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Benjamin Braux : “Il faut aller titiller les autres”

 

Avec un dernier match de préparation contre Nîmes ce soir, et une saison commençant bientôt, Benjamin Braux, coach du SRVHB – Saint-Raphaël Var Handball, évoque ses ambitions et ses projets, en restant humble. Suite aux nombreuses recrues et au changement de direction, le club s’est refait une façade et espère continuer de grandir en gravant son nom parmi les plus grands

 

Comment s’est passée l’intégration des nouveaux ? 

 

Cela ne peut que bien se passer quand on a des joueurs historiques, un gros socle garant de la philosophie du club et présent depuis longtemps comme Dipanda ou Caucheteux, Vigneron, Mapu, voire Marescot, et que derrière on intègre des joueurs français comme Gérard ou Robin qui sont des joueurs intelligents, ou comme Bataille. Derrière, les étrangers suivent le mouvement et vont s’intégrer petit à petit. Il y a une transmission. Entre expérience et fougue de la jeunesse, puisqu’on a des jeunes qui vont apporter un peu de folie, c’est leur job. Aujourd’hui, certains sont capables de choses extraordinaires comme de très mauvaises choses, c’est à nous de les cadrer. 

 

Où jaugez-vous une bonne saison ? 

 

On ne doit pas perdre de points contre les équipes d’un ranking plus bas. Il faut qu’on soit régulier dans la performance et aller chercher quelques exploits. C’est la clé. En coupe de France, c’est la même chose. Si on perd contre le PSG à Coubertin aux pénalties, au deuxième tour, il ne faudra pas dire qu’on a raté l’objectif. Il y a une histoire de chance, de tirage au sort, de blessés ou de matchs à un but. Il faut être réaliste. On doit beaucoup travailler avec ce nouveau groupe, et on va progresser, mais aujourd’hui on n’est pas favori pour aller chercher une place européenne. Mais si on bosse bien, il ne faudra pas s’enlever cette possibilité. 

 

Cela peut-il aider d’avoir cette place d’outsider ? 

 

C’est plus facile de porter ce costume, mais il ne faut pas s’endormir dessus, il faut aller titiller les autres. Il faut se demander s’il vaut mieux performer tout de suite ou performer demain, en étant plus pérenne, c’est une vraie question. La préparation, c’est pour durer dans le temps aussi, et pas simplement gagner le premier match. Car une préparation n’est pas réussie lorsqu’on gagne simplement le premier match. C’est une question de longévité sur la saison. Il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives sur ce qu’il va se passer. Un bon début ne veut pas dire une bonne saison et inversement. 

 

Quel est le secret de la réussite d’une équipe ? 

 

Une équipe qui performe, c’est une équipe qui se connaît bien, où chacun accepte ses rôles avec de l’ambition. Une équipe droite, avec beaucoup d’intégrité, les uns avec les autres. On se tire tous dans le même sens, que ce soit dans les bons et mauvais jours. 

 

À quoi doivent s’attendre les spectateurs qui viendront voir le SRVHB cette année ? 

 

Un jeu rapide, construit en attaque, où il faudra casser le rythme parfois. Il faut accepter que si on joue à sept, ce n’est pas pour marquer des buts, ce n’est pas spectaculaire, mais cela a un intérêt. Celui de casser un rythme et d’être dans l’alternative. Il faut voir une équipe qui se bat, mouille le maillot et se jette sur les balles. Car je pense qu’il n’y a pas de hasard, une balle qui se perd atterrit dans la main de celui qui a le plus envie. Je veux une équipe qui, même si elle perd son match, se dise qu’elle aura tout donné d’un point de vue physique. Techniquement et tactiquement on peut faire des erreurs, mais pas dans l’engagement physique et mental. 

 

Que vont apporter les joueurs étrangers et sur quoi vont-ils devoir s’adapter ? 

 

De l’expérience, avec certains qui connaissent le niveau européen, parce qu’ils ont fait la coupe d’Europe ou parce qu’ils sont internationaux. Ils doivent nous apporter un quota de buts assez important, une expérience dans le money time, même si ce sont des joueurs qui n’ont jamais joué en France. De l’autre côté, certains vont nous apporter de la jeunesse. Il faudra être aussi exigeant que tolérant, mais ils doivent apporter quelque chose à l’équipe quand ils rentrent, notamment l’envie de bien faire, avec un peu de folie. À nous de raisonner cette créativité pour aller vers de la performance.    

 

Retrouvez l’autre grande partie de l’interview dans le numéro 70, en kiosque cette semaine. 

 

Thomas Lajous / Photos : T.L