étudiants dans le niveau du supérieur. Et puis ce qui a été dit, c’est-à-dire aller loin quand les enfants sont dans le premier cycle, c’est un petit peu compliqué. Alors je m’interroge sur ce qu’on fait nos élus depuis 2014, pourquoi ils n’ont rien fait, pourquoi ils n’ont rien demandé. Tout cela au sujet de l’université, mais il y a aussi l’enseignement supérieur plus pratique. Nous avons besoin d’IUT, de BTS en nombre plus important. Je pense que nous sommes déjà confrontés à une nouvelle industrie qui pourrait avoir sa place dans notre agglomération, c’est-à-dire le développement de l’intelligence artificielle, des 3D, des robots. Ce sont des industries qui sont absolument nécessaires et qui devront être couplées avec l’enseignement supérieur et ses formations professionnelles. Il est nécessaire également de mettre en place dans ce campus une programmation de reconversion pour les professionnels qui sont actuellement au chômage et qui n’ont pas de facilité pour retrouver du travail. Tout ce pack-là devrait impérativement être installé dans notre agglomération. J’avais évoqué la fusion des communes pour qu’une seule agglomération de 115 000 habitants puisse peser face à un ministère, car c’est un rapport de force entre l’éducation nationale et les élus locaux. Cela n’a pas été fait et c’est embêtant. C’est un peu comme si on voulait laisser un certain nombre de nos enfants sans véritable formation. Effectivement, c’est de l’ordre du tiers des adolescents qui sont dans cette situation, c’est embêtant. Je ne sais pas si nous pouvons en parler là, mais nous ne pouvons pas faire l’impasse sur le cadre général et national. Nous avons actuellement divisé par deux en quinze ans le nombre de conférenciers. C’est dramatique. Cela veut dire que la France ne se projette pas. On a supprimé 3000 postes du CNRS, c’est dramatique et si on regarde ce qu’il se passe dans les lycées, c’est-à-dire juste avant, nous avons un ministre qui a mis en place une réforme des lycées en faisant en sorte que 41 % de nos élèves de terminale n’aient aucun enseignement de mathématiques. C’est un scandale total. De quelle façon allons-nous pouvoir entrer en compétition avec les autres de l’UE et du monde entier ? Donc nous avons des lycées qui ne peuvent pas préparer correctement les élèves, et les enseignants en souffrent parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire ce qu’ils veulent faire, ils ont des salaires dérisoires, la société commence à dire que ça ne va pas très bien pour eux, mais finalement on assèche les moyens donnés à l’éducation nationale pour dire après que cela ne fonctionne pas bien et donc nous allons faire des universités libres, des écoles privées, etc. D’ailleurs c’est ce qu’il se passe : l’école hôtelière dont vous parlez est une école privée. Nous aurions tout à fait pu créer une structure publique avec un enseignement qui ne soit pas payant, car les charges étudiantes sont déjà importantes.

 

Julie Lechanteux : Bonjour à tous, merci au journal L’horizon Estérel Côte d’Azur d’avoir organisé ce débat. Les métropoles, on le sait, absorbent tous les budgets et les infrastructures. C’est un vrai problème et c’est pour cela que nous, au rassemblement national, nous luttons contre la métropolisation et que nous sommes pour un rééquilibrage des territoires, dans tous les domaines d’ailleurs. Tous ces choix sont évidemment politiques et il appartient à l’État et donc au gouvernement de pallier à ce désert de l’enseignement supérieur. Évidemment nos maires sur le territoire n’ont eu de cesse de se battre pour implanter des établissements d’enseignement supérieur. Il a été notamment proposé des emplacements comme la base nature, mais tout cela se fait avec l’État qui n’a absolument pas accompagné nos élus locaux dans ce domaine comme dans d’autres. Il manque une véritable volonté politique. Je viendrais donc, si j’étais élu, en appui au projet de ces établissements d’enseignement supérieur sur le territoire en concertation avec les maires. Un autre point essentiel : il manque des logements pour les étudiants. Trois étudiants sur quatre ont du mal à se loger. Il manque quasiment 250 000 logements étudiants en France. Cela serait un véritable projet — pour nous dans un territoire saisonnier où nous manquons de mains d’œuvre l’été — que nos étudiants qui ont du mal à se loger, à se nourrir, à vivre tout simplement puissent travailler l’été. On gagnerait en mains d’œuvre ce qu’il nous manque cruellement de nos jours. Ces logements étudiants occupés à l’année pourraient être mis à disposition de ces personnes pour travailler l’été.

 

Baptiste Laroche : La question de l’éducation et de la jeunesse est importante aujourd’hui. Les jeunes partent dans les grandes métropoles pour aller faire leurs études. Il y a la question du retour aussi, quand ils reviennent travailler ici. La question des petites et moyennes métropoles comme Fréjus a été la grande absente de la dernière présidentielle. Ces villes de 30 à 50 000 habitants qui sont le cœur battant de notre pays. Nous sommes d’accord qu’il faille implanter des universités, des BTS ou autres dans ce genre de territoire, il faut soutenir ces initiatives. Mais il y a un sujet important : une fois que ces jeunes ont terminé leurs études, ils doivent se loger et travailler. Ici le logement est très cher, il faut donc absolument développer les logements sociaux qui doivent être en priorité fournis pour les jeunes fonctionnaires et les jeunes qui travaillent sur ce territoire. Souvent les jeunes ont du mal à acheter et la question de l’achat pour les primo-accédants est le deuxième point que je souhaite aborder. Il faut que l’État soutienne les jeunes qui veulent acheter, car aujourd’hui c’est un acte courageux d’acheter, les banques et les acheteurs ont peur, le marché est tendu. Il faut soutenir les jeunes qui veulent acheter pour la première fois et surtout qui veulent revenir sur leur territoire. Après être parti pour des études à Lyon, Paris, Marseille ou Nice, il faut revenir sur son territoire et il faut pouvoir acheter. Pour cela nous proposons une déduction d’impôts sur le revenu pour tous les primo-accédants pour que leur achat ne soit pas étouffé par des impôts trop élevés.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Merci pour cette invitation et pour cette clarté des débats. Je voudrais tout d’abord repréciser que nous sommes sur un débat d’une élection législative et donc ce n’est peut être pas la peine de refaire le débat des municipales. Je ne suis pas dans la majorité municipale d’une ou l’autre des communes citées, mais ils ont été élus et je ne ferai pas de reproche sur ce qui ne dépend pas d’eux et cela a été dit au cours du débat. Sur ce qui est du ressort du parlementaire que chacun d’entre nous ici peut devenir, c’est de voter des lois, contrôler l’action du gouvernement, ou de forcer – comme disait madame Lechanteux – auprès de ceux qui revendiquent quelque chose. La première des choses concerne les moyens que nous aurions pour sédentariser la jeunesse ici sur un enseignement post-bac. On est d’accord avec le docteur Maurin, ce n’est pas seulement garder les jeunes, mais garder ceux qui veulent rester, car nous sommes aussi ouverts à ceux qui veulent faire des études loin, et j’avais proposé que l’on fasse des mécanismes de bourse, que nous ne faisons pas localement, pour aider ceux qui auraient l’occasion d’aller faire Harvard ou Cambridge de le faire. La première des choses est la formation professionnelle et vous l’avez dit. C’est très important, nous avons abondé énormément d’argent, je travaille beaucoup en lien avec la mission locale et Claude Fournet qui en est le président. Je regrette d’ailleurs que celle-ci se soit vu diminuer la subvention annuelle qu’elle reçoit de l’agglomération. Je comprends que l’agglomération veuille lui donner à peu près ce que les autres missions locales reçoivent, mais dans ces temps de tension que nous vivons, et vous l’avez dit madame Lechanteux, sur notre territoire, notamment à trouver des emplois qualifiés pour la saison, nous sommes là au début d’une saison avec des professionnels qui ont du mal, la formation professionnelle sur des métiers en tension chez nous et quelque chose de très important et le plan que nous avons décliné, nous allons le poursuivre. C’est la raison pour laquelle, j’ai saisi à la demande du président de la mission locale, le président du conseil régional et le président du conseil départemental, a abondé ce manque de ressources qu’ils ont. Le second point est qu’il existe des moyens d’enseignement soit par détachement d’antenne, soit par distance. Nous l’avons connu avant la crise covid avec les MOOC qui permettent de valider des unités d’enseignement universitaire de haute qualité et qui trouvent des débouchés, et grâce à cette période covid nous avons tous découvert la visioconférence et nous pouvions travailler à distance. Cela veut dire que ces antennes à distance dont vous parlez peuvent très bien se faire de la sorte. Et juste un petit chiffre — et cela est à la portée des parlementaires, de voter ou pas un plan numérique, que nous avions voté et que nos oppositions n’ont pas voté — le plan numérique a permis de raccorder à la fibre dans la circonscription plus de 73 000 locaux. C’est 29 700 locaux à Saint-Raphaël et 34 800 à Fréjus. L’arrivée de la fibre permet, au-delà des études, de sédentariser une jeunesse qui est demandeuse de cela. Reste aux élus locaux d’apporter une offre pour garder la jeunesse notamment en matière culturelle. Le pass culturel que nous avons fait et que nous allons reconduire et étendre est aussi un vecteur pour permettre à des jeunes de rester ici plutôt que d’aller dans d’autres villes comme vous le disiez. Sur les deux ou trois choses qui ont été dites par les autres candidats, le docteur Maurin — et je l’en remercie — parlait de la création d’une université de la mer. En 2014, lors des municipales cela était écrit noir sur blanc et bien repris par la presse et vos journalistes ici. J’avais proposé qu’on fasse une université de la mer Fernand Braudel et Jacques Cousteau : c’est-à-dire un côté ethnologique qui nous permettait de développer nos étudiants en archéologie, en histoire de la méditerranée et une université des sciences de la mer de Jacques Yves Cousteau. Et comme le disait Julie Lechanteux, je proposais à ce que la base nature puisse accueillir cela. Je m’en suis même ouvert avec le maire en lui disant qu’une fois élu, s’il voulait être dans ce programme j’étais fana et j’avais proposé le de vous aider à le développer. Malheureusement, cela ne dépend ni de la collectivité ni de l’État. Vous l’avez dit, vous n’avez pas eu de réponse favorable de l’État, mais depuis la loi de l’autonomie des universités que madame Pécresse avait faite lorsqu’elle était au gouvernement, il y a aussi les régions et cette affaire ne peut pas être la volonté de l’un ou de l’autre, mais la volonté aussi d’autres collectivités locales dont la région. Il faut savoir que cela représente un coût qui ne pourra peut-être pas être aligné avec toutes les autres augmentations de budget que nous réclamons par ailleurs sur l’éducation nationale, sur la justice, sur l’hôpital. Ce sont des vœux, qui à mon avis, aujourd’hui pour obtenir une université d’enseignement supérieur, vont être difficiles à réaliser et c’est pour cela qu’il vaut mieux se concentrer aujourd’hui et dans l’immédiat pour avoir des réponses rapides sur la formation et l’enseignement à distance.

 

Joël Hervé : Un petit peu à la marge, c’est bien de faire des études supérieures, mais pour en faire il y a avant les études secondaires et il faut qu’au niveau du primaire cela se passe dans de bonnes conditions. Je pense qu’on peut en dire quelques mots. Cela interpelle les gens qui sont déjà députés : on a en France les classes les plus chargées de l’Union européenne avec 25 à 30 élèves. Face à cela, les enseignants dont la formation professionnelle a été supprimée par Sarkozy en 2008, les plus récents en poste depuis une quinzaine d’années sont relativement démunis, c’est-à-dire qu’une fois qu’ils ont obtenu leurs masters 2 ils sont arrivés directement dans les classes et dans mon travail quotidien j’avais à participer à une sorte de formation continue pour les préparer au travail. Donc les enseignants ne sont pas responsables, ils ne sont pas coupables, mais ils subissent cela et en souffrent. Mais qu’a fait cette majorité pendant cinq ans pour remédier à ce problème ? À mon avis rien. La seule chose qu’on a faite c’est un écran de fumée en nous disant qu’il y aura des classes de 12 élèves dans les ZEP. Alors effectivement cela touche 4,9 % des élèves de France, mais que se passe-t-il pour les autres 95,1 % ? On ne le sait pas et les résultats sont corrélés très exactement à la suppression de la formation des enseignants. Sinon regarde les courbes elles se suivent. Alors maintenant on dit que nous avons des résultats catastrophiques. Alors effectivement, dans un CM1 en mathématiques aux épreuves TEAMS, on est 32e sur 33 avec seulement le Chili derrière nous. Dans le même temps, si on regarde les dépenses par élève, nous sommes très loin de tous les pays de l’OCDE. C’est la catastrophe. Or, comme le dit fortement notre député actuel, c’est le député qui vote les lois. Mais alors qu’avez-vous donc fait pour que cet enseignement fonctionne dans de meilleures conditions et se retrouve au moins au niveau de l’OCDE ou au moins dans la moyenne de l’UE ? Nous n’en sommes pas là. Alors nous proposons qu’il y ait un recrutement des enseignants qui soient au niveau de la licence et non pas en master 2 et qu’ils aient une formation professionnelle de trois ans dans des centres dédiés, soit un bac +6 qui correspond tout à fait à ce qui est nécessaire, de façon à ce que soit des professionnels qui prennent en charge les enfants. Parce qu’apprendre à lire à un enfant tout seul, presque tout le monde peut y arriver, à deux élèves aussi. À cinq ou six élèves, ça devient un peu plus compliqué. À 25, lorsqu’il y a des enfants qui ont des écarts de fonctionnement intellectuel différents, c’est très complexe. C’est un métier très complexe, et c’est un métier qui s’apprend. Or on ne l’apprend pratiquement plus. Imaginez que nous fassions pareil avec un chirurgien dentiste : qu’après l’obtention d’un master 2 en physique des matériaux, on peut pratiquer ! Le premier patient sortirait avec la bouche en sang et les lignes bougeront. Mais dans les écoles, à partir du moment où l’enseignant est sympa et que cela se passe bien avec les élèves, alors on ne dit rien. Du moment que les classes ne bougent pas, ça va. Mais quand on regarde les résultats et les difficultés d’enseignement, je me demande ce qu’ont fait ces députés de la majorité pour donner de l’argent à l’école. Avant-dernier au niveau des budgets et dernier au niveau de l’effectif par classe et dans le même temps des enseignants sous-payés. Ça, c’est en amont, mais cela fait partie des problèmes des campus.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : très brièvement en deux minutes comme nous devons le faire à l’Assemblée nationale. Tout d’abord, et je vous remercie de l’avoir dit, nous avons fait le dédoublement des classes élémentaires dans les zones d’éducation prioritaire et j’espère que vous poursuivrez cette politique si vous êtes élu, parce que le but était de commencer à l’échelle et de diviser par deux les classes dans tous les âges et ce programme est soumis au vote des députés. En revanche, en ce qui concerne les programmes, tout à l’heure c’était abordé dans les mathématiques, ou — et ce n’est pas abordé — la présence ou non dans les livres d’histoire du Général de Gaulle, ce sont des débats internes à l’éducation sur lesquels nous nous ne pouvons pas agir. Vous nous reprochez que le budget de l’éducation était le dernier. C’est vrai. Notre priorité a d’abord été la défense nationale et la sécurité. Ce sont les deux premiers budgets sur lesquelles nous avons abondé : la programmation militaire 2019-2025, rehaussement des effectifs de police où on est remonté à 12 000 qui avaient été supprimés nous les avons obtenus, et nous avons abondé sur le ministère de la Justice plus de 30 milliards avec des états généraux de la justice qui font qu’aujourd’hui ces états généraux vont aboutir sur un plan de recrutement de 8000 personnes dans la justice plutôt que dans l’enseignement de tous les degrés. Vous pouvez nous le reprocher, c’étaient des choix, nous les assumons et je les assume. L’éducation nationale arrive pendant ce mandat si nous avons le loisir d’être majoritaires avec d’abord l’hôpital, la justice puisque je viens de le dire on est en transition sur ces deux mandats, et l’éducation nationale. On peut nous reprocher de ne pas avoir assez fait, de ne pas avoir fait rapidement, mais j’assume mes choix, j’assume d’avoir voté et élaboré la loi de programmation militaire d’abord et la loi sur la sécurité intérieure ensuite.

 

Julie Lechanteux : Concernant le dédoublement de classe qui est effectivement utile et indispensable. Je le rappelle j’ai été adjointe à l’enfance et l’éducation et j’ai eu l’occasion de gérer ce genre de problématique, il faut se souvenir que le coût revient à la charge des communes qui ont toujours moins de dotation de l’État et qui vont encore baisser à la demande de Macron et c’était également la proposition du parti Reconquête. On demande toujours aux communes de faire toujours plus avec toujours moins. Pour revenir à l’éducation supérieure, c’est donc bien une question de volonté politique. Vous le disiez monsieur Michel-Kleisbauer, la région rentre dans la discussion, le conseil départemental également puisque je faisais parti de la commission enseignement supérieur, et un fait indéniable et incontournable que je disais dans mes propos tout à l’heure, les métropoles absorbent tous les budgets et les infrastructures. Donc il faut que la volonté politique change, s’adapte et rééquilibre tous les territoires. Il est indispensable d’avoir des établissements d’enseignement supérieur sur un territoire aussi grand.

 

Jean Marc Maurin : Je rappelle que le sens de la question était de lutter contre la fuite de la jeunesse. À mon sens, ce n’est pas la visioconférence qui va permettre de le faire, après je ne pense pas qu’un député influence une distribution de la fibre sur son secteur, c’est un programme national.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Non, cela est voté, ce n’est pas fait par les entreprises, mais cela a été voté. Vous avez signé une charte sur ne pas dire des choses qui sont fausses. C’est un plan, le plan numérique a été voté en début du mandat, et l’arrivée de la fibre ne vient que par ce plan.

 

Jean Marc Maurin : alors c’est très bien. Le fond du débat c’est garder notre jeunesse et je pense que pour la garder il faut sur place des formations de troisième cycle. Tout le monde est capable par visio de se former, mais où est le concret, où sont les emplois, où sont les débouchés ? Il faut les garder sur le secteur et sur le territoire. L’université de la mer si tous les élus sont en mesure de le faire, il est difficile de faire des choses certes, mais il faut savoir se battre pour les faire parce qu’il faut prendre connaissance des remontées de terrain et il faut aller dans le sens de la population et dans le sens de la conservation de nos jeunes sur le territoire. C’est le fondement de mon raisonnement.

 

Joël Hervé : Pour rebondir sur ce qu’a dit madame Lechanteux, cette diminution des élèves chez les CP et CE1 est très bonne chose. Ce sont des classes de 13 ou 14 élèves. Ensuite l’évaluation je l’ai cherché. Je connais bien la maison, il m’a fallu 1 h 30 pour trouver les résultats de l’évaluation de cette expérimentation cachée au fond d’un site du ministère. Je l’ai trouvé, le résultat ce n’est pratiquement pas de progrès, même une légère baisse en français ou en mathématiques. Donc on s’interroge. Cela a coûté une somme conséquente. Le seul intérêt que j’y vois c’est que cela a allégé un peu la journée des enseignants qui étaient moins fatigués en fin de journée, mais ce n’est quand même pas ça l’objectif. Pourquoi avoir fait cela spécifiquement sur les ZEP. Il faut les aider, mais des QI de génie il y en a dans les ZEP, dans les campagnes, dans les villes ordinaires et dans les métropoles. Des élèves en difficulté il y en a aussi dans les ZEP, les campagnes, etc. Donc c’est bien une adaptation de l’enseignement à travers une formation professionnelle des enseignants qui doit être mise en place au niveau national de façon à traiter la totalité des enfants.

 

Baptiste Laroche : Je rebondis rapidement sur la question du primaire. Vous parlez beaucoup d’argent, mais c’est aussi une question de recentrer l’enseignement sur les savoirs fondamentaux. Aujourd’hui il y a beaucoup de dispersion dans les écoles, mais si on recentre l’enseignement sur les savoirs fondamentaux on peut vraiment et sérieusement former une génération.

 

Jean Marc Maurin : Je rebondis sur les propos de monsieur Hervé, nos classements au niveau de l’éducation sont catastrophiques, 23e sur 79 dans le classement pisa, le programme international du suivi des acquis. Nous sommes très mauvais, en premier on retrouve des pays d’Asie et d’Europe de l’Ouest. Nous avons régressé, 40 % de nos enfants n’ont pas la pleine possession des capacités de lecture à la sortie du CM2. On a perdu le sens, en trente ans vouloir aller sur le tout mathématique a été une contre performance. Il y a de moins en moins de candidats qui arrivent dans les écoles d’ingénieur, c’est un échec à ce niveau-là. Notre système d’éducation est un échec tel qu’il est pensé, conçu et appliqué. Nous devons absolument le réformer et le transformer pour apporter le meilleur pour nos enfants.

 

Joël Hervé : monsieur Maurin, cette difficulté a maintenir les niveaux par rapport à nos voisins européens a démarré en 2008 ou 2009. Je vous assure, regardez bien pisa : diminution des budgets, arrêt de la formation des enseignants, résultat des élèves. C’est bien Sarkozy qui a mis cela en place, vos amis.

 

Jean Marc Maurin : il est donc temps de changer avec nos nouveaux amis.

 

Le triathlon cherche encore des bénévoles

Le samedi 14 et le dimanche 15 mai prochains, Fréjus s’anime autour de son triathlon, mais à quelques jours de l’événement, il manque des bénévoles.

De la natation en mer, du vélo et de la course à pied vont animer ces deux journées. Pour les moins vaillants, qui ne souhaitent pas forcément se parer de la tenue du triathlon, vous pouvez vous vêtir du tee-shirt de bénévole qui vous sera remis. “Nous recherchons un nombre illimité de bénévoles« , plaisante Sandrine Fernandez, présidente de l’AMSL Fréjus triathlon. Elle ajoute : “Nous avons dans l’idée 200 bénévoles, mais pour le moment nous ne sommes qu’à 140 personnes. Nous avons besoin de quelques personnes sur l’eau pour la natation en mer, mais beaucoup plus pour le vélo. Il faut environ 120 personnes pour faire la circulation et empêcher les sorties de parking et de résidence des voitures.” Pour la course à pied, qui se déroule à la Base Nature, il sera essentiellement demandé de faire de l’encadrement et de la signalisation. “Tout le monde peut participer, même de jeunes adolescents. Un tee-shirt est remis et le repas du midi est offert”, précise la présidente. Pour s’inscrire, rien de plus simple, il suffit de se rendre sur le lien suivant et de sélectionner le créneau. https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSexn_nlOMpq9Mmb8s9oxaxwZy3TOXTHOqn_Hx0-ZkB0jFJQ-w/viewform

Pour participer, c’est encore possible 

Il reste encore quelques places et quelques jours pour s’inscrire à la compétition. “Même les enfants, y compris non licenciés, peuvent participer. C’est intéressant de venir essayer. Le parcours est 100% sécurisé, il se déroule sur la base nature. Des places pour les adultes sont aussi ouvertes”, conclut Sandrine Fernandez. 

Contacts : triathlon@amslfrejus.com ou 06 62 60 15 43

Par Léna Peguet – Photo : AMSL Fréjus 

Les conférences “Écrire le théâtre” se poursuivent

Photo : Thomas Morganti

Ce mardi 3 mai, une nouvelle séance du rendez-vous “Écrire le théâtre” a lieu. Elle est consacrée à Bertolt Brecht. 

Il était unique, à la fois dramaturge, à la fois militant. Bertolt Brecht proposait des œuvres riches, souvent représentées. En plus d’être un célèbre auteur, il est un metteur en scène, écrivain et poète allemand accompli. La renommée internationale, il l’obtient grâce à L’opéra de quat’sous, en 1928. Si sa vie peut être racontée de toutes les manières possibles, ce mardi 3 mai, c’est Laurent Le Touzo qui la retrace. Pour l’épisode 28, des rendez-vous “Écrire le théâtre”, la conférence se déroule au théâtre de poche à Fréjus, à 18h30.  

Par Léna Peguet – Photo : Thomas Morganti




Saint-Raphaël commémore les Arméniens

Photo : Léna Peguet

Ce dimanche 24 avril, les élus se sont réunis pour rendre hommage au génocide arménien. Un moment de recueillement pour ne pas oublier cet épisode de l’histoire. 

 Qui oublie son passé est contraint de le revivre.” Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël, utilise les mots de Churchill pour rendre hommage aux Arméniens. Des visages fermés, graves et tristes, une trentaine de personnes sont présentes devant le Khatchkar. En présence du maire et des élus, les allocutions s’enchaînent. Elles sont entrecoupées par un poème, récité en langue maternelle. Alina Vardanyan est la présidente de l’association amitiés franco-arméniennes, elle prononce ces mots : “ Il ne convient pas de laisser ce sujet dans le passé et surtout de ne pas le nier. L’ignorance est criminelle.” Après les chants nationaux, le dépôt de gerbe, la minute de silence, une prière accompagnée d’une bénédiction, un buffet a été proposé. 

Par Léna Peguet – Photo : L.P

La PIJ mobile débarque dans votre quartier

Le Point information jeunesse de Fréjus se déplace depuis janvier au plus près des jeunes pour les accompagner dans leurs démarches d’orientation, d’emploi ou encore de formation. Ce pôle dépendant du centre d’animation de Villeneuve, offre des services pour répondre à une large palette de besoins, de la rédaction de CV à la bourse au permis.

“L’objectif avec ce point mobile est vraiment d’aller à la rencontre du public”, explique Cédric Baruchello, l’un des deux informateurs jeunesses. Un public qui peut être très large. Le PIJ propose des services auprès d’adolescents jusqu’à des adultes de 25-30 ans. Un accueil toujours gratuit et sans rendez-vous. Les permanences mobiles ont lieu tous les mois dans les différents quartiers fréjusiens, pendant une heure. « De quoi se faire connaître et commencer un travail d’accompagnement », ajoute Alexandre Lenoir.


Le duo de formateurs propose une aide à la rédaction de CV, lettres de motivation ou encore demandes de stages. Les demandes les plus récurrentes portent sur les jobs d’été et l’alternance. Le PIJ répond aussi à des besoins d’inscription à Parcoursup, de réorientation scolaire, de recherche de premiers emplois, de stages ou encore de mobilité en Europe et à l’international. Les acolytes ont aussi un rôle de réorientation vers les différentes structures adéquat selon les besoins de chacun.


Une bourse au permis mis en place par la ville est également accessible via le PIJ à une vingtaine de jeunes. En échange de dix matinées de travaux éco-citoyen, 300 euros sont envoyés à l’auto-école de leur choix. “Dans le même esprit d’améliorer le pouvoir d’achat des jeunes, on travaille sur la mise en place d’une carte jeune”, révèle Cédric Baruchello.

Les permanences du mois de mai, de 17h à 18h :

– mardi 3 mai, au Stade Gallieni

– jeudi 5 mai, Place de la poste de Saint-Aygulf

– mardi 10 mai, place Paul Vernet

– jeudi 12 mai, à la Gabelle

– mardi 17 mai, au centre commercial de Caïs

– jeudi 19 mai, à la poste de la Tour de Mare

– mardi 24 mai, à l’Agachon

– jeudi 26 mai, à Saint-Jean-de-Cannes

– mardi 31 mai, au quartier de Bellevue

Retrouvez notre article détaillé dans le numéro 52 de L’Horizon, prochainement dans vos kiosques.

Par Eloïse Esmingeaud – Photo : Eloïse Esmingeaud

La Printanière, fête du commerce

Ce lundi 18 avril, de 9h à 19h, une centaine de commerçants vont poser leurs étals le long du bord de mer, de Port-Fréjus aux Sablettes, pour la Printanière. Un événement voulu comme une fête des commerçants par le service commerce de la ville de Fréjus, aux manettes de cette journée.

 

Il y en aura pour tous les goûts. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, qu’ils proposent de la nourriture, des vêtements ou des accessoires, ils seront tous installés, côte à côte, entre Port-Fréjus et les Sablettes. Eux, ce sont les commerçants, et ils vont prendre part à la Printanière, « une fête du commerce« , comme le martèlent Christelle Plantavin, adjointe au commerce, Jérôme Réber et Sylvie Caietta, respectivement directeur du service commerce et élue au commerce. Si la dernière en date remonte à 2017, cette manifestation se veut ouverte à tout le monde et festive. « L’idée est de proposer un décloisonnement commercial« , glisse Jérôme Réber. Entre 100 et 120 commerçants devraient s’installer lundi, qu’ils soient locaux ou non-sédentaires, et les retardataires pourront s’inscrire jusqu’à la dernière minute. « C’est l’essence du commerce en liberté« , ajoute Christelle Plantavin. Et pour favoriser les participations, la ville a décidé de proposer une installation contre 10 € du mètre. « La volonté que nous avons est de promouvoir tous les produits. Il fallait un jour férié pour que cela attire des gens venus de tout le bassin et cela nous permet aussi de fêter l’arrivée du printemps et des beaux jours« , ajoute le trio. 

Sur le bord de mer fréjusien, on trouvera ainsi des produits alimentaires, de l’artisanat, des vêtements, des accessoires en tout genre. Et si la liberté accompagne l’esprit de cette journée, c’est aussi pour sortir du carcan strict du marché, une manière de proposer une offre variée pour une journée où les familles pourront déambuler entre les stands et trouver leur bonheur. “Il y aura de l’a​​limentaire, avec de la bière artisanale, du miel et des produits de la ruche, des olives et tapenades, fromages et charcuteries, madeleines artisanales, etc. Dans l’offre textile, il y aura du linge de maison, des tissus et nappes, de l’habillement, avec du prêt-à-porter, des chaussures, maillots de bain ou lingerie. On trouvera aussi de l’artisanat local et des accessoires type beauté, bijoux, chapeaux, coutellerie, maroquinerie, lunettes, ceintures, mais aussi des tatouages et plein d’autres surprises”, ajoute Jérôme Réber. De quoi passer une journée festive tout en faisant ses emplettes le lundi de Pâques. 

Frédéric Masquelier votera blanc lui aussi

Après l’annonce du bureau politique des LR de ne voter ni pour Marine Le Pen, ni pour Emmanuel Macron, Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël et secrétaire départemental du bureau fédéral a lui aussi annoncé son vote au second tour : le bulletin sera blanc.

 

« C’est un résultat qui est effectivement très mauvais, néanmoins la vie politique est faite de haut et de bas. En ce qui me concerne, je suis fier d’avoir été fidèle à mes convictions et à mon parti, je n’ai jamais cherché à être dans le sens du vent et je pense que le parti LR va demeurer un grand parti avec des idées fortes. » Quelques minutes après l’annonce des résultats, Frédéric Masquelier, le maire de Saint-Raphaël, avait analysé de façon lucide le résultat du scrutin.

Ce soir, après la réunion du bureau politique des Républicains et leur choix de ne voter pour aucun des deux candidats présents au second tour, l’édile de la cité de l’Archange a de nouveau pris la parole par le biais d’un courrier aux adhérents du parti, dans lequel il annonce qu’il votera blanc le 24 avril prochain.

« La ligne définie par le bureau politique des LR est de ne pas donner de voix au Rassemblement national pour le second tour laissant, toutefois, à chacun une liberté de choix. En ce qui me concerne, j’ai décidé de voter blanc pour rester fidèle à mes propos, à la défense de mes idées, et refusant l’idée de servir de caution à des attitudes que je combats. D’une part, je n’ai jamais adhéré à l’idée d’une société craintive, se renfermant sur elle-même, qui est réfractaire à l’idée européenne et ne croyant pas dans sa capacité à entrevoir l’avenir. Je ne voterai donc pas pour la candidate du Rassemblement national. »

« D’autre part, le bilan des 5 dernières années ne donne aucun argument pour un chèque en blanc et l’absence de campagne électorale du Président/candidat confirme qu’il n’a pas d’autre programme que celui de rester. Pour anticiper un argument ressassé, le front républicain est aujourd’hui éculé. Se mettre à côté de la France insoumise, du Parti socialiste ou des Verts n’a pas de sens pour ceux qui se disent de droite. Les mêmes qui viendront dans quelque temps se plaindre de l’excès de centralisme, de fiscalité ou la complexité de l’Etat. Je ne voterai donc pas pour le candidat En Marche. Ce double choix est un choix personnel.« 

Suite à cette annonce et les explications qui en découlent, Frédéric Masquelier a également souligné que les Républicains peuvent encore s’appuyer sur une force importante composée  au sein « d’un tissu d’élus locaux » et que le 10 avril constitue « le début d’une nouvelle histoire qui passe par une sérieuse remise en cause sur nos méthodes de travail« .

 

 

Françoise Dumont, « Je voterai blanc au second tour »

Françoise Dumont, sénateur du Var et orateur de campagne de Valérie Pécresse, annonce ce soir par voie de communiqué de presse qu’elle votera blanc. Les Républicains, eux, ne voteront ni pour Emmanuel Macron, ni pour Marine Le Pen, et se focalisent dès à présent sur les législatives.

 

Le communiqué de presse est tombé en soirée ce lundi. Réuni aujourd’hui, le bureau politique des Républicains a adopté une motion à 87 % selon laquelle ils ne voteront ni pour Emmanuel Macron, ni pour Marine Le Pen. De son côté, Françoise Dumont, sénateur du Var, orateur, soutien et amie de Valérie Pécresse, a elle aussi clarifié sa position suite à la défaite historique des Républicains au premier tour de l’élection présidentielle.

« Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, qui apporte des résultats, soyons honnêtes, pour le moins catastrophiques, pour le parti Les Républicains, à l’élection majeure que représente l’élection présidentielle, il m’apparait important de prendre la parole pour dire mon ressenti« , commence ainsi la sénateur, avant de se positionner en vue de son vote du second tour, le 24 avril prochain.

« Au regard du second tour de l’élection présidentielle, j’ai choisi d’attendre pour donner ma position. Il me semblait important d’écouter les uns et les autres. J’en viens à la conclusion, que je ne pourrai, bien évidemment, jamais voter pour la candidate du Rassemblement National, que beaucoup ont essayé, avec succès visiblement, de « dédiaboliser ». Son projet de société n’est pas le mien. Je suis et resterai toujours profondément républicaine. Mais je ne me résous pas à voter pour le candidat En Marche, tant j’ai combattu les mesurettes proposées par les gouvernements macronistes, ces 5 dernières années. Je ne suis « ni fongible dans le macronisme, ni dans le lepenisme ». C’est donc en conscience et responsabilité, qu’à titre personnel, je voterai blanc, au second tour.« 

À la suite de son positionnement, Françoise Dumont, dans la veine du communiqué rédigé par le bureau politique des LR, a rappelé l’importance de la bataille à venir des législatives. « Le combat n’est pas fini. Le « troisième tour » de l’élection présidentielle, que sont les élections législatives (qui influenceront nécessairement la constitution d’un Gouvernement), s’ouvre. Je m’inscris donc dans cette nouvelle campagne, des élections législatives, auprès de nos candidats varois, et pleinement dans une reconstruction, nécessaire, de notre mouvement politique.« 

 

Romain Chardan (avec communiqué) – Photo : D.R.

Julie Lechanteux, « C’est un espoir de voir Marine élue présidente de la République »

Julie Lechanteux, député européenne RN, revient sur les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

 

Quel est votre sentiment à l’issue de ce premier tour ? 

On est tous heureux du résultat obtenu par notre présidente, Marine Le Pen, qui est notre présidente à nous. On sent l’espoir des élus, des militants et je pense des Français en règle générale. C’est un espoir de voir Marine élue présidente de la République. 

Comment vont se passer les quinze prochains jours ?

On va se remettre au travail dès demain. Il va falloir convaincre les Français, réunir les Français, réunir tous ceux qui aiment la France autour de la candidate Marine Le Pen. Je crois qu’il y a eu aussi un signal donné ce soir, 62% des Français qui ne veulent pas de la candidature d’Emmanuel Macron. 

Sur quelles modalités va se réaliser ce travail ? 

Nous allons suivre notre présidente qui va faire, je pense, deux gros meetings sur les quinze jours, un par semaine. Nous allons continuer à aller sur le terrain, Marine également va aller sur le terrain, comme elle l’a fait ces huit derniers mois. C’est-à-dire au plus proche des Français pour essayer encore une fois de les rassembler, de les unir. On a besoin de réunir les Français, ils ont été divisés pendant cinq ans : c’était les vaccinés contre les non-vaccinés, les pompiers contre la police. Cela n’a été que division, aujourd’hui le travail des quinze prochains jours va être de réunir les Français. 

Qu’allez-vous justement dire à ces Français pour tenter de les convaincre ? 

Je vais leur dire que notre présidente est celle qui justement va réunir les Français, va apaiser les Français, c’est celle qui est la plus sincère, la plus déterminée. C’est elle qui protégera les Français. Elle a un programme au plus proche du réel, au plus proche des attentes des Français. Tous les amoureux de la France doivent se réunir autour de Marine Le Pen.

Par Léna Peguet – Photo : I.B.

Angélique Fernandes, « Ce n’est qu’une première manche, ce n’est pas gagné »

Angélique Fernandes est membre de la République en Marche et déléguée à Fréjus pour le groupe. Quelques minutes après les résultats, celle qui est aussi conseillère municipale d’opposition à Fréjus est revenue sur le premier tour de l’élection présidentielle.

Votre réaction suite aux résultats ?

Emmanuel Macron fait un meilleur score aujourd’hui qu’en 2017, donc une partie de l’électorat de centre et centre droit a bien voté pour Emmanuel Macron. C’est ce qu’on visait, et sincèrement, au fur et à mesure de l’avancée de la campagne, malgré les critiques le visant sur l’absence de campagne, et comme je l’expliquais, dans le contexte de la guerre en Europe, cela paraissait assez incongru de voir un président en fonction dans une campagne, c’est la première fois en France où pendant une campagne il y a une situation de guerre en Europe. Néanmoins, ses propositions et son bilan plaident en sa faveur. Valérie Pécresse n’a pas réussi à montrer qu’elle pouvait incarner la fonction, c’est ce que beaucoup de gens m’ont dit, ils ne l’ont pas vue capable d’incarner la plus haute fonction de l’État dans un contexte particulier comme nous le vivons actuellement.

Quel objectif aviez-vous fixé au niveau local ?

Je m’imaginais Emmanuel Macron à 24 % (22,57 % à Fréjus, 28,03 % à Saint-Raphaël). Je suis satisfaite de son résultat. Nous sommes dans un contexte difficile, anxiogène, avec la crise économique, nous sortons d’une pandémie, il y a la guerre en Europe, et dans un climat anxiogène comme celui-ci, on voit que l’électorat pourrait aller dans un vote extrême par peur, car c’est souvent le résultat d’une peur ou d’une colère. Mais ce n’est qu’une première manche, ce n’est pas gagné.

Localement, sur un territoire très marqué RN, quel programme des 15 jours à venir ?

Aller sur le terrain, car chaque voix compte. Pour l’avoir fait juste avant l’élection présidentielle, c’est en discutant avec les gens, qu’on leur montre le bilan, par rapport à ce qu’il s’est passé en Europe, on n’a pas à rougir en France, la crise a été plutôt bien gérée, et les réformes il y en a eu. On ne peut pas dire que le pays soit le même en 2022 qu’en 2017, au niveau fiscal il y a eu des réformes, au niveau social aussi. Le pouvoir d’achat a été un sujet d’actualité, quand on supprime la taxe d’habitation, c’est de l’augmentation du pouvoir d’achat. Mais c’est vrai que les personnes ont du mal à s’en rendre compte parce qu’avec l’augmentation de l’essence ou de l’énergie, ils voient moins les effets des réformes mises en place. 

Il y a eu de nombreux appels à voter Macron, sur quels points allez-vous appuyer le discours pour aller récupérer des voix supplémentaires ?

Nous vivons une situation de crise internationale, et le repli sur soi, politique prônée par Marine Le Pen, n’est pas ce qui nous permettra à nous, Français, de gérer cette crise. La migration par exemple, nous savons qu’on va avoir une migration climatique, et ce n’est pas en fermant les frontières qu’on va le régler, mais en mettant en place une politique plus responsable et c’est comme ça qu’on peut aller toucher des écologistes. Marine Le Pen veut par exemple sortir des accords de Paris et par dogmatisme, refuse les énergies renouvelables. Son programme ne prévoit pas un euro pour tenir les objectifs en matière de réduction de carbone. Il y a de grandes avancées écologiques qui ont été faites sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Il faut libérer le travail parce qu’on s’est rendu compte, avec la crise économique liée à la pandémie, que la délocalisation de nombreux produits en Asie nous a empêchés d’être réactifs, donc il faut réindustrialiser notre pays et c’est une politique économique responsable qui pourra être menée par Emmanuel Macron. Le projet d’Emmanuel Macron du point de vue social comporte l’indexation des pensions de retraite sur l’inflation malgré un contexte économique compliqué, et le versement des prestations sociales à la source. 

 

Romain Chardan – Photo : D.R.