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Baptiste Lecaplain est venu nous voir à Saint-Raph’ : frissons garantis !

Samedi 1er octobre, l’artiste qui n’avait pas joué depuis quatre mois, est venu faire sa rentrée au Festival du Rire de Saint-Raphaël. Et comme à chaque fois depuis 11 ans maintenant, quand il vient jouer ici, c’est la reprise de sa tournée. La salle Félix Martin, pleine à craquer, a donc eu le plaisir de découvrir son troisième spectacle « Voir les gens », coécrit par le tout aussi loufoque Florent Bernard, savant mélange entre stand-up de la vie quotidienne et absurde rempli d’imitations animalières. Comme à son habitude, l’humoriste ne lésine pas sur l’énergie et nous plonge dans le bain dès les premières secondes. 

 

Vexé qu’on ne lui retourne jamais la question « comment ça va ce soir ? », il en profite pour nous supplier d’arrêter de raconter ses blagues. Il nous l’interdit même (sauf une). « Vous le faites mal » et il a raison, après tout, personne ne peut imiter Baptiste Lecaplain. Unique en son genre, il délivre une vraie performance physique et sa seule présence sur scène suffit à planter les décors, aussi nombreux et variés soient-ils. Un joyeux bordel très organisé, qui nous emmène de digressions en digressions dans des contrées lointaines, mais nous ramène toujours au bon endroit, pile au moment où l’on commence à croire que l’on est peut-être perdu. Les références se croisent et se relient avec malice tout au long du spectacle, et à chaque fois la réaction est la même : « mais quel génie ! » 

La société évolue vite, l’humour aussi et, selon lui, les spectateurs veulent en savoir plus sur les artistes. Alors, il a décidé de se confier à nous sur ses peurs. Un peu trop peut-être… Le jeune papa de 37 ans nous propose une heure et demie intense où s’entremêlent de manière étonnante, tous les réflexes de vieux, une Fanny Ardant réincarnée dans un ananas qui fume et dit le futur (avec un peu de retard), une passion dévorante pour le dernier Dyson, des guêpes clairement inutiles, sans oublier les 7 nains dont on a découvert la version non censurée dans Blanche Neige, ce dessin animé qui a visiblement beaucoup trop tourné en boucle chez lui (9 mois quand même). On y parle donc société, éducation mais aussi sodomie. Pas d’inquiétude, c’est imagé, et « fait par un professionnel », Gloria et Hermès peuvent en témoigner.. À quelques détails près. 

Étonnamment, il sait aussi se montrer sérieux, surtout quand il s’agit de se repentir de l’une de ses plus grosses erreurs : tromper la première et unique femme de sa vie. Une rupture expliquée en détails, (très) imagée et évidemment parsemée de quelques vannes qui n’empêchent pas un moment presque solennel. Spoiler alert : ils ont maintenant deux beaux enfants, et le bail est enfin à leurs deux noms.

Un roller coaster déjanté, où les loopings s’enchaînent frénétiquement et les moments plus calmes nous laissent que trop peu de temps pour rattraper notre souffle. Bref, ça décoiffe, on en ressort secoués mais heureux, et ça vaut bien l’ovation qui a clôturé cette belle première soirée du Festival du Rire qui se déroule jusqu’au 16 octobre prochain, à Saint-Raphaël. 

 

Texte et photos : Elodie Moreno.