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Angélique Fernandes, « Ce n’est qu’une première manche, ce n’est pas gagné »

Angélique Fernandes est membre de la République en Marche et déléguée à Fréjus pour le groupe. Quelques minutes après les résultats, celle qui est aussi conseillère municipale d’opposition à Fréjus est revenue sur le premier tour de l’élection présidentielle.

Votre réaction suite aux résultats ?

Emmanuel Macron fait un meilleur score aujourd’hui qu’en 2017, donc une partie de l’électorat de centre et centre droit a bien voté pour Emmanuel Macron. C’est ce qu’on visait, et sincèrement, au fur et à mesure de l’avancée de la campagne, malgré les critiques le visant sur l’absence de campagne, et comme je l’expliquais, dans le contexte de la guerre en Europe, cela paraissait assez incongru de voir un président en fonction dans une campagne, c’est la première fois en France où pendant une campagne il y a une situation de guerre en Europe. Néanmoins, ses propositions et son bilan plaident en sa faveur. Valérie Pécresse n’a pas réussi à montrer qu’elle pouvait incarner la fonction, c’est ce que beaucoup de gens m’ont dit, ils ne l’ont pas vue capable d’incarner la plus haute fonction de l’État dans un contexte particulier comme nous le vivons actuellement.

Quel objectif aviez-vous fixé au niveau local ?

Je m’imaginais Emmanuel Macron à 24 % (22,57 % à Fréjus, 28,03 % à Saint-Raphaël). Je suis satisfaite de son résultat. Nous sommes dans un contexte difficile, anxiogène, avec la crise économique, nous sortons d’une pandémie, il y a la guerre en Europe, et dans un climat anxiogène comme celui-ci, on voit que l’électorat pourrait aller dans un vote extrême par peur, car c’est souvent le résultat d’une peur ou d’une colère. Mais ce n’est qu’une première manche, ce n’est pas gagné.

Localement, sur un territoire très marqué RN, quel programme des 15 jours à venir ?

Aller sur le terrain, car chaque voix compte. Pour l’avoir fait juste avant l’élection présidentielle, c’est en discutant avec les gens, qu’on leur montre le bilan, par rapport à ce qu’il s’est passé en Europe, on n’a pas à rougir en France, la crise a été plutôt bien gérée, et les réformes il y en a eu. On ne peut pas dire que le pays soit le même en 2022 qu’en 2017, au niveau fiscal il y a eu des réformes, au niveau social aussi. Le pouvoir d’achat a été un sujet d’actualité, quand on supprime la taxe d’habitation, c’est de l’augmentation du pouvoir d’achat. Mais c’est vrai que les personnes ont du mal à s’en rendre compte parce qu’avec l’augmentation de l’essence ou de l’énergie, ils voient moins les effets des réformes mises en place. 

Il y a eu de nombreux appels à voter Macron, sur quels points allez-vous appuyer le discours pour aller récupérer des voix supplémentaires ?

Nous vivons une situation de crise internationale, et le repli sur soi, politique prônée par Marine Le Pen, n’est pas ce qui nous permettra à nous, Français, de gérer cette crise. La migration par exemple, nous savons qu’on va avoir une migration climatique, et ce n’est pas en fermant les frontières qu’on va le régler, mais en mettant en place une politique plus responsable et c’est comme ça qu’on peut aller toucher des écologistes. Marine Le Pen veut par exemple sortir des accords de Paris et par dogmatisme, refuse les énergies renouvelables. Son programme ne prévoit pas un euro pour tenir les objectifs en matière de réduction de carbone. Il y a de grandes avancées écologiques qui ont été faites sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Il faut libérer le travail parce qu’on s’est rendu compte, avec la crise économique liée à la pandémie, que la délocalisation de nombreux produits en Asie nous a empêchés d’être réactifs, donc il faut réindustrialiser notre pays et c’est une politique économique responsable qui pourra être menée par Emmanuel Macron. Le projet d’Emmanuel Macron du point de vue social comporte l’indexation des pensions de retraite sur l’inflation malgré un contexte économique compliqué, et le versement des prestations sociales à la source. 

 

Romain Chardan – Photo : D.R.