Débat élections législatives – 18 mai 2022 – Partie 2 – Santé et hôpital

Afin d’avoir une réponse optimale en matière de soins, que proposeriez-vous pour augmenter les ressources d’un CHI ou d’un groupement hospitalier, comme c’est le cas sur notre territoire ?

Joël Hervé :  “Surtout pas la charité. Si on regarde ce qui s’est passé très récemment, j’ai vu que l’hôpital Bonnet cherchait à trouver du mécénat pour pouvoir s’acheter des appareils qui sont certainement indispensables pour l’hôpital, mais là où la charité s’installe, on peut dire que la justice sociale recule. Ce n’est donc certainement pas le don qui sera la solution. Je rappelle que si on fait un don de 10 000 euros, il y a 6 000 euros qui sont en déduction fiscale, en plus de 25 % en contreparties, il ne reste donc que 1 500 euros. C’est intéressant pour une personne ou une entreprise de faire don, c’est de la défiscalisation. Il donne apparemment 10 000, mais en réalité, il ne donne que 1 500.  Il faut évidemment arrêter les fermetures d’établissements publics qui sont liés à la santé, et il y en a eu 126 en cinq ans. C’est énorme, et en même temps le privé lucratif est passé de 13 à 17%, peut être que cela plaît à monsieur Michel-Kleisbauer. On a en ce moment un groupe privé australien, Ramsay, qui est en train de racheter la Croix Rouge française. Je ne sais pas si vous imaginez, la Croix Rouge française, du privé non lucratif, donc le service public. Macron nous a fait le 100% santé, alors tout le monde est content, ça part d’une bonne idée mais c’est du ‘en même temps’ c’est-à-dire le 100 % santé et aussitôt après on a 7 à 10 % d’augmentation des mutuelles. Donc, il donne, mais chacun va payer d’avantage. Ce qu’il manque, et monsieur Maurin en parlera mieux que moi, c’est redonner du pouvoir aux médecins. Cela me paraît essentiel par rapport à cette gigantesque pieuvre installée par monsieur Sarkozy avec le fonctionnement des ARS descendant. Et puis il faut de l’argent. L’argent se retrouve dans le mille-feuille. Si on regarde le conseil départemental qui gère les EHPAD, c’est une structure qui ne sert quasiment à rien. Le conseil départemental est typiquement une structure qui devrait être remplacée par une administration. Elle nous prélève environ 16 % d’impôts, les 84 % restants c’est de l’argent descendant qui vient de l’État qui le lui donne pour qu’elle le gère. Le mille-feuille devrait disparaître. On a les mutuelles qui fonctionnent et qui ponctionnent 40 % de leurs revenus pour la publicité, pour essayer de trouver des clients. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la cour des comptes. En priorité pour l’avenir et pour l’hôpital, il faut bien sûr un budget de formation, supprimer le numerus clausus tant qu’il n’y a pas assez de médecins pour le pays. Ce n’est pas directement lié au fonctionnement du CHI, mais c’est indirectement le rôle du député. Macron a fait semblant, il a aménagé le numerus clausus pour montrer un semblant de disparition mais en fait il existe toujours. Il faudrait répartir dans de meilleures conditions les médecins de ville et l’hôpital. Il faut donner des bourses aux étudiants en faisant en sorte qu’ils puissent s’engager pendant dix ans sur des déserts médicaux. Vous n’avez pas les moyens de faire des études en médecine, c’est difficile comme étude, c’est long, on va vous donner une bourse pendant un certain temps pour exercer dans un désert médical. Et ne pas conventionner là où il y a trop de médecins pour conventionner dans les déserts médicaux. »

Baptiste Laroche : « Il est évident de dire que la Covid a montré une grande fragilité de l’hôpital mais la crise n’a pas inventé cette fragilité. Elle existe depuis des années et les gouvernements successifs n’ont fait qu’accentuer cette crise mais c’est juste qu’avec la Covid, les journalistes ont montré cela. Ce n’est pas qu’un problème de salaire des médecins et des infirmiers même si c’est un vrai sujet. C’est surtout un problème d’administration. Il y a beaucoup trop d’administration dans les hôpitaux. Il faut, je pense, supprimer les ARS car aujourd’hui, cela contraint les médecins et les infirmiers qui passent leur temps à faire de l’administration. En supprimant les ARS et dans les hôpitaux cette masse administrative, on va gagner de l’argent. Supprimons aussi cette mentalité de la rentabilité dans les hôpitaux. L’hôpital est un service public, c’est-à-dire qu’il a simplement pour but de soigner et de s’occuper des patients. Cela n’a pas pour but d’être rentable. À partir du moment où on met de la rentabilité dans le service public, on soigne mal les gens. Il suffit de parler avec un médecin dans l’hôpital, ils ont très peu de temps pour rencontrer un patient et donc forcément on peut passer à côté d’un problème. En bref, le patient n’est pas pris en charge pleinement dans sa dignité. Les propositions que nous faisons pour lutter contre les déserts médicaux, c’est que l’État embauche 1 000 médecins qui seront envoyés sur ces secteurs. Pour les jeunes médecins, peut-être la possibilité de les envoyer deux ou trois ans dans ces déserts médicaux. Vous parlez d’une bourse, mais nous pouvons aussi mettre en place un système qui les oblige à partir dans les CHI par exemple, car les jeunes médecins préfèrent les CHU au CHI. Deuxièmement, en tant que député, je ferai une loi pour réintégrer tous les soignants qui ont été écartés car ils n’étaient pas vaccinés. Aujourd’hui, l’hôpital souffre de ce manque de professionnels et alors qu’il y a ce manque, le gouvernement Macron a écarté ces soignants. C’est tout simplement scandaleux. De plus, le gouvernement Macron a supprimé des lits alors que nous étions en crise. La crise de la Covid était une crise virale mais c’était surtout une crise de l’hôpital, parce que nous avons confiné des populations par peur de faire exploser les établissements. Mais les hôpitaux allaient exploser parce qu’il ne sont plus gérés correctement depuis des années. »

Julie Lechanteux : « Je pense qu’il est important, en parlant de santé et d’hôpital, de remettre au centre du débat l’être humain : ce sont des personnes qui sont en difficulté, qui souffrent et ont besoin d’être soignées. La dégradation de l’hôpital vient pour une large part des réformes depuis 20 ans. Effectivement, ce n’est pas la crise de la Covid qui a envenimé les choses mais cela a simplement permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées par les hôpitaux. La seule boussole qui a régi les politiques depuis des années est celle de la réalisation d’économies au détriment de la qualité des soins donnée à ces patients. Les hôpitaux sont contraints de fixer leur budget en fonction des prévisions budgétaires et non plus en fonction de la réalité et des besoins des patients. L’organisation actuelle des hôpitaux est forcément déconnectée des besoins des malades et des enjeux de santé publique. On l’a vu, on l’a subi et je ne le souhaite pas, on peut le rencontrer nous-mêmes en ayant des problèmes de santé. Il faut évidemment supprimer les complexités bureaucratiques imposées par l’ARS qui demande aux soignants de passer plus de temps dans un bureau à remplir du papier qu’à soigner les patients. Concernant l’organisation, il faut réorganiser et trouver une complémentarité entre les médecins de ville et les hôpitaux publics et privés. Il faut une meilleure coopération entre eux mais aussi desserrer l’étau bureaucratique et multiplier les maisons de santé pour lutter contre la désertification médicale. On peut souligner qu’il y a treize départements où nous avons une absence totale de gynécologues. Enfin, ce sont 40% des étudiants en médecine qui présentent des symptômes de dépression en raison de l’épuisement professionnel. C’est un sujet important dont personne ne parle et cela décourage les jeunes à s’engager en médecine. J’espère que ce n’était pas votre cas monsieur Malot (il avait déclaré lors du précédent thème avoir débuté des études de médecine avant de se réorienter, ndlr), mais c’est un sujet très peu abordé. Pour ces étudiants, il faut ouvrir un nombre important de places dans les facultés de médecine et les centres de formations des infirmiers et les aides soignants. Il faut intégrer urgemment les 15 000 soignants suspendus injustement. C’est honteux que nous ne soyons pas encore revenu là-dessus ni sur les salaires qui leur manquent en les laissant à la rue comme ça alors qu’ils étaient envoyés au front sans masque, sans protection, sans rien. »

Charles Malot : « La question porte sur l’augmentation des ressources d’un groupe hospitalier. Il y a les ressources, certes, mais il y a aussi les dépenses dans le milieu hospitalier. En un an, on a l’équivalent de la population d’une grande ville qui va dans un CHU. On peut dire que les centres hospitaliers sont encombrés. Au niveau de la médecine privé, cela ne suit pas toujours, lorsqu’on appelle la nuit ils ne viennent pas forcément. Même SOS médecin. Je pense que la solution serait de créer des centres de bobologie, ouverts 24h/24, pour intervenir plus rapidement et pour moins cher sur les petits bobos et cela désengorgera les hôpitaux, tout en améliorant l’ambiance de l’hôpital qui aujourd’hui a besoin de la présence de gardes pour assurer la sécurité des patients et des médecins. Il faut revoir le coût de rémunération de l’acte avec des lettres clés qui entraînent un effet pervers avec l’augmentation des actes qui va de pair avec une diminution de leurs qualités. Il faut enfin revoir la formation des médecins et l’enrichir particulièrement en matière de nutrition et de psychologie. Je voulais aussi évoquer qu’il ne faut pas tout miser sur le médicament et reconnaître les médecines non-conventionnelles avec charte et éléments diplômants. Structurer, professionnaliser les approches non conventionnelles qui peuvent être alternatives ou complémentaires. La dernière proposition de mon mouvement, écologie au centre, est au niveau de la prévention : privilégier l’enseignement de la nutrition et de la santé au sein des écoles, des universités et des entreprises afin que les gens vivent en meilleure santé dans la vie de tous les jours.« 

Jean-Marc Maurin : « Bien évidemment la santé, l’hôpital et le CHI sont des sujets qui me touchent. C’est vrai que cette crise Covid a mis en exergue toutes les difficultés et les fragilités des établissements, quels qu’ils soient. 100 000 lits ont disparu en 10 ans, c’est énorme. La problématique est une difficulté financière. On dirait que les ARS sont dépendantes de Bercy et ce n’est pas admissible dans le soin. Comme le disait madame Lechanteux, on doit répondre au besoin d’une population. On a failli disparaître car nous étions la seule ligne de front pendant la crise Covid. Tous les patients venaient chez nous. On a tenu, sans masque, sans visière, sans casaque. J’appelais Castorama pour des blouses de peintres au début. Au début, d’ailleurs, on ne savait pas si on allait mourir ou pas mais on y était. On était l’hôpital public, on a tenu le choc. Je rejoins plusieurs propos tenus par tous. Les ARS, il faut les supprimer. Je prône pour une agence territoriale de santé centrée sur le département avec des budgets autonomes. Il faut une dotation populationnelle financière par département et également l’équipement de matériel lourd. Vous le savez, il y a un grand débat sur l’absence de TEPscan qui permet de suivre des patients cancéreux sur notre bassin. Nous avons un bassin de 400 000 habitants, il y a trois TEPscan sur 600 000 sur le Var Ouest et zéro chez nous. Des patients affaiblis sont déplacés plusieurs fois pour cet examen dans différents centres. C’est inhumain, ce n’est pas de la bonne gestion, car nous ne répondons pas à la demande. Je rejoins également les difficultés sur le personnel. Nous travaillons avec une dotation bloquée qu’on appelle Ondam : plus on produit, moins on gagne. C’est le hamster qui tourne dans sa roue et il faut en sortir. Je reviens également sur la forte proportion d’administratif. Il en faut, les médecins ont une équivalence de pouvoir mais il faut moins d’administration pour récupérer du budget et avoir plus de soignants. Le besoin en soignants dans les hôpitaux est d’environ 30 000 personnes. J’ai été le premier à vacciner dans le Var car il fallait diminuer la charge de patients Covid en réanimation car on a, non seulement pas assez de lits en général, mais aussi en réanimation dans le Var. Je rejoins madame Lechanteux mais d’autres l’ont dit, il faut réintégrer notre personnel soignant, on a besoin de 25 000 personnes. 5 000 ont été sortis du système de soin et ce n’est pas normal. J’ai dit dans la presse que j’étais contre la vaccination obligatoire des soignants parce qu’elle ne me paraissait pas justifiée, les gestes barrières étant suffisants. Il faut les réintégrer et leur redonner le salaire perdu sinon c’est subir une crise et ne pas reconnaître leur engagement, tout en paupérisant le système de soin. Après, j’ai entendu parler de la relation public privé. Cela a été effectif pendant la crise, nous avons travaillé avec la clinique les Lauriers. Nous avions transféré la totalité de notre service d’oncologie (patients, informatique, gestion dans les lits de la clinique). Cela nous permettait de ne pas voir des patients affaiblis susceptibles d’attraper la Covid. Nous les avons mis sous un couvercle protecteur puisque c’est nous qui avions tous les Covid. Concernant la problématique du numerus clausus, il faut aller beaucoup plus vite. Il faut des médecins bien formés et rapidement. Il faut doubler en l’espace de trois ans. En 1969, nous étions 17  000, aujourd’hui nous sommes à peine remonté à 7 000. Et il faut toutefois que les capacités d’accueil soient adaptées dans les CHU au niveau des services. Il faut que les CHI soient aussi des centres formateurs pour les internes. Dans mon service en ophtalmologie, j’ai la chance de former des internes qui continueront au CHU pour faire le clinical. Nous avons une maison médicale au sein de l’établissement pour répondre à la bobologie dont parle monsieur Malot. Les urgences sont noyées. Il y a quatre ans déjà, j’avais proposé une fusion des établissements avec Draguignan pour une direction commune. Actuellement, 47 000 passages par an sur Fréjus et sur 37 000 Draguignan. Draguignan avait prévu de fermer pendant un mois leurs urgences, cela fait aujourd’hui huit mois. Nos urgentistes sont à bout, ils prennent toute la charge. Gassin est menacé et on a pu le rattraper par des aménagements “de fortune”, mais efficaces. Il y a un projet de restructuration des urgences, il faut le surdimensionner. La difficulté est que les médecins ne s’agrègent pas sur des équipes de faible population médicale. Il faut faire des choses solides pour pouvoir récupérer l’ensemble des médecins et répondre à la demande. Un point important : en France, on est dans le soin et la réponse dans l’urgence. Nous avons une population qui est en bonne santé à 68 ans. Dans certains pays nordiques, on est à 78 ans. Je déborde un peu mais si on met les retraites à 65 ans, cela fait que la moitié des gens ont finalement trois ans de retraite en bonne santé. La prévention aux usagers est un élément majeur pour le futur de la médecine en France. Il faut faire de la prévention importante pour augmenter nos espérances de vie, diminuer la charge en soin.« 

Philippe Michel-Kleisbauer : « Vous le savez, cette question de l’hôpital et de la santé a toujours été une revendication prioritaire chez moi. Vous vous en souvenez car c’est dans vos colonnes qu’en automne 2019 vous m’aviez interrogé sur la construction d’un stade intercommunal à Fréjus. Madame Lechanteux a dit, à juste titre, que l’État demande toujours plus aux collectivités en donnant moins de moyens, mais les collectivités doivent aussi choisir leurs priorités. Quand j’avais dit que je préférais aider l’hôpital plutôt qu’un stade ou de payer des joueurs de football deux fois le salaire d’un médecin débutant à l’hôpital, on m’était tombé à bras raccourcis de tous les côtés. C’était en automne 2019, c’est-à-dire quelques mois avant la crise Covid. En juillet 2020, nous avons voté un Ségur de la santé qui est un plan de 20 % de formation complémentaire, le passage des aides soignants en catégories B soit 80 € de plus. Pour les urgences, c’est un plan de près de 16 millions d’euros et 3 millions de la région. Il y a 6 millions pour le médico-social et une soixantaine de lits à l’EHPAD de Lachenaud. Pour bien conduire et pour savoir où il faudra appuyer, et vous avez raison de le dire madame Lechanteux, il y a un moment où on peut avoir de l’influence, je l’ai fait lorsque j’étais directeur de cabinet pour les équipements de coronarographie et d’oncologie, j’étais allé voir Michel Gaudin au ministère de la santé pour avoir ces équipements, le ministre était le professeur Mattei, que je connaissais bien. La réalité est que pour pouvoir conduire et savoir où on sera le plus efficace, c’est la raison pour laquelle je travaille depuis longtemps avec Chantal Borne (ancienne directrice du CHI Bonnet, ndlr), qui est aujourd’hui ma suppléante, pour qu’elle m’aide sur le mieux être de notre hôpital et cette fameuse relation entre les personnels administratifs et médicaux. Je pense d’ailleurs qu’il faut arrêter de les dresser les uns contre les autres. D’abord, quand il a fallu prendre la décision, c’était à la demande de personnels médicaux qui ne voulaient plus, au niveau national bien-sûr, travailler avec du personnel non vacciné près d’eux. J’ai pris cette décision et je l’assume. J’avais déposé un amendement qui n’a eu que 50 signatures pour faire en sorte que les députés, sénateurs et membres du conseil économique, social et environnemental s’imposent la vaccination obligatoire avant de demander à qui que ce soit. Si demain il doit y avoir des poursuites judiciaires, je les assumerai. Si le corps médical veut que l’on réintègre ces personnes avec versement de leurs salaires, je serai pour, parce que je suis pour un apaisement de la population, pour une réconciliation. On a passé une période difficile.« 

Joël Hervé : « En amont de tout ça, il est important qu’un élu, député, soit écologiste plutôt que quelqu’un qui n’en soit pas vraiment un. On a à traiter de l’air, de l’eau, du sol et de l’alimentation. Sur une étude réalisée dernièrement, Fréjus était la 10e ville la plus polluée sur les 270 villes européennes de cette étude. Environ 97 000 personnes meurent en France des conséquences de la pollution. Au niveau du sol, il faut arrêter très vite les pesticides. Au plus tard en 2030. Pour l’alimentation, 17 % des adultes sont obèses, et ce n’est pas sans conséquences sur la vie de l’hôpital. Il y a 4 fois plus d’enfants obèses chez les enfants d’ouvriers que chez les cadres supérieurs, c’est une chose qui doit interpeller. Enfin, je crois qu’il serait important et utile de créer une carte vitale d’alimentation dédiée à une alimentation saine, de caractère bio et de proximité pour les familles les plus démunies, ce qui concerne environ 6 millions de personnes en France.« 

Jean-Marc Maurin : « En réponse, je dirais que les personnels soignants, il les faut maintenant et tout de suite avec une rémunération qui soit à la hauteur des risques qu’ils ont pris et qu’ils prennent tous les jours. Parce que les crises reviendront, ce sera peut-être à cause des antibiotiques qu’on rejette dans la nature… Mais je tenais aussi à revenir sur votre suppléante (en s’adressant à Philippe Michel-Kleisbauer à propos de Chantal Borne), j’ai été élu président des médecins à l’unanimité lorsque votre suppléante était en direction, pour la seule raison que mes collègues m’ont dit que j’étais le seul à pouvoir travailler avec elle. Elle a fait partir 20 praticiens hospitaliers de notre établissement, ça a été une véritable hémorragie cataclysmique, dont mon futur chef de service, la fermeture de la coro, plus de service de pédiatrie, une gestion pseudo-affective de l’ensemble des personnels, tout cela il a fallu le redresser. Je pense que la vision actuelle de ceux en direction de notre établissement est meilleure, que ce soit celle de mon directeur, qui me fait confiance dans la partie médicale puisque suite au Ségur, on a la double fonctionnalité, directeur médical, mais c’est mieux de dire président des médecins. Il a fallu reconstruire notre établissement et ça n’a pas été une mince affaire. Et on l’a fait juste avant de prendre cette fameuse crise Covid. Fort heureusement, on a été en capacité de la soutenir, sinon il n’y aurait plus d’hôpital sur le secteur. « 

Julie Lechanteux : « Je voulais revenir sur les propos de monsieur Philippe Michel-Kleisbauer sur les choix politiques et budgets de l’agglomération. Je ne vois pas vraiment le rapport puisqu’un budget important est alloué au CHI de la part de l’agglomération et que les investissements locaux indispensables de nos villes pour le territoire ne doivent pas en pâtir. C’est bien d’assumer, mais vous allez loin dans vos propos, la vaccination n’empêche pas la transmission, il n’y avait donc aucune obligation des les obliger à se vacciner. Il fallait bien évidemment promouvoir cette vaccination, inviter les français à se vacciner, mais il ne fallait pas les obliger. La vaccination n’empêchant pas la transmission, je ne vois pas pourquoi ces 15 000 soignants ont été suspendus, il faut donc absolument les réintégrer. On en a besoin, et je trouve ça hypocrite de la part du gouvernement qui les a suspendus alors qu’il les avait envoyés sans protection, sans masque, sans rien, alors qu’on ne savait pas ce que c’était ni s’ils allaient mourir, et du jour au lendemain, on les suspend parce qu’ils ne sont pas vaccinés. Je trouve ça honteux, les soignants sont très occupés, ils n’ont pas le temps de se faire entendre, mais ils pourraient sans aucun problème.« 

Philippe Michel-Kleisbauer : « Il n’y a pas que l’hôpital, et n’en déplaise à Monsieur Hervé, je suis très ouvert à la médecine privée et à SOS Médecins, qui pendant cette période rend des services énormes, et je suis fier d’avoir épaulé l’équipe qui a repris l’antenne sur Fréjus / Saint-Raphaël et d’essayer de leur obtenir des unités supplémentaires. Et pour répondre au docteur Maurin sur l’attaque concernant ma suppléante, j’assume ces critiques, puisque je l’ai connue à cette époque-là lorsque j’étais chef de cabinet de la ville de Fréjus, elle travaillait aussi sous la direction d’un directeur départemental de la santé et de l’hospitalisation, Monsieur Castex, dans le département du Var, et elle avait réorganisé le pôle de santé Fréjus/Gassin avec lui, et les critiques que vous faisiez  les uns et les autres, assez justement sur l’ARS, ont été oubliées au moment où vous avez émis une critique ad hominem sur cette personne qui appliquait un plan qui lui était demandé par une hiérarchie. »  

Débat élections législatives – 18 mai 2022 – Partie 1 : Éducation et jeunesse

Éducation/Jeunesse. Face à l’absence d’établissements d’enseignement supérieur, comment lutter contre la fuite de la jeunesse du territoire vers les grandes métropoles et ainsi garder nos jeunes ?

 

Charles Malot : Tout d’abord je suis très content d’être là avec vous et de commencer sur ce sujet important. Notre territoire n’a pas d’université propre, il dépend de l’université de Toulon et nombreux sont les étudiants à partir vers les universités de Nice, Aix-En-Provence, Marseille ou ailleurs pour faire leurs études. Nous avons un territoire pas assez grand pour avoir une université complète, mais les solutions sont multiples. Nous pouvons créer des antennes, comme c’est déjà le cas avec des formations qui peuvent évoluer selon les conjonctures économiques afin de donner des débouchés aux étudiants, car rien n’est pire qu’un étudiant qui se forme dans une discipline pour laquelle il ne trouve pas de débouchés. Aujourd’hui, je constate sur le département que nous faisons l’inverse : on concentre tout à Toulon, notamment l’IFPVPS et le projet Montety 2023. Il faut, en plus de ces antennes locales, développer les formations en ligne qui sont aujourd’hui en explosion. Ma suppléante est d’ailleurs en train de faire une formation en ligne, de chez elle, dans le domaine de la décoration d’intérieur. Concernant le sujet de l’éducation, je pense qu’il faut mettre un paquet sur l’orientation dès le lycée, car rien n’est pire qu’un étudiant qui se trompe d’orientation. Je peux en parler, car j’ai fait quatre années de médecine avant de me réorienter vers le droit et j’ai perdu à chaque fois un peu de temps et je ne souhaite cela à personne.

 

Jean-Marc Maurin : Ce sujet est majeur comme le dit monsieur Malot. Le fait de ne pas avoir de structure localement est très problématique, mais justement, je pense que la réponse est aussi dans la question posée. Il faut créer localement des formations post-bac. En gros, 30 % de nos enfants de notre secteur restent sur le sable, donc n’ont que des petits métiers de suppléances, des petits métiers comme les plages l’été, des métiers d’à propos ou d’intérimaires. Ce n’est pas une bonne chose, il faut s’inscrire dans une dynamique territoriale sur le terrain. Par exemple, il va y avoir l’école hôtelière de l’excellence sur Saint-Raphaël. Il faut derrière décliner par exemple, post-bac, des métiers du tourisme et des métiers de la restauration. Cela sera le pendant, et fidélisera des jeunes sur le territoire avec une formation supérieure et cela fera un vrai lien à double composant. Il faut aussi faire des formations supérieures pour intégrer des entreprises de renom comme Thalgo, Intexalu, etc. Mes deux filles sont parties ailleurs, très tôt, car il n’y avait rien sur place. C’est le lot de beaucoup de parents. Il faut garder nos enfants sur le secteur, du moins une partie sur ce qui est réalisable. Un post-bac ingénieur sur les énergies renouvelables me paraît une très bonne chose. Enfin, je proposerai une université de la Mer. Il y a deux formations post-bac très importantes : une sur la méditerranée ou il n’y a qu’un seul site à Sète, il y a les métiers de la mer, avec une vocation de pêcheurs. Il y a beaucoup plus à faire avec notre méditerranée qui est une mer fermée très polluée. Une benne de plastique est déversée chaque seconde dans la mer, il faut en prendre conscience. Cette université serait à visée de protection et de préservation de la méditerranée, avec recherche fondamentale et appliquée, et un objectif de dépollution. Ce n’est pas contradictoire, mais complémentaire. J’abhorre ce que vous dites sur le fait que nous sommes obligés de changer de faculté, et je regrette que vous ayez laissé tomber la médecine, car j’ai tout fait pour y aller dans mes jeunes années. Je pense qu’effectivement il faut des formations adaptées au territoire, mais aussi une intégration possible pour dynamiser le secteur.

 

Joël Hervé : en 2019, pour les municipales, notre projet consistait effectivement à ouvrir un campus sur l’agglomération. 115 000 habitants, pratiquement rien pour les étudiants dans le niveau du supérieur. Et puis ce qui a été dit, c’est-à-dire aller loin quand les enfants sont dans le premier cycle, c’est un petit peu compliqué. Alors je m’interroge sur ce qu’on fait nos élus depuis 2014, pourquoi ils n’ont rien fait, pourquoi ils n’ont rien demandé. Tout cela au sujet de l’université, mais il y a aussi l’enseignement supérieur plus pratique. Nous avons besoin d’IUT, de BTS en nombre plus important. Je pense que nous sommes déjà confrontés à une nouvelle industrie qui pourrait avoir sa place dans notre agglomération, c’est-à-dire le développement de l’intelligence artificielle, des 3D, des robots. Ce sont des industries qui sont absolument nécessaires et qui devront être couplées avec l’enseignement supérieur et ses formations professionnelles. Il est nécessaire également de mettre en place dans ce campus une programmation de reconversion pour les professionnels qui sont actuellement au chômage et qui n’ont pas de facilité pour retrouver du travail. Tout ce pack-là devrait impérativement être installé dans notre agglomération. J’avais évoqué la fusion des communes pour qu’une seule agglomération de 115 000 habitants puisse peser face à un ministère, car c’est un rapport de force entre l’éducation nationale et les élus locaux. Cela n’a pas été fait et c’est embêtant. C’est un peu comme si on voulait laisser un certain nombre de nos enfants sans véritable formation. Effectivement, c’est de l’ordre du tiers des adolescents qui sont dans cette situation, c’est embêtant. Je ne sais pas si nous pouvons en parler là, mais nous ne pouvons pas faire l’impasse sur le cadre général et national. Nous avons actuellement divisé par deux en quinze ans le nombre de conférenciers. C’est dramatique. Cela veut dire que la France ne se projette pas. On a supprimé 3000 postes du CNRS, c’est dramatique et si on regarde ce qu’il se passe dans les lycées, c’est-à-dire juste avant, nous avons un ministre qui a mis en place une réforme des lycées en faisant en sorte que 41 % de nos élèves de terminale n’aient aucun enseignement de mathématiques. C’est un scandale total. De quelle façon allons-nous pouvoir entrer en compétition avec les autres de l’UE et du monde entier ? Donc nous avons des lycées qui ne peuvent pas préparer correctement les élèves, et les enseignants en souffrent parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire ce qu’ils veulent faire, ils ont des salaires dérisoires, la société commence à dire que ça ne va pas très bien pour eux, mais finalement on assèche les moyens donnés à l’éducation nationale pour dire après que cela ne fonctionne pas bien et donc nous allons faire des universités libres, des écoles privées, etc. D’ailleurs c’est ce qu’il se passe : l’école hôtelière dont vous parlez est une école privée. Nous aurions tout à fait pu créer une structure publique avec un enseignement qui ne soit pas payant, car les charges étudiantes sont déjà importantes.

 

Julie Lechanteux : Bonjour à tous, merci au journal L’horizon Estérel Côte d’Azur d’avoir organisé ce débat. Les métropoles, on le sait, absorbent tous les budgets et les infrastructures. C’est un vrai problème et c’est pour cela que nous, au rassemblement national, nous luttons contre la métropolisation et que nous sommes pour un rééquilibrage des territoires, dans tous les domaines d’ailleurs. Tous ces choix sont évidemment politiques et il appartient à l’État et donc au gouvernement de pallier à ce désert de l’enseignement supérieur. Évidemment nos maires sur le territoire n’ont eu de cesse de se battre pour implanter des établissements d’enseignement supérieur. Il a été notamment proposé des emplacements comme la base nature, mais tout cela se fait avec l’État qui n’a absolument pas accompagné nos élus locaux dans ce domaine comme dans d’autres. Il manque une véritable volonté politique. Je viendrais donc, si j’étais élu, en appui au projet de ces établissements d’enseignement supérieur sur le territoire en concertation avec les maires. Un autre point essentiel : il manque des logements pour les étudiants. Trois étudiants sur quatre ont du mal à se loger. Il manque quasiment 250 000 logements étudiants en France. Cela serait un véritable projet — pour nous dans un territoire saisonnier où nous manquons de mains d’œuvre l’été — que nos étudiants qui ont du mal à se loger, à se nourrir, à vivre tout simplement puissent travailler l’été. On gagnerait en mains d’œuvre ce qu’il nous manque cruellement de nos jours. Ces logements étudiants occupés à l’année pourraient être mis à disposition de ces personnes pour travailler l’été.

 

Baptiste Laroche : La question de l’éducation et de la jeunesse est importante aujourd’hui. Les jeunes partent dans les grandes métropoles pour aller faire leurs études. Il y a la question du retour aussi, quand ils reviennent travailler ici. La question des petites et moyennes métropoles comme Fréjus a été la grande absente de la dernière présidentielle. Ces villes de 30 à 50 000 habitants qui sont le cœur battant de notre pays. Nous sommes d’accord qu’il faille implanter des universités, des BTS ou autres dans ce genre de territoire, il faut soutenir ces initiatives. Mais il y a un sujet important : une fois que ces jeunes ont terminé leurs études, ils doivent se loger et travailler. Ici le logement est très cher, il faut donc absolument développer les logements sociaux qui doivent être en priorité fournis pour les jeunes fonctionnaires et les jeunes qui travaillent sur ce territoire. Souvent les jeunes ont du mal à acheter et la question de l’achat pour les primo-accédants est le deuxième point que je souhaite aborder. Il faut que l’État soutienne les jeunes qui veulent acheter, car aujourd’hui c’est un acte courageux d’acheter, les banques et les acheteurs ont peur, le marché est tendu. Il faut soutenir les jeunes qui veulent acheter pour la première fois et surtout qui veulent revenir sur leur territoire. Après être parti pour des études à Lyon, Paris, Marseille ou Nice, il faut revenir sur son territoire et il faut pouvoir acheter. Pour cela nous proposons une déduction d’impôts sur le revenu pour tous les primo-accédants pour que leur achat ne soit pas étouffé par des impôts trop élevés.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Merci pour cette invitation et pour cette clarté des débats. Je voudrais tout d’abord repréciser que nous sommes sur un débat d’une élection législative et donc ce n’est peut être pas la peine de refaire le débat des municipales. Je ne suis pas dans la majorité municipale d’une ou l’autre des communes citées, mais ils ont été élus et je ne ferai pas de reproche sur ce qui ne dépend pas d’eux et cela a été dit au cours du débat. Sur ce qui est du ressort du parlementaire que chacun d’entre nous ici peut devenir, c’est de voter des lois, contrôler l’action du gouvernement, ou de forcer – comme disait madame Lechanteux – auprès de ceux qui revendiquent quelque chose. La première des choses concerne les moyens que nous aurions pour sédentariser la jeunesse ici sur un enseignement post-bac. On est d’accord avec le docteur Maurin, ce n’est pas seulement garder les jeunes, mais garder ceux qui veulent rester, car nous sommes aussi ouverts à ceux qui veulent faire des études loin, et j’avais proposé que l’on fasse des mécanismes de bourse, que nous ne faisons pas localement, pour aider ceux qui auraient l’occasion d’aller faire Harvard ou Cambridge de le faire. La première des choses est la formation professionnelle et vous l’avez dit. C’est très important, nous avons abondé énormément d’argent, je travaille beaucoup en lien avec la mission locale et Claude Fournet qui en est le président. Je regrette d’ailleurs que celle-ci se soit vu diminuer la subvention annuelle qu’elle reçoit de l’agglomération. Je comprends que l’agglomération veuille lui donner à peu près ce que les autres missions locales reçoivent, mais dans ces temps de tension que nous vivons, et vous l’avez dit madame Lechanteux, sur notre territoire, notamment à trouver des emplois qualifiés pour la saison, nous sommes là au début d’une saison avec des professionnels qui ont du mal, la formation professionnelle sur des métiers en tension chez nous et quelque chose de très important et le plan que nous avons décliné, nous allons le poursuivre. C’est la raison pour laquelle, j’ai saisi à la demande du président de la mission locale, le président du conseil régional et le président du conseil départemental, a abondé ce manque de ressources qu’ils ont. Le second point est qu’il existe des moyens d’enseignement soit par détachement d’antenne, soit par distance. Nous l’avons connu avant la crise covid avec les MOOC qui permettent de valider des unités d’enseignement universitaire de haute qualité et qui trouvent des débouchés, et grâce à cette période covid nous avons tous découvert la visioconférence et nous pouvions travailler à distance. Cela veut dire que ces antennes à distance dont vous parlez peuvent très bien se faire de la sorte. Et juste un petit chiffre — et cela est à la portée des parlementaires, de voter ou pas un plan numérique, que nous avions voté et que nos oppositions n’ont pas voté — le plan numérique a permis de raccorder à la fibre dans la circonscription plus de 73 000 locaux. C’est 29 700 locaux à Saint-Raphaël et 34 800 à Fréjus. L’arrivée de la fibre permet, au-delà des études, de sédentariser une jeunesse qui est demandeuse de cela. Reste aux élus locaux d’apporter une offre pour garder la jeunesse notamment en matière culturelle. Le pass culturel que nous avons fait et que nous allons reconduire et étendre est aussi un vecteur pour permettre à des jeunes de rester ici plutôt que d’aller dans d’autres villes comme vous le disiez. Sur les deux ou trois choses qui ont été dites par les autres candidats, le docteur Maurin — et je l’en remercie — parlait de la création d’une université de la mer. En 2014, lors des municipales cela était écrit noir sur blanc et bien repris par la presse et vos journalistes ici. J’avais proposé qu’on fasse une université de la mer Fernand Braudel et Jacques Cousteau : c’est-à-dire un côté ethnologique qui nous permettait de développer nos étudiants en archéologie, en histoire de la méditerranée et une université des sciences de la mer de Jacques Yves Cousteau. Et comme le disait Julie Lechanteux, je proposais à ce que la base nature puisse accueillir cela. Je m’en suis même ouvert avec le maire en lui disant qu’une fois élu, s’il voulait être dans ce programme j’étais fana et j’avais proposé le de vous aider à le développer. Malheureusement, cela ne dépend ni de la collectivité ni de l’État. Vous l’avez dit, vous n’avez pas eu de réponse favorable de l’État, mais depuis la loi de l’autonomie des universités que madame Pécresse avait faite lorsqu’elle était au gouvernement, il y a aussi les régions et cette affaire ne peut pas être la volonté de l’un ou de l’autre, mais la volonté aussi d’autres collectivités locales dont la région. Il faut savoir que cela représente un coût qui ne pourra peut-être pas être aligné avec toutes les autres augmentations de budget que nous réclamons par ailleurs sur l’éducation nationale, sur la justice, sur l’hôpital. Ce sont des vœux, qui à mon avis, aujourd’hui pour obtenir une université d’enseignement supérieur, vont être difficiles à réaliser et c’est pour cela qu’il vaut mieux se concentrer aujourd’hui et dans l’immédiat pour avoir des réponses rapides sur la formation et l’enseignement à distance.

 

Joël Hervé : Un petit peu à la marge, c’est bien de faire des études supérieures, mais pour en faire il y a avant les études secondaires et il faut qu’au niveau du primaire cela se passe dans de bonnes conditions. Je pense qu’on peut en dire quelques mots. Cela interpelle les gens qui sont déjà députés : on a en France les classes les plus chargées de l’Union européenne avec 25 à 30 élèves. Face à cela, les enseignants dont la formation professionnelle a été supprimée par Sarkozy en 2008, les plus récents en poste depuis une quinzaine d’années sont relativement démunis, c’est-à-dire qu’une fois qu’ils ont obtenu leurs masters 2 ils sont arrivés directement dans les classes et dans mon travail quotidien j’avais à participer à une sorte de formation continue pour les préparer au travail. Donc les enseignants ne sont pas responsables, ils ne sont pas coupables, mais ils subissent cela et en souffrent. Mais qu’a fait cette majorité pendant cinq ans pour remédier à ce problème ? À mon avis rien. La seule chose qu’on a faite c’est un écran de fumée en nous disant qu’il y aura des classes de 12 élèves dans les ZEP. Alors effectivement cela touche 4,9 % des élèves de France, mais que se passe-t-il pour les autres 95,1 % ? On ne le sait pas et les résultats sont corrélés très exactement à la suppression de la formation des enseignants. Sinon regarde les courbes elles se suivent. Alors maintenant on dit que nous avons des résultats catastrophiques. Alors effectivement, dans un CM1 en mathématiques aux épreuves TEAMS, on est 32e sur 33 avec seulement le Chili derrière nous. Dans le même temps, si on regarde les dépenses par élève, nous sommes très loin de tous les pays de l’OCDE. C’est la catastrophe. Or, comme le dit fortement notre député actuel, c’est le député qui vote les lois. Mais alors qu’avez-vous donc fait pour que cet enseignement fonctionne dans de meilleures conditions et se retrouve au moins au niveau de l’OCDE ou au moins dans la moyenne de l’UE ? Nous n’en sommes pas là. Alors nous proposons qu’il y ait un recrutement des enseignants qui soient au niveau de la licence et non pas en master 2 et qu’ils aient une formation professionnelle de trois ans dans des centres dédiés, soit un bac +6 qui correspond tout à fait à ce qui est nécessaire, de façon à ce que soit des professionnels qui prennent en charge les enfants. Parce qu’apprendre à lire à un enfant tout seul, presque tout le monde peut y arriver, à deux élèves aussi. À cinq ou six élèves, ça devient un peu plus compliqué. À 25, lorsqu’il y a des enfants qui ont des écarts de fonctionnement intellectuel différents, c’est très complexe. C’est un métier très complexe, et c’est un métier qui s’apprend. Or on ne l’apprend pratiquement plus. Imaginez que nous fassions pareil avec un chirurgien dentiste : qu’après l’obtention d’un master 2 en physique des matériaux, on peut pratiquer ! Le premier patient sortirait avec la bouche en sang et les lignes bougeront. Mais dans les écoles, à partir du moment où l’enseignant est sympa et que cela se passe bien avec les élèves, alors on ne dit rien. Du moment que les classes ne bougent pas, ça va. Mais quand on regarde les résultats et les difficultés d’enseignement, je me demande ce qu’ont fait ces députés de la majorité pour donner de l’argent à l’école. Avant-dernier au niveau des budgets et dernier au niveau de l’effectif par classe et dans le même temps des enseignants sous-payés. Ça, c’est en amont, mais cela fait partie des problèmes des campus.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : très brièvement en deux minutes comme nous devons le faire à l’Assemblée nationale. Tout d’abord, et je vous remercie de l’avoir dit, nous avons fait le dédoublement des classes élémentaires dans les zones d’éducation prioritaire et j’espère que vous poursuivrez cette politique si vous êtes élu, parce que le but était de commencer à l’échelle et de diviser par deux les classes dans tous les âges et ce programme est soumis au vote des députés. En revanche, en ce qui concerne les programmes, tout à l’heure c’était abordé dans les mathématiques, ou — et ce n’est pas abordé — la présence ou non dans les livres d’histoire du Général de Gaulle, ce sont des débats internes à l’éducation sur lesquels nous nous ne pouvons pas agir. Vous nous reprochez que le budget de l’éducation était le dernier. C’est vrai. Notre priorité a d’abord été la défense nationale et la sécurité. Ce sont les deux premiers budgets sur lesquelles nous avons abondé : la programmation militaire 2019-2025, rehaussement des effectifs de police où on est remonté à 12 000 qui avaient été supprimés nous les avons obtenus, et nous avons abondé sur le ministère de la Justice plus de 30 milliards avec des états généraux de la justice qui font qu’aujourd’hui ces états généraux vont aboutir sur un plan de recrutement de 8000 personnes dans la justice plutôt que dans l’enseignement de tous les degrés. Vous pouvez nous le reprocher, c’étaient des choix, nous les assumons et je les assume. L’éducation nationale arrive pendant ce mandat si nous avons le loisir d’être majoritaires avec d’abord l’hôpital, la justice puisque je viens de le dire on est en transition sur ces deux mandats, et l’éducation nationale. On peut nous reprocher de ne pas avoir assez fait, de ne pas avoir fait rapidement, mais j’assume mes choix, j’assume d’avoir voté et élaboré la loi de programmation militaire d’abord et la loi sur la sécurité intérieure ensuite.

 

Julie Lechanteux : Concernant le dédoublement de classe qui est effectivement utile et indispensable. Je le rappelle j’ai été adjointe à l’enfance et l’éducation et j’ai eu l’occasion de gérer ce genre de problématique, il faut se souvenir que le coût revient à la charge des communes qui ont toujours moins de dotation de l’État et qui vont encore baisser à la demande de Macron et c’était également la proposition du parti Reconquête. On demande toujours aux communes de faire toujours plus avec toujours moins. Pour revenir à l’éducation supérieure, c’est donc bien une question de volonté politique. Vous le disiez monsieur Michel-Kleisbauer, la région rentre dans la discussion, le conseil départemental également puisque je faisais parti de la commission enseignement supérieur, et un fait indéniable et incontournable que je disais dans mes propos tout à l’heure, les métropoles absorbent tous les budgets et les infrastructures. Donc il faut que la volonté politique change, s’adapte et rééquilibre tous les territoires. Il est indispensable d’avoir des établissements d’enseignement supérieur sur un territoire aussi grand.

 

Jean Marc Maurin : Je rappelle que le sens de la question était de lutter contre la fuite de la jeunesse. À mon sens, ce n’est pas la visioconférence qui va permettre de le faire, après je ne pense pas qu’un député influence une distribution de la fibre sur son secteur, c’est un programme national.

 

Philippe Michel-Kleisbauer : Non, cela est voté, ce n’est pas fait par les entreprises, mais cela a été voté. Vous avez signé une charte sur ne pas dire des choses qui sont fausses. C’est un plan, le plan numérique a été voté en début du mandat, et l’arrivée de la fibre ne vient que par ce plan.

 

Jean Marc Maurin : alors c’est très bien. Le fond du débat c’est garder notre jeunesse et je pense que pour la garder il faut sur place des formations de troisième cycle. Tout le monde est capable par visio de se former, mais où est le concret, où sont les emplois, où sont les débouchés ? Il faut les garder sur le secteur et sur le territoire. L’université de la mer si tous les élus sont en mesure de le faire, il est difficile de faire des choses certes, mais il faut savoir se battre pour les faire parce qu’il faut prendre connaissance des remontées de terrain et il faut aller dans le sens de la population et dans le sens de la conservation de nos jeunes sur le territoire. C’est le fondement de mon raisonnement.

 

Joël Hervé : Pour rebondir sur ce qu’a dit madame Lechanteux, cette diminution des élèves chez les CP et CE1 est très bonne chose. Ce sont des classes de 13 ou 14 élèves. Ensuite l’évaluation je l’ai cherché. Je connais bien la maison, il m’a fallu 1 h 30 pour trouver les résultats de l’évaluation de cette expérimentation cachée au fond d’un site du ministère. Je l’ai trouvé, le résultat ce n’est pratiquement pas de progrès, même une légère baisse en français ou en mathématiques. Donc on s’interroge. Cela a coûté une somme conséquente. Le seul intérêt que j’y vois c’est que cela a allégé un peu la journée des enseignants qui étaient moins fatigués en fin de journée, mais ce n’est quand même pas ça l’objectif. Pourquoi avoir fait cela spécifiquement sur les ZEP. Il faut les aider, mais des QI de génie il y en a dans les ZEP, dans les campagnes, dans les villes ordinaires et dans les métropoles. Des élèves en difficulté il y en a aussi dans les ZEP, les campagnes, etc. Donc c’est bien une adaptation de l’enseignement à travers une formation professionnelle des enseignants qui doit être mise en place au niveau national de façon à traiter la totalité des enfants.

 

Baptiste Laroche : Je rebondis rapidement sur la question du primaire. Vous parlez beaucoup d’argent, mais c’est aussi une question de recentrer l’enseignement sur les savoirs fondamentaux. Aujourd’hui il y a beaucoup de dispersion dans les écoles, mais si on recentre l’enseignement sur les savoirs fondamentaux on peut vraiment et sérieusement former une génération.

 

Jean Marc Maurin : Je rebondis sur les propos de monsieur Hervé, nos classements au niveau de l’éducation sont catastrophiques, 23e sur 79 dans le classement pisa, le programme international du suivi des acquis. Nous sommes très mauvais, en premier on retrouve des pays d’Asie et d’Europe de l’Ouest. Nous avons régressé, 40 % de nos enfants n’ont pas la pleine possession des capacités de lecture à la sortie du CM2. On a perdu le sens, en trente ans vouloir aller sur le tout mathématique a été une contre performance. Il y a de moins en moins de candidats qui arrivent dans les écoles d’ingénieur, c’est un échec à ce niveau-là. Notre système d’éducation est un échec tel qu’il est pensé, conçu et appliqué. Nous devons absolument le réformer et le transformer pour apporter le meilleur pour nos enfants.

 

Joël Hervé : monsieur Maurin, cette difficulté a maintenir les niveaux par rapport à nos voisins européens a démarré en 2008 ou 2009. Je vous assure, regardez bien pisa : diminution des budgets, arrêt de la formation des enseignants, résultat des élèves. C’est bien Sarkozy qui a mis cela en place, vos amis.

 

Jean Marc Maurin : il est donc temps de changer avec nos nouveaux amis.

 

Le triathlon cherche encore des bénévoles

Le samedi 14 et le dimanche 15 mai prochains, Fréjus s’anime autour de son triathlon, mais à quelques jours de l’événement, il manque des bénévoles.

De la natation en mer, du vélo et de la course à pied vont animer ces deux journées. Pour les moins vaillants, qui ne souhaitent pas forcément se parer de la tenue du triathlon, vous pouvez vous vêtir du tee-shirt de bénévole qui vous sera remis. “Nous recherchons un nombre illimité de bénévoles« , plaisante Sandrine Fernandez, présidente de l’AMSL Fréjus triathlon. Elle ajoute : “Nous avons dans l’idée 200 bénévoles, mais pour le moment nous ne sommes qu’à 140 personnes. Nous avons besoin de quelques personnes sur l’eau pour la natation en mer, mais beaucoup plus pour le vélo. Il faut environ 120 personnes pour faire la circulation et empêcher les sorties de parking et de résidence des voitures.” Pour la course à pied, qui se déroule à la Base Nature, il sera essentiellement demandé de faire de l’encadrement et de la signalisation. “Tout le monde peut participer, même de jeunes adolescents. Un tee-shirt est remis et le repas du midi est offert”, précise la présidente. Pour s’inscrire, rien de plus simple, il suffit de se rendre sur le lien suivant et de sélectionner le créneau. https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSexn_nlOMpq9Mmb8s9oxaxwZy3TOXTHOqn_Hx0-ZkB0jFJQ-w/viewform

Pour participer, c’est encore possible 

Il reste encore quelques places et quelques jours pour s’inscrire à la compétition. “Même les enfants, y compris non licenciés, peuvent participer. C’est intéressant de venir essayer. Le parcours est 100% sécurisé, il se déroule sur la base nature. Des places pour les adultes sont aussi ouvertes”, conclut Sandrine Fernandez. 

Contacts : triathlon@amslfrejus.com ou 06 62 60 15 43

Par Léna Peguet – Photo : AMSL Fréjus 

Les conférences “Écrire le théâtre” se poursuivent

Photo : Thomas Morganti

Ce mardi 3 mai, une nouvelle séance du rendez-vous “Écrire le théâtre” a lieu. Elle est consacrée à Bertolt Brecht. 

Il était unique, à la fois dramaturge, à la fois militant. Bertolt Brecht proposait des œuvres riches, souvent représentées. En plus d’être un célèbre auteur, il est un metteur en scène, écrivain et poète allemand accompli. La renommée internationale, il l’obtient grâce à L’opéra de quat’sous, en 1928. Si sa vie peut être racontée de toutes les manières possibles, ce mardi 3 mai, c’est Laurent Le Touzo qui la retrace. Pour l’épisode 28, des rendez-vous “Écrire le théâtre”, la conférence se déroule au théâtre de poche à Fréjus, à 18h30.  

Par Léna Peguet – Photo : Thomas Morganti




Saint-Raphaël commémore les Arméniens

Photo : Léna Peguet

Ce dimanche 24 avril, les élus se sont réunis pour rendre hommage au génocide arménien. Un moment de recueillement pour ne pas oublier cet épisode de l’histoire. 

 Qui oublie son passé est contraint de le revivre.” Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël, utilise les mots de Churchill pour rendre hommage aux Arméniens. Des visages fermés, graves et tristes, une trentaine de personnes sont présentes devant le Khatchkar. En présence du maire et des élus, les allocutions s’enchaînent. Elles sont entrecoupées par un poème, récité en langue maternelle. Alina Vardanyan est la présidente de l’association amitiés franco-arméniennes, elle prononce ces mots : “ Il ne convient pas de laisser ce sujet dans le passé et surtout de ne pas le nier. L’ignorance est criminelle.” Après les chants nationaux, le dépôt de gerbe, la minute de silence, une prière accompagnée d’une bénédiction, un buffet a été proposé. 

Par Léna Peguet – Photo : L.P

La PIJ mobile débarque dans votre quartier

Le Point information jeunesse de Fréjus se déplace depuis janvier au plus près des jeunes pour les accompagner dans leurs démarches d’orientation, d’emploi ou encore de formation. Ce pôle dépendant du centre d’animation de Villeneuve, offre des services pour répondre à une large palette de besoins, de la rédaction de CV à la bourse au permis.

“L’objectif avec ce point mobile est vraiment d’aller à la rencontre du public”, explique Cédric Baruchello, l’un des deux informateurs jeunesses. Un public qui peut être très large. Le PIJ propose des services auprès d’adolescents jusqu’à des adultes de 25-30 ans. Un accueil toujours gratuit et sans rendez-vous. Les permanences mobiles ont lieu tous les mois dans les différents quartiers fréjusiens, pendant une heure. « De quoi se faire connaître et commencer un travail d’accompagnement », ajoute Alexandre Lenoir.


Le duo de formateurs propose une aide à la rédaction de CV, lettres de motivation ou encore demandes de stages. Les demandes les plus récurrentes portent sur les jobs d’été et l’alternance. Le PIJ répond aussi à des besoins d’inscription à Parcoursup, de réorientation scolaire, de recherche de premiers emplois, de stages ou encore de mobilité en Europe et à l’international. Les acolytes ont aussi un rôle de réorientation vers les différentes structures adéquat selon les besoins de chacun.


Une bourse au permis mis en place par la ville est également accessible via le PIJ à une vingtaine de jeunes. En échange de dix matinées de travaux éco-citoyen, 300 euros sont envoyés à l’auto-école de leur choix. “Dans le même esprit d’améliorer le pouvoir d’achat des jeunes, on travaille sur la mise en place d’une carte jeune”, révèle Cédric Baruchello.

Les permanences du mois de mai, de 17h à 18h :

– mardi 3 mai, au Stade Gallieni

– jeudi 5 mai, Place de la poste de Saint-Aygulf

– mardi 10 mai, place Paul Vernet

– jeudi 12 mai, à la Gabelle

– mardi 17 mai, au centre commercial de Caïs

– jeudi 19 mai, à la poste de la Tour de Mare

– mardi 24 mai, à l’Agachon

– jeudi 26 mai, à Saint-Jean-de-Cannes

– mardi 31 mai, au quartier de Bellevue

Retrouvez notre article détaillé dans le numéro 52 de L’Horizon, prochainement dans vos kiosques.

Par Eloïse Esmingeaud – Photo : Eloïse Esmingeaud

La Printanière, fête du commerce

Ce lundi 18 avril, de 9h à 19h, une centaine de commerçants vont poser leurs étals le long du bord de mer, de Port-Fréjus aux Sablettes, pour la Printanière. Un événement voulu comme une fête des commerçants par le service commerce de la ville de Fréjus, aux manettes de cette journée.

 

Il y en aura pour tous les goûts. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, qu’ils proposent de la nourriture, des vêtements ou des accessoires, ils seront tous installés, côte à côte, entre Port-Fréjus et les Sablettes. Eux, ce sont les commerçants, et ils vont prendre part à la Printanière, « une fête du commerce« , comme le martèlent Christelle Plantavin, adjointe au commerce, Jérôme Réber et Sylvie Caietta, respectivement directeur du service commerce et élue au commerce. Si la dernière en date remonte à 2017, cette manifestation se veut ouverte à tout le monde et festive. « L’idée est de proposer un décloisonnement commercial« , glisse Jérôme Réber. Entre 100 et 120 commerçants devraient s’installer lundi, qu’ils soient locaux ou non-sédentaires, et les retardataires pourront s’inscrire jusqu’à la dernière minute. « C’est l’essence du commerce en liberté« , ajoute Christelle Plantavin. Et pour favoriser les participations, la ville a décidé de proposer une installation contre 10 € du mètre. « La volonté que nous avons est de promouvoir tous les produits. Il fallait un jour férié pour que cela attire des gens venus de tout le bassin et cela nous permet aussi de fêter l’arrivée du printemps et des beaux jours« , ajoute le trio. 

Sur le bord de mer fréjusien, on trouvera ainsi des produits alimentaires, de l’artisanat, des vêtements, des accessoires en tout genre. Et si la liberté accompagne l’esprit de cette journée, c’est aussi pour sortir du carcan strict du marché, une manière de proposer une offre variée pour une journée où les familles pourront déambuler entre les stands et trouver leur bonheur. “Il y aura de l’a​​limentaire, avec de la bière artisanale, du miel et des produits de la ruche, des olives et tapenades, fromages et charcuteries, madeleines artisanales, etc. Dans l’offre textile, il y aura du linge de maison, des tissus et nappes, de l’habillement, avec du prêt-à-porter, des chaussures, maillots de bain ou lingerie. On trouvera aussi de l’artisanat local et des accessoires type beauté, bijoux, chapeaux, coutellerie, maroquinerie, lunettes, ceintures, mais aussi des tatouages et plein d’autres surprises”, ajoute Jérôme Réber. De quoi passer une journée festive tout en faisant ses emplettes le lundi de Pâques. 

Frédéric Masquelier votera blanc lui aussi

Après l’annonce du bureau politique des LR de ne voter ni pour Marine Le Pen, ni pour Emmanuel Macron, Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël et secrétaire départemental du bureau fédéral a lui aussi annoncé son vote au second tour : le bulletin sera blanc.

 

« C’est un résultat qui est effectivement très mauvais, néanmoins la vie politique est faite de haut et de bas. En ce qui me concerne, je suis fier d’avoir été fidèle à mes convictions et à mon parti, je n’ai jamais cherché à être dans le sens du vent et je pense que le parti LR va demeurer un grand parti avec des idées fortes. » Quelques minutes après l’annonce des résultats, Frédéric Masquelier, le maire de Saint-Raphaël, avait analysé de façon lucide le résultat du scrutin.

Ce soir, après la réunion du bureau politique des Républicains et leur choix de ne voter pour aucun des deux candidats présents au second tour, l’édile de la cité de l’Archange a de nouveau pris la parole par le biais d’un courrier aux adhérents du parti, dans lequel il annonce qu’il votera blanc le 24 avril prochain.

« La ligne définie par le bureau politique des LR est de ne pas donner de voix au Rassemblement national pour le second tour laissant, toutefois, à chacun une liberté de choix. En ce qui me concerne, j’ai décidé de voter blanc pour rester fidèle à mes propos, à la défense de mes idées, et refusant l’idée de servir de caution à des attitudes que je combats. D’une part, je n’ai jamais adhéré à l’idée d’une société craintive, se renfermant sur elle-même, qui est réfractaire à l’idée européenne et ne croyant pas dans sa capacité à entrevoir l’avenir. Je ne voterai donc pas pour la candidate du Rassemblement national. »

« D’autre part, le bilan des 5 dernières années ne donne aucun argument pour un chèque en blanc et l’absence de campagne électorale du Président/candidat confirme qu’il n’a pas d’autre programme que celui de rester. Pour anticiper un argument ressassé, le front républicain est aujourd’hui éculé. Se mettre à côté de la France insoumise, du Parti socialiste ou des Verts n’a pas de sens pour ceux qui se disent de droite. Les mêmes qui viendront dans quelque temps se plaindre de l’excès de centralisme, de fiscalité ou la complexité de l’Etat. Je ne voterai donc pas pour le candidat En Marche. Ce double choix est un choix personnel.« 

Suite à cette annonce et les explications qui en découlent, Frédéric Masquelier a également souligné que les Républicains peuvent encore s’appuyer sur une force importante composée  au sein « d’un tissu d’élus locaux » et que le 10 avril constitue « le début d’une nouvelle histoire qui passe par une sérieuse remise en cause sur nos méthodes de travail« .

 

 

Françoise Dumont, « Je voterai blanc au second tour »

Françoise Dumont, sénateur du Var et orateur de campagne de Valérie Pécresse, annonce ce soir par voie de communiqué de presse qu’elle votera blanc. Les Républicains, eux, ne voteront ni pour Emmanuel Macron, ni pour Marine Le Pen, et se focalisent dès à présent sur les législatives.

 

Le communiqué de presse est tombé en soirée ce lundi. Réuni aujourd’hui, le bureau politique des Républicains a adopté une motion à 87 % selon laquelle ils ne voteront ni pour Emmanuel Macron, ni pour Marine Le Pen. De son côté, Françoise Dumont, sénateur du Var, orateur, soutien et amie de Valérie Pécresse, a elle aussi clarifié sa position suite à la défaite historique des Républicains au premier tour de l’élection présidentielle.

« Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, qui apporte des résultats, soyons honnêtes, pour le moins catastrophiques, pour le parti Les Républicains, à l’élection majeure que représente l’élection présidentielle, il m’apparait important de prendre la parole pour dire mon ressenti« , commence ainsi la sénateur, avant de se positionner en vue de son vote du second tour, le 24 avril prochain.

« Au regard du second tour de l’élection présidentielle, j’ai choisi d’attendre pour donner ma position. Il me semblait important d’écouter les uns et les autres. J’en viens à la conclusion, que je ne pourrai, bien évidemment, jamais voter pour la candidate du Rassemblement National, que beaucoup ont essayé, avec succès visiblement, de « dédiaboliser ». Son projet de société n’est pas le mien. Je suis et resterai toujours profondément républicaine. Mais je ne me résous pas à voter pour le candidat En Marche, tant j’ai combattu les mesurettes proposées par les gouvernements macronistes, ces 5 dernières années. Je ne suis « ni fongible dans le macronisme, ni dans le lepenisme ». C’est donc en conscience et responsabilité, qu’à titre personnel, je voterai blanc, au second tour.« 

À la suite de son positionnement, Françoise Dumont, dans la veine du communiqué rédigé par le bureau politique des LR, a rappelé l’importance de la bataille à venir des législatives. « Le combat n’est pas fini. Le « troisième tour » de l’élection présidentielle, que sont les élections législatives (qui influenceront nécessairement la constitution d’un Gouvernement), s’ouvre. Je m’inscris donc dans cette nouvelle campagne, des élections législatives, auprès de nos candidats varois, et pleinement dans une reconstruction, nécessaire, de notre mouvement politique.« 

 

Romain Chardan (avec communiqué) – Photo : D.R.

Julie Lechanteux, « C’est un espoir de voir Marine élue présidente de la République »

Julie Lechanteux, député européenne RN, revient sur les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.

 

Quel est votre sentiment à l’issue de ce premier tour ? 

On est tous heureux du résultat obtenu par notre présidente, Marine Le Pen, qui est notre présidente à nous. On sent l’espoir des élus, des militants et je pense des Français en règle générale. C’est un espoir de voir Marine élue présidente de la République. 

Comment vont se passer les quinze prochains jours ?

On va se remettre au travail dès demain. Il va falloir convaincre les Français, réunir les Français, réunir tous ceux qui aiment la France autour de la candidate Marine Le Pen. Je crois qu’il y a eu aussi un signal donné ce soir, 62% des Français qui ne veulent pas de la candidature d’Emmanuel Macron. 

Sur quelles modalités va se réaliser ce travail ? 

Nous allons suivre notre présidente qui va faire, je pense, deux gros meetings sur les quinze jours, un par semaine. Nous allons continuer à aller sur le terrain, Marine également va aller sur le terrain, comme elle l’a fait ces huit derniers mois. C’est-à-dire au plus proche des Français pour essayer encore une fois de les rassembler, de les unir. On a besoin de réunir les Français, ils ont été divisés pendant cinq ans : c’était les vaccinés contre les non-vaccinés, les pompiers contre la police. Cela n’a été que division, aujourd’hui le travail des quinze prochains jours va être de réunir les Français. 

Qu’allez-vous justement dire à ces Français pour tenter de les convaincre ? 

Je vais leur dire que notre présidente est celle qui justement va réunir les Français, va apaiser les Français, c’est celle qui est la plus sincère, la plus déterminée. C’est elle qui protégera les Français. Elle a un programme au plus proche du réel, au plus proche des attentes des Français. Tous les amoureux de la France doivent se réunir autour de Marine Le Pen.

Par Léna Peguet – Photo : I.B.