Frédéric Masquelier, « J’ai peur que le système craque et que nous arrivions à un arrêt des urgences »

Frédéric Masquelier, président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération et président du conseil de surveillance du CHI Bonnet tire la sonnette d’alarme à propos des urgences. Et ne manque pas de rappeler l’État et l’ARS à leurs responsabilités.

 

/ Quelle est votre position sur la situation des urgences du CHI Bonnet ?

Ce que nous avons pu voir sur le journal de France 2 donne une image exécrable pour la ville, l’agglomération et pour l’hôpital lui-même, il y a donc une nécessité de réagir. Ce sont des images que l’on pourrait retrouver dans des pays en voie de développement et il est inadmissible de voir des urgences avec des dizaines de brancards, des gens qui attendent des heures et ceci en dehors de toute dignité humaine. Sans compter, comme l’a souligné le corps médical, cette moins bonne prise en charge, voir des risques de mauvais traitement médical et tout ceci expose l’hôpital à des responsabilités qui pourraient être d’ordre pénal. Tout ceci est extrêmement grave. Il y a une nécessité de prendre des mesures rapides et distinctes du projet des urgences pour lequel on attend une réponse définitive au mois de mars.

/ Vous avez provoqué une réunion extraordinaire hier soir (lundi 9 janvier) du conseil de surveillance. Qu’en est-il ressorti ?

J’ai convoqué un conseil de surveillance exceptionnel élargi puisque les directeurs de pôles étaient aussi présents, les syndicats, de même que l’ARS. Nous avons donné la parole à chacun et il en est quand même ressorti qu’il s’agissait principalement de problèmes organisationnels pour lesquels on peut apporter une solution. Si l’on donne un ordre de grandeur, la problématique des urgences, c’est une vingtaine de lits. Il faut un soignant derrière chaque lit avec une prise en charge médicale. Pour l’ensemble de l’hôpital, il y a plus de 300 lits et 1 500 personnels qui y sont rattachés. Il peut donc y avoir une solution pour la prise en charge de 25 lits. Cela nécessite des efforts de réorganisation avec la Dracénie, puisque tout ceci provient de la fermeture des urgences (de nuit, ndlr), de Draguignan. On attend des efforts de la part des médecins de la Dracénie. Il y a également un service qui doit se libérer, ce qui permettra de récupérer huit lits. Et il y a sûrement une meilleure organisation à prévoir entre les lits programmés et les non-programmés. Il ne s’agit pas d’opposer les deux, parce que nous avons besoin des deux. Mais il faut que chacun fasse des efforts.

/ On s’oriente donc vers une réorganisation à court terme ?

Elle doit intervenir à court terme et le projet doit intervenir à moyen-long terme. J’attends que ce soit très rapide, puisque ce sont des décisions organisationnelles. J’attends des décisions, plus des paroles, et nous avons une réunion dans trois semaines pour faire un point sur l’état d’avancement des mesures qui doivent être prises. Et si ce n’est pas pris, j’ai peur que le système craque et que nous arrivions à un arrêt des urgences. Ce qui serait tout à fait inacceptable. 

/ À quel niveau pouvez-vous intervenir en tant que président de l’agglomération et du conseil de surveillance ?

Le président du conseil de surveillance n’a pas un rôle décisionnel, on n’a pas de pouvoir effectif. On a un pouvoir d’animation, de rassemblement de l’ensemble des compétences, et on peut être un porte-parole. Et surtout, le président du conseil de surveillance représente la part élue et l’ensemble des citoyens, des usagers, des patients de l’hôpital, soit près de 116 000 habitants et près de 300 000 l’été. Et je ne manque jamais de dire à la bureaucratie hospitalière et l’ARS qu’il convient de prendre en considération le patient qui doit être au cœur de la politique hospitalière. Lorsque l’on voit ce type de situations, personne ne pense que vous avez une bonne prise en charge hospitalière dans ces conditions. D’autant qu’il y a aussi une grande souffrance du personnel. Ils sont tous presque au bord du burn-out, ce sont des gens courageux qui ne baissent pas les bras et nous avons beaucoup de chance que le service des urgences n’a pas déjà fermé. Ça tient à la ténacité de quelques personnes, dont le docteur Jammes, dont je salue l’action, donc il nous incombe de les soutenir, de les représenter et de faire des propositions, et là, je mets quelques propositions en terme d’organisation en considérant que c’est tout à fait soluble lorsqu’on voit les ordres de grandeur si chacun y met du sien et fait les efforts.

/ Avez-vous le sentiment que vos prises de position portent leurs fruits, puisque ce n’est pas la première fois que vous prenez la parole à propos de problèmes au CHI et surtout aux urgences ?

Malheureusement, nous sommes dans un système qu’il faut toujours maintenir sous tension dans la mesure où nous constatons l’une des tendances naturelles de toute cette bureaucratie. Car l’hôpital est l’organisation la plus bureaucratique qui soit, à tous points de vue, par rapport à un langage, des acronymes, une multiplication des commissions, une politique décidée d’en haut, des politiques qui changent en permanence, l’art de tout changer sans rien changer, avec personne qui n’est responsable, c’est ça la bureaucratie hospitalière. Et le fait de pouvoir dénoncer ça, c’est essayer de faire sortir chacun de sa zone de confort administratif pour amener à chaque fois d’autres réflexions avec d’autres critères, celui des soignants, celui des patients, du personnel et d’essayer d’établir des rapports de force absolument nécessaires pour que le système ne tourne pas par lui-même et pour lui-même, mais se recentre davantage vers ceux qui doivent en être au cœur, à savoir les usagers. 

/ Des rencontres avec la Dracénie et l’ARS sont-elles au programme pour faire bouger les lignes ?

Aujourd’hui tout le monde connaît le problème, donc il faudrait que ceux ayant le pouvoir de décision prennent les mesures nécessaires, qu’on ne joue pas constamment à se renvoyer la balle les uns les autres sous le prétexte de concertations, de réflexions menées, mais qui sont autant de prétextes pour ne pas prendre de décisions. Il faut aussi un peu de courage lorsqu’on a le pouvoir de changer les choses et j’invite les tutelles à prendre un certain nombre de décisions qui permettront une fois pour toutes de régler ces problèmes organisationnels qui sont très préjudiciables à l’hôpital et l’image de notre territoire.

/ L’agglomération a-t-elle des possibilités concrètes d’apporter une aide à l’hôpital ?

Elle l’a déjà fait, que ce soit avec la crèche de l’hôpital, car c’est l’agglomération qui la fait fonctionner, plus de 3,5 millions ont été versés pour que l’hôpital ait un parking, donc je crois que l’agglomération a répondu présente à chaque fois. Par contre, c’est une compétence directe de l’état et ce n’est pas aux contribuables locaux de participer au fonctionnement de l’hôpital. Ça ne se fait nulle part en France et ça ne doit pas se faire. C’est à l’état d’assurer le fonctionnement des hôpitaux. 

 

À RETROUVER DANS NOTRE PROCHAINE ÉDITION, UN ARTICLE SUR LA SITUATION AUX URGENCES DU CHI BONNET, DÈS CETTE SEMAINE

 

Romain Chardan – Photo : R.C.

Collision entre une voiture et un train à Saint-Raphaël

Ce matin, une voiture est entrée en collision avec un train sur la route Saint-Barthélémy. Le trafic ferroviaire est interrompu entre Saint-Raphaël et Cannes. Un homme est blessé.

Il n’est pas encore 7h ce matin lorsque, route Saint-Barthélémy, un TER est entré en collision avec une voiture sans permis à hauteur de la calanque Saint-Barthélémy. Cette dernière est tombée sur la voie ferrée d’une hauteur d’une dizaine de mètres, et immobilisée sur les voies, elle a finalement été percutée par le train. Le conducteur du véhicule, un homme de 31 ans, est blessé, notamment avec des douleurs à la jambe et à la cheville, mais a réussi à sortir de sa voiture avant l’impact. Il a été transporté vers un centre hospitalier.

L’accident provoque un arrêt du trafic ferroviaire et un TER, avec 47 passagers à son bord (aucun n’a semble-t-il été blessé), en route vers Toulon (voie 2) est à l’arrêt. Après le choc, le convoi ferroviaire a parcouru environ 400 mètres et une caténaire a été endommagée au cours de l’incident, la circulation des trains est donc stoppée sur les deux voies, de même que le courant de traction.

Cette intervention mobilise 16 sapeurs-pompiers dont 6 viennent des Alpes-Maritimes et ont été engagés 2 ambulances, 1 engin de protection incendie, 1 véhicule de désincarcération et d’éclairage et 1 véhicule de commandement.

RC – Photo : SDIS 83

Violences urbaines : le président Masquelier suspend les aides à la Gabelle

voitures police
Suite aux violences urbaines survenues à l’issue de la qualification du Maroc en quart de finale du mondial au Qatar, le président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération, Frédéric Masquelier, a décidé de suspendre les aides sociales de l’agglo à la Gabelle pour les transférer sur d’autres quartiers. 

La coupe du monde de football s’exporte à Fréjus. Suite à la victoire du Maroc en huitième de finale du mondial qatari hier (0-0 – 3-0 aux TaB), des supporters des Lions de l’atlas ont décidé d’aller fêter le succès de leur équipe en ville. Si tout s’est bien déroulé au départ, les choses ont tourné au vinaigre au bout d’un certain temps. Alors que plusieurs groupes ont quitté la Gabelle en direction du bord de mer dans une ambiance joviale et festive, c’est au moment de revenir vers le quartier que le ton a changé. D’après diverses sources policières, si le nombre varie, ils étaient a minima trois fois plus nombreux que lors des manifestations de violence précédentes. 

Plusieurs petits groupes se sont réunis et la masse a fait que tout est parti”, confie un policier présent sur le terrain. Pourtant, un dispositif de plus grande envergure avait été mis en place par les forces de l’ordre compte-tenu des derniers après-matches de la Tunisie et du Maroc. Une quinzaine de policiers nationaux venus en renforts de Toulon ont ainsi complété les équipes locales, de quoi déployer, PN et PM comprises, une cinquantaine d’hommes sur le terrain.

Insultes, pierres et poubelles brûlées

Alors que le ton monte, et que certains adultes “sont venus pour la première fois nous invectiver et dire que nous étions là pour provoquer”, dixit un policier, les violences physiques n’ont pas tardé à poindre. Jets de pierre, pétards, bouteilles et mortiers d’artifice d’un côté, riposte au LBD et lacrymogènes de l’autre. “C’était très chaud”, souligne une source policière. Si la violence des événements est à peu près équivalente aux deux derniers épisodes, elle n’a en tout cas pas laissé le maire de Saint-Raphaël et président de l’agglomération de marbre. Frédéric Masquelier n’a pas tardé à dégaîner sur les réseaux sociaux : “Des événements inacceptables se sont encore produits ce soir dans le quartier de la Gabelle. Des violences, tirs de mortiers, fumigènes et jets de pierres qui ont conduit les forces de l’ordre, dont je tiens à saluer le professionnalisme et l’engagement, à intervenir afin de stabiliser la situation. Comme je l’avais indiqué, sans réaction ferme des habitants, les aides de l’agglomération sont immédiatement suspendues. Concrètement, les équipes et les moyens mis sur place seront réaffectés dès demain matin dans d’autres quartiers.

Une réaction à chaud au soir des événements et confirmées le lendemain via un communiqué de presse. “À la suite des incidents qui se sont produits hier dans ce quartier de Fréjus, le Maire de Saint-Raphaël et Président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération a décidé de lever immédiatement toutes les subventions de l’Agglomération à destination de la Gabelle pour les transférer à d’autres quartiers. Les subventions représentent aujourd’hui un total de 69 000 euros, réparties de la façon suivante : – Un Algeco mis à disposition pour un coût de 36 000€ – EPAFA Cours de français et soutien aux femmes financés à 11 000€ – Association de prévention spécialisée pour l’aide sociale à l’enfance (3 éducateurs spécialisés) financée à 2 000€ – Une subvention de 20 000€ pour la création d’un micro crèche sur le quartier qui sera votée ce vendredi 9 décembre prochain en conseil communautaire Pour Frédéric Masquelier, il est urgent d’agir et de répondre avec fermeté face aux phénomènes d’insécurité et d’incivisme auxquels les quartiers et les villes sont trop souvent confrontés”, précise ainsi le communiqué. 

Une mini-entreprise au lycée Albert Camus

Dans le cadre du festival de la mini-entreprise mené par l’association Entreprendre pour Apprendre (EPA), une classe de seconde année de BTS esthétique du lycée Albert Camus se prête au jeu cette année, en créant Éco’Nails.

12 étudiantes du lycée fréjusien se préparent actuellement pour le festival de la mini-entreprise qui se déroulera en mai 2023. «Je leur dis toujours que c’est une expérience qui va changer le reste de leur vie. Dès le début de l’année scolaire, on leur explique le dispositif. Ils doivent chercher une idée, qui est un produit ou un service. Une fois le meilleur projet choisi, les élèves font leur CV et leur lettre de motivation pour occuper les différents postes de la mini-entreprise», explique Sophie Paquette, vigneronne sur la commune et marraine de ce projet. Avec l’accord de la direction de l’établissement scolaire, les étudiantes vont développer leur mini-entreprise tout en suivant leur cursus, dans un programme révélateur de qualités et préparateur à la vie professionnelle. Les BTS en deuxième année d’esthétique au lycée Albert Camus ont choisi de créer Éco Nails, un bar à ongles éco-responsable, où l’objectif sera d’user de produits allant dans le sens de cette mouvance. Et pour les aider sur le financement, un bon de participation est prévu. Les élèves doivent aussi se débrouiller pour trouver de l’argent. L’objectif de ce programme, porté en classe par leur professeur Dominique Fernandez, étant de révéler les talents de chaque jeune:«Je suis là pour les encadrer et les coacher», précise-t-elle. Les secondes années étant en stage quelques semaines, ce sont les premières années qui vont assurer le bon développement du bar à ongles, en écoutant les ordres de leurs jeunes supérieurs».

 

LA SUITE DE L’ARTICLE EST À DÉCOUVRIR DANS NOTRE ÉDITION EN KIOSQUE DEPUIS CE JEUDI 24 NOVEMBRE

 

Thomas Lajous – Photo : T.L.

Frédéric Masquelier, « Nous nous dirigeons totalement vers une bureaucrature »

Auteur de son premier ouvrage, La dictature bureaucratique ou la «bureaucrature»*, l’édile raphaëlois analyse ici ce qu’il dénonce dans son livre : les excès bureaucratiques de la France. Interview.

 

/ Quel est aujourd’hui le pouvoir de la bureaucratie ?

Elle en a beaucoup, puisque la plupart des décisions prises, qu’elles le soient sur le plan économique, social ou environnemental par exemple, dépendent de régimes d’autorisations donnés par une administration. Dans une société composée de 68 millions d’individus, il est normal d’avoir une administration, des règles et la bureaucratie est là pour réguler, faire respecter les règles et réguler le budget de l’État, afin de sécuriser et protéger le citoyen. C’est son rôle normal. Mais là où cela devient problématique, et c’est le but de ce livre, c’est lorsque la bureaucratie édicte ses propres règles en fonction de ses propres impératifs et qu’elle tend à l’imposer à toute la société. Il y a aujourd’hui un générateur de règles purement bureaucratiques, qui cherchent la plupart du temps à protéger le système contre l’extérieur, ce qui pose un réel sujet de légitimité démocratique. Cela parce que l’on voit que le citoyen subit, mais ne décide plus de rien.

/ Quel est le pouvoir des élus face à cela ?

L’aspect historique de ce livre permet de le comprendre. Au milieu du XIXe siècle, la société se développe, l’industrie est présente et il faut fixer des règles. La démocratie représentative s’installe et le pouvoir est instable, qui était aussi corrompu à l’époque, et la réflexion est venue est d’un sociologue, Max Weber. Ce dernier a constaté que l’on ne pouvait laisser le pouvoir à des gens incapables de l’exercer. Il prend alors le modèle de l’armée prussienne et à l’époque, un fonctionnaire sur deux est militaire. Il est dit qu’il faut des gens qui obéissent, des gens compétents pris sur concours, et en contre-partie, on leur donne une carrière. Le système s’est aujourd’hui autonomisé du politique et le politique n’a plus de maîtrise sur le sujet, or, un État ne peut marcher que sur deux jambes. On a besoin d’un état de droit et le citoyen a besoin d’être représenté. C’est au citoyen et au politique de décider du cap et d’avoir des moyens de contrôler une administration qui ne doit pas rester en dehors de toute obligation de rendre compte.

 

LA SUITE DE L’INTERVIEW EST À DÉCOUVRIR DANS NOTRE ÉDITION EN KIOSQUES DEPUIS CE JEUDI 24 NOVEMBRE

 

Romain Chardan – Photo : Ville de Saint-Raphaël – Franck Bessière

Haro sur les violences faites aux femmes

Les violences intra-familiales et conjugales sont, depuis plusieurs mois maintenant, une priorité pour l’État, les forces de l’ordre, le système judiciaire mais aussi nombre d’associations intervenant dans ce domaine. Entre état des lieux et rôle de chacun, L’horizon dresse le portrait d’une lutte de tous les instants sur le territoire.

 

Retour en 2019. L’État lance un Grenelle sur les violences conjugales. Avec pour objectif d’optimiser la lutte contre ce fléau. Une lutte aujourd’hui devenue prioritaire, aussi bien chez les forces de l’ordre que dans les cours de justice. «C’est une, si ce n’est la grande priorité gouvernementale pour cette année. La direction centrale et donc la direction départementale de sécurité publique (DDSP) du Var sont fortement impliquées dans la lutte contre ce qui est considéré comme un fléau. Nous nous engageons très fortement en termes d’effectifs et de professionnalisation de l’intervention pour gérer ces situations très scabreuses et surtout particulièrement insidieuses, parce que quand on est victime de violence ou d’acte de délinquance quelconque dans la rue, il est toujours possible d’aller se réfugier chez soi. Là, par définition, le milieu délétère, c’est le logement, il n’y a donc aucun répit pour les victimes qui sont phagocytées par un conjoint violent qui va les cannibaliser, tant du point de vue physique que moral », souligne le commissaire Nicolas Caravokiros. Une priorité aussi soulignée par le procureur de la République du tribunal de grande instance (TGI) de Draguignan, Patrice Camberou, pour qui le Grenelle de 2019 a permis un développement des moyens en matière de réponse pénale et d’outils de lutte. « C’est la grande différence qu’il y a entre avant et après le Grenelle (contre les violences conjugales, réalisé entre le 03/09/2019 et le 25/11/2019, ndlr), c’est qu’on nous a donné des moyens. Il y a aujourd’hui, quasiment dans chaque parquet, un juriste assistant chargé de suivre les statistiques et toute notre activité en matière de violences intrafamiliales, et d’organiser nos réunions, de suivre les réunions de partenariat, et nous avons des assistants de justice ».

Hausse des faits

Si cette lutte est une priorité, les faits sont en hausse depuis plusieurs années. Et notre territoire n’échappe pas à la règle, comme le précise Patrice Camberou. «D’année en année, depuis 2019, nous pouvons considérer qu’il y a 30% d’affaires en plus qui nous arrivent. Je pense surtout que c’est lié à la libération de la parole. L’action judiciaire a aussi entraîné cela, puisque plus d’affaires sortent, plus de confiance il y a de la part des victimes».

 

LA SUITE DE L’ARTICLE EST À RETROUVER DANS NOTRE ÉDITION EN KIOSQUES À PARTIR DE CE JEUDI 24 NOVEMBRE 

 

Romain Chardan – Photo : Pexels – Kat Smith

Un forum pour les orienter tous

De retour après deux ans d’absence pour cause de pandémie, le Forum des lycéens et de l’étudiant organisé par l’agglomération aura lieu le 10 novembre, de 9h à 16h30, au Palais des Congrès de Saint-Raphaël.

 

La Covid-19 a empêché les deux dernières éditions d’avoir lieu. Mais cette année, lycéens et étudiants vont pouvoir renouer avec une vieille tradition au moment de franchir les portes du Palais des Congrès le 10 novembre prochain avec la 25e édition du Forum du lycéen et de l’étudiant. Organisée conjointement par Estérel Côte d’Azur Agglomération, l’espace jeunesse de Saint-Raphaël et le centre information et orientation (CIO) de Fréjus, la manifestation va accueillir de nombreux établissements d’enseignement supérieur et acteurs de la vie étudiante, comme le souligne Brigitte Jeanperrin, vice-présidente d’ECAA déléguée à la formation supérieure. «Nous aurons 70 établissements présents, avec les acteurs de la vie étudiante, comme le Crous, les conseillers d’orientation qui peuvent guider plus précisément, les professionnels de la jeunesse, le PIJ, l’espace jeunesse, mais aussi le campus connecté et les professionnels de la défense et de la sécurité.» Parmi les établissements présents, on retrouve notamment les IUT de Toulon ou de Nice, des lycées du territoire, mais aussi du centre-Var et des Alpes-Maritimes, des écoles privées comme Acaman, le Skema Business School d’Antibes ou l’École du journalisme de Nice.

Une conférence pour les parents

L’ensemble des lycéens de l’agglomération se rendra sur place dans le cadre de sa journée de cours et ils seront acheminés vers le Palais des Congrès grâce à des bus mis en place par l’agglomération. Plus de 1 400 élèves, essentiellement de première et terminale, sont ainsi attendus au cours de cette journée, et le soir, nouveauté 2022, une conférence est également prévue. «Elle aura lieu à l’auditorium du Palais des Congrès et s’adresse aux parents et à leurs enfants, sur le thème, “ l’après-bac, on en parle”. Elle permettra d’échanger sur l’orientation et les filières Parcoursup», poursuit Brigitte Jeanperrin. La conférence, gratuite et accessible sans réservation préalable, débutera à 18 heures.

 

Romain Chardan – Photo : Archives 2019 – Christine Delville – ECAA

Réseaux, enrobés, éclairage et plantation : le territoire en travaux

Le Muy, Bagnols-en-Forêt ou encore Puget-sur-Argens ne sont pas en reste lorsqu’il s’agit de grands projets de réfection de voiries. Petit tour d’horizon des prochaines échéances de travaux communaux ou départementaux.

Entre aujourd’hui et le milieu de l’année prochaine, les travaux vont bon train sur tout le territoire, notamment sur les voiries. Entre Puget et le Muy, la RDN7 va faire peau neuve à plusieurs endroits, surtout lorsqu’il s’agit pour cette route fréquemment empruntée par les automobilistes de traverser les centre-villes. Au village perché de Bagnols-en-Forêt, la grande Rue aussi se mettra à l’heure du XXIe siècle.

 

LA TRAVERSÉE EN BEAUTÉ DU MUY (extrait)

La réfection de l’entrée est du Muy devrait démarrer en début d’année prochaine :«Nous avons refait l’assainissement et nous refaisons le réseau d’eau. Nous devons aussi choisir des arbres et des plantations qui s’inscrivent dans la durée. Il faut redonner une place à la nature, mais il faut qu’on choisisse des arbres qui n’ont pas besoin d’eau et cela va être difficile. La première année, on aura le droit à une dérogation, mais il faudra des arbres de fraîcheur. Cela va aérer et changer la face du Muy, surtout avec l’éclairage et le changement de LED», explique Liliane Boyer, maire de la commune…

 

BAGNOLS REMONTE LA GRANDE RUE (extrait)

À Bagnols-en-Forêt, l’heure est à l’effacement des réseaux électriques aériens (les câbles actuellement suspendus seront passés dans des gaines enterrées ou fixés aux murs des bâtiments) et à la réfection des voiries. Premier chantier, la Grande Rue. Alain Drau, conseiller municipal à Bagnols-en-Forêt, délégué aux travaux, explique :«La grande rue a été remise en passage partagé : les piétons et voitures partagent la chaussée avec la mise en place de feux tricolores pour faciliter le déplacement de véhicules à gros gabarit. Les effacements des réseaux électriques aériens vont être faits durant les périodes de vacances pour éviter de perturber les gens au niveau du trafic, car c’est compliqué pour les bus scolaires de passer durant les travaux, et cela nous avait créé beaucoup de problèmes l’année dernière. C’est pour ça qu’on avait reporté des travaux d’enfouissement de câbles. Nous avions déjà réalisé les travaux de tranchées avec fourreaux posés. Là, il faut débrancher, repasser en dessous et tout reconnecter»

 

LE CENTRE-VILLE DE PUGE T-SUR- ARGENS FAIT PEAU NEUVE (extrait)

Novembre marque le coup d’envoi de la grande rénovation du centre-ville de la commune des Manges-Lamberts. À compter de ce mois-ci et jusqu’en avril prochain, Puget-sur-Argens revoit de fond en comble les rues principales de son centre, à commencer par la rue Noël Jean depuis l’angle du boulevard Pasteur pour remonter jusqu’à la Place Le Bigot, et en finissant sur la rue de la Liberté depuis l’angle de la rue Victor Hugo jusqu’à la rue Anatole France. Pour effectuer ces travaux d’envergure, les services municipaux vont procéder à un véritable ballet millimétré pour nuire le moins possible à la circulation des véhicules et aux déambulations des habitants et autres passants. Tout d’abord, dès aujourd’hui et jusqu’au mois de février 2023…

 

L’INTÉGRALITÉ DE L’ARTICLE EST À RETROUVER DANS LE NUMÉRO 78 DE L’HORIZON, EN KIOSQUES DEPUIS CE JEUDI 3 NOVEMBRE.

 

Ibrahim Berbar – Photo : R.C.

Alain Vircondelet, « Camus faisait passer l’affectif avant l’idéologie »

Dans le cadre des commémorations des 60 ans de la guerre d’Algérie, Alain Vircondelet anime une conférence le 9 novembre à propos d’Albert Camus (18h30 salle Félix Martin). Pour L’horizon, il revient sur l’objet de son propos et le lien entre Camus et l’Algérie.

/ Quel sera l’objet de votre conférence ?

Je donne des conférences à partir des travaux que je publie et après ma biographie de Camus (éditions Fayard), publiée il y a une dizaine d’années, je sors aux éditions du Rocher un livre sur Camus et la guerre d’Algérie. Je suis moi-même originaire d’Algérie, du même quartier que Camus, j’ai été dans le même collège que lui, j’ai visité les mêmes plages, etc, donc c’est un monde que je connais bien. J’ai aussi vécu la guerre d’Algérie à mon adolescence jusqu’au départ des Français d’Algérie. J’ai écrit ce livre qui essaie, non pas de réhabiliter Camus, qui a été très critiqué pour ses positions, etc, mais aussi de remettre en situation Camus et les Français d’Algérie dans le contexte de la guerre d’Algérie. C’est un livre qui relate la guerre d’Algérie jusqu’en 1960, date de la mort de Camus. Le but est aussi de ne pas lâcher Albert Camus dans ces années-là, de savoir comment il a vécu cette guerre. Et surtout, le sous-titre du livre, c’est Histoire d’un malentendu.

/ Pourquoi ?

Qui dit malentendu, dit qu’il y a une mauvaise compréhension du sujet, et effectivement, Camus n’a pas été compris du tout, ni de la part des Algériens, ni de la part des Français de France, ni de la part des Français d’Algérie. Il s’est ainsi retrouvé dans une position très solitaire et désespérée, qui a contribué à l’éloigner de tout et à devenir très dépressif. Je décris cette période à partir d’archives et de travaux personnels. La conférence s’élargit également sur ce qu’ont vécu les Français d’Algérie dans cette guerre.

/ Quel était le rapport de Camus à l’Algérie ?

C’est d’abord un rapport complètement affectif. Ce n’est pas du tout une position politique ou de citoyen. Il se considère comme un Algérien, il a eu des amis algériens dans son enfance, il a grandi dans un milieu très cosmopolite et il a eu conscience d’abord des disparités qu’il y avait dans le pays, mais aussi des injustices vécues de la part des Algériens. Il y a eu chez lui une sorte d’intimité avec les Algériens, ceux qu’on appelait à l’époque les Arabes, ce qui n’était pas tout à fait juste puisqu’il y avait aussi les Kabyles, les Touaregs, beaucoup de tribus. Il était très proche des Algériens, mais en même temps très proche des Français et il ne pouvait accepter qu’ils puissent partir. Il a été très mal compris, puisque lui voulait une trêve, un pays qui rassemble et que les Français d’Algérie soient intégrés dans le nouveau pays qui se formerait après la guerre. Et cela n’a pas été accepté, ni par De Gaulle, ni par le FLN. Les deux partis avaient à cœur de se libérer.

 

LA SUITE DE L’ARTICLE EST À RETROUVER DANS LE NUMÉRO 78 DE L’HORIZON DÉSORMAIS DISPONIBLE EN KIOSQUES ET DANS LES POINTS DE VENTE HABITUELS.

 

Romain Chardan – Photo : D.R.

Liaison et sécurisation aux Adrets

Aux Adrets-de-l’Estérel, la municipalité a entrepris depuis quelques mois des travaux d’envergure. Outre la reprise de voiries, des actions de sécurisation ont eu lieu et se poursuivent, de même que la création d’une voie de liaison au cœur de la forêt.

Même lorsque l’on vit dans le petit village perché au cœur de l’Estérel, voir de grosses machines et des cascadeurs du BTP en action n’est pas rare en ce moment. Il faut dire que certains lieux de la commune nécessitaient une intervention rapide, à commencer par le fameux chemin de la poterie, lequel a régulièrement été évoqué depuis plusieurs mois. Et pour cause. Une très grande partie de cette voie de circulation surplombant la D237 et plusieurs habitations menaçait de s’effondrer. «C’est une voie qui n’a qu’une dizaine d’années et a été créée dans le cadre du PPRIF (Plan de Prévention des Risques d’Incendies de Forêts). Les travaux réalisés n’ont pas été ceux édictés dans le cahier des charges, sans doute pour des raisons budgétaires. Donc au lieu d’avoir des murs poids en béton plein, ils ont fait ça avec des enrochements, en posant ces enrochements sur un terrain qui n’était pas suffisamment stable pour recevoir cette masse et l’enrochement est descendu», explique Richard Hémain, adjoint à l’aménagement du territoire, l’urbanisme, la voirie et la gestion du domaine public. De quoi créer des fissures dans la route et voir l’eau de ruissellement s’infiltrer sous la voie de circulation lessivant au passage les matériaux drainant, lesquels sont sortis au travers de l’enrochement. Résultat, «les deux phénomènes s’accentuant l’un l’autre, on s’est retrouvé avec un enrochement sur la phase 1 avec un fruit négatif (partie haute de la route, ndlr), à savoir que les blocs du haut se sont retrouvés en surplomb des blocs du bas. Au-dessous de cette route, il y a des maisons et la route départementale, et si les blocs partaient, cela aurait causé de très sérieux dégâts

 

LA SUITE DE L’ARTICLE ET DU DOSSIER EST À RETROUVER DANS LE NUMÉRO 78 DE L’HORIZON DÉSORMAIS DISPONIBLE EN KIOSQUES ET DANS LES POINTS DE VENTE HABITUELS.

Romain Chardan – Photo : D.R.